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• « 



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IK 



CAUSERIES 



SCIENTIFIQUES 

VINGT-NEUVIÈME ANNÉE 



EXPOSITION UNIVERSELLE 

1889 



HENRI DE PARVILLE 

CAUSERIES 

SCIENTIFIQUES 

DÉCOUVERTES ET INVENTIONS 

PROGRÈS DE LA SCIENCE ET DE l'iNDUSTRIE 
VINGT-NEUVIÈME ANXÉE 

L'EXPOSITION UNIVERSELLE 



PARIS 

S. ROTHSCHILD, ÉDITEUR 

i3, ««■ SI. .,i,Ti. ■.»,■., ,3 



r 



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1 



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HENSI DE FASVILLE 



^i'im Un/y, 



LETTRE-PREFACE 



A- ALPHAND 



ORNÉ DE 700 VIGNETT 



PARIS 
J. ROTHSCHILD, ÉDITI 



MINISTÈRE RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 

PU COMMERCE 



KT 

DE L'INDUSTRIE 



^atidf Ghamp de SÎOatôt le ao 2)écembte 488 p» 
POSITION l'NITBRSELLE 



DC iste 

CABINET 

W DIRECTEUR eÉNÉRAL 
'des travaux 



s)m~ 



ondteuty 



Vouô avez bien voulu me communix]uet leô 

Zj èpzeuvcâ dufi livre que voua voud ^pxopoâe^ de 

i>\ publiez dut tSxpoàition H^btiivezôelle de ioog, et 

dont la rédaction a été confiée à cJTB* BGenri 

î de Satville» 

/j ai parcouru avec un vif intérêt cet ou- 
vrage qui me paraît donner une idée exacte de 
la grande manifeôtatwn nationale qui vient de 
ôc terminer, en jetant dur notre patjd un di glo- 
rieux éclat Jua participation que j'y ai priée, 
dera le pluô grand honneur de ma longue car- 
rière» 

Joe talent de cÏÏiD» de SSarvillc à affirmée 
une foiô de pluô danô cette œuvre, à laquelle il 



&Bi, 3. Siottv^cdvtd, ôditciiz, 



T| 



a Ml donnet une fotmc attrayante, et Je pende 
que don Iwze fournira deà informationâ utiled 
à touA ceux qui de dont inteteddéd à notre grande 
Sxpodition du Centenaire, i>éritable revanche 
pacifique acd mallxeurd imméritéd de lacFtance» 

ÔDgrèez, dWondieur, taddurance de ma 
conàidération trèd didtinguée. 

3ft t^&»yoixK\o^ ^ICtivue^oftl-Cft 9* 4889, 



ce 




ous tenons à mentionner en tête de ce 
livre, et dans l'ordre des chapitres, 
les noms des personnes qui ont bien 
voulu mettre à notre disposition des 
documents, des dessins, des croquis ou des photo- 
graphies. 

Nous devons particulièrement des remerciements 
à MM. Lion, Laforcade, Dutert, Blavejte, Bouvaro, 
FoRuiGÈ, Bechuann, Rau,' F. DE Dartein, Boulard, 
Deuontzey, de Gayffier, René Daubrée, Duplan, 

DE TAVERNIER, BROWN; 
Et pour ^illustration du volume, à M. Bqyer 



X EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 

(Maison Van Bosch); à MM. Hochereau, Hubert, 
Lalleuand, de Gayffier, Sardi,Abadie, Mizon, Trqh- 
Quais et Weber; 

Enfin à MM. Berthauo frères et à M. Léyy, qui 
nous ont autorisés à puiser largement dans les 
remarquables collections de photographies, qu'ils ont 
réunies pendant toute la durée de l'Exposition. 



SOMMAIRES DES CHAPITRES 





ï.NTronvenurf.-I^ 


PréKminair 


..- Détails 




rBlnnpeclif.. — D« 188» A ISSU. — 


l.a Dalo du 




Oentenoiro. — PAriod 


d-études. -- 






ri al. DiraciiOD. — I^ 


DLipensBB « 


11*67 et an 




I87S. - l*i CrédiW 


pour ISSB. - 


- L'État, la 






de garantie. 


— Nouvelle 




«Dibiuaiioa. - Le» 


Bon. de l'Eiposition. - 




PMaài d'axAculion. 


~ Cla.sifical 


on et GroH- 


pen.«>tJ 


H produit). — Los Comité» da 


mission et d 




1 -Le.E 


puiBDU et [ra Viiileur» «n 1867 


1878 et 1889 


- Surfncos 


1 couvsrla 


-L'KocBiniedelS^.-Dime 


aiom.Sapcr 


«ci p. — Tro- 


adtro, Ç 


uai rtOrsaj-, i^aplanad» dea la 


alidea. - L 


i Pulai. du 


1 Cbsmp-d 


-JlBr.. f an général.- Inno 


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mettre de. 


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ïon «truc lion a. — I*< Travauji 






' Nuions 








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,*..,.. . ...v.n.Ï'. 


.„,„. 




MARS 


-IMOCADÉBO— F5PI.AH 


ADE DES 


NVAMDCS 


EKiBi.-o g( 


n*rale. - A IraTer» l-Knc.^inle 


olEipû.ltio 


a.-CI,.mp- 


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Les Palais, le içrani Dome._La 




-LesI>ro- 




e.ResuurBnta.-UaoslBp«re.- 






vân\ 


e de U Tour. -Los Pavillon, et 


angcrs.-K 






de a^iffran. - La grsod (ilobe 




Dhine. Inde, 




La Ruo du Caira et ses cnriosilés. - A g 


aucha da la 




Ailditiona mnnicaU.s léléphani 








^ Maison dn Gai. - En bor< 


tire de l'av 


eoue de La 


irdono 


aia. — Sur la borK« : I* Piir 


le. - Pano 




Jlliqu 


. - guni d'Orsaj.. - Isolai, d 


lAllmaniation. - Agri- 




- Sections éirangèrea, — Sur 


r esplanade 


~ I*s Mi- 




- LUjBlènei ICcouomie .ne 




Palais do 




de Tunisie, — L'Exposition des Colonies 


- Théitro 


.a.niM 


- Le Tour du Monde en un i 







XII EXPOSITION UNIVERSELLE DE I88f». 



III. — LA FOULE — LA CIRCULATION — LA STATISTIQUE — 

LES FÊTES DE L*E X P O S ITI N. 

Pag«s. 

Le Public k l'Exposition. — Li Foula. — Dimanches et Fêtes. — 
Aspect du Cbamp-dô-Mars. — Les Dîners sur los pelouses. — 
Restaurants, Cafés, Bars. — L'Heure des repas. — Envahissement 
des bancs, des terrasses, par les dîneurs. — Los Dég&ts dans les 
jardins. — La Foule à la sortie. — La Gare du Champ-de-Mars. 
— Les Pontons des bateaux. — Moyens de circulation. — Chemin 
de fer de Ceinture, Bateaux, Tram^cays, Omnibus, Tapissières. — 
Provinciaux et Étrangers. — Petite statisti.jue. — Voyageurs 
transportés. — La Consommation & Paris en 1889. — Le Ventre 
de la (grande Ville. — Dans l'Enceinte. — Les Accidents. — Les 
Enfants perdus. — Les Pick-Pockets. — La Santé publique. — 
La Commission dos Fêtes. — Les Fêtes de jour et de nuit. — La 
Distribution des récompenses. — A l'Étranger. — Opinion de la 

• Presse étrangère sur l'Exposition de 1R89 117 

IV. — PREMIEaS TRAVAUX — PARCS ET JARDINS. 

Nivellement général du Champ-dc-Mars. — Terrassements. — Ré- 
seau d'égouts. — Le Sous-Sol. — Chaussées, Allées, Trottoirs. 
Dallages. — Eaux et Lavage. — Service de nettoiement. — En- 
lèvement des orduros. — Conduites souterraines. — CanalisatioD 
pour les eaux, pour le gaz; Contrôle du service d'éclairage élec- 
trique. — Les Passerelles. — Construction du chemin do fer de 
l'Exposition. — Établissement des paratonnerres. — Puits et 
Perd-Fluide. — Salubrité. — Réfection des ravins, des rivières et 
des bassins. — Fondations et Soubassements. — Les Jardins : 
au Trocadcro et au Champ-do-Mars. — L'Ancien Parc. — Les 
Nouveaux Jardins. — Los Arbres transportés. — Les Pelouses et 
les Lampes électriques. — La Terrasse du grand Dôme. — Les 
Jardins latéraux. — Énumération des fleurs. — Éoumération dos 
arbres 175 

V. — PALAIS DES MACHINES. 

La grande Nef. — Dimensions. — Demî-Voùtes à articulations. — 
Les grandes Fermes métalliques en 1878 et 1889. — Fermes de 
Dion. — Hauteur au faitage. — Emploi architectural du Fer. — 
Vestibule d'entrée. — Escaliers, Rampes, Verrières, Motifs déco- 
ratifs, Figures allégoriques. — Période de construction. — Les 
Fondations. — Le Sous-Sol du Champ-de-Mars. — Les Piles. — 
Massifs de maçonnerie. — Piles A pilotis. — Montage et Levage 
des grandes fermes à 45 mètres do hauteur. — Entreprise Cail; 
Entreprise Fives-Lille. — liCs Travaux 207 




SOMMAIRES DES CHAPITRES. xni 



VI. — PALAIS DBS INDUSTRIES DIVERSES — PALAIS DES 
BEAUX-ARTS — PALAIS DES ARTS LIBÉRAUX. 

Paget. 

La Galerie centrale. — Les Galeries adjacentei. — Le Dôme de 
60 mètres. — La Statue du dôme. — Aspect et Décoration de la 
porte d'honneur. — Les Portiques Intérieurs. — Aménagement : 
Produits ouvrés : Mobilier, Vêtement. — Sections étrangères. — 
I^s Palais des Beaux-Arts et dos Arts libéraux. — Uniformité de 
plan. — L*Qssature métallique. — Fondations et Caves. — Les 
Tirants de renfort. — Ia grande Nef. — Galeries latérales avec 
premier étage. — Promenoirs extérieurs. — Vestibules Rapp et 
Desaix. — L'Architecture nouvelle. — Fer et Terre. — L'Art de 
terre. — Mosaïques en terre émaillée. — Les Terrasses et les 
Palmiers 245 

VIL — SERVICE MÉCANIQUE. 

La Force motrice à l'Exposition. — Chaudières et Machines. — 
Les- Pavillons de la cour de la force motrice. — Souvenirs ré- 
trospectifs. — Le Service mécanique aux expositions antérieures. 

— En 1889. — Poids de vapeur fournie. — Les Marchés avec les 
exposants. — Transmission de !a force. — Les Arbres. — Rau, Va- 
peur et Gaz. — Canalisations souterraines. — Les Ascenseurs 
électriques et hydrauliques. — Les deux Pylônes de la porte Rapp. 

— Les Ponts roulants à traction électrique. — Emplacemebts des 
diverses industries mécaniques 287 

VIIL — SERVICE HYDRAULIQUE. 

Service des Eaux aux Expositions précédentes. — Les Installations 
de 1889. — Service à basse pression pour les machines et les 
chaudières. — Les deux Usines hydrauliques do la berge. — 
Réservoir régulateur de pression. — Indicateur de niveau. — 
Distribution principale dans TEnceiute. — Ijes Kaux de la Ville 
de Paris à l'Exposition. — Service à basse pression : les Eaux 
puisées à Javel. — Service k haute pression : les Eaux du réser- 
voir de ViUejuif. — I^s Eaux de la Vnnne. — Les Kaux des 
Fontaines :UJ9 

IX. — LES FONTAINES LUMINEUSES. 

à Fontaine monumentale.— Les petites Gerbes. — Débit par heure. 
— Les Fontaines dans le jour. — Pendant la soirée. — Les pre- 
mières Fontaines lumineuses, — Expérience de Colladon. — Phé- 
nomène de la réflexion totale. — Les Jets lumineux. — En France et 



XIV EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 



Paget. 
en Angleterre. — Installation du Champ-de-Mars. — I^ grande 
Gerbe. — Les Dessons. — Crypte et Souterrains. — La Lumière 
dans le sous -sol. — Les Réflecteurs, les Régulateurs électriques. 
— Lès Verres colorés. — La Manœuvre. — Leviers et transmis- 
sions de mouvement. — Illuminations . 327 



X. — SERVICE ÉLECTRIQUE — l'ÉCLAIRAGE 
LES ILLUMINATIONS. 

■ 

L'Exposition pendant la soirée : aspect général. — Éclairage. — 
Illuminations. — I^ Trocadéro, la Tour Kiffel, le grand Dôme. — 
Le Gaz au Champ-de-Mars. — Service électrique. '- Les six Sta- 
tions centrales d*é]ectricité. — Les six grandes Usines de PKxpo- 
sition. — Chaudières, Moteurs, Machines électriques. — Fabrica- 
tion de l'électricité. — Travail continu de 4,000 chevaux-vapeur. 

— Éclairage de la Galerie des Machines. — Les grands Lustres. 

— Intensité lumineuse. — La grande Galerie de 30 mètres. — 
Les Régulateurs, les Lampes à incandescence. — Illuminations 
des Façades, d<*8 Jardins, des Promenoirs. — 180,000 becs Carcel 

au Champ-de-Mars 319 

XI. — LA TOUR DE 300 MÈTRES. 

Les grandes Tours. — Obélisque de Washington. — La Colonne de 
Turin. — Projet Bourdais-Sébillot. — Projet Eiffel. — Origine et 
gciicne. — Hauteur comparée des principaux Monuments. — Les 
premiers Travaux. — Fondations. — Les quatre Piles. — Pres- 
sions sur le sol. — Pressions sur la pierre. — Les pieds de la 
Tour. — Montage. — Inclinaison des MontantSs^ — Le premier 
étage. — Raccordement des poutres horizontales et des montants. 

— Les Pre>ses hydrauliques. — Soulèvement en bloc de la Tour. 

— Le Travail en l'air. — Résistance contre le vent. — Stabilité 
exceptionnelle. — Poids des fers. — Poids total de la. Tour. — Prix 

de revient. — Conventions avec l'État et la Ville. -^ Exploitation. 373 



XII. — LA TOUR DE 300 MÈTTRES. 

Ascerinion de la Tour. — Les Escalier«(. — Ascenseurs hydrauliques. 
— Ascenseur Combaluzier, du premier étage. — Ascenseur amé- 
ricaiu Otis, du deuxième étage. — Ascenseur Kdoux pour le troi- 
sif'me étage- — Premier étage : les Restaurants, les Cuisines, leu 
Kiosque?», le Promenoir. — Deuxième plate-forme. — Plancher 
intern)édiaire. — Troisième plate forme vitrée. — Los Chambres, 
le Campanile. — Le Phare, les Projecteurs électriques. — Portée 
de 200 kilomètres du rayon ëlectnquo. — L'Usine mécanique de 
la Tour. — La Terrasse terminale 407 



r 



SOMMAIRES DES CHAPITRES. xv 



XIII. ^ PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS — PONTS 

NAVIGATION INTÉRIEURE. 

Pages. 

An Trocadéro. — Exposition du Ministère des Travaux publics. — 
Tour de France. — De 1R78 k 1888. — Modules des grands ouvrages 
français. — Ponts et Viaducs. — Tendances modernes. — L*>s lon- 
gues portées. — Ponts en maçonnerie. — Pont de Lavaur. — Viaducs 
de la Crueize, de Saint-Laurent. — Arches en acier. -- Ponts de 
Rouen, de Lyon, de Nantes. — Les Ponts suspendus. — Le fameux. 
Pont do Brooklyn. — Ponts à poutres métalliques. — Le Viaduc 
de Oarabit. — L'industrie des Ponts en treillis aux États-Unis. — 
Ponts à boulons. — Navigation intérieure : les Rivières. — La loi . 
de 1878. — Travaux en Seine. — Monillage de 3",20. — Les nou- 
veaux Barrages. — Systèmes Poirée, Boulé, Cameré. — Le Bar- 
rage de Poses. — Les Écluses de Bougival. — Manœuvres méca- 
niques des Écluses. — L'Kau sous pression et la cliute de Marly. 

— Los Trains de bateaux. — Traâc 439 

XIV. — PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS — CANAUX 

PUARES — BALISES. 

Nombre d'Écluses. — Longueur moyenne des BiofH. — Progrès récents 
dans l'outillage de la navigation intérieure. — Le Canal du Centre. 

— Les Écluses k grande chute. — Chute de 5",20. — Les Vannes 
cylindriques. — Les Ascenseurs pour canaux. — La Balance aéro- 
hydrostatique Seiler. — Rachat de grandes différences de niveau. 

— Les Ascenseurs Clark. — I/Ascensour des Fontinettes. — 
Canal do Neuffossé. -> Chute de 13"',50. — Importance de la solu- 
tion. — Le llalage funiculaire. — Grands Travaux, maritimes. — 
Les Ports de Calais, Boulogne, Dieppe, la Pallice. — Fondations 
à l'air comprimé. — Les caissons à la Pallice et à Bordeaux. — 
Service des Phares. — Le plus grand Appareil optique du monde. 

— Les Phares électriques et les Phares à l'huile. — Une solution 
neuve. — Appareil hyper-rad iant. — Les Signaux sonores. — Les 
Tours-Balises à la gazoline. — Conclusion 469 

XV. — LE PAVILLON DES FORÊTS. 

Architecture rustique. — Dorique en arbres séculaires. — Décora- 
tion sylvestre. — Rondins et écorce. — Entablements en cordes 
de tilleul. — Construction sur pilotis. — Les Ateliers de la Croix- 
de-Toulouse. — Au rez-de-chaussée. — Panneaux décoratifs. — 
Musée du Bois. — Les diverses Essences et leurs applications. — 
Qalcrie du premier étage. — Les Collections. — Les Coupes micro- 
scopiques. — Les Maladies do^l'arbre; les Insectes. -— Les Pro- 
daits chimiques. — La Pâte à papier. — La Soie de bois. — Les 
Charbons. — Les Bois colorés artificiellement. — Les Germina- 
teurs. — A travers les Montagnes. — Dans les Alpes et les Pyré- 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 



probltma dM ReboiismanU 

ï-ea dsui PsTllIona da la Ville. — Conatnicilon et D«coraiioa. — 
PavilloD Saffren. — lustrnctlOD primalro. SUliUiqus. — Scoln. 
Aa«i«i»nte publique, Préfeeiuro.eii. — Piiilion ie L» Bonrdonnsig. 

— Dirsclion gAuémle dei Traraux de Paria. — L'Hygiène. — 
Type» ie Maison. — La Maison iosslubce. — Condiliona iygii- 
niquu» d* rilabilalion. - Promenadei dans le» fcgouu, - Le. 
ÉpiDU. — Types anciena et typa» nonveaui. — La Curage, — 
Le» FanUr» d'arrêt. — Les Appareils auiomalique» de chasse. 

— Siphon de l'Aima.-- La grand Collacteur.— Lea Eaux da Parte : 

~Eai» de la Vanne et do la Dbnis. - Sa- 

XVII, ■ 
Pavillon de La 



tloD. — I<H ]!&cliei mobile». — Ijiboratalre da Moaiaoun». — 
Service de la Voie publi^ae et de» ProniEDBd». — DlETéraDU 
mode» de ravige. — Carrière da grès de rivette. — Appaieïli 

aalar, — Nouveaux Travaux municipaux, — Square da la Botte 
Uontinartre. — Plan de Pari». — Pari» on 17(1(1 et an 1BS9. — 




CAUSERIES 



SCIENTIFIQUES 



— VINGT-NEUVIEME ANNEE — 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 
PRÉLIMINAIRES 



Avant l'ouverture. — Les préliminaires. — Détails rétrospectifs. 

— Do 1884 à 1889. — La date du Centenaire. — Période d'étu- 
des. — Commissariat, direction. — Les dépenses en 1867 et en 
1818. — Les crédits poui- J1889. — L'État, la Ville et l'Associa- 
tion de garantie. — Nouvelle combinaison. — Les bons de 
l'Exposition. — Période d'exécution. — Classiftcation et grou- 
pement des produits. — Les comités d'admission et d'installa- 
tion. — Les exposants et les visiteurs en 1867, 1878 et 1889. — 
Surfaces couvertes. — L'enceinte do 1889. — Dimensions, su- 
perficie. — Trocadéro, quai d'Orsay, esplanade des Invalides. 

— Les palais du Cliamp-de-Mars. — Plan général. — Innova- 
tions. — Caractère des nouvelles constructions. — Les travaux. 

— Prix d'exécution. -^ Nations étrangères. — L'ouverture. 



E 10 novembre 1884, le Journal officiel pu- 
bliait le décret suivant : 

« Art. 1®'. — Une Exposition univer- 
selle des produits s'ouvrira h Paris le 
3 mai 1889 et sera close le 31 octobre suivant. — 

29 1 




>s de Uniiro en 1859. 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



Art. 2. Les produits de toutes les nations seront admis 
à cette Exposition. » 
^ Ce décret en date du 8 novembre était précédé d'un 
rapport de M. Maurice Rouvier, alors ministre du com- 
ii^erce, à M. le Président de la République. Le ministre 
rappelait que la République avait institué la première 
Exposition de Tindustrie française en i798. La France 
a déjà vu quatorze Expositions ; pendant la première 
moitié du siècle, elles furent exclusivement nationales ; 
c'est en 1855 qu'eut lieu la première Exposition inter- 
nationale de Paris. Depuis, ces grands concours se sont 
renouvelés à échéance à peu près fixe tous les 11 ou 
12 ans : 1855, 1867, 1878. La date de 1889 était par 
cela même tout indiquée ; elle venait à son heure, et, 
dit le ministre, « elle était d'autant plus indiquée 
qu'elle coïncidait avec le Centenaire d'une hégire chère 
au patriotisme français ». On aurait pu ajouter que 
1889 marquait l'anniversaire d'une époque importante 
dans l'histoire des progrès de la science et de l'indus- 
trie. C'est effectivement autour de l'année 1889 que 
Volta et Galvani jetaient les fondements de la science 
électrique ; que Fulton prenait ses premiers brevets ; 
Vaucanson établissait à Lyon le premier métier per- 
fectionné du système Jacquard, Oberkampf installait 
la première manufacture de toiles peintes, Philippe de 
Girard inventait la machine à filer le lin ; à la même 
époque encore les frères Montgolfier s'élevaient dans 
les airs. 1789 est donc une date scientifique. 

L'Exposition de 1867 avait été décidée en 1863 ; celle 
de 1878, seulement en 1876 ; l'expérience avait montré 
que ce délai était insuffisant pour mener à boime fin 
une entreprise aussi considérable. Aussi le ministre 



EXPOSITION UNMVERSELLE DE 1889. 5 

faisait remarquer qu'un intervalle de quatre années 
n'était pas de trop pour réaliser l'Exposition prochaine. 
La période d'exécution implique toujours une période 
de préparation et d'organisation. Aussi, après le dé- 
cret relatif à l'Exposition, parut immédiatement un 
décret constituant une commission consultative sous 
la présidence de M. Antonin Proust. Dans un rapport 
au ministre, publié le 14 mars 1885, le président delà 
commission définit ainsi le concours de 1889 : « L'Ex-r 
position prochaine aura le caractère d'une exposition 
centennale, résumant ce que la liberté du travail inau- 
gurée en 1789, — date économique en même temps 
que date politique, — a produit de progrès au cours 
du siècle qui vient de s'écouler. C'est à l'examen, de 
la situation économique universelle que sont conviées 
toutes les nations. » Tels sont, brièvement, les origi- 
nes de l'Exposition qui va s'ouvrir à Paris dans quel- 
ques jours, 

A vrai dire, c'est seulement dans les premiers mois 
de 1886 que l'on commença à entrer avec décision 
dans la phase de réalisation. Un décret du 30 juillet 1886 
régla l'organisation et les attributions du personnel 
supérieur. Pour la première fois, le Commissariat gé- 
néral resta dévolu au ministre du commerce. M. Al- 
phand, que Topinion publique désignait déjà pour ces 
fonctions difficiles , fut nommé directeur général 
des travaux ; M. Georges Berger, qui avait fait ses 
preuves dans les Expositions précédentes, fut nommé 
directeur général de l'exploitation ; enfin, on créa une 
direction générale des finances pour la comptabilité, 
et ce poste fut confié à M. Grison. 

Dés le 7 juillet avait été promulguée la loi de finances. 



« CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

n fallait bien songer tout d'abord aux moyens 
d*exécution. En 1867, l'État et la Ville avaient fourni 
une subvention ferme de 12 millions qui no devaient 



pas être remboursés. Une société de garantie s'était 
aussi constituée; elle devait fournir une somme de 
tî millions en cas d'insuffisance. Non seulement 
la société n'a pas eu à débourser d'argent, mais elle 
a réalisé un bénéfice assez considérable résultant 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE ISSU. T 

de l'excédent dos recettes sur les dépenses. En 1878, 
l'État seul, avec le concours de la Ville, exécuta 
l'opération : il y a eu âO millions de «lëQcit. On 



résolut cette Tois de s'en tenir au premier système. 
Pour faire face aux dépenses de toute nature, on 
adopta le chiffre de 1878 en défalquant les 10 milbons 
qu'avaient coûté les constructions du Trocadéro, soit 
la somme de iS millions. Les dépenses ont été évaluées 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 9 

à 43 millions, en déduisant bien entendu la valeur 
des matériaux de démolition à revendre. L'État partici- 
pait pour 17 millions, la ville pour 8 millions et la diffé- 
rence, soit 18 millions, était fournie par une Associa- 
tion de garantie. Si les recettes dépassaient 18 millions, 
Texcédent serait partagé comme en 1867 entre les trois 
parties contractantes. Sur ces 18 millions de recettes 
probables, les entrées ne figuraient que pour 14 ou 
15 millions; c'est le chiffre auquel on est conduit en 
prenant pour point de comparaison celui de 1878, et 
en tenant compte du développement qu'ont pris, de- 
puis cette époque, le goût et la facilité des voyages. 

Le 11 octobre 1886, un décret instituait auprès du 
commissaire général ime commission de contrôle et 
de finances composée de membres représentant l'État, 
la Ville et l'Association de garantie dans la proportion 
respective de leurs contributions. 

Pour sauvegarder les intérêts de l'Association de ga- 
rantie, la commission de contrôle et de finances, par 
délibération en date du 4 mars 1887, dut interdire d'une 
manière absolue la délivrance des entrées gratuites en 
dehors des exposants et du personnel, alors qu'en 1878 
on avait délivré 2,267,000 entrées aux instituteurs, aux 
élèves de diverses écoles, aux orphelinats et aux délé- 
gations ouvrières. On s'aperçut beaucoup plus tard que 
cette clause de la convention présentait, à notre épo- 
que, de sérieux inconvénients. Aussi, pour y remé- 
dier et pour obtenir en même temps de nouvelles res- 
sources reconnues nécessaires, on songea à appliquer 
une combinaison ingénieuse qui a rendu toute liberté 
à l'État ; nous faisons allusion à l'émission des bons de 
l'Exposition. Une conventionfut passée le 20 mars 1889 

D 1. 



iO CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

entre M. Tirard, président du Conseil, commissaire 
général, et M. Christophle, gouverneur du Crédit fon- 
cier de France, opérant pour le compte d'un groupe 
d'établissements de crédit, à l'efTet d'émettre 1 ,200,000 
bons de 25 francs munis chacun de 25 tickets d'entrée. 



vant cette convention,cllefutpronHilguéelelavrill 889. 
La nouvelle combinaison présente beaucoup d'avan- 
tages. L'Association de garantie est désintéressée et 
disparaît. La nouvelle Société verse en quatre mois les 
t8 millions à sa place, plus 3 millions 1/3 de crédits 
supplémentaires, soit 21, 500,000 francs. Le maximum 
dedépenses,llxéprimitivementai3 millions par la loi de 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE I8S9. Il 

juillet 18S6.estporféài6,oOO,000 fiancs. En revanche, 
la Société obtient de l'État 30 milliODs de billets d'en- 
trée et une aiitorisntion de loterie. Elle a émis par 
souscription publique 1,200,000 bons qui participe- 
ront à 81 tirages, dont 6 auront lieu pendant la durée 



de l'Exposition. Chaque bon de 35 tickets sera, en ou- 
tre, rembourséaupairenïSans. On sait le grand suc- 
cès qu'a eu l'opération. Les 30 millions ainsi réalisés 
et dont le placement d'ailleurs avait été garanti par les 
établissements de crédit seront employés comme sidt : 

18 millions à encaisser par le Trésor ; 

3,500,000 pour les crédits supplémentaires, frais de 
médailles, fruis de voyages des délégations, etc. 



12 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

5,500,000 francs seront réservés pour assurer le 
paiement des 4 millions de francs de lots et le rembour* 
sèment en 75 ans des 1,200,000 billets à 25 francs. 

3 millions seront consacrés aux frais d'émission» 
Commission de garantie (1 fr.25 par bon), 2,500,000 fr. 
Commission des guichets (75 centimes par bon), 
900,000 francs. Frais de confection des billets, etc., 
600,000 francs. 

Il va de soi que la combinaison laisse, de plus, in- 
tactes les recettes de TExposition autres que les droits 
d'entrée au moyen de tickets détachés des bons, c'est- 
à-dire les cartes d'abonnement, les redevances, la re- 
vente des matériaux, etc. Ces recettes, qui s'élèveront 
encore à un chiffre respectable, seront affectées à payer 
les dépenses qui viendront en excédent : elles serviront 
notamment à solder la somme de 1,800,000 francs à 
laquelle est fixé, à forfait, le remboursement à effec- 
tuer au syndicat des électriciens qui devait se rémuné- 
rer primitivement sur les recettes du soir. 

En sorte] qu'en définitive la convention des bons aura 
pour résultats immédiats de provoquer dans le public 
international un grand mouvement en faveur de l'Ex- 
position, d'éviter de demander aux Chambres des 
crédits suf»plémentaires, d'augmenter le nombre des 
visiteurs, de développer en conséquence les recettes ac- 
cessoires, de procurer de nouveaux profits aux indus- 
tries s'exerçant dans l'Exposition, de rendre à l'État 
les produits des concessions diverses, cafés, restau- 
rants, exhibitions, théâtres, auditions, etc., et surtout 
de lui donner la possibilité pleine et entière de conser- 
ver les constructions les plus remarquables, telles que 
les Palais des Macliines, des Arts libéraux, des Beaux- 



EXPOSITION UNIVERSELLK DE 1889. 13 

_ 

•Arls, etc., dont la démolition forcée eût été regretta- 
ble. Bref, la combinaison a plu et a donné satisfaction 
à tout le monde. Le Crédit foncier s'est chargé à for- 
fait delà capitalisation des fonds sur la base de 3 1/4 
p. 100, et il n'est pas douteux que, faisant ses place- 
ments à un taux plus élevé, il n'en retire de son côté 
quelques bénéfices, juste rémunération de ses peines. 

Les moyens d'exécution assurés, on s'occupa de la 
classificatiou des produits. La commission d'études 
adopta tout simplement la liste de 1878 qui n'était à 
peu de choses près que l'excellente classification de 
M. Le Play de 1867. On admit 9 groupes. 

[? Beaux-Arts ; 2* Éducatioti et Enseignement ; 
3<» Mobilier et Accessoires ; 4** Tissus, Vêtements et 
Accessoires ; 5** Industries extractives, Produits bruts 
et ouvrés; 6** Outillages et produits des industxies mé- 
caniques ; 7^» Produits alimentaires ; 8° Agriculture, Vi- 
ticulture et Pisciculture ; 9*» Horticulture. 

Chacun de ces groupes se subdivise lui-même en 
plusieurs classes. On compte 83 classes au total ; cha- 
que classe a eu son comité spécial d'admission, puis 
son comité d'installation. Enfin on a inslîtué un co- 
mité supérieur de revision, présidé par M. Teisserenc 
de Bort et formé des présidents et secrétaires de 
groupe. Cette organisation est bonne et on y est d'ail- 
leurs habitué depuis vingt ans. 

Il s'est agi ensuite de fixer l'emplacement de la 
future Exposition. Nous avons vu se reproduire en 188H 
toutes les discussions et les hésitations que nous avions 
eu à noter autrefois. En 1867, on avait parlé du plateau 
de Courbevoie, du parc des Princes, de Grenelle, du 
parc de Bercy d'une superficie de 64 hectares, de la 



14 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

plaine Monceau, alors vide de ses hôtels, de Saint- 
Ouen, des Champs-Elysées, de l'esplanade des Inva- 



lides réunie au Palais de l'Industrie par un pont ; on 
avait imaginé de couvrir la Seine par un plancher ; 
avec lespace compris entre le pont des Invalides et le 
pont de la Concorde on obtenait une superficie de 



r 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE I 



SK.OOO mètres (I), etc. Finalement, on avait doDné la 
-préférencâ au Cliamp-de-Mars. C'est encore it cette 



solution agrandie que l'on a dû s'arrCter en 188^. 
En I800, il y avait eu 24,000 exposants ; en 1867, il 



ifl CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

y en eut 50,226 et le nombre des visiteurs dépassa 
10 millions. La surface totale du Palais couvrit 15 hec 
tares et demi, y compris les 5,700 mètres du jardin 
intérieur; l'exposition agricole avait été placée dans 
l'Ile de Billancouri. 

En 1878, il y eut 53,100 exposants et 13 millions de 
visiteurs. Le Palais occupait, à lui seul, plus de âS hec- 



tares. Et le Trocadéro avec son nouveau palais fuisait 
partie de l'enceinte. 

En 1889, les chiffres ne sont pas encore arrêtés au 
moment où ce brrc est livni à l'impression parce que 
cette fois on a continué d'admettre de nouveaux expo- 
sants après l'ouverture. Toutefois on peut dire que le 
nombre des seuls exposants français dépassera 30,000, 
On peut estimer aussi à environ 20,000 au moins le 
nombre des étrangers. Au total, le nombre des expo- 
sants sera de plus de 50,000. 

Le nombre dos visiteurs payants pendant les 185 
jonrs qu'a duré l'Exposition, 6 mai-6 novembre, a été 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 



41 



de 2S, 398, 609, soit comparativement à 1878 un excé- 
dent de 12,881,614, et en 1878 l'Exposition, ouverte 
le 1" mai, n'avait été fermée que le 10 novembre. 

Certains dimanches ou jours do fCte, le nombre de 
visiteurs a atteint 320,000 et même 380,000. Souvent 
le dimanche, les entrées ont dépassé 335,000. En 1889, 
la moyenne journaliùre des visiteurs a été de 137,389. 
C'est le 10 mai, un vendredi, que les entrées ont été 
les moins nombreuses, soit â6,9SS. Le chilTre le plus 



élevé a été atteint le 13 octobre, soit 402.065. Ensnile 
vient le jour de la clôture oii l'on a relevé 395,033 vi- 
siteurs et 511,297 tickets. 

Sur les 183 jours d'ouverture, les entrées se répar- 
tissent ainsi : 

8 jours jusqu'à ■ 50,000 

H jours de 50,000 à 100,000 

86 — 100,000 150,000 

19 — 150,001) 200,000 

19 — 200,000 2ûO,OOn 

5 — 250.000 300,000 

n — 300,000 350,000 

2 — 350,000 MO.OOO 






- Û£ 



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■ iTipoutioD da uie, B 



20 CAUSERIES SC1E>'TIFIQUES. 

Le soir on exigeait 2 tickets ot certains jours de fôte 
5 tickets. Voici les nombres de tickets perçus : 

MOIS. 1M7. It78. Itt9. 

Mai I,22i.l8i 1,278,860 2,610,813 

Juin i,3:)7,93'i 1,954,103 4,338,869 

Juillet 1,264,358 1.823,176 4,544,196 

Août 1,276,019 1,959,334 4,977,092 

Septembro 1,328,196 2,720,595 5,246,704 

Octobre 1,729,226 2,303,403 4,820,869 

Novembre 227,289 584,376. 1,610,810 

Totaux..... 8,407,209 12,623,847 28,149,333 
Soit, en faveur de 1889, une dilïï'rencc de. . 12,881,614 

En 1889, la moyenne journalière des tickets perçus 
a été 152,158 et la somme totale 28,149,353. On n'a 
pas été bien loin du montant de l'émission. 

La moyenne générale paraît devoir se rapprocher 
de 140,000 entrées quotidiennes payantes. 

En 1889, les exposants réclamant de grands espaces, 
il fallait prévoir un emplacement considérable. Les 
45 hectares du Champ-de-Mars eussent été complète- 
ment insufBsants. Aussi,, au Champ-de-Mars a-t-on 
ajouté d*abord les jardins du Trocadéro comme en 
1878, ensuite tout le quai d'Orsay avec les berges de 
la Seine et toute Tesplanade des Invalides. L'enceinte 
fermée de TExposition est immense. On a clos tous 
ces emplacements et jeté d'élégantes passerelles sur 
les rues et les avenues qu'il a fallu traverser pour 
laisser la circulation libre. C'est ainsi que Ton passe du 
Champ-de-Mars au Trocadéro par deux ponts jetés au- 
dessusdeTavenuede Versailles. Ontraverse la tranchée 
du quai d'Orsîiy sur deux ponts; on passe sur un pont 
démontable avec arc de triomphe sur le carrefour de 



r 







22 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

l'Aima. On trouve ud dernier pont au-dessus du car- 
refour de Latour-Maubourg. 

Le Champ-de-Hars seolmcsureenvirou 1,100 mètres 
de lon^, de l'École -Militaire à la Seine, et i'O mètres 
de large ; le Trocad(!ro a environ 360 mètres de pro- 



Tondeur sur 170 mètres de large; le quai d'Orsay, plue 
d'un kilomètre; l'Esplanade, à peu près 500 mètres 
sur 300 mètres; ce qui conduit à un développement 
direct de prés de 8 kilomètres. Le visiteur qui aura 
parcouru toute l'enceinte, avec les berger, les diverses 
allées, les galeries, etc., aura certainement effectué un 
trajet de plus de 60 kilomètres. 

L'txpositionoccupeautotalSÛ hectares de plusqu'en 
18T8,soit70hectares,noncompri8le8bergesdelaSeine. 



EXPOSITJON UNIVERSELLE UE 1888. 23 

Au Champ-dc-Mars, qui reste la partie principale et 
maîtresse de l'Exposition, on a placé les sections des 
beaux-arts, des arts libéraux, des industries diverses 
et des machines ; au Trocadéro, l'horticulture ; au quai 
d'Orsay,lesproduitsetappareils agricoles, les produits 
alimentaires; à)'esplanadedeslnvalides,lesexpositioti3 



du ministère des colonies et des pays de protectorat. 
En 1867, le Palais du Champ-de-Mars offrait l'aspect 
d'un colisée gigantesque, de 1 kilomètre et demi de 
pourtour, 1 kilomètre dans la plus grande largeur, 
380 mètres dans sa plus petite, comprise entre les 
avenues de La Bourdonnais et dcSulîren. Les galeries 
étaient circulaires d'une part et rayonnantes de l'autre- 
L'arrangement combiné par M. Le Play, sorte de table 
de Pytbagore, était tel qu'en suivant une galerie circu- 
laire, on voyait bien groupés les produits similaires de 



24 CAUSERIES SCIENTIFIjQUES. 

toutes les nations ; en longeant au contraire une gale^ 
rie rayonnante, on passait en revue l'exposition collec- 
tive de tout un peuple. En 1878, M. Krantz construisit 
un immense rectangle raccordé k des demi-circonfé- 
rences ; la largeur regardant la Seine était de 350 mètres, 
la longueur de 718 mètres. 

On avait conservé pour le groupement les principes 
deM. LePlay.Lesobjetsdemême nature étaient installés 
dans les galeries longitudinales, et les galeries trans- 
versales limitaient les expositions de chaque peuple. 

Un critiqua à cette époque les perspectives intermi- 
nables des galeries droites, comme on s'était plaint 
antérieurement des galeries courbes. 

Cette fois, on ne pourra adresser les mêmes repro- 
ches aux dispositions adoptées ; on n'a rien emprunté 
au passé, le plan est nouveau ; pour rompre toute mono- 
tonie, à l'ancien groupement méthodique on a presque 
partout substitué Tordre disséminé. 

Pour les constructions, on avait jusqu'ici un peu né- 
gligé le côté artistique. On a fait appel aux architectes. 

A la suite d'un concours , les trois premiers prix furent 
donnés à M. Dutert, à M. Formigé et à M. Eiffel. M. Al- 
phand dressa les plans définitifs qui furent adoptés en 
principe, et dès le mois d'août 1887, on commençait 
les études préparatoires. Les travaux préliminaires de 
nivellement du Champ-de-Mars et de création du ré- 
seau d'égouts étaient menés rapidement par M. Lion. 

Dès le mois d'octobre, on donnait les premiers 
coups de pioche et, en novembre, la plupart des 
chantiers étaient organisés. Depuis on a travaillé 
sans relâche; il aura fallu àr peine deux ans et demi 
pour accomplir cette œuvre prodigieuse et colossale 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 



qui fait rétonnemeiit des personnes compétentes. 
Celte fois, plus d'édifice au milieu du Champ-de- 




Mars ; l'emplacement central reste libre, c'est un parc ; 
au fond et sur les côtés, les constructions! Le plan gé- 
néral affecte assez exactement la forme d'un grand U. 



28 CAUSERIES SCIENTIFIQUES, 

m^^^^ ■ ■ » a^ ■■■■ ■ ■ I» ■ ^mmi m ■ ■ ■ ■ i i ■ ■ ^^^ii ^ il i^— — ^— ^^»^»^^^^—— ^^m^^ 

La petite branche transversale est représentée par les 
galeries qui se développent en largeur, parallèlement 
à rÉcole-Militaire, rimmense galerie des Machines 
au fond; puis, successivement les unes en avant des 
autres, les galeries des Industries diverses. Les deux 
grandes branches de l'U sont représentées d'abord 
par un prolongement du palais des Industries diverses 
et ensuite par le palais des Beaux-Arts et par le palais 
des Arts libéraux qui forment ailes de chaque côté et 
se dirigent vers la Seine. Leurs deux façades s'arrê- 
tent à 50 mètres des piliers de la tour Eiffel. 

Les constructions, galerie des Machines et galerie 
des Industries diverses, absorbent, à l'extrémité du 
Champ-de-Mars, une longueur de 400 mètres ; les deux 
ailes des Industries diverses, 150 mètres; celles qui 
leur font suite, des palais des Beaux-Arts et des Arts 
libéraux, 230 mètre3. Le visiteur aura donc encore 
630 mètres à franchir pour atteindre le palais des In- 
dustries diverses, soit qu'il traverse le jardin central, 
soit qu'il passe par un des palais latéraux, s'il pénètre 
dans Tenceinte par le pont d'iéna, la véritable entrée 
d']ionneur de l'Exposition. Toute la partie comprise 
entre les branches de l'U, entre les palais longitudi- 
naux, est réservée à des pelouses, à des jardins, à la 
grande fontaine monumentale, etc. La Ville de Paris a 
élevé aussi deux pavillons consacrés à l'exposition de 
ses services administratifs, à droite et à gauche, entre 
les deux branches en fer à cheval du palais des Indus- 
tries diverses. 

Ce plan ost très réussi; les façades et los perspec- 
tives des palais sont à la fois grandioses et agréables 
h l'œil ; nous y renendrons lorsque nous parlerons de 



EXPOSETION UNIVERSELLE DE 1889. 



la construction des dïversefi galeries. Le parc au mi- 
lieu duquel s'élèvent les constructions isolées, a été 



c€ £«^^L^<^ 



planté de vieux arbres qui ont très bien repris sur ce 
terrain remanié. On croii'ait qu'ils ont poussé sur place. 
On a créé de toutes pièces comme un parc séculaire. 



32 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

L'impression générale est vraiment satisfaisante. Le 
rédacteur en chef d'un journal anglais (1) formulait 
ainsi son opinion quelques semaines avant l'ouverture : 

« L'Exposition de 1889 sera la plus colossale et la 
plus extraordinaire que Tunivers ait jamais vu. » 

Et il ajoutait : 

« Les Français aiment à faire grand ; ils sont en train 
de prouver une fois de plus qu'ils s'y entendent. Leur 
Exposition du Centenaire de i 789 est déjà absolument 
stupéûante; ni les peines, ni l'argent n'ont été mena- 
* gés. Rien de mesquin n'afflige le regard ; jusque dans 
la plus petite charpente de fer, le'sentiment artistique et 
le goût éclatent. Le résultat est de nature à démontrer 
à r univers que la France est toujours la plus laborieuse 
et la plus artiste des nations, et qu'une fois résolue à 
faire une chose, elle sait s'y mettre corps et âme. L'Expo- 
sition va attirer à Paris la moitié du monde ci\ilisé. » 

Nous ne saurions désirer une appréciation plus flat- 
teuse et plus indépendante. Il est de fait que Ton a 
exécuté de grandes choses au Champ-de-Mars et à 
TËsplanade des Invalides depuis deux ans; jamais on 
n'a poussé aussi loin Tampleur des constructions et 
l'originalité des conceptions. Si l'on cherche mainte^ 
nant à recommencer ailleurs, il sera difficile de ne 
pas nous imiter forcément; toutes les combinaisons, 
à très peu près, ont été épuisées. 

Malgré ces grands efforts, il ne'semble pas que l'on 
ait été conduit à des dépenses extraordinaires. L'exé- 
cution a été conduite par M. Alphand avec un véri- 
table souci de l'économie et avec une méthode venta- 
it) M Jules Prico, du Pall Mail Gazette. 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 33 

blement digne de remarque. Il y a là peut-être un 
exemple unique à signaler dans un ensemble.de tra- 
vaux aussi colossal. Il ne nous parait pas inutile dé 
donner, à titre de preuves/ quelques chiffres généraux 
qui se trouveront ^sensiblement modifiés par les der- 
nières dépenses. Mais, tels quels, ils présentent de l'in- 
térêt. 

DÉSIGNATION ÉvalaationB Évalujittoi» 

de* travAUX. primitives. aclueUrs. 

Palais des Arts, gulcrics 

Rapp et Dcsaix. • • . . . 6,312,481 6,764,707 

Palais des Machines 7,233,38i 7,513,894 

Palais des Industries diverses 5,786, 406 5,885,637 
Niyclicmcnt — Réseaux d'ê- 

gouts 524,847 52-4,847 

Réserve 82,825 95,912 

Exposition d'horticulture . . 300,000 300,000 

— dagricuUure. . . 600,000 600,000 

Pai-cs et jardins 3,082,654 2,032,654 

Bureaux^ postes de police , 

etc 458,911 458,911 

Clôtures 450,000 450,000 

Viabilité de la tranchée rive 

gauche 80,000 25,672 

Passerelles diverses 200,000 200,000 

Eau et gaz 600,000 600,000 

Voies ferrées 363,259 363,259 

Watcr-closets 175,000 » 

Réserve s'appliquant aux ga- 
leries des Machines, etc. . 4,815,220 3,082,063 

Réserve spéciale 1,004,873 » 

Service mécanique 93,000 93,000 

Expositions horticoles. . . . 66,000 66,000 

Exposition d'économie sociale 73,600 75,600 

Totaux 32,664,518 29,432,160 

L'excédent sur les évaluations primitives des dé- 
penses a été : 
Palais des Arts, 392,225 francs; Palais des Ma- 

n 



3t CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

chines, 980,510 francs; Palais des Industries diver- 
ses, 99,230 francs. Réser\-e, 13,035 francs; au total, 
785,000 francs. 

De même la diminution sur les évaluations budgé- 
tairesaété: Parcs, et jardins, 1,050,000 francs; Viabi- 



lité, 5i,328 francs; Waler-closets, 175,000 rrancs;Ré- 
serve, l,733,156friiiics; Réserve spéciale, l,00*,873fr.; 
total, i,OI7,358 francs. Différence en excédent, 
3,232,358 francs. 

C'est un résultat remarquable auquel nous n'avons 
pas toujours été habitués et qui noua permet de bien 
augurer de l'avenir. 

Enfin ajoutons encore, pour en terminer avec le 



liXPOSITlON UNIVERSELLE DE 1889. 35 

chapitre des installations, que la participation des 
pays étrangers à l'Exposition sera importante, beau- 
coup plus grande qu'on ne l'aviiit cm tout d'abord; il 
a fallu Ji regret faire un choix st'vère et refuser des ' 
emplacementsàla dernière henre. On a dû. pour dnn- 



ner satisfaction à plusieurs commissions (étrangères, 
les autoriser à élever dans les jnrdins des pavillons 
spéciaux qui donneiit du reste un nouvel attrait au 
Champ -de-Mars. 

La Belgique compte au moins 2,000 exposants ; l'Es- 
pagne, environ 3,800 avec un contingent considérable 
de productions de vins. 

L'Angleterre a 1 ,400 exposants; les États-Unis, envi- 




CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



3,000; la Suisse également; l'Autriche -Hongrie, 
350 à iOO ; la Russie, près de 800. 
Le Mexique, la République Argentine, le Por- 




tugal, le Brésil comptent leurs exposants par milliers. 
l^s gouvernements qui avaient promis leur con- 
cours ofliciel sont : la- principauté de Monaco, les ré- 



38 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

publiques d'Andorre et de Saint-Marin, la Suisse, la 
Norvège, la Serbie, la Grèce, la Perse, le royaume 
de Siam, le Japon, les Klats-Unis de l'Amérique du 
Nord, le Mexique et toutes les petites républiques 
de l'Amérique du Sud. 

En réalité, presque toutes les nations sont repré- 
sentées auChamp-de-Mars.LaGrande-Bretagne occupe 
dans le seul palais des Machines 7,000 métrés carrés, 



les États-Unis 3,700 mètres, la Belgique i.600 mètres, 
la Suisse 3,000, etc. 

Dans les galeriesdu quai d'Orsay, les pays étrangers 
occupent une surface de plus de 15,000 mètres car- 
rés répartis entre l'Angleterre, les Étals-Unis, la Rus- 
sie, l'Italie, l'Au triche-Hongrie, la Norvège, les Pays- 
Bas, le Danemark, la Roumanie, etc. Dans l'enceinte 
même des divers palais, la surface ainsi occupée s'é- 
lève à 88,000 mètres carrés. En somme, la surface to- 
tale mise fi la disposition des différentes sections étran- 
gères est supérieure à celle qu'elles occupaient en 1 8T8. 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1SS9. J9 

Il nous sera bien permis, après le coup d'reil d'en- 
semble, de nous féliciter d'avoir vu mener ii bonne 
lin cette énorme entreprise, 

II est inutile de rappeler les indécisions de la pre- 
mière heure. Après avoir eu souvent trop confiance 
en nous, nous avons pris l'habitude de douter un peu 
trop de notre initiative, de notre persévérance et de 
notre force. Que 1889 nous serve d'exemple et de le- 



çon'. Le programme tracé a été suivi à peu près, sans 
accident. On a été prCt à t'heure, comme on lavait dit 
et comme on l'avait voulu. Ceux qui n'avaient pas la 
foi ont été les premiers ù applaudir et it admirer. 
Aujourd'hui le succt's est complet. On peut dire que 
c'est une victoire nationale et une victoire bien ac- 
quise, qui, espérons-le, ne froissera personne et ne 
se traduira que par des bienfaits et une appréciation 
plus juste et plus viale des aspirations de notre pays. 
Après avoir constaté le succès, nous manquerions 
de justice, si nous ne rendions hommage aux deux 



s 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 41 

principaux orgamsateurs de TExposition, à ces deux 
hommes éminents qui Tont préparée de longue main 
et ont doté Paris de cette œuvre grandiose qui con- 
tribuera à répandre au loin le nom de la France. 

Une fois de plus, M. Alphand a bien mérité de la re- 
connaissance publique (1). P^nchanteur iacomparable, 

(1) M. Alphand a été fait grand-croix de la Légion d'Iionncar 
41*oaYerturc de l'Exposition. A cette occasion, le président du Con- 
seil général du dépacrtemcnt de la Seine, le président du Conseil 
général des ponts et chaussées, et le directeur du Conseil muni- 
cipal ont adressé à M. Alphand des lettres d éloges et de félicita- 
tions. Nous croyons devoir au moins reproduire, à titre de sou- 
venir, la lettre de M. Chautemps. 

TltU II PUIS 
CONSEIL M^UNICIPAL parfs, l6 9 Mai 1889. 

CABINRT DU rRKSIDKrCT 



Monsieur le Directeur, 

Dans sa séance d'hier, la première qu'il ait lonue depuis l'ou- 
verture de TKxposition, le bureau du Conseil municipal, à l'una- 
nimité des membres présents, m'a chargé de vous exprimer la 
vive satisfaction avec laquelle les membres du Conseil ont appris 
la très haute distinction qui vient de vous être conférée. 

Aux félicitations qui vous ont été adressées par M. le Prési- 
dent de la République, et auxquelles se sont associées toutes les 
nations représentées à l'Exposition universelle, nous tenons à 
joindre les remerciements bien sincères du Conseil municipal; en 
assurant le succès de cette entreprise grandiose, vous avez beau- 
coup fait pour la gloire et la prospérité de Paris, qui, à d'autres 
titres, vous devait déjà beaucoup; vous avez également bien tra- 
vaillé pour la République. 

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de 
ma haute considération et de mes meilleurs sentiments. 

Le président du Conseil municipal. 
Signé : CHAUTEMPS. 

Monsieur Alphand^ Directeur des Travaux de la Ville de Paris. 



44 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

-- ■- ■ — ■ ■ - - - 

cette fois encore il nous a transportés dans le pays des 
fées ; pour couronner une carrière qui n'a pas sa précé- 
dente, une vie d'honneur et de gloire, il s'est élevé à 
lui-même, en relevant pour nous tous, un nouveau mo- 
nument impérissable. 

Le nom de M. Georges Berger est lié au succès de 
toutes nos expositions. Il en a été l'âme, l'organisa- 
teur ardent et heureux; plus encore peut-être cette 
fois qu'antérieurement, il a montré des aptitudes spé- 
ciales et exceptionnelles. Au début, quand, pour des 
causes diverses, beaucoup se montraient hésitants, 
il parcourut nos départements semant partout la bonne 
parole, secouant Tégoïsme des uns, l'indifférence des 
autres ; il fit réellement des prodiges d'activité, d'in- 
telligence et chaque fois il revint victorieux. Lui aussi, 
a bien mérité du pays (1). Les deux directeurs des 
Travaux et de l'Exploitation ont d'ailleurs trouvé le 
concours le plus actif chez M. Grison, le directeur gé- 
néral des Finances. 

Le 6 mai , l'Exposition était ouverte solennelle- 
ment. Le président du Conseil, commissaire général 
de l'Exposition, M. Tirard, et les directeurs géné- 
raux, MM. Alphand, Berger et Grison, reçurent M. le 
Président de la République devant le grand Dôme 
central. 

Nous croyons bon de reproduire ici les discours 
prononcés par M, le Président de la République 
et par M. le Président du Conseil, commissaire gé- 
néral. 

Lorsque le Président eut pris place, M, Tirard, 

(J) M. Berger a été promu grand officier de la Lt^gion d'honneur 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 45 

commissaire général de TExposition, prononça le 
discours qui suit : 

Monsieur le Président de la République, • 

Monsieur le Président du Sénat, 

Monsieur le Président de la Chambre des Députés, 

Messieurs, 

Je vous remercie d'avoir bien voulu honorer de votre 
présence l'inauguration de la grande manifestation du tra- 
vail et des arts que la France a organisée en y conviant 
les travailleurs et les artistes de tous les pays. 

Ce n*est pas sans une certaine appréhension que Tidée 
d'une nouvelle Exposition internationale fut tout d'abord 
accueillie. L'on se demandait si le court espace de temps 
écoulé depuis la belle Exposition de 1878, qui a laissé de 
si grands souvenirs, ne nuirait pas à une entreprise de 
même caractère si promptement renouvelée. Pourrait-on 
faire mieux? Pourrait-on même faire aussi bien? Quels 
attraits nouveaux offrirait-on à la curiosité des visiteurs? 
Les progrès réalisés dans les diverses branches du travail 
national permettraient-ils de réunir en quantité suffisante 
des œuvres dignes d'attention et d'étude? Enfin, n'aurions- 
nous pas à lutter contre la lassitude, peut-être môme contre 
l'indifférence des exposants, sans cesse sollicités par des 
exhibitions particulières ou officielles, en France et à 
l'étranger? 

Messieurs, ces appréhensions se sont bien vite dissipées. 

Dès que le Parlement et le conseil municipal de Paris 
eurent voté les crédits demandés par le Gouvernement, 
les constructeurs se mirent résolument à l'œuvre et ne 
tardèrent pas à couvrir le Champ-de-Mars et ses abords de 
cette immense variété d'édifices, de monuments décoratifs 
et de jardins, dont l'ampleur et la magnifique ordonnance 
dépassent tout ce qui s'est fait jusqu'à ce jour. 

jc 3. 



[JAUSERIliS 5CIBXT1KIQUKS. 



Puis, les mnnnrodnrtpr!!, les usiniers, les fabricants, les 



arlisaiis de tous ordres, les agriciiUeurs, les artistes, sont 
arrivés en si grand nombre, de France et de l'élranger, en 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 41 

^ I II — ■ 

groupe ou individuellement, que, malgré l'immense éten- 
due des emplacements, supérieurs de plus d'un huitième 
à ceux de 1878, l'impossibilité de satisfaire à toutes les 
demandes n'a pas été la moindre des difficultés que nos 
organisateurs aient eu à surmonter. 

Bien qu'il dépasse toutes les espérances, ce magnifique 
résultat n'a rien qui nous doive étonner : le progrès ne 
ralentit pas sa marche ; les générations nouvelles rempla- 
cent incessamment les forces épuisées ou disparues; la 
science, puissance souveraine de notre siècle, n'arrête pas 
le cours de ses conquêtes : chaque jour elle pénètre plus 
avant dans les secrets de la nature; la vapeur et l'électri- 
cité ont déjà révolutionné l'ordre économique de l'uni- 
vers. Qui saurait dire les prodiges- et les surprises qu'elles 
ménagent encore à nous et à nos descendants? Les inven- 
tions, les découvertes, les perfectionnements, se succè- 
dent avec une rapidité vertigineuse; nul ne peut résistera 
cet immense entraînement; les usines, les ateliers, les 
manufactures, stimulés par la concurrence, encouragés par 
le succès, sont soumis à d'incessantes transformations, 
dont il faut se féliciter puisqu'elles ont pour conséquence 
l'abondance des choses nécessaires à la vie, l'abaissement 
de leur prix et, par suite, l'augmentation du bien-être gé- 
néral. Nos agriculteurs, laborieux, sobres, économes, pa- 
tients et si cruellement éprouvés par les fléaux et les 
intempéries, luttent courageusement et sont entrés réso- 
lument, eux aussi, dans la voie du progrès en appliquant 
à leurs procédés de culture et d'élevage les méthodes 
scientifiques enseignées par des guides sûrs et éclairés. 
Nos artistes, glorieuse pléiade dont à juste titre nous 
sommes si 11ers, ne s'endorment pas non plus sur les lau- 
riers conquis : tout en respectant les traditions et les 
enseignements des maîtres qui les ont devancés, ils s'ef- 
forcent d'imprimer à leurs œuvres un caractère vraiment 
personnel en associant de plus en plus intimement l'idéal 



48 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

de l'art aux vérités de la nature. La très remarquable 
Exposition ouverte en ce moment aux Champs-Elysées, 
aussi bien que la collection des dix dernières années con- 
tenue dans l'un de nos plus beaux palais, marquent une 
nouvelle et brillante étape dans la marche ascendante de 
l'art français. 

Industrie, agriculture, science, beaux-arts, partout le 
triomphe de l'étude et du travail î Spectacle réconfortant 
et qui prouve combien ils se trompent ceux qui, se hfttant 
de la juger superflciellement et sous l'influence des polé- 
miques quotidiennes, croient la France exclusivement 
absorbée par les agitations stériles et les querelles des 
partis. Sans doute elle n'est point indifférente à la mar- 
che des affaires publiques; éclairée par les leçons de 
l'histoire, elle entend ne plus être dupe d'aucune aven- 
ture; plus que jamais elle est attentive à la conservation 
des libertés glorieusement et chèrement conquises par nos 
pères et au maintien de nos institutions. La France est 
libre; elle entend rester libre et ne subir la tvrannie de 
personne, pas môme celle qui pourrait naître de l'abus des 
libertés si largement octroyées par la République; mais, 
quelque souci qu'elle prenne de ces graves intérêts, la 
France conserve les qualités essentielles de sa race, elle 
est toujours ce que l'ont faite ses ancêtres : la grande na- 
tion honnête et laborieuse! sa passion dominante est tou- 
jours la passion du travail ; elle y consacre son intelligence, 
sa science, son^énie souple et fécond, son humeur joyeuse 
et franche, ses immenses ressources, en un mot le meil- 
leur de ses forces, dont elle ne distrait que ce qui est né- 
cessaire à la défense du pays ; et c'est ainsi que malgré 
l'intensité de la crise économique qui depuis plusieurs 
années pèse sur le monde entier, elle a pu entasser tant 
de richesses artistiques, agricoles et industrielles dans le 
superbe domaine que nous inaugurons aujourd'hui, 
i Ce phénomène n'est pas d'ailleurs spécial à la France. 



50 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Le précieux et brillant concours que les nations étrangères 
ont bien voulu nous prêter et qui ajoute tant d'éclat à 
notre Exposition, le prouve surabondamment : en toutes 
matières leurs produits rivalisent avec les nôtres, souvent 
même ils les surpassent, et leur comparaison donnera lieu, 
comme précédemment, à d'intéressantes et pro G tables étu- 
des. Si tous les gouvernements n'ont pas pris une part offi- 
cielle à ce concours, la plupart d'entre eux ont secondé le 
généreux effort des initiatives privées par des encourage- 
ments et des subsides et ont ainsi contribué au succès d'une 
participation qui, dans son ensemble, est supérieure à 
celle des précédentes Expositions. Je me permets donc 
d'adresser aux nations étrangères et à leurs gouvernements 
les remerciements et l'hommage reconnaissant de la France. 

Je tiens aussi à féliciter et à remercier cordialement 
MM. les commissaires délégués des sections étrangères, 
dont le zèle emj^ressé a puissamment contribué à la rapi- 
dité des aménagements intérieurs et des installations de 
leurs nationaux, ainsi qu'à la construction des nombreux 
édifices dont la riche et pittoresque variété donne tant 
d'attrait à la partie du jardin du Champ-de-Mars où ils 
sont établis. 

Nos colonies et nos pays de protectorat ont également 
tenu à honneur d'occuper brillamment l'espace considé- 
rable qui leur a été réservé. Us y ont pleinement réussi. 
Les pavillons spéciaux reproduisant les constructions les 
plus caractéristiques de ces diverses contrées, et les popu- 
lations indigènes qui les animent, forment de l'esplanade 
des Invalides l'un des points les plus curieux et les plus 
intéressants à visiter. Que les Français d'outre-mer reçoi- 
vent donc les félicitations et les remerciements de la mère 
patrie. 

Et puisque je parle des Français de nos colonies, qu'il 
me soit permis d'adresser également un témoignage de vive 
gratitude à tous les Français répandus sur la surface du 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 51 

globe, qui, à Toccasion de notre glorieux Centenaire et 
de la solennité d'aujourd'hui, envoient- de toutes parts à 
M. le Président de la République des télégrammes émou- 
vants, inspirés par les sentiments du plus pur patrio- 
tisme. 

Les occasions sont trop rares où l'on sent battre les 
cœurs et palpiter les poitrines des vrais patriotes fran- 
çais dans un même élan de respect et de confiance, pour 
qu'il ne soit pas permis de saluer au passage celle qui nous 
est offerte aujourd'hui et de prouver ainsi à nos compa- 
triotes que l'expression de leur touchant souvenir a trouvé 
dans la métropole de vibrants et sympathiques échos. 

Je n'en finirais pas, messieurs, si' je voulais décrire tout 
ce qui s'offre ici à votre fidmiration; je pourrais- le faire 
sans offenser la modestie, car celui qui a l'honneur de 
parler en ce moment n'est qu'un ouvrier de la dernière 
heure ; mais cela m'entraînerait trop loin. Ne suffit-il pas 
d'ailleurs, pour s'en rendre compte, de lever les regards 
sur la superbe coupole qui nous abrite, puis de les porter 
sur la vaste galerie qui s'étend devant nous et conduit à 
cette autre merveille, déjà célèbre, le palais des Machines, 
grandiose chef-d'œuvre de construction métallique, dont 
les proportions gigantesques et pourtant harmonieuses ri- 
valisent avec une hardiesse de la tour de trois cents mètres, 
que le public a baptisée du nom de son éminent construc- 
teur M. Eiffel? 

Et tout cela, messieurs, s'est exécuté avec un ordre, une 
rapidité et une régularité qui étonneraient si l'on ne con- 
naissait l'homme qui a dirigé tout cet ensemble de travaux. 
C'est l'ingénieur habile qui, depuis quarante ans, travaille 
à l'embellissement et à l'assainissement de Paris, et qui en 
a fait, je n'ose pas dire la plus belle, mais assurément, 
l'une des plus belles villes du monde. Oui, M. Alphand a 
couronné sa laborieuse et utile camère en construisant le 
pins splendi de cadre de l'exposition qui ait jamais été fait, 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



«t il u ainsi conquis uit tilre de plus j 
Je ses coiiciloyens. 
Pour organiser el conduire à bonne (in une aussi vasle 



/^U^^^ 



•ii^Uiitalim 



entreprise, il ne suffisait pas d'un grand constructeur, il 
fulluil un adniitiislrateur habile et très expérimenté ; c'esl 
H. Berger,({ui déjfi s'étuilsignalë dans maintes eiposilioiis 
eu Fronce et ù l'étrutiger, qui a bien voulu se charger de lu 
direction de l'exploitation. le ne saurais assez louer le zèle 



EXPOSITION UN'IVERSELLE DE 1889. 53 

et le dévouoiiienl iju'il a déployés ilaiis ces in)jralps et diffi- 
i-iles fonctions. C'est liij qui, par son ardente activité, ses 
nombreux voyages dans nasdépartenicnls et.iiVtranger, sr>s 




conférences, ses connaissances techniques, a ilonné l'impul- 
sion première et vigoureusement contribué au grand succès 
que nous pouvons constaterdis aujourd'hui. Que H. Berger 
reçoive donc le tribut d'éloges que méritent si bien les nou- 
veaux services qu'il vient de rendre à l'induslrie fiançaise. 



64 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Enfin, par une heureuse disposition réglementaire due à 
l'initiative de l'un de mes prédécesseurs, l'honorable 
M. Lockroy, le contrôle financier des travaux et de toutes 
les dépenses a été assuré par la création d'une direction 
spéciale à la tête de laquelle a été placé un comptable de 
premier ordre, dont la carrière administrative au ministère 
du commerce se trouve ainsi brillamment complétée par 
un travail minutieux et compliqué qui assure la régularité 
de toutes les opérations, de tous les comptes, et qui fait le 
plus grand honneur à M. le directeur Grison. Les comités dé- 
partementaux et les comités d'installation à Paris ont fonc- 
tionné avec un zèle etune activité qui ont été justement signa- 
lés par mon honorable prédécesseur, M. Pierre Legrand, 
dans le rapport adressé à M. le Président de la République 
le 30 janvier dernier. Toutes nos félicitations leur sont dues. 

Je dois ,également une mention particulière à la com- 
mission supérieure et de contrôle et de finances, dite des 
43, composée de membres du Parlement, du conseil mu- 
nicipal de Paris et de représentants de la société de ga- 
rantie, auxquels étaient adjoints, avec voix consultative, 
un certain nombre de hauts fonctionnaires. Cette commis- 
simi a été en quelque sorte l'àme et le pivot de l'organisa- 
tion de l'Exposition ; c'est elle qui a examiné et approuvé 
les plans, ratifié les marchés et les traités de concessions, 
ouvert les crédits, réglé les conditions de l'exploitation ; 
en un mot, rien d'essentiel et d'important n'a dû être fait 
sans son assentiment, et j'ai été témoin du soin scrupu- 
leux et attentif qui a présidé à ses travaux. Aussi, bien 
que j'aie été membre quelque peu intermittent de cette 
commission, je n'éprouve aucun embarras à lui adresser, 
au nom du Gouvernement, les remerciements les plus cha- 
leureux pour le zèle désintéressé qu'elle a déployé dans 
le long exercice de ses importantes fonctions. 

L'on comprend qu'il me soit impossible de désigner 
ici nominativement les ingénieurs, architectes, construc- 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 55 



leurs, travailleurs et employés que MM. les directeurs 
ont eus sous leurs ordres; mais je tiens à les féliciter et à 
les remercier tous aujourd'hui de l'entrain patriotique, du 
dévouement infatigable qu'ils ont déployés au milieu des 
plus grandes difficultés dans l'accomplissement de leur 
tâche. Je me garde bien d'oublier dans cette expression de 
la reconnaissance publique les milliers d'ouvriers, colla- 
borateurs souvent inconnus, qui ont rivalisé de courage, 
d'intelligence, d'habileté et d'adresse dans l'exécution ra- 
pide de ces admirables travaux. C'est grâce au concours 
de toutes ces bonnes volontés que notre Exposition a pu 
être prête â l'heure dite. Honneur et gloire à ceux qui ont 
collaboré à cette grande et belle œuvre nationale ! 

Et maintenant, messieurs, félicitons-nous d'avoir ouvert 
une fois de plus les portes de la France aux produits du 
monde entier. Félicitons-nous de cette grande et pacifique 
manifestation des forces productives de notre cher pays, 
qui continue sa marche fièrement assurée dans la voie du 
progrés et de la civilisation. 

Accueillons et fêtons avec joie les étrangers dont la foule 
se presse déjà dans nos murs ; prouvons-leur que la France 
républicaine est hospitalière et généreuse, qu'elle aime et 
honore les travailleurs de tous les pays et voit en eux, non 
des rivaux qu'elle jalouse, mais des collaborateurs qui travail- 
lent avec elle au bonheur de l'humanité et à la paix du monde. 

Le Président de la République s'est ensuite exprimé 
en ces termes : 

Messieurs, 

La France glorifiait hier l'aurore d'uu grand siècle qui a 
ouvert une ère nouvelle dans l'histoire de l'humanité. 

Aujourd'hui, nous venons contempler dans son éclat et 
dans sa splendeur l'œuvre enfantée par ce siècle de labeur 
et de progrès. 



56 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

iNous venons saluer les travailleurs du monde entier, qui 
ont apporté ici le fruit de leurs efforts et les productions 
de leur génie. Nous venons tendre une main amie à tous 
ceux qui se sont faits nos collaborateurs dans Tœuvre de 
paix et de concorde à laquelle nous avons convié les nations. 

Nous venons souhaiter la bienvenue aux visiteurs qui 
déjà, de tous les points de l'horizon, en deçà ou au delà 
des frontières, arrivent, sans compter les distances, pour 
prendre part à nos fêtes. 

Us trouveront ici une terre hospitalière, une ville heu- 
reuse de les accueillir, et verront ce que valent les calom- 
nies dictées par des passions aveugles auxquelles le respect 
même de la patrie ne sait pas imposer silence. 

Notre chère France est digne d'attirer à elle l'élite des 
peuples. Elle a le droit d'être fîère d'elle-même, et de cé- 
lébrer, la tête haute, le centenaire économique comme le 
centenaire politique de 1789. 

Elle a sa se relever, avec une indomptable énergie, après 
les plus cruelles épreuves, et- n'a jamais désespéré de la 
fortune. Par sa bonne foi dans les engagements publics et 
par sa loyauté, elle a inspiré une juste confiance. Elle a 
trouvé dans ses institutions la force de vivifier le travail, 
de ranimer l'activité du commerce et de l'industrie, de 
rendre courage à l'agriculture atteinte par de redoutables 
'fléaux; l'épargne nationale a reçu la plus admirable im- 
pulsion; et jamais il ne s'est produit plus de généreuses 
initiatives, plus de recherches passionnées dans toutes les 
branches de la bienfaisance publique et privée. 

Je le répète avec fierté : la France poursuit, dans le 
calme et dans la paix, son œuvre de progrès, et le siècle 
laborieux qui s'achève Jaissera dans son histoire une trace 
lumineuse. 

Quel chemin parcouru, messieurs, depuis que François 
de Neufchâteau installait, en 1798, cent dix exposants dans 
le Temple de l'Industrie ! 



Ij 



si j 



58 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Quel admirable essor a pris l'activité humaine, affranchie 
de toutes les entraves du passé î Quel développement de la 
richesse publiqfue sous l'intluence du travail émancipé, du 
commerce libéré, des douanes intérieures supprimées ! 

Au point de vue social, on peut traduire le progrès par 
cette éloquente formule : la vie humaine accrue, la mor- 
talité abaissée. 

Dans l'atmosphère fortifiante de la liberté, Tesprit hu- 
main retrouve son initiative , la science prend son essor : 
la vapeur et Télectricité transforment le monde. Un siècle 
qui a vu de pareils miracles devait être célébré. 

On ne saurait mieux le faire que par cet admirable con- 
cours des peuples qui, venus de toutes les parties du monde, 
se donnent rendez-vous pour rassembler les merveilles de 
rindustrie et les splendeurs de Tart de notre époque. 

C'est dans ces fêtes grandioses du travail que les nations 
peuvent se rapprocher et se comprendre, et que doivent 
naître les sentiments d'estime et de sympathie qui ne man- 
queront pas d'influer heureusement sur les destinées du 
monde en avançant l'heure où les ressources des peuples 
et le produit de leur travail ne seront plus consacrés qu'aux 
œuvres de la paix. Aussi, messieurs, Tappel de la France 
a été entendu, et le concoure spontané et indépendant que 
les peuples eux-mêmes ont voulu apporter à cette mani- 
festation de fraternité internationale vient encore ajouter 
à la gi-andeur morale de cette fête. 

Son état matériel, vous en jugerez tout à l'heure. Vous 
verrez quelles surprises ménageaient à notre génération 
les men'eilleux progrès de la science, comme les ressour- 
ces inépuisables de l'industrie humaine et les trésors ar- 
tistiques qui jettent sur notre époque un si brillant éclat. 

Vous connaissez déjà le cadre où se déploient ces mer- 
veilles. Vous avez -pu apprécier, en entrant ici, la belle 
ordonnance de cette grande Exposition, où ingénieurs, ar- 
chitectes et constructeurs ont rivalisé de science, d'activité. 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 59 

de dévouement pour présenter au monde une œuvre digne 
du génie de leur pays. 

Au nom de la France, je les remercie, eux et leurs colla- 
borateurs, ils n'ont pas vaincu sans combat : il leur a fallu 
triompher et du temps et de la matière, et par dessus tout, 
des mauvais vouloirs persistant à ne pas comprendre que 
l'Exposition n'est pas une œuvre de parti, mais l'œuvre de la 
France. Ces hommes de cœur ont su répondre & la confiance 
de la République et tenir fidèlement tous ses engagements. 
Après avoir été à la peine, ils ont droit d'être à l'honneur. 

Et maintenant, messieurs, nous allons visiter ensemble 
les trésors que le monde a accumulés dans ces palais et 
ces jardins, en donnant à notre pays un si éclatant témoi-* 
gnage de confiance et de sympathie. 

Après avoir, de nouveau, souhaité une cordiale bien- 
venue aux hôtes de la Fiance, 

Je déclare ouverte l'Exposition de 1889. 



Au dernier moment, nous pouvons dire que les pré- 
visions les plus optimistes ont été dépassées. Bien que 
les comptes ne soient pas encore arrêtés, il est pos- 
sible d'indiquer le chiffre des recettes et des dépenses : 

Montant des versements du \ 

Crédit foncier. Émission des I „. p«^ „j.„ 

tickets, 1" versement . . . 18,000,000 ( ^i^-^^Wj"»" 

2« versement 3,500,000 ) 

Concessions et recettes diverses, y compris 
le produit de 11,609 tickets du Trésor. . 2,000,000 

(Cette somme est presque en totalité rentrée.) 

Vente de matériaux (estimation) 1,000,000 

Montant des subventions (État, 18 millions ; 

Tille de Paris, 7,000,000) 25,000,000 

Total général des recettes 49,500,000 



T 

I 



I 

i 



60 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

On avait estimé que l'Exposition coûterait une 
somme de 43 millions; le total général n'excédera pas 
41,500,000 francs. 

Le bilan s'établirait donc ainsi : 



Recettes 49,300,000 

Dépeuses 41,500,000 

Soit un excédent de recettes de 8,000,000 

Les rectifications ultérieures ne pourront qu'aug- 
menter cet excédent. 

Par comparaison, voici les résultats de 1878 : 

Recettes (chiffre rond) 23,685,200 

Dépenses 55,390,000 

Excédent des dépenses 31,704,800 

Et encore, d'ans cette somme de 23,685,200 francs, 
la subvention de l'Etat n'était pas comprise. 
En 1867, les résultats avaient été meilleurs. 

Recettes 27,144,660 

Dépenses 22,983,820 

Excédent des dépenses 4,160,840 

Ainsi, pour l'Exposition de 1889, non seulement on 
est resté constamment au-dessous des évaluations 
budgétaires, mais l'excédent de recettes atteint le 
chiffre considérable de 8 raillions. 

C'est le mot de la fin. Il a soti éloquence. Nous ne 
pouvions souhaiter une preuve plus convaincante du 
succès sans précédent de l'Exposition de 1889. 



II 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE 

CHAMP-DE-MARS 

TROCADÉRO - ESPLANADE DES INVALIDES 



Esquisse générale. — A travers Tenceinto de TËxposition. — 
Champs-dc-Mars : Les palais, le grand dôme. — La rue cen- 
trale. — Les promenoirs, les restaurants. — Dans le parc. — 
Histoire de rhabitation. — A droite do la tour. — Les pavillons 
étrangers. — En bordure do l'avenue de Suffren. — Le grand 
globe terrestre. — Chine, Inde, Maroc. — La rue du Caire et 
ses curiosités. — A gauche de la tour. — Auditions musicales 
téléphoniques. — Un théâtre en acier. — La maison du gaz. — 
En bordure de l'avenue do La Bourdonnais. — Sur la berge : 
Le pétrole. — Panorama transatlantique. — Quai dOrsay. — 
Palais de l'alimentation. — Agriculture. — Sections étrangères. 
— Sur TEsplanade. — Les ministères. — L'hygiène; économie 
sociale. — Les palais de l'Algérie, de Tunisie. — L'exposition des 
colonies. — Théâtre annamite. — Le tour du monde en un jour. 



INGT-DEUX portes donnent accès dans 
Tenceinte de TExposition avec 31 gui- 
chets la semaine et 39 le dimanche. On 
a donc le choix; les gens pressés vont au 
plus court et passent par la porte de TEsplanade, mais 
les personnes qui veulent se faire immédiatement une 
idée de l'ensemble des constructions duChamp-de- 

L 4 




, tin*e <!• l'nao des Toum <lu Trocadiiro. 



6i CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Mars doivent passer par les hauteurs du TrocadOro. 
Le regard embrasse d'un seul coup les palais, les jar- 
dins, les pavillons. Au premier plan, la tour EilTel 
comme un arc de triomphe colossal; k travers ses 



arceuux gigantesques apparaît dans le fond, tout bai- 
gné de Inmière, le grand dôme monumental de 60 mè- 
tres de hauteur du palais des Expositions diverses ; à 
gauche, à droite, encadrant le parc, les palais des 
Beaux-Arts et des Arts libéraux avec leurs coupoles 
de 54 mètres de hauteur aux émaux de bleu turquoise 



ITINÉRAIRK A TRAVERS L'ENCEISTE. 65 

et de topazG. Au centre, au milieu des arbustes et des 
Heurs, les fontaines monumentales et leurs puissantes 
gerbes qui s'émiettent daus l'air en fine poussière 
d'eau; de toutes parts, des palais d'Orient, des pavil- 
lons, des chalets, des kiosques, à moitié enfouis dans 
des massifs de verdure; partout des m4ts dorés, des 



oriOammes, des drapeaux, des vélums rose et blanc, 
jalonnant les grandes* allées. Quand le soleil luit et se 
reflète sur toutes ces surfaces éclatantes aux mille 
couleurs, l'effet eat saisissant. On n'aperçoit de loin 
que des lignes d'or ou d'argent, des perspectives d'azur 
et d'émeraude, des masses de pierreries étincelantes. 
On dirait d'une ville des Mille et Une Nuits sortie de 
'erre au coup de baguette d'une fée. Le regard est 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



étonné et chamni;. C'est h la fois grandiose et coquet, 
imposant et gai. C'est, du reste, la note gaie qui sem- 



ble être, cette fois, l'un des caractÈres dominants de 
rKxposition : hardiesse et gaieté. 

Descendons les pentes du Trocadéro, 11 faut fran- 
chir une passerelle pour gagner le pont d'iéna. On a 
dû laisser libres partout les grandes voies de commu- 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'SNCEINTE. 67 



nication ; aussi a-t-on construit, pour relier les di- 
verses pai'ties de l'enceinte, six passerelles : deux pas- 



serelles sur l'avenue de Versailles, deux sur la 
tranchée du quai d'Orsay, une au carrefour de l'Aima, 
une au carrefour de Latour-Maubourg. 

Le pont d'iéna traversé, on passe sous la tour Eiffel, 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 69 

et, en longeant le parc et les fontaines, on parvient au 
-grand dôme d'entrée des l^xpositions diverses. Une ga- 
lerie très beile, de 30 mètres de largeur, coupe en quel- 
que sorte tout le palais dons sa grande largeur; elle va 
aboutir par un beau vestibuleàlagaleriedes machines. 



A droite et à gauche de cette rue centrale débouchent 
lesdiversesgaleriesparallélesdestlxpoâitionsdiverses, 
mobilier, vêtement, utc. A l'origine, le palais des In- 
dustries diverses devait être isolé complètement du pa- 
lais des Machines par un long jardin de 30 mètres de 
largeur. Mais les exposants du groupe des industries 
mécaniquesont réclamé tant de place, — 77,000 mètres 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



carrés, quand on leur avait réservé seulement 3i,000 
mètres, — que l'on s'est décidé à sacrifier en leur fa- 



veur toute la partie du jardin comprise entre la grande 
rue centrale et l'avenue de La Bourdonnais ; on a, de 
même, destiné toute la partie opposée du jardin jus- 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCBINTE. 7i 



qu'à l'avenue SufTren au matériel des chemins de fer. 
Le palais des Machines s'étend dans toute la lar^ur 



duChamp-de-Mars parallèlement à l'Écolo-Hilitaire ; il 
a en longueur 430 mètres de développement, 145 
mètres en largeur et 45 métrés' de hauteur. C'est une 



72 ■ CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

-des constructions les plus admirées de l'Exposition. 

Nous y reviendrons; mais U nous faut aller vite 

pour tout voir dans une seule et première ^îsite. 



Il 

s s 



CAUSERIKS SCIKKTIFIQUES. 



sont installés des carés et des restaurants. Nous retrou- 
vons des ' galeries analogues, des promenoirs, des 



cafés, des restaurants de toutes les nations tout le long 
soit du palais des Beaux-Arts, soit du palais des AiU 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 75 

libéraux. Nous ne pouvons que traverser, sans noua y 
arrêter, dans cette course rapide les galeries des deux 
palais latéraux qui nous ramènent à la Seine. 
Biliaire defkabitalion. — Nous retournons au pont 



d'Iéna. En avant de la tour, parallèlement au quai, se 
trouve la série des habitations de M. Gh. Garnier, rap- 
pelant les principales phases de la construction depuis 
les temps primitirs jusqu'à nos jours; c'est l'histoire 
de la maison. Citons, en commençant par la gauche 
du pont d'Iéna : quatre abris sous roches, les troglo- 
dytes, les cabanes de l'époque du renne, de l'âge du 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 17 

bronze; les habitations lacustres, etc.; l'habitation 
égyptienne, les constructions d'Assyrie, de Phénicie; 
la maison étrusque, les habitations hindoue, persane, 
grecque ; la maison romaine dans laquelle est placée 
une verrerie; la maison Scandinave, la maison moyen 
âffe où l'on a installa un salon d'honneur pour lu Pn-- 



sident de la République ; puis une constmction byzan- 
tine, les pavillons slave, russe; les maisons du Soudan, 
de la Chine, du Japon, etc. La plupart de ces habitations 
ont leurs hôtes nationaux et sont entourées de jardins. 
Les maisons gauloises ont leur chêne ; les maisons 
chinoises, leurs bambous, azalées, le thé, les cyclo- 
nias; les constructions d'Amérique, les incas et atzé- 
ques, leurdatura arborescent, l'aloi^s, etc. On fera le 



18 CAUSERIES SCIENTIFIODES. 

tour du monde en une heure dans ce petit coin du 
Champ-de-Mars. 

Construetiom adroite delatour. — Danslejardin situé 



entre la tour et l'avenue Suffren, h droite du Champ- 
de-Mars, on s'arr6te successivement devant le pavil- 
lon de la Compagnie de Suez, devant celui du Brésil 
auquel est annexée une serre pour l'exposition des 
plantes de l'Amérique du Sud ; devant le riche pavil- 



ITINÉRAIRE A TKAVERS I/ENCEINTE. 70 

Ion de la République Argentiae, devant le beau bâti- 
ment mexicain qui sera ultérieurement transporté 
au Mexique. Cette construction massive renfermera 
un musée archéologique. Los Mexicains ont dépensé 



plus d'un million pour ce bâtiment tout en fer. 
Ensuite on passe devant l'exposition de Bolivie avec 
son dôme de 12 mètres de hauteur. On y trouve une 
collectionfortbelled'échantillons minéralogiques et la 
reproduction d'une galerie en exploitation de plomb 
argentifère; enfin une volière peuplée des oiseaux qui 
habitent les forêts du haut Pérou ; au delà, le papillon 



HO CAUSERIES SCIKNTIFIQUES. 

de TËquateur, le pavillon du Venezuela, du Chili, etc. ; 
à c6té, en bordure, le palais des Enfants, d'abord des- 



tiné à contenir tous les jouets et à représenter tous les 
divertissements imaginables. Mais le bâtiment changea 




Fia. 51. — Pavillon rlo la République Arj^omine. 



r,. 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



vite de destination : on le transforma en théfttre, puis 
à côté on éleva un second théâtre. C'est Ik ()ua chaque 



Jour la foule se presse au grand Théâtre parisien pour 
applaudir les gitanas et auTlif^âtre international pour 



ITINÉRAIRE A ÏRAVEllS LENCEINTE. 



applaudir la troupe du Khédive. Dans ce coin on a 
installt^, outre de grands bazars, difTéreo tes attractions, 



3. ~ PftvilloD du ' 



notamment une reproduction d'une ville japonaise 
avec ligures en cire, mœurs, habitudes, etc. 



81 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Mentionnons aussi, but le terre-plein du palais des 
Arts libéraux, les pavillons du Lota, de San-Salvador 
et de Nicaragua. Ce dernier pavillon, d'une certaine 
élégancesobre, construit par H. Sauveslre, l'architecte 
de la grande tour, renferme, outre tous les produits du 



pays, un très beau plan du canal projeté de Nicaragua. 
Consiructions à droite, le long de l'avenue de Suffren. 
— Si maiotenant nous parcourons la limite droite du 
Champ-de Mars, eu remontant vers rÉcole-MilitaiTe> 
nous passons devant le déme Villard et Coutard, qui 
renferme un globe terrestre au millionième, ayant par 
conséquent lâ^.TS de diamètre et 40 mètres de circon- 



86 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

féreoce. Paris occupe, sur ce globe, environ un centi- 
mètre. On y a marqué toutes les voies de communi- 
cations terrestres et maritimes de 1789 à 1889. 

Nous visitons ensuite successivement les pavillons 
de l'Uruguay, de la République Dominicaine, du Pa- 



raguay, de Guatemala, d'Haïti, le grand pavillon in- 
dien qui renferme des produits d'Orient et quelques 
autres aussi, l'exposition de Saint-Marin, le pa\iilon 
chinois, le restaurant roumain, le bâtiment du Maroc 
et enfin l'exposition égyptienne qui occupe une su- 
perficie de 3,000 mètres carrés. Cette exposition se 
diiveloppe Jusqu'à l'extrémité du palais des Machines. 



CAUSKRIBS SCIENTIFIQUES. 



On a construit plusieurs types de maisous en bordure 
du Cbamp-de-Mars à droite; à gauche, on a empranté 



- I^ Marrhauil d'Orai 



de grands espaces au palais des Industries diverses 
et élevé sur ce point des façades orientales. Là, tout 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



est égyptien. C'est la fameuse rue du Caire qui a eu le 
même succès que la rue des Nations de 1878. L'expo- 



sition égyptienne a été oi^anisée par M. le baron De- 
lort de Gléon, commissaire général; les travaux ont 
été exécutés par M. Gillel, architecte. 



12 CAUSERIliS SCIENTIFIQUES. 

La rue Égyptienne est une représentation exacte 



d'une rue du Caire avec ses boutiques, ses cafés, ses 
maisons à moucharabis et un superbe minaret. Elle 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 93 

est habitée par 200 Égyptiens, fabricants de vitraux, 
tourneurs, musiciens, etc. Derrière les maisons, on a 
installé une écurie renfermant 100 petits ânes qui, 
luxueusement barnachés, promènent les enfants et 
surtout les grandes personnes dans les allées du parc. 



Ift Sociét« g6ni^nkle des Ttili^phon. 



Enlin, on a aménagé successivement plusieurs grands 
cafés ; la porte principale est ornée d'une tente d'une 
extrême richesse empruntée au palais du Khédive. 
Pendant les premières semaines de l'Exposition on 
s'écrasait littéralement dans cette petite rue étroite; 
le Parisien voulait voir les E^'ptiens au travail et 
les fameux ftniers, un peu trop indépendants, qu'il 
fallut mettre à la raison plus d'une fois. C'est dans ce 



94 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

petit coin qu'on entendait sans répit du matin au 
soir la musique égyptienne; c'est là aussi que les 
amateurs vont voir la danse du ventre et les alniées. 
La concurrence s'en mêle, et plusieurs entrepreneurs 
exhibent des aimées de plus en plus authentiques. 
Passons. 

Constructions à gauche de la tour. — A gauche. 



après avoir franchi le pont d'iëna, les maisons Gar- 
nier, on voit successivement le pavillon des Manu- 
factures de l'£tat, le pavillon de l'exposition spéciale 
Eiffel, dont la coupole est un fac-similé de la grande 
coupote de l'Observatoire de Nice, la maison mo- 
denie où l'on rencontre toutes les applications pos- 
sibles du gaz, tous les modes d'éclairage anciens 



FiQ. se. — Povillou de Mouua. 



96 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

et modernes, les principaux moyens de chauflage. 

Un peu plus loin on pénètre en foule aussi dans le 

pavillon de la Société générale des Téléphones. C'est 1& 

que tous les soirs, dans quatre grands salons, on entend 



rOpôra, rOpéra-Comique, l'Eden, etc. Ces auditions 
ont un véritable succès. On entend les artistes abso- 
lument comme si l'on se trouvait sur la sct-ne. A l'étage 
supérieur on a exposé li gauche des types perfection- 
nés de bureaux téléphoniques, consiruils sous la direc- 
tion de M. Berthon, les appareils les plus nouveaux, 
et ù droite H. Lazare Weiler a installé une exposition 



ITINÉRAIRE A TRAVERS LENCBINTE. 91 

très réussie de ses fils silicieux et des c&bles télépho- 
niqiies. Pour la première fois on a mis à la disposi- 
tion du public le Théâtrophone de HM. Szarvardy et 
Marinowitch, appareil automatique qui vend de la mu- 
sique. On jette une pièce de 50 centimes dans l'appa- 
reil et aussitôt bn saisissant les cornets téléphoDÎques 



et en les portant à l'oreille on perçoit pendant cinq mi- 
nutes des airs transmis adistance. Comme l'appareil doit 
fonctionner le jour, on a installa dans les sous-sols de 
l'Administration des Téléphones, rue Caumartin, des 
pianos mécaniques. Ce sont ces pianos que l'on en- 
teuddansleTiiéâtrophone, Au pavillon des Téléphones, 
on a aussi placé un phonographe perfectionné Edison 
en sorte que le public peut apprécier les merveilles 



SS CAUSERIES SCISNTIPIQUES. 

de la transmission et de la production directe des 
sons. 

Près des Téléphones, &. citer encore : le chalet fin- 
landais, le chalet norvé^en, le pavillon Brault en céra- 
mique, la taillerie de diamants de M. Boas frères, etc. ; 
enfin, le thé&tre des Folies-Parisiennes. Ce thé&tre, 
construit par M. de Schryver, est complètement en 
acier, fondations et couvertures comprises : on peut 
dire qu'il est incombustible. Les murs, les cloisons, 



Fia. 0«. — Mowius k veni aur la berge do lu Sel no. 

les planchers sont formés de panneaux de tôle mince 
d'acier de un millîmèlrc dVpaisseur auxquels un em- 
boutissage convenable a donné le maximum de résis- 
tance. Les parois dun même mur, distantes de Iti cen- 
timètres, constituées par les tùles, sont réunies au 
moyen de larges plats boulonnés sur les bords supé- 
rieurs dn chacun des panneaux . 

Ce théâtre, après l'exposition, sera démonté et en- 
voyé dans l'Amérique du Sud où il servira de biblio- 
thèque. C'est, au fond, un type de maison en acier 
qui pourra quelquefois être employé par suite de 



ITINÉRAIRE A TRAVKRS L'ENCEINTE. 99 

la facilité du montage et de l'extrême légèreté de la 
construction. 

Enfin, n'oublions pas le pavillon céramique de 

M. Perusson, l'isba russe, le pavillon Toché destiné k 

? une exposition de fresques, le pa%-illon des Tabacs turcs 



Fio. 70. — Panorama des Transailnnti<|uea M Pavillon do U Marine. 

et, sur le terre-plein du palais des Beaux-Arts, le pa- 
villon de Uonaco et le pavillon des Pastellistes. Au 
pavillon de Monaco, te prince héréditaire Albert de 
Monaco a exposé notammentune collection des engins 
de pécbe dont il s'est servi dans les campagnes suc- 
cessives de ['Hirondelle, avec les cartes et les résultats 
sclentiGquesdessondagesopérés dans l'Atlantique Nord 
et dans le voisinage des Ai^orcs. 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



Constructions d gauche, le long de l'avenue de La Bour- 
donnais. — Immédiatemont après les bureaux duCom- 



missariatet du Directeur de l'exploitation, on passe 
devant le pavillon des Atpiarellistes qui fait en quel- 



ITINÉRAIRE A TRAVERS LENCEINTE. 101 

que sorte pendant à celui des Pastellistes élevé en face ; 
puis devant le pavillon de la Presse et le bureau qui 
lui est adjoint des postes ctdes télégraphes. Le pavil- 
lon de la Presse, très coquet et très orné par divers 
exposants, a été construit, sur les plans de M. Vau- 



Fio. 7î. — P&Iaïi de l'Espagne. 

doyer, par M. Favaron.'direrteur de la Société des ou- 
vriers charpentiers de la Villette ; il est le rendez-vous 
de toute la presse française et étrangère. Tous les soirs 
on avait quelque peine à trouver de la place sous la 
grande tente de son restaurant illuminé à la lumière 
électrique et entouré de son parterre de fleurs. 

Après les Postes et Télégraphes l'élégante station 
d'électricité de la Compagnie continentale Edison, puis 



iOï CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

saccessivemeot les forges du Nord, les broderies an- 
ciennes, les écuries de MM. Milinaire frères, lès char- 
bonnages de Mariemont et de Bascoup, la commission 






belge et l'exposition Solvay, la Colonie du Cap, les 
mines de diamants de Kimberiey, les forge»! de l'Horme, 
les établissements Cail, avec l'énorme canon Bange 
de 13 métrés de longueur, les pavillons Royaux, 
Lacour, l'Union céramique cbaufourniëre, l'exposition 



ITINERAIRE A TRAVERS L'ENCBINTE. 103 

de Hontchanin, les forges de Saint-Denis, le pavillon 
Goldemberg, la Compagnie générale des asphaltes. 

Berge de la Seine. Hive gauche. — En retournant 
vers le Trocadéro, à. droite et à gauche du pont d'Iéna, 



nous signalerons l'exposition de l'industrie du pétrole 
organisée p<ir M. Deutsch. Dans un des énormes ré- 
servoirs en fer de 1 8 mètres de diamètre et de 8 mètres 
de hauteur qu'utilise cette industrie, on a installé un 
panorama représentant les principaux gisements pé- 
trolifëres d'Amérique et de Russie, A côté, dans un 
pavillon spécial, figurent les industries de l'éclairage, 



104 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

du .chaniTage et de la force motrice par les huiles et 
essences minérales. On voit notamment dans ce pa- 
villon une voiture mue par une machine à pétrole. 




Dehors on a placé divers appareils d'éclairage intensif 
connus sous le nom de lucigénes et qui lancent leurs 
clartés blanches sur l'eau de la Seine. 
Un peu plus loin, sur le bord de la Seine, la station 



r' 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. fOS 



de la Société « l'Éclairage électrique », puis le bâti- 
ment des macliinDB motrices pour l'élévation des eaux. 



Là eDcore, en avançant le long delà berge, on trouve 
& droite les expositions des pompes de toute espèce, 



HK CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

l'exposition des moteurs pour agriculture, une belle 
machine à gaz de 100 chevaux, de petits moteurs à 
pétrole depuis 1/8 cheval jusqu'à 3 et ^ chevaux. A 
gauche, on entre dans le pavillon spécial où MM. Ser- 
poUet ont placé des types de leur petite chaudière à 
tube aplati en cuivre, foyer, chaudière ne tenant pas 
plus de place qu'un petit poMe roulant. On a attelé le 



système à une dynamo de façon à montrer son appli- 
cation à l'éclairage domestique. Un grand tricycle figure 
aussi au milieu du bâtiment; il est mû naturellement 
à l'aide d'une chaudière SerpoUet. 

A droite du pont, l'exposition maritime et fluviale. 
On a créé un petit port de refuge où sont groupées de 
nombreuses embarcations, yachts, canots à vapeur, 
etc. Mais c'est le grand b&timent de la berge qui attire 
avec raison les curieux. On y a placé tout ce qui se 
rapporte à la navigation, des modèles de grands vais- 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 107 

seaux, de navires blindés, de croiseurs, des intérieurs 
de paquebots, des salons grandeur nature, des cabines ; 
puis l'artillerie de ma- 
rine, les bateaux de 
sauvetage, les bouées, 
les fusées porte-amar- 
res, les scaphandres, 
etc. Trios curieux ce 
bâtiment. 

Plus loin.oD trouve 
le pavillon du Gaz à 
l'huile et le grand pa- 
norama de ta Compa- 
gnie Transatlantique . 
Le visiteur se trouve 
en raiie du Havre sur 
le pont de la Touraitie, 
paquebot en ce mo- 
ment en construction 
qui dispose de 11,000 
chevaux - vapeur . On 
voit au loin la pleine 
mer et, autour du spec- 
tateur, les plus grands 
paquebots de la Com- 
pagnie. L'illusion est 

complète. Ce panora- ^ ... — ""^ 

ma est l'œuvre très 

, . , ^ Fio. TH. — Enlrée do 1 Expoiilion 

réussie de H. Poilpot. dcg Invalidex au.quBt d'Uraay. 

A l'étage inférieur, un 

diorama montre l'intérieur des cabines, le salon de 

i" classe, la rade de New-ïork, etc. 



lOS CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Enfin, toujours sur la berge, les bâtiments de l'os- 
tréiculture et de la pisciculture, bâtiments trè? fré- 
^ quentés. On voit des 

parcs d'huîtres ; et 
l'on s'initie à tous 
les procédés d'éle- 
vage, etc.; dans cer- 
tains aquariums à 
glaces verticales, le 
FI0.7B.- Dovflni reairée dea invaiidos. public s'amuse & Sui- 
vre les mouvements 
des truites, des saumons, etc. Au delà, on pénètre 
dans le superbe bâtiment des Chambres du com- 



merce maritime. On y a exposé des plans en relief 
des principaux ports modiQés depuis quelques an- 
nées, porls de Calais, de Boulogne, de Dunkerque, de 
Dieppe, du Havre, de Marseille, etc. Ces plans sont 



ITINERAIRE A TRAVERS I.ENCEINTE. 109 

extrêmement remarquables. C'est plaisir d'entendre 
les gens du pays s'écrier avec satisfaction : « Mais 
c'est cela, nous voilà chez nous; voici la jetée, voilà 
ma rue... » 

L'exposition des Chambres de commerce est une 
des plus rOussies. 

Au delà, on passe dans le palais des Produits ali- 
mentaires, construction immense à deux étages due à 



M. Raulln. Sur la Seine on voit se profiler sa grande 
façade blanche. 

La galerie inférieure est sur la berge ; c'est là que 
Von a arcumulé tous les échantillons de la production 
vinicole française et étrangère. La galerie supérieure 
se trouve au niveau du quai ; on y a placé l'exposition 
proprement dite des substances alimentaires. On voit 
fabriquer le pain, les gâteaux, les biscuits, les pas- 
tilles, le chocolat, etc. 

A l'étage inférieur, dans la partie réservée aux vins, 
on a élevé de véritables arcs de triomphe avec des 



no CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

bouteilles, des portiques élégants, toute une série de 
murs et de compartiments en bouteilles, pleines ou 
vides d'un curieux effet. C'est là qu'on pourra s'initier 
k la fabrication des vins de Champagne. On voit des 
î soutirer le vin, emplir les bouteilles, inlro- 



Fio. Bî. — PaUis de TAIgi^rio. 

duire le sirop de sucre candi, enfoncer les bouchons 
mécaniquement, elc. Ne questionnez pas les ouvriers, 
car ils sont en cire et ne répondraient pas; mais l'il- 
lusion est telle qu'à quelques pas on les croirait en 
chair et en os. Que de visiteurs s'y sont trompésl La 
reproduction est parfaite. On s'arrête toujours devant 
ces blouses bleues et ces hautes casquettes. 
Plus loin, en continuant après les bâtiments de la 



112 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Dégustation des vins, dos liqueurs, on traverse le beau 
pavillon du Portugal avec ses vignes et ses treilles, 
ses deux étages de produits, bois, fruits, vins, etc. En- 
fin on entre dans les bâtiments de l'Agriculture. 
Le Trocfidéro est destiné princiiialement à l'horticul- 



ture ; cette exposition occupe une surface de iO.OOO mè- 
tres carrés. On a beaucoup admiré les fleur.< du Tro- 
cadéro pendant les différents concours. L'exposition 
florale a été organisée par M. Hardy, le savant directeur 
de l'École d'horticulture de Versailles, président du 
groupe IX (Horticulture), 

Nous relevons au Trocadéro, en dehors des collec- 
tions d'arbres, d'arbustes et de fleurs, 3S serres, U pa- 



ITINERAIRE A TRAVERS LENCEINTE. 113 

villuns et kiosques et plusieurs grandes tentes pour 
l'exposition des rruits. Ici encore, les allées principales 
sont garanties contre le soleil et contre la pluie par 
des vélums en coutit blanc et rose. 
Dans les parties basses et sur les côtés, ou a piaulé 



les arbres fruitiers les plantes potagères, etc. L'.^d- 
ministration a même organisé sur ime petite échelle 
une exposition de son •< tout à l'égout ». On arrose 
avec de l'eau d'égout les terrains artificiels imités de 
ceux de la presqu'île de Gennevilliers. On voit pousser 
des légumes sous l'influence de cet arrosage à ou- 
trance. On voit l'eau sortir des terres tout à fait lim- 
pide après la flltralion à travers le sol ; ceux qui sont 



11* CAUSERIKS SCIENTIFIQUES. 

partisans du « tout à l'égout « pourront même y goû- 
ter; les autres les regarderont faire. Tout est sujet à 
exposition. 

A mentionner un abri mexicain en maïs, le pa- 
villon du Gouvernement de Victoria, le pavillon des 
Travaux publics, enfin le bâtiment des Forêts. On s'est 
servi, pour ériger le b&timent des Forêts, de toutes 
3 qui croissent en France ; on a employé 



l,iOO mètres cubes de bois. La façade est formée 
de panneaux obtenus par la juxtaposition et l'as- 
semblage de bois de formes cl de couleurs diverses; 
les colonnes sont constituées par dos arbres sécu- 
laires non écorci's. La salle principale du bâtiment 
a 42 niiHres de longueur sur 18 mètres de largeur; 
on y a réuni une collection d'échantillons de bois 
unique au monde. 

C'est au Trocadéro que sous deux immenses tentes 
on a installé les diverses expositions, horticoles, fleurs. 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. HS 



fruits, arbrisseaux, plantes vertes, palmiers, etc. Les 
flears des parterres ont été renouvelées périodique- 



II 

II 



ment. Véritable mosaïque aux >-ives couleurs el aux 
suaves parfums. Derrière le pavillon des Travaux, 
OD a disposé un curieux jardin composé de plantes 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



japonaises. Dans des grands pots, on a plnct: des ar- 
bres de centans, deux cenlsansquel'indtistrie spéciale 



des Japonais a rûduitsà la grandeur de potils arbustes 
d'appartement. Les branches sans cesse rabattues et 
tordues n'ont pas plus de 30 centimètres. Les coni- 



ITINKRAIRE A. TRAVERS L'ENCEINTE. 117 
es ainsi travaillt^s mesurent au maximum 40 cen- 



FiG. K9. — Pagod.: il'ADgkor. — (Fabre, i 



timètres de haut. Ces petits arbres rabougris n'ont 
rien d'agréable ; on dirait d'organismes difformes 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



et chélifs; ils ont été déformés. Ce sont des ob- 
jets de curiosité très en vo^ue au Japon, où ils 



ornent les potiches et les jardinières des salons. 

Plus haut, il droite, sur le coteau, on entend retentir 

la musique des Dames hongroises du Restaurant de 

France. Partout, sous les vélums, à l'abri du soleil 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



OU de la pluie, des expositions diverses relatives à - 
l'horticulture, des foyers pour serres, poêles, kiosques 



vitrés,outUs,ustensilesdivers, sécateurs, tondeurs, etci 
Rien de joli et de frais comme cette oasis de verdure 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 123 

{ormée par les pentes du Trocadéro, rafraîchie par la 
grande cascade centrale et les petites rivières qui 
suivent leur cours paisible entre les rives fleuries, les 
gazons et les rochers. 

Quai d'Orsay. — Le quai d'Orsay est réservé aux pro- 
duits et appareils agricoles. 

A l'extérieur les interminables bâtimentsde la viticul- 



ture et de l'agriculture n'ont rien de séduisant ; ils se pro- 
longent sur deux lignes parallèles jusqu'aux Invalides. 
A l'intérieur, l'œil est plus satisfait. MM. Chaperon 
et Jambon ont exécuté sur les plafonds des peintures 
ornementales qui se marient agréablement aux feuil- 
lages naturels, aux vignes et aux fruits. M. Toché a 
orné la façade de grandes compositions où sont repré- 
sentées les scènes de vendange, de foulage, de la 
mise en fût. On passe successivement en revue le ma- 
tériel agricole, la viticulture, le^ machines agricoles 
en mouvement et les sections étrangères. 



124 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Les ji;alerips, en effet, sont divisées en deux grandes 
sections. La première va de l'avenue de La Bour- 
donnais il la me Malar, couvrant une superficie de 
15,98i mètres. On y a rassemblé les produits fran- 
çais et les machines agricoles ; dans la seconde, qui 
s'élève h la suite et dont la superûcie couverte atteint 
!),377 mètres, on à groupé les expositions étrangères : 



Portugal, Italie, Espagne, États-Unis, Suisse, Luxem- 
bourg, Pays-Bas, Roumanie, Russie. Danemark, 
Autriche-Hongrie, Norvège, Belgique, Colonies anglai- 
ses, etc. 

Sur le quai, aussi, en face du palais des Produits 
alimentaires, se trouvent la cïarda hongroise, une 
boulangerie hollandaise, une laiterie anglaise, une 
benrrerie suédoise. La czardaavec ses musicien s attire 
la foule. Son restaurant est très fréquenté ; nous tra- 
versons ensuite l'exposition françaiseduGarde-Meuble 



ITINÉRAIRE A TRAVERS I.ENCEINTE. 125 

et des marbres du gouvcrnemenl ; au delà du pont de 
rAlm3,audébouchéde la passerelle, les Magasins ceo- 
traux militaires ; sur la berge, en face des Invalides, 
le pavillon do laBalnéothérapie. 

Esplanade des Iftvalides. — Nous pénétrons enfin sur 
l'Esplanade par une large avenue centrale qui va du 
quai à l'hôtel des Invalides. On a groupé sur l'Espla- 



nade une exposilion dans l'Exposition avec de véri- 
tables palais. A droite, le pavillon d'exposition du 
Ministère des Postes et Télégraphes, l'exposition bien 
remarquable du Ministère de la Guerre, avec le pavil- 
lon de l'Aéroslation militaire, celui des Poudres et 
salpêtres, la boulangerie militaire, etc. 

Le bâtiment principal du ministère de la guerre me- 
sure 150 métrés de long sur 2:2 mètres de large ; on y 
pénètre par trois portes monumentales. La principale 
est de style moyen ige, crénelée àpont-levis, flanquée 
de deux tours. C'est un véritable château fort. Dans 



IS6 CAUSEHIBS SCIENTIFIQUES. 

uae des salles du palais de la Guerre, on a placé de 
bien jolis modèles de toutes les machines de guerre 
employées depuis la plus haute antiquité ; dans une 
autre, on a représenté les dilTërentes phases d'un siège 
à toutes les époques ; dans une troisiùme, on a réuni 



les portraits.lcsarmes df nos plus illustres généraux. 
A noter aussi le bâtiment di^s nouvelles mitrailleuses 
et l'immense canon de Banpe. 

A côté se trouve l'exposition de l'Union des Femmes 
de France, avec un type d'hôpital dt-montable et por- 
tatif. 

L'exposition de l'Hygit^ne occupe un palais à trois 
grandes coupoles de 20 mètres de hauteur et de 1 mè- 



CAUSKRIES SCIENTIFIUUES. 



très do diamètre. Ce palais est s|)t'>diileinent affectij à 
l'hygiiïne de l'habitation ; à côté, on visite le bâtiment 



de l'Assistance publique avec une exposition du maté- 
riel et des appareils employés dans les établissements 
de l'Assistance, tiApitaux, asiles, etc. ; plus loin, lo pa- 



Fn>. IOI. — Musicien javanais jouiPl du Ang-klong. 



FiQ. lûï.— DaMeuso jav 



132 CAL'SERIES SCIENTIFIQUES. 

Villon des Eaux minérales, le pavillon Gcneste et Hers- 
cher, où l'on a rruniles applications du génie sanitaire: 
ventilation, cliaulTago, assainissement, désinfection. 



Tout au bout de l'Esplanade on a installé l'exposi- 
tion d'économie sociale qui comprend les meilleurs 
types de maisons ouvrières, un cercle d'ouvriers, une 
bibliothèque, im restaurant populaire o(t l'on dtne 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'EXCEINTK 133 

pour dix centimes, etc. Grand succi's aussi pour celle 
exposilîon. M. Léon Say, sénaleur, présidail le groupe 
de rillconomie sociale. 
Nous revenons sur nos pns, dn mfme côW de l'allée 



centiale, et nous recommençons maintenant notre 
examen à partir de la Seine, côté gauche de l'Es- 
planade. 

C'est tout d'abord l'exposition de l'Algéiic. Encore 
un palais entouré de toute une petite ville arabe avec 



13f CAUSERIES SCIENTIFIQCES. 

ses ininarels,seg kouba?, ses terrasses, ses U 






pénètre dans le palais par un grand porche à quatre 
colonnes, comme on en voit à Alger; au porche est 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 13S 

ailossi3 un minaret de 33 mètres de hauteur; puis une 
grande kouba abritant le vestibule où se dresse la 
statue de l'Algérie, de M. Gauthier.On adevant soi une 
galerie bien éclairée renfei-mant les produits d'Alger, 
d'Oran, de Constantine. A gauche du minaret, on a 
élevé un bâtiment spécial pour les beaux-arts et les 
arts Ubt-raux de l'Algérie. Au centre de l'exposition. 



. luii. — I.C Souk ti 



on peut se reposer dans un beau jardin présentant 
tous les spécimens de la flore algérienne et où des in- 
digènes vendent des produits de l'Afrique. 

Quelques pas encore, et nous voici devant le palais 
de la Tunisie précédé d'un portique qui rappelle celui 
du palais beylical du Bardo ; à droite, un bâtiment à 
terrasse reproduisant le Souk-el-Be y ; à gauche, un 
bâtiment à toit quadrangulatre, fac-similé du tombeau 
de Sidi-Arrouz h Tunis. A l'intérieur, une cour carrée 
ou patio avec ses élégantes colonnades conduisant 
aux salles d'exposition. Dans les jardins, des restau- 



131 CAUSERIKS SCIKNTIFIQUKH. 

rants, des boutiques, des cafés et des concerts a 



musique et les danses tunisiennes. N'oublions pas un 
type de maison d'6cole d'enfaats arabes. 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 137 

Après la Tunisie, un palais toujours, un palais plus 
grand encore que les précédents, le palais des Colonies 
entouré de villages néo-calédoniens, alfourou, co- 
chinchinois, sénégalais; c'est immense. A pnuche du 
palais central, le pavillon de l'Annam et du Tonkin. 
au milieu duquel est pincé un Bouddha gipantesque: 
le pavillon de la Gocliinchine, reproduction dun tem- 



ple du désert des Tombeaux, construit en bois de save 
aussi dur que le bois de teck ; la pagode de Villenour, 
le pavillon de Madagascar. A droite, le grand bâtiment 
de rindo-Chine : puis, ceux de la Guadeloupe, de la 
Martinique, Tallëc du Sphinx, la pagode d'Angkor, 
curieux spécimen architectural représentant un frag- 
ment d'un monument colossal de l'art Kmer, connu 
des missionnaires dès lexvi° siècle. Le temple d'Angkor 
occupait près de 6,000 mètres carrés de superficie et 
était entouré par un fossé de 200 mètres de large. Au 



las CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

cenlre, s'élevait une tour de 80 mètres de hauteur, ana- 
logue à celle que l'on a érigée aux Invalides et dont 
la hauteur atteint déjà 40 mètres. Ce monument rap- 
pelle une des phases de la vitalité d'une aggloméra- 



tion humaine considérable, comprenant vingt races 
an moins, qui a luttii puis disparu entre Mékong et le 
Grand Lac. On a relevé dans les inscriptions d'Angkor 
la date du ii" siècle, ûge des plus anciens monuments 
de l'Inde. Des causes peu connues, parmi lesquelles 
les plus vraisemblables pourraient fitre l'assèchement 
de la région et la transformation du golfe en lac, ont 



ITINKRAIRB A TRAVKRS L'ENCEINTE. 139 

annihilé l'œuvre de tant de civilisations successives. 
Seul Angkur a subsisté et l'on ne saurait trop se félici- 
ter de voir cette page de l'histoire et ses légendes re- 
produite avec coniiaissance et talent h l'Exposition. 



Au delà, on Iravei-se le kampong ou village javanais; 
onfin, dans le fond, on visite un village malgache, la 
case canaque, une serre renrevmant des plantes exo- 
tiques, un restaurant annamite, un restaurant créole, 
un théfttre annamite, etc. Nous en passons. Toutes 
DOS colonies sont représentées dans cette exposition, 
qui offre un grand intérêt de curiosité. 



140 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Il est inutile de dire tout le succès de ce coin de YEx- 
position ; k foule y passe des journées entières à par- 
courir,nonseulc'mentles bâtiments, maisà voirdeprës 
les noirs, les Sénégambiens, les types de dos colonies, 



"tk^^^^ 



les Javanaises, les artistes du théâtre des Annamites, 
les danses, etc. Les fêles du soir, le défilé de tous ces 
habitants des pays d'outre-mer attirent un monde 
(Snorme. On ne se lasse pas de regarder, de plonger 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 141 

lin œil indiscret dans les cases de voir courir les 
petites Javanaises , les petits soldats annamites , 
les conducteurs de petites voitures, les « pousse- 
pousse », etc. Un peu foire peut-être ce côté de lEx- 
position, mais il en faut pour tous les goâls; aussi 
bien, rien d'amusant comme l'examen de tout ce 
monde, comme l'élude de leurs mœurs, de leur carac- 



tère, etc. Les ethnographes auront fait lar^re moissnu. 
Tout à l'exlrémité, le panorama " le Tout-Paris " 
de M. Castellani. Le visiteur est placi-, un jour d'été, 
sur le réfugie de la place de l'Opéra et, de ce point 
d'observation, il voit passer les crlébrités parisicTines 
sur le boulevard, dans la rue de la l'aix, dans la rue du 
Quatre-Septembre, avenue de l'Opt'ra On trouve de tout 
dans cette galerie, des ligures les plus connues, depuis 
Rochefortet M. Choubcrsky jusqu'à Louise Michel et 
M- Henan attablé au café de la Paix. H. Renan au 



142 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

café de la Paix! cela suffit pour donner une idée du 
degré de ressemblance des personnages esquissés 
sans façon par M. Castellani. Derrière ce panorama, 
M. Barre, ancien collaborateur de l'ingénieur Girard, 
a reconstitué le chemin de fer glissant de laJonchères. 
Une ligne de 150 mètres ; quelques petits wagons glis- 
sant sur des rails soutenus par de l'eau sous pression 
et entraînés par un jet d'eau venant frapper sur les 
aubes rectilignes installées sur le wagon propulseur. 
Un souvenir de 1862 (1 ) ! 

Chemin de fer, — Nous sommes au bout ou à peu 
près ; nous avons parcouru d'un pas rapide toute l'en- 
ceinte. La dislance franchie depuis le départ est con- 
sidérable ; on a heureusement, pour le visiteur, établi 
un petit chemin de fer intérieur du système Decauville. 
C'est une ligne à double voie de 60 centimètres de 
largcuç; elle part de la porte d'entrée de Tosplanade 
des Invalides, suit tout le quai d'Orsay entre deux ran- 
gées d'arbres qui transforme la voie en un tunnel de 
verdure ; elle passe en souterrain sous le carrefour de 
l'avenue Rapp et de l'avenue Bosquet, puis en tranchée 
au Champ-de-Mars et tourne pour longer l'avenue 
de Suffren jusqu'à la station terminus près de la 
galerie des Machines. Ce chemin de fer a 3''*", 500 
de développement et trois stations intermédiaires. Les 
trains s'arrêtent aux galeries d'Agriculture, aux gale- 
ries des Produits alimentaires devant la czarda hon- 
groise, et à la tour Eiffel. Le rayon minimum de ses 
courbes est de 23 mètres; la pente maximum, de 
29 millimètres. On sait ce qui caractérise le chemin 

(1) Causeries scienlifi(fueSy t. 11,1862. 



; A TRAVERS L'ENCEINTE. 1*3 



de fer Decauville. Au lieu de deux files d<! rails indé- 
pendantes et appuyées comme d'habitude sur des 



traverses en bois, la voie Decauville est consliluée 
par une série de tronçons ou travées d'une longueur 



144 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

comprise entre i™,25 et 5 mètres. Les rails et tra- 
verses en îicier sont assemblés en un tout rigide. La 
réunion de ces sortes d'échelles se fait en un instant, 
au moyen dédisses dont chacune, fixée à un bout 
du tronçon, vient s'encastrer dans le bout correspon- 
dant de l'autre tronçon. Au début, la voie avait 30 cen- 
timètres. Après l'examen du premier petit chemin de 
fer économique construit dans le pays de Galles, de 
Festiniog à Port-Madoc , dès 1832, M. Decauville 
adopta définitivement la voie de 60 centimètres d'écar- 
tement. La voie de l'Exposition est formée de rails 
d'acier du poids de 9''8,500 par mètre courant; elle 
porte facilement de§ voitures de 1°,70 de largeur, 
montées sur deux trucks articulés ou bogies avec 
roues en acier de io centimètres. Ces voitures légères, 
î\ claire-voie, renferment 8 voyageurs par comparti- 
ment: au total, 50 voyageurs. 

Les locomotives employées sont de trois types : la 
locomotive Decauville, la * locomotive Mallet com- 
pound et la locomotive Pichot-Bourdon. La machine 
compound Mallet fonctionne depuis plusieurs années 
sur les chemins Decauville employés pour les trans- 
ports militaires. C'est M. Mallet qui a Construit la pre- 
mière machine compound qui a été mise en service, 
il y a déjà près de douze ans, sur la ligne de Biarritz à 
Bayonne.Letype de l'Exposition pèse 9 tonnes et demie 
à vide et 12 tonnes en ordre de marche. 11 peut 
développer 75 chevaux-vapeur. Cette machine, pour 
tourner dans des courbes de 20 mètres de rayon, porte 
un avant-train articulé. Les deux essieux couplés sont 
actionnés par une paire de cylindres, tandis qu'une 
autre paire de cylindres commande les essieux d'ar- 



ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. 145 

rière également accouplés. C'est une compound à 
quatre cylindres. La vapeur travaille à 12 atmosphères 
de pression dans les cylindres d'arrière et se détend 
dans les cylindres d'avant où elle n'a plus qu'une 
pression de 4 à 5 atmosphères. Les deux essieux étant 
indépendants, la machine a beaucoup de souplesse 
pour passer dans les courbes. En même temps le 
poids total est utilisé pour l'adhérence, sans que la 
charge par essieu dépasse 3 tonnes, poids aisément 
supporté par des rails de 9 kilogr. Cette locomotive 
peut remorquer 280 tonnes en palier, et 76 tonnes sur 
une rampe de 10 millimètres. 

En général, sur le petit chemin de fer destiné aux 
usages militaires, on n'emploie que des locomotives 
de 6 tonnes remorquant en palier 15 tonnes à la vi- 
tesse de 20 kilomètres. Le poids des wagons de mar- 
chandises est d'environ 1000 kilogr. On se sert, pour 
les pièces plus lourdes, de wagons plates-formes à pivot 
pouvant porter 4 tonnes et demie. Deux wagons suffi- 
sent donc pour un canon de 9 tonnes. Ces petits che- 
mins de fer, malgré leur légèreté, peuvent transporter 
des charges très lourdes. 

A l'Exposition, les trains circulent de 9 heures du 
matin à 11 heures du soir, toutes les dix minutes; 
toutes les cinq minutes, le dimanche. La porte de l'Es- 
planade se trouvant à 260 mètres du pont de la Con- 
corde, ce petit chemin de fer emporte la foule au 
Champ-de-Mars et au Trocadéro en moins de dix mi- 
nutes pour le prix unique de 25 centimes, quelle que 
soit la distance. Que de fois estait assailli d*assaul! 
Les trains passent généralement bondés de monde. 
Jamais le type Decauville n'aura mieux montré toute 

29 9 



146 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



son utilité et toute sa portée ; il est vraiment bien 
digne d'avenir. On a marché sans accident à la vitesse 
de 23 kilomètres à l'heure. Les trains pesaient 51 ton- 
nes sans machine. La locomotive pesant 12 tonnes 
remorquait par conséquent quatre fois son poids, ce 
qui est un bon résultat. Le poids mort par voyageur 
atteint k peine iH kilogrammes. 

Le service de l'exploitation est remarquable. Tout 
marche réglementairement et malgré la foule il n'est 
survenu qu'un seul accident. 

Chaque station est reliée par une ligne téléphonique 
installée par la Société générale des Téléphones. Ou a 
mis en marche sur cette ligne minuscule des trains- 
omnibus s'arrêtant aux trois stations et des trains 
express ne s'arrêtant qu'à lu tour Eifl'el. 

En somme, le chemin de fer Decauville a transporté 
6,342,670 voyageurs, soit une moyenne par joiu' do 
3j,238 personnes dans 3,708 trains, qui ont parcouru 
92,520 kilomètres; il a fourni plus de cent fois le ser- 
vice d'un bon chemin de fer économique. 

Les voies ferrées qui ont desservi le Ghamp-de- 
Mars pendant la durée des travaux et la période des 
installations et de la manutention ont été établies par 
M. Charton; elles présentent un développement de 
7 kilomètres. Une convention spéciale a été passée 
avec la Compagnie de l'Ouest pour la location du ma- 
tériel. Ces voies ont et/; recouvertes par des planchers ; 
mais elles serviront de nouveau à la fin de l'Exposition 
pour l'enlèvement des colis et pour les travaux de dé- 
molition. 



III 

LA FOULE - LA CIRCULATION 

LA STATISTIQUE 

LES FÊTES DE L'EXPOSITION 



Le public à l'Exposition. — L:i fouir. — Dimanches et fêtes. — 
A.s])ecl (lu (3hamp-cle-Mar:J. — Les dîners sur les pelouses. — 
Restaurants, cafés, b:irs. — L'heure des repas. — Envahisse- 
ment des bancs, des ternisses, eic. par les dîneurs. -^ Les dé- 
gâts dans les Jardins. — La gare du Champ-de-Mars. — Les 
pontons des bateaux. — Moyens de circulation. — CJiemin de 
fer de Ceinture, bateaux, tramways, omnibus, tapissières. — 
Provinciaux et étrangers. — Petite statistique. — Voyujreurs 
transportés. — La consommation à Paris en 1889. — Le ventre 
de la ^Tandc Ville. — Dans l'enceinte.. — Les accidents. — Les 
enfants perdus. — Les pick-pockei>. — La santi'i publique. — 
La Commission des Fêtes. — Les fêtes de jour et de nuit. — La 
distribution des récompenses. — A rêtrangcr. — Opinion de la 
presse étranjrère sur l'Exposition de 1889. 



|ous avons esquisse'' les Pahais; mais ce que 
nous ne saurions représenlerexactement 
pour ceux qui n'auront pas visité l'Expo- 
sition pendant le jour et pendant la soi- 
rée, c'est l'étonnante poussée de la foule dans l'en- 
ceinte, le coup d'œil extraordinaire du Champ-de-Mars 
et des Invalides les grands jours de fête, l'assaut des 




itS CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

carés, des restaurants à l'heure des repas. Les cafés et 



les restaurants, les bars occupent un espace considé- 
rable le long des promenoirs, dos terrasses des palais : 



LA FOULE — LA CltlCULATION. 149 



il en existe, en dehoi-s de ceux qui ont obtenu des con- 
cessions au premier étage de la tour Eiffel, un nombre 
relativement considérable dans le parc : restaurant 
français Tourtel, restaurant Kubn, restaurant Rou- 
main, quatre restaurants populaires, restaurants nom- 
breux aux Invalides, restaurants à l'Alimentation, bars 
sur bars. Eh bien! tout cela est insuffisant certains 
soirs; les tables sont envahies ; le pain manque. 

Et nous parlons du public qui consent à faire cer- 
taines dépenses. Quant à l'autre, à la foule proprement 




/ • 



Fu». 116. — Batoaii des Grands Ma^^asins du Louvre faisant lo service 

du quai Sainl-Nicclas au Pont d'Iéua. 

• 

dite, elle a donné chaque jour un spectacle qui ne se 
re verra jamais sans doute. Elle vient avec ses vivres; 
elle s'installe partout, sur les berges, sur les quais, sur 
les gazons, au milieu des taillis ; elle n'y regarde pas 
de si près; les bordures les plus soignées, les gazons 
les plus verts sont pour elle et lui servent de table à 
manger; elle les piétine, les arrose, les couvre de pa- 
piers gras, d'os, de débris de toute sorte. Chaque dîner 
de la multitude coûte des milliers de francs à l'admi- 
nistration qui doit tout remettre en ordre. Les pelouses 
disparaissent sous le nombre des convives; tout est 
noir de dîneurs; on ne trouverait pas souvent la place 
de mettre un pied au milieu de ces innombrables per- 



Isa CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

sonnée arrivant en tous sens, se disputant le terrain et 
l'espace. Les gazons, les parterres sont pleins. Ce n'est 
pas assez. La foule envahit les marches et les degrés 



<lcs palais; chaque marche attire son monde. Ce n'est 
pas assez encore, on va s'installer dans lea maisons 
Garnier, dans les kiosques, on enjamhe les grosses 



J52 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

pierres de la tour Eiffel, on escalade les piliers. Par- 
tout on ne voit que des grappes de dtoeurs au milieu 
des charpentes inférieures de la grande tour. Non, ja- 
mais, on ne se fera Tidée du nombre incommensu- 
rable de dîners qui auront été absorbés à TExposition. 
De 5 à 7 heures c'était stupéfiant. On aurait cru que le 
monde entier était venu dîner au Champ-de-Mars. 

Et tout ce monde dîne aux sons de la musique des 
kiosques ou des restaurants, reste dans le parc, même 
sous la pluie, dans l'espoir d'assister de près aux illu- 
minations des fontaines lumineuses. C'est à qui retien- 
dra sa place , prendra patience deux heures, trois heures 
avant le commencement du spectacle. 

Certains soirs, on se poussait dans quelques allées 
du parc au point d'étouffer ; il eût été impossible de 
se baisser pour ramasser un objet tombé sur le sol. 
L'écoulement de la foule humaine persistait pendant 
des heures entières. Même affluence aux Invalides, 
dans la galerie des machines, dans la grande rue cen- 
trale, dans la rue du Caire. 

Et le retour? Pendant des heures la gare du Champ- 
de-Mars reste prise d'assaut ; des milliers de personnes 
s'entassent dans la grande salle d'attente ; on se bat, 
on brise les portes ; on saute dans les wagons, sans 
billet le plus souvent. Trois, quatre trains sont bon- 
dés et attendent leur tour de départ. On voit du monde 
jusque sur les escaliers de l'impériale, jusque sur les 
marche-pieds des wagons. 

De leur côté, les bateaux multiplient leur service, 
maislaqueuedesvoyageursn'ena pas moins des kilo- 
mètres de longueur. Les omnibus regorgent de monde; 
les tapissières sont bondées. Sous l'active direction 






LA FOULE — LA CIRCULATION. 153 

de H. Chaize, les bateaux ont fait merveille pendant 
l'Exposition, baleàux-omnibus, bateaux-express, etc. 
Partout la fourmilière s'agite et se développe en rangs 
serrés sur un m&me parcours, Ogrands jours del'Expo- 
sition! jamais plus on ne reverra pareille aflluence, 
pareil enthousiasme, semblable spectacle! II était boa 



Fia. lia. — La Sallo du Baoquei au Palais do llndnutris. 

en quelques ligues de consigner ces petits détails qui 
bientôt, hélas! ne seront plus que des souvenirs. 

Et dans Paris ! Le mouvement de la circulation a été 
intensif. Nous ne saurionsàl'heure actuelle traduire en 
chiffres exacts ce qu'il a été pendant le mois d'aoât et 
commencement de septembre où la vie, dans la grande 
ville.paraltavoiratteint son maximum d'intensité.Mais 
les relevés de la Préfecture de police, en ce qui con- 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



ceme les seuls omnibus, tramways et bateaux pendant 
les mois de mai, juin et juillet, sont déjà très expressifs. 



a 



Pendant ces trois mois, les omnibus et les tramwiiys 
ont transporté 52,858,401 voyageurs, soit 8 millions 



LA FOULE — LA CIRCULATION. 155 



de plus qu'en 1888. Les chemins de fer parisiens (ré- 
seaux Nord et Sud) ont transporté 16,215,825 voya- 
geurs, soit à peu près 2 millions de plus qu'en 1888. 
Enflnles bateaux ont transporté 10,393,207 voyageurs, 
en chiffre rond 6 millions de plus qu'en 1888. 

Ces résultats ne s'appliquent qu'aux 88 premières 
journées de l'Exposition, 88 sur 180 jours ! 

On peut les traduire ainsi : Du 5 mai au 31 juillet, 
lesomnibusont transporté par jour 90,000,les chemins 
de fer parisiens 22,000, les bateaux 65,000 voyageurs de 
plus que pendant^la période correspondante de 1888. 

Les bateaux ont, du 6 mai au 6 novembre, débar- 
qué aux seuls pontons de l'Kxposition le nombre con- 
sidérable de 13,527,125 voyageurs. 

Quant aux chemins de fer, nous ne possédons que 
des documents approximatifs, ceux qui ont été- trans- 
mis à la Préfecture. 

Les trains de Ceinture ont transporté trente mille 
voyageurs de plus par jour qu'en 1888; en tout, pen- 
dant les trois mois, 7,823,445 voyageurs. 

Le chiffre en avait été de 5,173,005 l'an dernier. 

Les grandes Compagnies fournissent les résultats sui- 
vants : 

VOYAGEURS TRANSPORTÉS DANS PARIS 
ET HORS PARIS 

1888 1889 

Nord 2,702,349 3,150,142 

Est 2,073,259 2,362,333 

Siiint-Lazai-c 7,592,088 8,509,768 

Montparnasse 1,221,601 1,334,104 

Orléans 685,368 813,676 

Paris-Lyon-Médiicrranôc . . . . 1.257,942 1,241,330 

I5,:i;52,607 17,411,354 
15,532,607 

Kn plus pour 1889 1,878,747 



158 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

A ce cMffre il est bon d'en ajouter un autre : plus de 
six millions et demi de voyageurs ont été transportés 
par les trains spéciaux du Champ-de-Mars. 

Le relevé des recettes pour mai, juin, juillet et 
août i8d8 et 1889 donne : 

iiECETTES ^888 (4 mois) 

Grande vitcsso 156,199,000 fr. 

Petite vitesse 197,065,000 — 

Total 353.264,000 fr. 

RECKTTKS 1880 (4 mois) 

Grande vitcsso 182,258,000 1V. 

Petite vitesse 204,901,000 — 

ToTAi 387,159,000 fr. 



Différence en faveur de 1889 : 33,893,000 francs. 

Les bulletins des recettes ultérieurs au mois d*août 
constatent, d'ailleurs, que la progression n'a com- 
mencé réellement qu'à partir de fin août. La progres- 
sion, pour le mois de septembre, dépasse, en effet, 
pour ime somme importante, la moyenne ci-dessus. 

Le petitchemin de ferintorieur de l'Exposition a trans- 
porté jusqu'au 1" novembre 6 millions de voyageurs. 

Le mouvement des voyageurs dans les hôtels, mai- 
sons meublées, garnies, pour la période de mai à juillet 
a donné lieu au relevé suivant : 

PROVINCIAUX 

1888 1889 

Mai 47,916 59,309 

Juin 40,507 75,360 

Juillet 45,070 . 89,830 

133,493 224,519 



LA POULE ~ LA CIRCULATION. 159 



' KTRANGERS 

1888 1889 

Mai 18,012 30,359 

Juin 15,558 40,180 

Junict 16,168 50,034 

49,738 120,573 

La Préfecture de police a donc enregistré, pendant 
les trois premiers mois de l'Exposition, l'arrivée à Paris 
de 345,092 provinciaux et étrangers; soit 161,861 de 
plus qu'en 1888, à la même époque. 

Il est évident que ce chiffre a été, dans la réalité, 
dépassé sensiblement; beaucoup d'étrangers, de pro- 
vinciaux surtout, descendent, à Paris, ailleurs qu'à 
rhôtel; et quant aux déclarations d*origine, elles sont 
trop incomplètes pour qu'il soit permis de considérer 
comme rigoureusement exacts les résultats précédents. 

On évalue le nombre de provinciaux venus k Paris 
pendant toute la durée de TExposition à , environ 
5 millions. Si Ton estime à 100 francs, en moyenne, 
l'argent dépensé par chaque personne, on arrive au 
chiffre de 500 millions de francs laissés a Paris par 
les habitants des départements. Il est venu plus de 
1,500,000 étrangers, soit à raison de 500 francs seule- 
ment par personne, une dépense de 750 millions de 
francs. Au total, et en chiffres ronds, l'argent dépensé 
à Paris par les visiteurs français et étrangers doit être 
d'au moins un milliard deux cent cinquante millions. 

Les quinze cent mille étrangers venus à l'Exposi- 
tion, du 6 mai au !•' novembre, se répartissent ainsi : 

Belges, 225,400;— Anglais, 380,000; -^ Allemands, 
160,000; — Suisses, 52,000; — Espagnols, 56,000; — 



"CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



llaliens, 38,000 ; — Russes, 7,000 ; — Suédois et Nor- 
végiens, 2,S00 ; — Grecs, Roumains, Turcs, 5,000 ; — 



1* 
II 



'6 
13 



Autrichiens, 32,000; — Porlllgais, 3,500; — diverses 
nations de l'Afrique, li.OOO (les Algériens forment la 



r 



LA FOULE — LA CIRCULATION. 161 

plus grande partie de ceux-ci); — Amérique du Nord, 
90,000; — Amérique du Sud, 25,000; — Océanie, 
Java, etc., 3,000. 

Tous les hôtels, grands et petits, ont refusé du 
monde. 

Le 30 septembre, le nombre de tickets d'entrée 
employés atteignait 21,707,159, et dès les premiers 
jours d'octobre le 23^ million était largement entamé. 

Voici quelques chiffres qui concernent les visites des 
Anglais à l'Exposition : 

Pendant le mois de septembre, plus de 100,000 voya- 
geurs ont fait la traversée, dont 47,843, via Calais- 
Douvres; 35,524, vid Dieppe-Newhaven ; 18,405, vid 
Boulogne-Folkestono. Le trafic des 9 premiers mois de 
cotte année dépasse un demi-million de passagers, 
dont 272,750, vid Calais-Douvres; 155,272, wîd Dieppe- 
Newhaven ; 92,343, Via Boulogne-Folkestone. 

Enfin voici les recettes totales des théâtres de Paris 
pendant les trois Expositions : 

1867 10,il7,3ii fr. 

1878 13,074,927 — 

1889 15,276,860 — 

La consommation pendant les troii^ premiers mois 
de l'Exposition fournit des chiffres intéressants que 
nous empruntons au Bulletin municipal de statis 
tique : 

1888 1889 

Pièces de bœufs, taureaux, vaches . 73,710 72,853 

— veaux 74,683 79,200 

— moutons 465,038 475,308 

— porcs 70,913 73,482 

— chcTaux 2,965 3,009 

— ânes 35 35 



162 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



La différence en faveur de 1889 est donc la sui- 
vante : 

Pièces de veaux 4,517 ) 

— moutons . . 10,270 
porcs 3,569 

— chevaux 44 

D'un autre côté, il ressort, d'après ce tableau, que la 
consommation dela"\dande de bœuf a été moindre en 
1889 qu'en 1888, la statistique relevant en effet une 
diminution de 857 têtes de bétail. 

En résumé, Paris a donc consommé, en d'autres 
^ermes, 43,777,849 kilogrammes de viande pendant ces 
quatre-vingt-dix jours, c'est-à-dire 2,049,739 kilo- 
grammes de plus qu'en 1888. 

En ce qui regarde les autres comestibles et les bois- 
sons, nous trouvons encore les cbiffres suivants, en 
excédent sur l'exercice correspondant de 1888 : 

Poissons, 52,062 kilogrammes; volailles, 107,416 
kilogrammes; beurre et fromages, 430,180 kilogram- 
mes; œufs, 17,141 kilogrammes; vins en cercles, 
119,702 hectoUtres ; alcool pur et liqueurs, 5,152 hec- 
tolitres; bière, 52,062 hectolitres. 

Voici maintenant pour mémoire les chiffres géné- 
raux de la consommation des liquides à Paris pendant 
cette période de quatre-vingt-dix jours : 

Vins en cercles, 1,195,654 hectolitres; alcool pur et 
liqueurs, 39,983 hectolitres; bière, 140,962 hectolitres. 

On a, en résumé: 

Ko plui en 18S9 

Vins en cercles , . . . . i 1 9.702 hectol. 

Alcool pur et liquoui>s .*i,l52 - 

Bière ô2,062 — 



LA FOULE — LA CIRCULATION. 163 

Bn plus en f889 

Viande de boucherie 1,490,396 kilog. 

Porc et chapcutcric 372,202 — 

Beurre et froma<?cs 430^80 — 

Œufs 17,141 

Les quantités totales consommées sont les suivantes : 

Vins en cercles 1,195,654 hectol. 

Alcool pur et liqueurs 39,983 — 

Bière • . . . . Ii0,812 — 

' Viande de boucherio 43,036,650 kilog. 

— de porc 5,639,018 — 

Charcuterie 636,874 — 

Beurre et fromages 6,428,516 — 

(Kufs 6,325,716 

On s'imagine aisément qu'avec une agglomération 
d'indi\'idus disposant de moyens de locomotion si nom- 
breux, sillonnant toutes les rues jour et nuit, les acci- 
dents sur la voie publique ont dû être plus nombreux 
que les années précédentes. 

En voici, du reste, le tableau comparatif: 

AcridAiit*. 
188ft 1889 

Mai 291 446 

Juin 365 407 

Juillet 409 419 

Août 367 . 397 

Les pick-pockets aussi ont été naturellement en plus 
grand nombre. Le ser\ice de la statistique nous fournit 
les renseignements suivants : 

1888 1889 

Mai. . 6 arrest. dont 2 étr. 33 arrest. dont 14 étrangers. 

Juin. . 13 — - 4 — 37 — — 14 — 

Juillet. 5 — — 2 — 34 — — Il — 

Août.. 2 — — 0— 22 — — 4 — 



164 CAUSEKItiS SCIENTIFIQUES. 

Cette diminution progressive est assez curieuse pour 
être signalée. 

Les opérations effectuées du 6 mai au 6 novembre 
par les inspigcteurs de la sûreté spécialement détachés 
à l'Exposition se résument ainsi : 

Les inspecteurs de l'Exposition ont arrêté, tant à 



l'extérieur qu'à l'intérieur de l'enceinlo générale, 
198 individus, souî; les inculpations diverses de vol à 
la tire, tentative de vol à la tire, abus de confiance, 
vol k l'étalage, vol par salarié, outrage public à la pu- 
deur.jeu de hasard, coups, provocation à la débauche, 
trafic de tickets, mendicité, enQn mutilation et vol de 
citeveux. 

Le nointire total de-i arrestations si? dt'-compose 



LA FOULE - LA CIRCULATION. 165 



de lu façon suivante : 139 Français, 9 llaliens, 
5 Anglais , 7 Belges , 5 Autrichiens . 9 Suisses , 



il 

If 



« AllemaniJs, 3 Espagnols, l Russes,! Hullandais , 
1 Suédois , 2 Irlandais , 1 l-igyptien , 4 Brésilien , 



166 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

i Américain, i Turc, 1 Algérien, 2 Luxenriboiirgeois. 

Sur le nombre des individus mis en état d'arresta- 
tion, on trouve 128 pick-pokets; 100 d'entre eux ont 
été arrêtés pour vol à la tire et 28 pour, tentatives de 
vol à la tire. 

Ces deux genres de délits, à eux seuls, ont donné 
lieu à l'arrestation de 79 Français, 9 Italiens, 5 An- 
glais, 5 Relgcs, 4 Autrichiens, 8 Suisses, 5 Allemands, 
3 Espagnols, 3 Russes, 1 Hollandais, 1 Suédois, 2 Ir- 
landais, 1 Égyptien, 1 Brésilien, enfin 1 Américain. 

Il n*y a donc eu pour les autres délits indiqués plus 
haut que 70 arrestations. Les inspecteurs de la sûreté 
attachés k l'Exposition étaient au nombre de 62. Ils 
ont opéré sous les ordres de deux brigadiers et d'un 
chef. 

Quant aux enfants perdus et ramenés au Commissa- 
riat, ils ont dépassé le nombre de 250. En mai, 3 en- 
fants; juin, 57; juillet, 49 ; août, 63; septembre, 68; etc 
f Paris, pendant toute la période de l'Exposition, a 
joui d'une situation exceptionnelle au point de vu 
hygiénique. Loin de constater une accentuation dans 
la mortalité, les chiffres présentent une diminution 
dans le nombre des décès, due certiiinement aux con- 
ditions climatériques exceptionnelles dont on a joui 
en 1889 et due aussi au caractère même de ces quatre 
mois de fôtcs. Les philosophes ont observé depuis long- 
temps,en elfet, qu'on ne songeait pas à mourir lorsqu'on 
avait le cœur content. C'est ce qui s'est produit. Les 
innombrables étrangers venus à Paris, pas plus que 
les Parisiens eux-mêmes, n'ont eu un seul instant 
pour songer à tomber malades. 

A ces données statistiques il n'est passuperflu d'ajou- 



LA P'OULE — LA CIRCULATION. 1S7 

ter à titre documeo taire la date des grandes fêtes don- 
nées pendant l'Exposition. Ces fêtes ont eu un carac- 
tère spécial. Bi elles étaient faites avant tout pour les 
yeux, on n'avait pas négligé le côté moral. On leur a 
donné souvent un caractère patriotique qui a exercé 



son action sur tes foules. M. Alphand avait d'ailleurs été 
désigné comme commissaire général des fêtes'. C'est 
assez dire qu'elles ont toutes réussi depuis la fête de 
l'ouverture jusqu'à la fête mémorable de la distribu- 
tion des récompenses du 29 septembre, avec son défilé 



168 

« — 



CAUSERIES. SCIENTIFIQUES. 



si curieux et si pittoresque de toutes les nations au 
Palais des Champs-Elysées. 

Le Parlement et le Conseil municipal de Paris 
avaient voté un fonds spécial de 3 millions pour cou- 
vrir les dépenses. Il est resté un excédent sur lequel 
une somme considérable sera donnée aux pauvres 
de Paris. 

PROGRAMME DES FÊTES DE l'EXPOSITION 
ET DU GENTEiNAlRE 



Dimanche 5 mai . 



Lundi 6 mai 



Samedi 11 mai. 
Sujnedi lor juin 



Jeudi 20 juin , . 
Jeudi 4 'uillef . 



Mercredi iO juillet 



Vendredi 12 juillet. 
Samedi {^juillet. . 



Dimanche 14 juillet. 
Lundi 29 juillet . . 
Vendredi 2 août . . 

Dimanche 4 août . . 

Dimanche 4 août. . 



Centenaire de l'ouverture des États 
généraux à Versailles. 

Ouverture officielle de l'Exposition. — 
Iro grande fête de nuit. 

Banquet et réception à l'Hôtel de Vilîe. 

-1^ grande fête de nuit à l'Exposition, à 
l'occasion de l'achèvement des ins- 
tallations des exposants. 

Grande féto de nuit au Parc Monceau. 

3» grande fête de nuit à l'Exposition, 
à l'occasion de l'inauguration de la 
statue de la Liberté (sur le môle de 
Grenelle). 

Bal donné, au Palais de l'Industrie, par 
les Exposants, au Gouvernonient et 
à la Municipalité de Paris. 

Fête du Palais-Royal. 

Bal donné, au PalaU de l'Industrie, aux 
ouvriers de l'Exposition et aux syn- 
dicats ouvriers. 

Fête nationale. 

Réception du Shah de Perse. 

4» grande fétc de nuit en l'honneur du 
Shah de Perse. 

Grand Festival dos Musiques militaires 
au Palais de l'Industrie. 

Translation au Panthéon des restes de 
Carnot, Marceau, La Tour d'Au- 
vergne, Baudin. 



LA FOULE 



LA CIRCULATION. 



169 



Mardi 6 aoûl. 



Dimanche 18 août. 



Mero'edi 11 septembre. 
Jeudi {^ septembre , . 
Samedi 14 septembre. . 
Dimanche 1 5 septembre. 



Mercredi 18 septembre. 
Samedi 21 septembre. . 



Dimanche 29 septembre. 
Mercredi 6 noDem6rc. 



Représentation de gala à l'Opéra, en 
Fhonneur du Shah de Perse. 

Banquet des Maires do France au Palais 
de l'Industrie. 

Représentation àcVOde triomphale par 
Mi»«» A. Holmes : 
lo Par invitation ; 
2o Pour les enfants des écoles ; 
3° Gratuite. 

Concours international des Musiques 
municipales d'harmonie et civiles 
étrangères au Palais de l'Industrie. 

Représentation de l'Orfeî triomphale ;ia 
profit des victimes d'Anvers. 

Inauguration du Monument du Triom- 
phe de la République, place de la 
Nation. 

Distribution des récompenses et 5» 
grande fête de nuit à l'Exposition. 

6« grande fête de nuit à Toccasion do 
la clôture de l'Exposition. 



Nous ne saurions mieux terminer ce chapitre qu'en 
reproduisant quelques appréciations étrangères sur 
l'Exposition. Elles montreront mieux que tout ce que 
nous pourrions dire l'impression générale qu'a laissée 
dans l'esprit le grand concours paciUque de 1889. 

M. Stockbauer, qui avait été envoyé par le Gewerbe 
Muséum {Musée commercial, de Nuremberg) pour étu- 
dier l'Exposition , a publié son rapport. Nous en 
extrayons les intéressants passages suivants : 

« Tout visiteur de l'Exposition de Paris peut résu- 
mer son impression dans un seul mot : Grandiose. 
Tout est grandiose : le plan, l'exécution, les résultats 
obtenus, les constructions et la masse des visiteurs. 

« Tout Paris est à l'Exposition et, cependant, on 
n'est pas gêné. Personne pour vous obliger à déposer 

29 iO 



FlQ. IM. — Rrrr*' 



Mmks lu PsUi) de l'Iuduii 



172 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. « 

votre canne ; pas de surveillant qui gêne dans l'admi- 
ration prolongée qui vous arrête ; pas d'écriteau qui 
vous oblige à vous conformer aux ordres de la direc- 
tion. Tout est beau et admirable, et de longtemps le 
souvenir en restera à ceux qui ont vu et qui ont cons- 
taté avec quelle merveilleuse exactitude et régularité 
tout fonctionne dans cette Exposition. 

« Partout des surprises ! Et c'est avec un sentiment 
de tristesse qu'on pense au rôle qu'aurait joué l'Alle- 
magne, si elle avait pris part à l'Exposition. Il faut es- 
pérer que beaucoup d'Allemands seront venus à Paris 
pour comprendre quel immense abîme nous sépare 
encore de la France, en tout ce qui concerne l'art et le 
goût. On me dira que nous ne sommes pas les seuls. 
Que ceux auxquels cette consolation suffit se consolent! 
Pour mon compte, je constate que la France a essayé 
d'atteindre et a atteint un but idéal : faire comprendre 
au monde sa grandeur et sa puissance, et montrer les 
admirables travaux de ses habitants. » 

Dans le Nouveau Temps de Saint-Pétersbourg, 
M. Souvarine, son rédacteur en chef, rend un hommage 
presque enthousiaste au grand succès matériel et 
moral de l'Exposition ; il constate la force réelle de 
la France « par suite de l'unité de son peuple, par 
suite de son esprit profondément national, sa civilisa- 
tion, sa discipline intérieure, son travail assidu, son 
amour pour la gloire et la patrie, ses immenses ri- 
chesses... etc. » 

Enfin, M. Palmer, dans le Herald, s'exprime ainsi : 

« J'ai fait une étude attentive de l'exposition de 
Paris. C'est la plus merveilleuse exhibition que le monde 
ait jamais vue. Quiconque y va en revient frappé de la 



Il 



174 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

prodigieuse habileté des Français. C'est beaucoup 
mieux que TExposition de 1867. Les bâtiments ont été 
construits au point de vue de la solidité comme s'ils 
devaient durer toujours. L'espace n'est pas immense, 
mais on en a tiré le meilleur parti possible. 

« ... Nous avons l'habitude déparier de notre supé- 
riorité en matière de machines; mais, dans cette ligne, 
les Français ont une exposition merveilleuse, beau- 
coup plus que vous ne pourriez le supposer. Dans les 
branches les plus élevées de Tart industriel, tel que 
les beaux tapis, Tameublement, etc., les Français 
sont presque suprêmes. » 

Nous pourrions multiplier ces citations toutes en 
notre fav^eur. Partout on a bien voulu nous* rendre un 
hommage dont nous pouvons tirer quelque (ierto. 

L'Exposition de 1889 aura contribué positivement 
à nous faire mieux connaître ; elle nous aura conquis 
des amitiés qui, nous le souhaitons, resteront durables. 

11 serait si bon de nous voir tous fraternellement 
unis sous rigide de l'amour du travail et de la civi- 
lisation, aujourd'hui le véritable maître du monde. 



IV 



PREMIERS TRAVAUX - PARCS ET JARDINS 



Nivellement général du Champ-de-Marj». — Tcrrassoracnts. — • 
Réseau d'égouts. — Le sous-sol. — Chaussôes, allées, trottoirs, 
dallages. — Eaux et lavage. — Service do nettoiement. — Enlè- 
vement des ordures. — Conduites souterraines. — Canalisation 
pour les eaux, pour le gaz; contrôle du service d'éclairage élec- 
trique. — Les passerelles. — Construction du chemin do fer de 
l'Exposition. — Établissement des paratonnerres. — Puits et 
perd-fluides. — Salubrité. — Réfection des ravins, des rivières 
et des bassins. — Fondations et soubassements. — Les jardins : 
au Trocadéro et au Champ-dc-Mars. — L'ancien parc. — Los 
nouveaux jardins. — Les arbres transportés. — Los pelouses et 
les lampes électriques. — La terrasse du grand dôme. — Les 
jardins latéraux. — ^numération des fleurs. — Énumération 
des arbres. 



'■.A';v' 






E projet de nivellement général du Champ- 
de-Mars et de construction du réseau 
d'égouts fut dressé dès le 23 décembre 
1886; il fut approuvé par le Directeur 
général des travaux le 18 février 1887. Les travaux de 
terrassement ont été commencés immédiatement par 
les entrepreneurs Huguet, Versillé etAppay. C'est donc 
en février 1887 que les premiers chantiers apparurent 
au Champ-de-Mars. 



16 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Toullcservicedestcrrassements, de la voie publique, 
des constructions de gaz, d'électricité, de sun-eillance 
de contrôle du chemin de fer.dupersonnel desgardiens 
aétéplacé sousiesordresde H. Lion, sous-ingénieur des 
pontsetchaussées,inspecteurdespromenade3delaVille. 
11 a eu pour l'aider dans cette tâche laborieuse MM. Le- 



vel et Villevcrt, conducteur des ponts et chaussées. 
Les premiers travaux ont été menés de façon à 
faciliter l'exécution des fondations des palais. Le cube 
total des déblais a été de 178,700 mètres cubes; celui 
des remblais.de 139,730 mètres cubes. Les déblais ont 
été conduits aux décharges publiques. Ce dernier cube 
comprend les déblais faits pour l'établissement des 
chaussées et des trottoirs. La surface totaledurèglement 



178 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

du sol sur remplacement des palais, des jardins et 
des voies a été de o63,i00 mètres carrés, y compris 
49,900 mètres cubes pour les galeries de l'Agriculture 
et diverses parties de l'esplanade des Invalides. 
Le réseau des égouts du Champ-de-Mars comprend . 

Met. c. 

10 Le i-.'soau ancien qu'il a fallu raccorder, ré- 
parer ou modifier sur une longueur de. . . . l,19o 00 

2° Le réseau nouveau comprenant un type n" 1 
avec banquette, et ayant 1«»,80 de haut sur 
1™,60 de large, destiné à recevoir, outre les 
conduites d'eau ordinaire, une conduite de 
0»,60 de diamètre o47 80 

Un type n® 2 de 4», 80 de hauteur, sur l™,iO de 
largeur 2,H0 84 

Total 3,8.j3 64 

Ce qui nous donne pour le réseau d*égouts un déve- 
loppement de près de i kilomètres. 

La longueur totale des branchements desbouches et 
des regards est de 832 mètres pour 62 bouches et 1 7 
regards. 

Un tronçon d'égout, le long de l'avenue de La Bour- 
donnais, a été établi avec cuvette et réservoirs de chasse 
pour recevoir le tout à Tégout. 

Sur les quais et sur Tesplanade des Invalides, il aété 
établi 19 bouches recevant les eaux et les conduisant 
aux égouts municipaux existants, à Taide d'une lon- 
gueur de branchement de 290 mètres. 

Les travaux de \'iabilité en dehors des trottoirs et 
des surfaces bitumées comprennent : 

Mètre» carré». 

Chaussées pavées 13,100 

Chaussées empierrées 40,600 

Allées, sentiers et parties sablées 38 JOO 

Surface totale 92,400 



PARCS ET JARDINS. 179 



Ils ont été exécutés par l'entrepreneur Manoury. 

Il ne s'agit dans ces chiffres que de la viabilité du 
Champ-de-Mars, sur lequel rien n'existait et où il a fallu 
tout créer. 

Indépendamment des surfaces précédentes, il a en- 
core fallu entretenir et arroser: 

M^'tres carréA. 
1*» Les chaussées et les sentiers du quai d'Orsay. 18,600 
2° Les chaussées et certaines parties sablées de 

l'esplanade des invalides 15,600 

Les chaussées du Trocadéro 13,900 

Total 48,10» 

Au Ghamp-de-Mars,les chaussées ont été terminées 
rapidement de façon à permettre le transport des maté- 
riaux à pied d'œuvre, condition indispensable pour 
mener rondement non seulement la construction des 
palais, mais encore celle des nombreux édifices et pa- 
villons élevés dans l'enceinte de l'Kxposition. Sur les 
parties les plus fréquentées, il a été fait des chaussées 
pavées pour lesquelles il a fallu 393,000 pavés. Sur 
d'autres points moins fréquentés, il a été étabU des 
chaussées empierrées à l'aide de 8,990 mètres cubes 
de cailloux, comme première couche, et de 5,420 mètres 
cubes de meulière cassée, pour former la couche supé- 
rieure. Enfin, pendant la durée de l'Exposition, il a été 
répandu 1,570 mètres cubes de gra\âllon.sur les par- 
ties sablées où roulent journellement les nombreuses 
voitures d'approvisionnement. 

Il a été en outre répandu dans les allées des jardins 
et sur les diverses parties en terre un cube de sable 
de rivière de 6,800 mètres cubes. 

Le service d'entretien, d'arrosement et de nettoie- 






PARCS ET JARDINS. ■ 181 

ment aétéfaiCpar 65 cantonniers sous les ordres de . 
quatre chefs. 

La quantité d'eau employée par jour est, ea 



r 



-Il 



moyenne, do 730 mètres cubes, dont 700 pour le lavage 

des caniveaux et 30 mètres cubes pour i'arrosement. 

Indépendamment de ce ser\'ice de netloiement, 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



d'arroscment el d'entretien, il a^lé établi un service 
d'enlèvement des ordures ménagères et des produits 




do balayage. Neiil tonibercaus avec charretiers et 
rct rousseurs font le service et ontèvenl journellement 
80 mètres cubes environ, tant d'ordures ménagères 
que de détritus de diverses espèces. Commencé à 



PARCS ET JARDINS. 183 

quatre heures du matin, renlèvement des ordures est 
terminé à huit heures. 

Il a été établi des trottoirs en bitume avec bordures 
en ciment encadrant les palais. 

Mètres carrés 

Ces trottoirs ont une surface de 9,910 

Il a été également construit des dallages en bi- 
tume : 

Galerie Rapp 3,530 

Galerie Desaix 3,500 

Galerie des Beaux-Arts 8,580 

Galerie des Arts libéraux 7,200 

Galerie de 30 mètres du palais des Industries di- 
verses 4,340 

(f aleries extéi-ieures du palais des Industries di- 
verses 4.500 

Galerie de 15 mètres du palais des Industries <U- 

verses 3,170 

Dôme de la paierie des Machines 790 

Surface totale 45.520 

Tous ces bitumes ont été exécutés en location par 
Tentrepreneur Roux. 

Le service de M. Lion a posé aussi 6,032 mètres de 
conduites en tôle et bitume de 0",054 à 0"*,216 de dia- 
mètre pour le gaz; 1,886 appareils sont k l'intérieur 
pour l'éclairage des voies. L'éclairage électrique n'est 
dans ce service qu'à titre de contrôle; il comprend 
1,093 lampes à arc et 8,839 lampes k incandescence 
alimentées par 4,000 chevaux-vapeur. 

Les passerelles qui relient les diverses parties do 
l'enceinte relèvent du môme service. Leur établis- 
sement avec les plates-formes et les escaliers a coûté 
162,803 francs. Ces passerelles, sauf celle du pont de 
TAlma, ont été fournies par des constructeurs expo- 
sants. Les culées, les plates-formes et les escaliers ont 



18* CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

été établies par l'Administration avec des bois en 
location. Pour le pont d'iéna, traversée de l'avenue de 
Versailles, on a fait usage des bois de M. Poirier; celles 
de la tranchée du quai d'Orsay sont composées l'un 
du système de pont démontable de M. A. Schryver, 



l'autre du système de pont démontable de M. Eiffel. 
Pour la traversée de l'avenue de Latour-Maubourg, il 
a été employé également deux systèmes de ponts dé- 
montables, l'un de M. Seyrig, l'autre de M. Brochoçki. 
Enfin la passerelle du pont de l'Aima a été construite 
d'après les dessins de M. Gautier, architecte : pour son 
établissement, on a alloué à la maison Moisant, Lau- 
rent, Savey el C" une somme de 28,000 francs. 



PARCS ET JARDINS 



Lalongueur tolaledeces passerelles est de 326 mètres. 
Nous laissons de côté le chemin de fer Decauville, 



dont nous avons parlé précédemment. Le même ser- 
vice a eu à en préparer le projet et k contrôler les 
travaux d'établissement. 



I 

» 

II 



PARCS ET JARDINS. 181 

En dehors de ces entreprises multiples, c'est encore 
au service de M. Lion qu'incombaient divers tra- 
vaux, notamment l'enlèvement des matériaux, déblais 
pour le jour de Tinauguration. Dès le mois de mars, 
le Directeur général des travaux a fait prendre les 
mesures nécessaires pour assurer le déblaiement des 
voies et des galeries en vue de l'ouverture. Il a été 
enlevé un cube total de 40,958 mètres de terre, paille, 
papiers, copeaux, détritus, etc. Ht il a fallu 2,700 jour- 
nées d'hommes. Dans ces chiffres, les i et 5 mai, entrent 
pour 3,031 mètres carrés et pour 1,264 journées. 

Dans les 1,264 journées, 500 environ ont été em- 
ployées an sablage, c'est-à-dire que 250 hommes ont 
été occupés pendant deux jours au répandage et au 
ratissage du sable et du gravillon. 

En même temps il a été construit, au parc du Tro- 
cadéro, 24 soubassements et fondations de serres, aux 
frais de l'Administration, les exposants n'ayant eu à 
installer à leurs frais que les parties métalliques. 

Enfin toutes les constructions métalliques de l'Expo- 
sition ont été reliées à la nappe d*eau souterraine 
au moyen de câbles et perd>fluides. Il a été creusé 
pour cet objet 24 puits d'une profondeur moyenne 
de 10'",60 de façon à avoir 1 mètre de hauteur d'eau 
dans chacun des puits. Les câbles ont été reliés 
aux pieds des piliers à l'aide de boulons. Du côté de 
l'avenue de Suffren, chaque fois que cela a été pos- 
sible, le système des puits a été abandonné et les 
conducteurs ont été reliés à l'aide de colliers à la 
conduite de 0"',60 qui conduit en Seine les eaux de 
canalisation du palais des Machines. 

Il n'y a pas de petits détails en pareille matière. On 



m CAUSEllIES SCIENTIFIQUES. 

a construit 233 stalles d'urinoirs qui, ajoutées k celtes 
de la concession Gontier des urinoirs gratuits, ont 
donné un total général de 383 stalles pour l'enceinte 
de l'Exposition. 

Le même service a encore fait installer ou mo- 
difier la canalisation d'eau et forer toutes les bouches 



de l'ancien parc du Champ-de-Mars et de l'histoire de 
l'habitation. Il a fait réfectionner les deux tiers des 
rivières et des pièces d'eau des parcs du Champ-de- 
Mars et du Trocadéro. A son actif encore les sondages 
pour l'établissement des fondations de la galerie des 
Machines. 

Ce sont là tous travaux modestes, mais qui, en défi- 
nitive, ont été le point de dépari et le complément de 



PARCS BT JARDINS. 



l'œuvre d'ensemble. Leur complexité a fini par leur 
donner une véritable importance et nous avons cru 



devoir en conserver le souvenir dans cette esquisse 
générale de la grande œuvre de 1889. 

En dehors des terrassements et des allées, le ser- 
vice du parc et des jardins a été placé sous la direc- 



190 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

lion immédiale de H. Laforcade, jardinier en chef de 
la ville de Paris. 

Le jardin de l'Exposition peut 6tre considéré comme 
divisé en quatre parties : 

1° Le jardin du Trocadéro, dont les dispositions gé- 



nérales ont été peu modifiées; 3° l'ancien jardin du 
Champ 'de-Mars de l'exposition de lâT8, sur lequel on 
a édifié la tour EilTel; 3° le jardin central, entre les 
palais des Beaux-Arts et di^s Arts libéraux ; 4° la grande 



PARCS ET JARDINS. 191 

terrasse précédant^le grand dôme d'entrée du palais 
des Industries diverses. 

Il faut encore ajouter à ces quatre parties princi- 
pales des massifs de verdure au milieu desquels 
s*élèvent de nombreuses constructions. 

L*ancien jardin du Ghamp-de-Mars a été beaucoup 
sacrifié; il a fallu faire de la place aux diverses con- 
structions, maisons Garnier, restaurants, kiosques, etc. 
Cependant, on a conservé beaucoup des anciennes 
plantations pour dessiner de nombreuses allées om- 
breuses qui serpentent entre les divers pavillons. 
On a d'ailleurs rapporté un grand nombre d'arbres. 

Au premieï'plan,à droite et à gaucbede la tour, des 
arbres, un véritable parc. Sous la tour, im jardin recti- 
ligne, une pelouse avec nombreuses fleurs en bordure, 
illuminées le soir pardes cordons de lampes électriques 
piquées dans les gazons. Au milieu, avant les fontaines, 
grande pelouse ornée de fleurs et de plantes vertes, 
d'arbustes. Au delà des fontaines, sur le terre-plein pré- 
cédant le dôme central , une plantation de platanes ; 
enfin, sur les côtés en bordure des terrasses des palais 
des Beaux-Arts, des jardins avec massifs de plantes 
rares et de fleurs d'un très bel effet. 

Le jardin central est une œuvre nouvelle; il n'est 
pas très vaste, mais comme il est heureusement des- 
siné, bien proportionné, il paraît grand. Le cadre 
rectiligne et l'espace adopté pour les plantations de 
la terrasse devant le dôme auraient pu conduire à 
des lignes entièrement géométriques. M. Alphand, 
avec beaucoup de goût, a évité ce défaut en combi- 
nant les formes accidentées des jardins pittoresques 
avec les lignes géométriques des terrasses et de la pe- 



192 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

louae centrale. Ces deux zones de plantations irré- 
gulièies se raccordent agréablement avec l'ancien 
jardin du Champ-de-Mars; elles en sont comme le 



prolongement et se fondent bien l'une dans l'autre. 
L'aspect général est sobre et élégant; les statues 
formant cadre sont bien placées, les plantes habi- 
lement choisies. Les jardins latéraux gagnent h être 
vus des terrasses des palais des Beaux-Arts et des Arts 



PARCS ET JARDINS. K3 

libéraux. On a sous les yeux un juli paysage. Le choix 
et le mélange des grands arbres donnent des nuances 
de verdure harmonieuses el des silhouettes d'un effet 



charmant. L'emploi des plantes ornementales, l'arran- 
gement et la distribution des corbeilles de fleurs, 
jettent de la gaieté sur l'ensemble. 

La grande terrasse du dame avec ses platanes fait 



494 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

diversion. Au centre se dresse la statue de la Ré- 
publique. Autour des pavillons de la Ville de Pa- 
ris, on a placé toute une ceinture de statues qui 
entrent dans les décorations de THôtel de Ville. 
Les œuvres remarquables, dont nous reproduisons 
quelques-unes plus loin, se comptent là en grand 
nombre. 

La surface générale du parc proprement dit est 
de 86,373 mètres carrés se répartissant ainsi : 

Mètres carré«. 

Surface des pcI«)iisos 52,20") 

— Kiassils 10,923 

— allées 23,244 

Les dépenses relatives au parc et aux jardins du 
Champ-de-Mars s'élèvent à 57^,000 francs, se subdi- 
visant comme suit : 

Francs. 

Plantations des gros arl)res en chariol 18,000 

Travaux de terrassement 50,000 

Travaux de jardinage , 26.'), 000 

Achats de végétaux 62,000 

Fournitures diverses 32,000 

Entretien 70,000 

Travaux de rocaillage 12,000 

Fourniture de terre, terre de bi-uyère, tcrreiui, 

sable.. 65,000 

ToTAi 574,000 

Le personnel a été : 

Jardloiers. 

!«' octobre 1887 au 31 décembre 1888 (moyenne). . 100 

1" janvier 1889 au 31 mars 1889 (moyenne i. ... 150 

1" avril 1889 au 5 mai 1889 (moyenne) 220 

Pendant l'Exposition, entretien et réparation de dé- 
gâts 60 

An Trocadéro, les dépenses relatives à Texposi- 



106 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

tion d'horticulture se répartissent de la manière 
suivante : 

Praor». 

Travaux de jardinage 110,000 

Fournitures -diverses 18,000 

Fourniture de terre végétale, bruyère, ter- 
reau, etc 35,000 

Entretien 35,000 

ToTAi 198,000 

Le personnel a été en moyenne, avant l'Exposition, 
de 25 hommes; pendant l'Exposition de 25 hommes. 

Aux Invalides, les travaux de jardinage relatifs 
au raccordement des diverses expositions se divisent 
ainsi : 

I''ranc«. 

Travaux do jardinage 8,000 

.Vchats de vèj^cHaux 4,000 

Fournitures do tcrro, etc 4,000 

Knirelicn 4.000 

Total 20,000 

Le personnel est réduit à 5 jardiniers. 

L'eau employée pour l'arrosago dos pelouses et 
des massifs est par jour de 274,361 litres, dont 
208,820 litres pour les pelouses et 65,541 litres pour 
les massifs. 

Au Champ-de-Mars, pour les seules garnitures du 
Printemps, on a employé 32,475 plantes. 

Anémones Baerias, Be-llis perennis alha, Myosotis 
alba, Sélénés compacta rosoa, Tulipes en variétés 
extrêmement nombreuses, Renoncules, "Viola au- 
rea, etc. 

A l'Esplanade des invalides, 12,500 Mvosotis alba et 



PARCS ET JARDIXS. )9; 

cœnilea et silène compacta. Pour les ganiilures 
d'Été, au Champ-do-Mars. on a planté 42,523 Achy- 
ranlhos acuminata, Alternaiithera amœna, Ageratuiii 
mexicanum , Galceolaria excelsa, Campanula Carpa- 
thica, Cbrysanthonium, Colous, Corcopsis, Glaïeuls, 



Fio. 1 lî. — Champ-rJu-MiiR. — Train [ilaolaiioQ du prcniirr arbre. 

Lobelia compacta, Mimosa lophaiitha,PeIargoiiiumde 
toutes espèces, Pyrelhnim aiircum. Reines-margue- 
rites, Roses trémières, etc. 

A VEsplanade, on a planté 8,700 Ageralum mexica- 
num, Galcéolaires excelsa, Pelargonium, etc. 

En résumé.uniquement pour les garnitures de Prin- 
temps et d'Ëlé, on a employé 97,88t> plantes. 



1. — CrypWDicria jspoa.vii Fiu. 115. — Cupreagim Lamoniana. 

FLORE ORIfEMERTALE DES JARDINS DE 



Kt». 148. — CcdniB Libani i^lonK^rala. Fie. 14T. — Larii Europiea p«ndula. 



Fia. US. ^ Aruucaria inbricata. fia. Un. — Akies Nirdmaiin 

L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1669 



PiG. 150. — Taim baccïln Hjbornica. Kio. 151. — Hious^ecmbro. 



Flu, ISÎ. — ChanUErups cïceli». Kio. IM, — Cocos iiustr»lis. 

FLORE ORNEMENTALE DES JARDINS DE 



Pin. ISI. — Chamncroiis humili). Fia. ISS. — LilBoia borbanka. 



FiG. Iï6. — Ph.fnii daclylir.TB, FlB. lliT. — GynpriiiTn m 

L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 



Fit. lie.— Eucsl.ïplus globuluB. Fio. IÏ9, — Bimbus.i ai 



FLORE ORNEMENTALE DES JARDINS 



Kio. 163. — Piciis Chauvit 



PARCS ET JARDINS. 



- Parmi les arbres transplantés au chariot, citons un 
grand nombre d'espèces diverses d'Acer, d'.Esculus, 



Ailantus, Betula, Catalpa, Cedrela, Fagus, Fraxinus, 
Gledilschia, Gymnocladus, Juglans, Magnolia, Pavia, 



304 CAUSERIES SCIENTIFIQUES 

Paulownia, Plata- 
mis, Populus, Pte- 
rocarya, Robinia, 

Salix , Sophora , 
i Tilia, Ulmus, etc. 
£ Parmi les arbres k 

1 tiffR, Acer (nom- 
c breuscs variétés), 
* ^scutus , Ailan- 
1_ lus, AInus, Citrus, 
i Elœagnus, Fagiis, 
'^ Fraxinus, Gledit- 
^ scliia; Malus, Ju- 
s glans, Norus, etc. 

1 Parmi les arbres 
e résineux : Abics , 
g Araucaria.Cedrus, 
g Cephalotaxns , 
S Cryptomeria, La- 
" rix,Pinus,Seqiioia 

2 gigantea. Thuya , 
■^ Salisburia , etc. 
I Parmi les arbustes 

I à feuilles cadu- 

S qncs : Amorpha, 

i Aralia , Benioin , 

^ Berberi3,Brousso- 

nelia, Callicarpa, 

Calycantbus, Ca- 

ragana , Carya , 

Cercîs, Chamtecerasus, Chionanlhus, Goriaria, Coro- 

nilla, Cydonia, Cytisus, Citrus, Doutzïa, Desmodium. 



PARCS ET JARDINS. • 205 

1 1*1 

Elœagnus, Hibiscus, Indigofera, Leycesteria, Magno- 
lia, Potentilla, Pruims, Ptelea, Ribes, Robinia, etc. 
Parmi les arbustes à feuillage persistant ; Abelia, Ar- 
butus, Atriplox, Aucuba, Baccharis, Bambusa, Bud- 
dleia, Buxus, Evonymus, Garrya, Genista, Ilex, Lau- 
rus,Ligustrum, Mahonia, Phlomis,Quercus,Rhamnus, 
Vibumum, etc. Parmi les arbustes de terre de bruyère : 
Andromeda japonica, Azalea, Kalmia, Rhododendron 
(150 variétés hybrides). Parmi les arbustes grimpants : 
Akebia, Ampélopsis, Aristolochia,Bignonia, Glematis, 
Gobœa, Jasminum, Periploca, Rosiers, Rubus, otc. 

Parmi les végétaux variés, groupés ou isolés sur 
les pelouses : Acanthus, Agave, Alcaea, Anémone, 
Aralia, Arundo, Bambusa, Canna, Chamœrops, Cocos, 
Croton, Dahlia, Erythrina, Eucalyptus, Eulalia, Ficus, 
Gynerium, Heliotropium, Jubœa, Lantana, Latania, 
Magnolia, Musa, Onopordon, Parella, Phœnix, Phlox, 
Paeonia, Rheum, Ricinus, Rosiers, Solanum, Statico, 
Wigandia, Yucca (1). 

Au total, il y a au Champ-de-Mars : 

Arbres au chariot 538 

Arbres à tiges, baliveaux, pleureurs 1,524 

Arbres résineux 208 

Arbustes à feuilles caduques 10,345 

— — persistantes 13,126 

Arbustes, terre de bruyère 1,224 

— grimpants 3,545 

Végétaux varies groupés ou isolés sur les pelouses. 803 

Total . . . 33,373 



(1) Voir pour la flore ornementale des parcs et jardins l'ou- 
vrage suivant : VArt des Jaixiins, par A. Alphand (directeur 
général des travaux de la Ville de Paris). Étude historique, com- 
position des Jardins, plantations, décoration artistique des parcs 

29 12 



206 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

11 est presque superflu de dire tout le succès qu'ont 
eu les jardins, le jour et môme la nuit, avec leurs 
brillantes illuminations. Les fleurs à la lumière élec- 
trique, entourées d*une demi-pénombre, produisent 
un efl'et charmant; les massifs, comme éclairés par la 
pleine lune, tranchaient par leurs perspectives sur les 
carrés aux couleurs vives et bien nuancées. Les jours 
de fête et les dimanches, le public a malheureusement 
envahi, plus d'une fois, les pelouses et saccagé les 
massifs. Les dégâts se comptaient par milliers de 
francs. Mais un jour après les vides étaient combléset 
les jardins reprenaient leur belle apparence. La toilette 
était faite. Que de fois, hélas! il a fallu recommencer 
et que de fleurs et d'arbustes rares ont été brisés par 
un public inconscient! N'importe, jusqu'au dernier 
jour, les jardins ont fait l'admiration des visiteurs et 
des amateurs. 



et des jardins publics. Traité pratique et didactique. — 3» édi- 
tion. Ouvrage de luxe in-4<>, avec 512 illustrations représentant 
des plans, kiosques, ponts, tracés, détails et architecture pitto- 
resques de la flore ornementale. — J. Rothschild, éditeur. 



Il 



V 



PALAIS DES MACHINES 



La galerie des Machines. — La grande nef. — Dimensions. — Dcmi- 
Toûtes à articulations. — Les grandes fermes métalliques en 
1818 et 1889. — Fermes do Dion. — Hauteur au faîtage. — 
Emploi architectural du fer. — Vestibule d'entrée. — Escaliers, 
rampes, Ycrrières, motifs décoratifs, figures allégoriques. — Pé- 
riode de construction. — Les fondations. — Le sous-sol du 
Champ-de-Mars. — Les piles. — Massifs do maçonnerie. — 
Piles à pilotis. — Montage et levage des grandes fermes â 
45 mètres de hauteur. — Entreprise Cail; entreprise Fives- 
Lillc. — Les travaux. 



{e palais des Machines est un véritable temple 
élevé en Thonneur de la métallurgie et de 
Tarchitecture modernes. Nous sommes à 
Taurore d'un autre âge industriel, de Tâge 
de fer, et surtout de Tacier; l'emploi du métal va 
amener des transformations profondes dans l'établis- 
sement des grandes constructions. On adopte de plus 
en plus les longues portées et les dimensions géantes. 
A l'Exposition, les arceaux de la galerie s'élèvent d'un 
jet vigoureux, sans aucun point d'appui intermédiaire, 
à des hauteurs que l'on n'avait pas encore atteintes. 
Sous cette vaste étendue, aucune colonne de soutien 
n'arrête le regard ou ne rompt les perspectives. On 




SOS CAUSERIES SClEXTIFiyUES. 

dirait d'une voûte immense délicatement posée sur le 
sol d'un seul bloc et tout d'une pièce. C'est grandiose. 
La f^ande nef, cependant, représente un rectangle 
de iîO métrés de longueur et de 115 mètres de lar- 
geur : le double de la longueur et de la largeur de la 



nef du palais des Champs-Elysées de 1833 ; elle couvre 
une surface de i hectares et demi. La hauteur est de 
■{5 mètres au faîtage. La colonne Vendôme y tiendrait 
à Taise. 

L'auteur du palais des Machines est M. Dutert. Il l'a 
conçu tout entier, il l'a dessiné; il en a étudié les 
détails et surveillé l'exécution; il a été assisté, tant 
dans les études générales que dans la direction des 



PALAIS DES MACHINES. 209 

travaux, par MM. Blavellc, architecte, grand prix de 
ttome, premier inspecteur; Deglane. deuxième ins- 
pecteur, et Eugène Hénard, architecte, premier sous- 
inspecteiir (1). 
Les dimensions exceptionnelles de la nef ont néccs- 



^Jà^ù^^ 



silé de longs calculs de contrôle; ou ne pouvait 
prendre aucun terme de comparaison ; il a fallu ré- 
soudre de nombreux problèmes de résistance pour 

(I) Le Comité dn la Prossc ovaii c'US chnrpù de décorner le prii 
Osiria dR 100,000 francs, doscinù à l'iiivr^nliun nu à l'ieuTre la 
plus imiiortaiilc Aa l'ICiposilion. Apr<>8 BTiilr rendu liomiiia)^ à 
la magniUcciicc dcn palais drs Bcaux-Arls et dca Arts libAraui. 
consti'uili par M. Fonni(n.<. Rt au Dùnic central, construit p»r 
M. BouTSi-d, le Ci)initL< n décidé que te piix do 1011,000 francs 
dCTait éirc décerne aux cunslructcura ilu palais des Machines : 
M. Dulert, l'arcliitecle qui en a eonru l'idce, recevra 20,000 TrancA 
12. 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



T la stabilité d'un édifice aussi colossal, pour dé- 
terminer et arrêter les dimensions des pièces de mé- 
tal, etc. Tous les calculs ont été faits par M. Contamin, 
ingénieur en chef du contrôle des constructions mé- 
talliques, asfiisté de M. Charton, ingénieur en chef 



il-projet do Palais dn 



adjoint, et de M. Pierron, ingénieur. M. Contamin en 
particulier a dû se livrer à un travail de bénédictin; 
il a dû examiner, au point de vue de la résistance et 

M. Cuntsiuin, (j.OUU fr.inos. cl 1m ingfnirurs nu arc h il ce les qui 
i>nt coopriKi à r...uïrr. .MM. Cliai-loii, Picrron. D^î-'laiic. BbTCUe, 



PALAIS DBS MACHINES. 211 

de l'économie des pièces métalliques, toutes les con- 
structions du Ghamp-de-Mars. Il est juste que ces 
noms restent attachés h une œuvre qui comptera cer- 
tainement parmi les plus remarquables de notre époque. 
En 1878, d«^jà, M. de Dion a%':iit fait une première 



rt («vri 



tentative audacieuse en construisant la galerie des 
Machines sans aucun tirant ; la galerie était élégante 
et d'un bel effet. Les fermes de la galerie étaient so- 
lidaires avec les pieds-droits encastré:) dans des dés 
de maçonnerie. Mais ces fermes n'avaient que 30 mè- 
tres de portée, et la hauteur de la galerie ne dépassait 
pas 23 mètres. 

On ponrrait encore citer le bail de la gare Saint- 



312 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Pancrace, de Londres ; les fermes ii'ont pas, en appa- 
rence, de points d'appui intermédiaires; en réalité, on 
a relié les pieds-droits par des tirants cachés sous le 
plancher, et la portée des arcs n'a que 73 mètres. 
En 1889, on s'est décidé à adopter un tout autre 



système déjà employé, il est vrai, par Oudry, en 
France, au pont du port de Brest, pour certains grands 
viaducs métalliques, et ensuite dans quelques gares 
en Allemagne; mais il n'avait pas encore été appliqué 
sur une échelle aussi colossale. 

On a composé chaque ferme de deux arceaux ap- 
puyés par leurs bases sur des tourillons fixés à des 
massifs de maçonnerie et venant buter au faîtage 
sur un autre tourillon Chaque demi-arceau a donc 



PALAIS DES MACHINES. 



213 



en bas et en haut un seul point d'appui commun. Ces 
demi-arceaux sont comme articulés h charnière à la 
base et libres au fattage, de façon que tout le som- 
met, sous Faction de la 
chaleur ou du froid, 
peut se déplacer un 
peu, monter ou des- 
cendre. En réalité, ce 
mouvement de dépla- 
cement ne dépasse pas, 
enhiver ouen été, quel- 
ques centimètres (1). 
On a choisi de préfé- 
rence h, tout autre ce 
système intéressant, 
non pas dans le but de 
faire nouveau, mais 
parce qu'il facihtait 
notablement le calcul 
des efforts auxquels 
sont soumises les piè- 
ces et quïl conduisait 
en fin de compte à 
des résultats économi- 
ques. La méthode don- 
nait le moyen de pré- 
ciser avec sûreté les dimensions strictement nécessaires 
et d'édifier la construction avec le minimum de ma- 
tière. Ces fermes à articulation ont permis de diminuer 

(1) Pour une différence de Icmpôraturc de 50© (— lo<» en hiver 
et 4- 350 en été), chaque dcnii-fcruic ne s'allonge que de 4 ceati- 
niôlrcs. 




Fi(i. 171. — Dëtail du piod d'une grande 
fenno À articulation libre. 



2U CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

de beaucoup la dépense. En 1867,pour abriter les ma- 
chines, on avait employé ISi kilog. de fer par mètre 
carré de surface couverte. En 1878, on avait réduit ce 
chiffre à 1 10 kitog. En 1 889, il est vrai.le nombre monte 
à 148 kilo^., mais la quantité de métal p&r mètre cube 
d'air enveloppé dépasse à peine i kilog. et demeure très 
inférieure aux chiffres des expositions précédentes. 



On a pu éviter aussi l'emploi de tirants qui auraient 
fait beaucoup moins bon effet au point de \Tie archi- 
tectural et auraient gêné ultérieurement l'installation 
des machines. Quant îi l'idée de mettre des tirants sous 
le plancher comme à la gare Saint-Pancrace, elle eût 
conduite des dépenses plus grandes. Les tirants, pour 
les vingt fermes, auraient nécessité un supplément de 
poids de plus de 600,000 kilog. (30,000 kilog. par ti- 
rant), d'une valeur moyenne bien supérieure au prix 
de la construction, et un développement de plus de 



PALAIS DES MACHINES. 315 

â,300 mètres de caniveaux maçonnés. L'excédent de 
maçonnerie des fondations pour résister aux poussées 
est loin de représenter la dépense occasionnée par la 
suppression des tirants. D'ailleurs, les fondations pour 
les machines de la galerie n'auraient pas permis l'éta- 
. blissement des tirants. 

Toute ro»;sature de la grande nefdu palais est cous- 



." éite^. 



lituée par la succession de vingt fermes k trcOlis de 
115 métrés de portée, soit 57"", 50 pour chaque demi- 
arceau; elles sont espacées de 2r',5û, sauf pour la 
travée centrale, qui mesure 56", 40, et les deux tra- 
vées extrêmes, qui ont 25"", 30. 

Chacun de ces grands arcs métalliques a la forme 
d'une ogive surhaisséc. Ils sont maintenus dans leur 
écartement, entretoisés par six cours de pannes oq 



216 C.VUSERIES SCIENTIFIQUES. 

longues poutres longitudinales. Trois cours de che- 
vrons en fer parallèles aux grandes fermes réunissent 
les pannes entre elles et contribuent à soutenir les 
petits fers qui constituent la couverture proprement 
dite. L'ensemble 
est ainsi rendu 
très rigide, et les 
fermes uepouvent 
s'incliner ni sortir 
de leur logement 
sur le tourillon 
supérieur du sup- 
port. Deux pannes 
très voisines du 
fattage consoli- 
dent la construc- 
tion et portenldes* 
solides qui sou- 
tiennent le petit 
chemin de service 
qui court au des- 
sus du sommet de 

F a. lU.- M„-,iW, du P=la.s d.« Machine,. ^^ "^^■ 

I" ^lag--. Chaque ferme 

est composée de 
panneaux à croisillons, un long et un court alternés. 
Chaque anneau forme un véritable caisson k claire- 
voie. Seul le panneau qui constitue le pied de la ferme 
est plein. 11 se termine à son extrémité, qui s'amincit 
en trapèze, par une sorte d'encoche ou de logement 
cylindrique qui épouse la forme du tourillon d'arti- 
culation. Le tourillon repose sur un coussinet logé 



PALAIS DES MACHINES. 2)7 

lui-même dans ime épaisse plaque de fonte Dxée au 
massif de maçonnerie par six gros boulons solidement 
ancrés. Et c'est tout. Pas d'autre point d'appui. 

En sorte que la nef peut être assimilto à deux 
grandes demi-voûtes en fer s'appuyant simplement à 



la base sur des tourillons, au sommet sur de petits 
rouleaux d'acier, et s'ouvrant ou se fermant un peu 
selon les variations de température. 

La poussée de la fprme sur chaque articulation des 
pieds-droits est évaluée environ à 115,000 kilo- 
grammes y compris les surcharges accidentelles, neige 
ou vent fort de 40 mètres ; les pièces métalliques 



218 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

ont été calculées en conséquence çt elles ont déjà subi 
répreuve de Thiverde 1888, pendant lequel les neiges 
ont été abondantes; on n'a relevé aucune déformation 
sensible. 

Le poids d'une ferme courante est d'environ 196 
tonnes. Le poids des fermes de tête, un peu plus larges 
•et exposées au vent, est de 240 tonnes. Le poids 
d'une demi-travée de pannes, chevrons, fers à \âtrage, 
est de 62 tonnes ; le poids des pièces formant paroi ver- 
ticale (sablière, chéneau et arc d'une demi-travée), 
est de 23 tonnes. Bref, le tonnage de la grande nef du 
palais des Machines s'élève à 7,400,000 kilogrammes. 
C'est un chiffre à peu près équivalent à la masse de 
fer qui entre dans la construction de la tour Eiffel. 

La surface d'appui de chaque rotule des fermes au- 
dessus du coussinet étant d'en\'iron 68 centiniètres 
carrés, il en résulte que cet énorme poids de fer re- 
pose uniquement sur une surface de fonte qui ne 
dépasse pas 28 mètres carrés, soit un carré n'ayant 
guère plus de 5 mètres de côté. 

Le palais des Machines ne consiste pas seulement 
en une nef gigantesque. Sur toute la longueur et aux 
extrémités on l'a entouré d'une galerie avec premier 
étage de 15 mètres de largeur desservie par de larges 
escaliers et même des ascenseurs. L'ensemble du 
palais, y compris les galeries latérales, couvre une 
surface de 60,800 mètres ; si on y ajoute les galeries 
du premier étage de 16,500 mètres, on obtient une 
surface horizontale et utilisable de 77,300 mètres. Les 
points d'appui sont pris sur les montants métalliques 
sauf pour les tribunes extrêmes, où Ton a ajouté quel- 
ques piliers de soutien. Malgré ces belles galeries 



J 



PALAIS DES MACH1N1:S, 21U 

latérales, le regard a de la peine ù s'iiahituer ù ces 



dimensions inconnues jusqu'ici; il estdéroutiS devant 
cette immensité. L'ogive surLaissi^c des fermes trompe 



220 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

aussi et ne donne pas à tout le monde la notion exacte 
de la hauteur de l'édifice; l'œil se fera peu à peu k ces 
perspectives gigantesques ; d'abord surpris, il finira 
par tout admirer. C'est la vision du grand. 

Il y a lieu d'insister en passant sur le parti que 
l'architecte a su tirer du fer. On aurait de prérérence 



choisi l'acier, qui eût donné plus de légèreté à la 
construction ; mais il a fallu y renoncer, cette fois du 
moins, par raison d'économie et pour gagner du 
temps. On a plié le métal k toutes les exigences artis- 
tiques. Jusqu'ici on ne pensait pas que l'on pût tirer 
du fer franchement accusé sans surcharge de fonte et 
de staff des effets artistiques convenables. Son aspect 
grêle et maigre, la difficulté d'en assouplir les forme» 



PALAIS DES MACHINES. 321 

avaient fait rejeter son emploi par la plupart des archi- 
tectes. La tentative a été satisfaisante. On a employé 
exclusivement le fer dans tout le palais. Les colonnes 
des tribunes ont été construites non pas en fonte, 
selon l'usage classique, mais bien en fer et en tâle 



d'un dessin agréable, Les rampes et les balustres des 
escaliers sont eux-mêmes en fer de commerce à T ou 
en U. Toute l'ossature apparente est aussi composée 
d'éléments semblables qui ont inauguré des formes 
nouvelles pour l'architecture du fer. L'architecte a 
rompu avec l'usage de peindre les fers apparents en 
bleu. La décoration générale est d'un excellent effet, 
d'un jaune rosé ipii se dore au soleil. A la fin du jour, 



222 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

la neT prend des tons chauds et colorés ; il se produit 
des jeux de lumière singuliers. Ainsi, tout le titrage 
du plafond de la nef côlé droit, côté du parc, apparaît 
en rose, et, par effet de contraste, tout le vitrage côté 
gauche se dessine en vert clair, si bien que la voûte 
apparaît moitié rubis, moitié émeraude. 
La converture de la nef est en dalles de verre de 



Saint-Gohain. Les parties basses vers les cheneaux 
sont pleines; on y a peint divers motifs de décoration 
qui sortent en relicl'. On a représenté les écussons des 
chefs-lioHx des départements, des principales villes de 
nos colonies et des capitales des pays étrangers. Les 
armes de la ville de Paris occupent le centre de la 
travée du niihou ; puis celles de Marseille, Lyon, Lille, 
Bordeaux, etc. Ailleurs, on remarque aussi les armes 



PALAIS DES MACHINES. 2ÎÏ 

de Washington, de Londres, de Saint-Pétersbourg, 
Vienne, Pékin, Rome, Copenhague, Téhéran, Mexico, 
la Haye, Athènes, Lisbonne, Bruxelles, Tokio, Buenos- 
Ayres, Siam, Stockholm, Tanger, lUo-de-Janeiro, le 
Caire, Belgrade, Bucbarest, Luxembourg, etc. Les 



reliers en stalT ont été exécutés par M. J. Martin, et 
les partie» peintes par MM. Rubé, Chaperon cl Jambon. 
Le pignon de l'avenue de SulTren a été décoré, au 
centre de la tribune, de vitraux représentant la ba- 
taille de Bouvines, exécutés par la maison Champi- 
gneulle, de Bar-le-Duc. Le pignon de l'avenue de La 
Bourdonnais, qui correspond à la principale entrée 
du palai3 des Machines, est flanqué de deux pylônes 



JW 



224 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

en fer et b. jour de 3S mètres de hauteur, renfermant 
l'unl'esciilierdesen'ice, l'autre un ascenseurélec trique. 
L'archivolte est oroée des armes des principaux pays 
représentés à l'Exposition ; États-Unis, Grande-Bre- 
tagne, Belgique, Suisse, Russie, Autriche, Italie, Espa- 



gne, Japon, etc. Les verrières reposent sur un arc'plein 
en stair, avec un grand rinceau décoratif accompagné 
d'instruments de travail. Celte arcade est épaulée par 
deux groupes de 10 mètres de haut, la Vapeurct V Élec- 
tricité, exécutés on plâtre d'après les modèles de 
MM. Chapu et Barrias. Enfln, au milieu, on lit l'inscrip- 
tion « PALAIS DKs HACDiNES u , en gTosses lettres de faïence 
aux^ives couleurs, sorties des ateliers de M.Mortreux. 



PALAIS DES MACHINES. S25 

Les parois verticales des bas côtés sont en briques 
rouges et blanches, les verrières en verre blanc avec 
bordures teinte émeraude ; les plafonds sont garnis de 
toiles peintes. Le pignon du grand escalier cAté Ecole- 
Militaire est diïcoré d'une verrière exécutée par M"* Lo- 



rin, de Chartres. M. Crauk, peintre, est Tauteur du 
carton. 

On communique du palais des Industries diverses 
dans le palais des Machines par un beau vestibule qui 
termine la grande rue du Dôme cfntral. 

Du vestibule s'élèvent à droite et à. gauche, derrière 
le groupe de Bartholdi, deux larges escaliers qui con- 
duisent directement à la galerie du premier étage du 



230 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

palais des Machines. On peut d'un coup d'œil, à 8 mè- 
tres de hauteur, embrasser toute la grande nef de 
M. Dutert. Les rampes de ces escaliers, tout en fer 
forgé et bronze, exécutés par M. Maison, constituent 
une véritable œuvre d'art ; elles portent à leur origine, 
au point de départ, deux 
figures en bronze, dues 
à MM. Cordonnier et 
Barthélémy , et deux 
l lampadaires avec vingt 
i lampes à incandes- 
cence. 
; Le vestibule d'entrée 

- est couvert par une 
1 large coupole portant 
sur pendentifs. La ver- 
rière du plafond, œuvre 
de M. Cliiimpigneulle 
fils, de Paris, rappelle 
' les productions de l'in- 
dustrie : le lin, le clian- 
Fia. 1X3. — Foniiiiiiona au pini <ii>> vre, le blé, le maïs, etc. 
lermc» .lo IIS niiiiri-t. .ïpc couii.- q^ nlafond cst écluiré 

Rciolojfi.iHo du iprrain Ju Chain|i- ' 

di>Mar». en transparence au 

moyen de cinq puis- 
sants régulateurs l'-lectriques et de quatre-vingt-seize 
lampes il incandescence. Les pendentifs peints repré- 
sentent les arts, les sciences, les lettres, le commerce. 
Le bus de la coupole est orné de groupes d'enfants 
tenant des attributions des principaux corps d'état : 
la teinture, le tissage, le bronze, l'imprimerie, la re- 
liure, la papeterie, etc. Les six fenêtres du vestibule 



PALAIS DES MACHINES. 227 

sont aussi décorées de figures allégoriques : Torfè- 
vrerie, rébénisterie, la verrerie, la céramique, etc. 
Lesvoussures latérales portent des cartouches en relief: 
la justice, la guerre, la marine, Imstruction publique. 
Tout ce magnifique ensemble aura coûté la somme 
de 7,514,094 fr. 69, ainsi répartis : 

Fr. c. 

Terrassements et maçonneries 592,425 54 

Constructions métalliques 5,398,307 23 

Charpente en hoi» 193,760 51 

Couverture, plomberie, zinc 236,682 74 

CaiTclajre et parquctage 78,591 04 

Menuiserie.. . 34,345 86 

Vitrerie 182,242 67 

Ornementation en staff. 256,141 50 

Peinture 158,547 40 

Im])rcvu et rèjjrif. Somme à valoir. . . . 190,227 66 

Frais dagence 192,922 52 

Total 7,514,094 69 

Soit un peu moins de 100 francs par mètre carré de 
surface horizontale utilisable. 

Si le palais des Machines excite aujourd'hui avec 
raison la curiosité générale, la période de construc- 
tiona attiré avec non moins d'empressement Tattentioa 
des ingénieurs. Ce fut un événement quand on parla 
pour la première fois d'élever des fermes de 115 mètres 
de portée, de 196 tonnes, à une hauteur de 45 mètres. 
L'édification de ce vaisseau incomparable appartient 
à l'histoire de l'art du constructeur ; il convient d'en 
rappeler au moins très sommairement les principales 
phases. 

Les fondations du palais des Machines, commencées 
seulement le 5 juillet 1887, furent achevées le 21 dé- 



• I 

i 




FiG. 184. — Arc auxiliaire de rotation 
! pour le levage du pied d'une grande ferme. 
Système Plves-Ulle. 




Roula 




Syst&mp Cail 






Fio. 1.S9 à 191. — Figure th<^oriquc comparative des deux Systèmes de moDti 








Fia. 18». — Face lu 
dago h'ivca-LUIc. 



m grande» Formo" oin[.loji-« parla Coinp^^gnio de Fiïcs-Lilla « la SociiinS Cail. 



2a0 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



cembre de la même amiée ; ces fondations compor- 
taient deux rangs de 20 grandes piles de maçonnerie 
destinées à supporter les pieds-droits des 20 fermes 
de 115 mètres, et une série de points d*appui pour 
les piliers des tribunes. Le palais n'a aucime cave. 
Les quarante piles sont des blocs de maçonnerie de 
meulière complètement isolés et distants les uns des 
autres, comme les fermes, de 21", 50 d'axe en axe, 
sauf pour les travées centrale et extrême, un peu plus 
écartées. Chacune des piles recevant le sabot de fonte 
d'un pied de ferme devait pouvoir résister aune charge 
verticale de 412,000 kilogrammes et à une poussée 
horizontale de 115,000 kilogrammes. L'architecte était 
obligé, pour satisfaire à de pareilles conditions, de 
n'employer que des matériaux de premier choix. On 
s'est uniquement ser^d de ciment de Portland et du 
même ciment mêlé à deux tiers de sable pour hourdir 
la meulière et couler le béton. 

Il a fallu surtout se préoccuper de la résistance du 
sol, car le Champ-de-Mars est im des terrains les plus 
bouleversés que Ton puisse rencontrer. 

Depuis un siècle, il a vu toutes les grandes fêtes 
et les expositions ; on y trouve encore des fragments 
du mur de soutènement du fossé qui Tentourait en 
1789, et les fondations, les restes des galeries d'égout 
de l'Exposition de 1878; en outre, dans la zone qui 
borde l'École- Militaire, on avait établi, en 1878, toute 
une exploitation de couche de sable, une véritable car- 
rière. 

Aussi a-t-on dû opérer suivant des types différents 
les fondations des 20 piles, en raison même de la 
nature du sol. 



PALAIS DliS MACHINES. 331 

Lorsque la couche d'allurion avait une épaisseur 
supérieure l'i 3 mèlres. on fwida In pile à l'aide d'an 
massif rectangulaire de maçonnerie de 7 mètres de 
long sur S^iSO de large et S^.SO de haut, reposant 
itiT un plateau de béton de 50 centimètres d'épais- 
seur débordant le massif de 33 centimètres au pour- 



tour. 25 piles sur 40 ont été ainsi assez facilement 
construites. 

Lorsque la couche de graviers n'avait plus que f.SO, 
on augmentait l'empâtement et l'épaisseur du béton- 
Dans ce cas, on a donné au plateau de béton de ciment 
dePortland If.aosur 6"',50 et i",80 d'épaisseur ; au- 
dessus on éleva une assise de maçonnerie d'épaisseur 
variable selon le terrain ; au-dessus encore, Ln pilepro- 



232 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

prement dite de 7 mètres de long sur 3", 50 de large et 
3",32 de hauteur. • 

C'est à rintérieur de ces massifs supérieurs, dans 
une gaine en fer, que furent fixés les six gros boulons 
de la plaque de fonte du pied des fermes. Il n'existe 
que cinq piles de ce type ; elles se trouvent du côté de 
la façade qui regarde la Seine. 

Enfin, lorsque la couche de graviers, par suite des 
remaniements du soi, était réduite à0™,50, on fut forcé 
de fonder sur pilotis. 

Après le sable superficiel on rencontre, au Champ-de- 
Mars, un banc de glaise de 7 mètres d'épaisseur, \me 
couche de sable de 4", 50, un autre banc de glaise 
de 8 mètres, un banc de marne de 49 mètres reposant 
sur la craie. On dut enfoncer en quinconce 28 pieux 
de 33 centimètres de diamètre et de 9 à 44 mètres 
de longueur (4). Selon les cas, ces pieux battus à 
satiété à Taide d'une sonnette à vapeur du système 
Lacour s'arrêtèrent dans la couche de sable quartzeux 
servant de support à la couche de glaise de 7 mètres. 
Sur les pieux recépés au même niveau on établit 
le plateau de ciment, l'assise intermédiaire et la pile 
proprement dite avec les dimensions adoptées pour les 
piles du type n° 2. La résistance demandée au sol ne 
dépassait pas dans ce cas 2 kilogrammes par centimètre 
carré ; elle atteignait 3 kilogrammes pour les autres 
piles sur le bon sol. 

On a établi dix piles de ce genre ; leur construction 
a exigé beaucoup d'efforts et de prudence au milieu de 



(1) Les pilotis sont en sapin du Jura, frettês et sabotes en fer 
avec pointe en fonte dure. 



234 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

ces terres sujettes à éboulements : elles se trouvent 
toutes réparties du côté de l'École-Militaire. 

Nous passons sur le travail considérable des fouilles 
en cuvette, des piles à pilotis, feur le battage, etc. Il a 
fallu extraire par fouille plus de 1,000 mètres cubes 
de terres; le plateau de béton cube 131 mètres; la 
maçonnerie proprement dite, de 120 à 130 mètres 
cubes, etc. 

Ces travaux ont été très bien conduits pour la 
terrasse et pour la maçonnerie par les entrepreneurs 
MM. Manoury et Grousselle, et pour les pilotis par 
M. Poirier ; ils ont duré six mois, de juillet au 21 dé- 
cembre 1887. 

La première ferme du palais des Machines a été levée 
et mise en place le 20 avril 1888 ; le montage complet 
de la grande nef a été terminé dans les premiers jours 
de septembre de la même année ; il aura fallu moins 
de six mois pour accomplir cette opération. C'est un 
véritable tour de force, qui donne bonne opinion de la 
puissance de notre industrie. La mise en place, à de 
pareilles hauteurs, de masses métalliques aussi consi- 
dérables soulevait un problème neuf et diflicile. Il a été 
résolu à la fois de deux manières différentes, deux so- 
lutions pour une ! et il serait malaisé de dire quelle a 
été la meilleure. 

La Compagnie de Fives-Lille ayant M. Duval pour 
directeur, d'une part, et de l'autre la Société des an- 
ciens établissements Cail ayant pour directeur M. le co- 
lonel de Bange, se rendirent adjudicataires, chacun 
par moitié, delà construction du palais. La demi-nef, 
côté avenue de La Bourdonnais, a été élevée par 
la Compagnie Fives-Lille ; la demi-nef, côté avenue 



•i:. lot. — Roulage; Jfl 



236 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

SuiTren, par la Société Cail. La Compagnie Fives-LQle 
leva les fermes par grandes masses jusqu'à 48 tonnes; 
la Société Cail, au contraire, construisit par petits 
fragments n'excédant pas 3 tonnes. 

Le premier système de montage fut combiné par 
il. Lantrac, ingénieur en chef. Le travail fut mené de 



front par piles symétriques. D'un côté et d'autre, deux 
équipes assemblèrent sur le sol même du plancher les 
peids-droits et les arbalétriers d'une même femie. Sur 
les 33,000 rivures qui réunissent les éléments consti- 
tutifs d'une ferme, 19,^00 furent exécutées aux ate- 
liers, 10,300 sur le so), 2,100 seulement dans les écha- 



Fives-Lille se senit de trois échafaudages : un 



23S CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

pylAne central el deux échafaudages latéraux qui se 
déplaçaieut sur rails. Chaque monlant étant prêt, 
pour le mettre en place on le fit basculer sur un cy- 
lindre d'acier auxiliaire jusqu'à ce que le pied du mon- 
tant vint s'emboîter sur le tourillon ; dés lors le mou- 



vement de bascule devenait facile : on soulevait 
l'i^nonne pi^ce avec des palans, de façon qu'elle prit 
sa place normale; puis on l'assujettissait et on la 
calait sur l'échafaudage latéral. Les montants ainsi 
levés de pari et d'autre, on saisit les arbalétriers au 
moyen de câbles et de poulies moufles, et on les 
éleva jusqu'à ce que la partie inférieure de l'arc ffit au 
contact du montant et que la partie supérieure ton- 



PALAIS DES MACHINES. 239 



chât au rouleau d'articulation du faîtage. Les deux 
demi- arcs se trouvèrent alors en équilibre, soutenus 
d'ailleurs par les gradins à échelons du pylône centraL 

Les câbles de levage en chanvre se composaient de 
six brins de 75 miUimètres de diamètre. Le poids de 
l'arbalétrier étant de 38 tonnes, chaque câble avait 
été essayé à 40 tonnes ; il fallait, en effet, être sûr 
d'engins devant porter à 46 mètres une masse aussi 
considérable. La première ferme fut levée le 20 avrU. 
La moyenne d'ouvriers employés sur le chantier a été 
de 250. Il a fallu cinquante jours pour monter les 
trois premières travées; puis, le personnel étant au 
courant, chaque travée suivante n'a plus nécessité que 
dix jours. 

Le système GaU a été étudié par M. Barbet, ingé- 
nieur en chef. On s'est astreint, de ce côté, à faire 
grande économie de bois dans les échafaudages ; on 
leur a demandé peu d'efforts, et on a pu les construire 
relativement légers. On a établi cinq grands pylônes 
soUdaires pouvant se déplacer sur rails dans l'axe de la 
construction; un pylône central et deux sur les côtés. 
A la partie supérieure, ces pylônes portaient un plan- 
cher à gradins épousant à peu près la courbure de la 
ferme qu'il devait supporter; au-dessous on disposa 
un plancher horizontal. On éleva successivement les 
éléments de la ferme par petits tronçons de 3 tonnes, 
et l'on opéra le rivetage sur le plancher. 

Sur les 32,000 rivures de la ferme i,000 seulement 
furent exécutées aux ateliers, 8,000 furent faites à 
pied d'œuvre et 40,000 exécutées sur les échafaudages. 
Ces chiffres sont la contre-partie de ceux du système 
Fives-Lille. 



212 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Après avoir boulonné et réglé sur chaque pile de 
fondation les sabots en fonte et les rotules, on leva 
par petits fragments chaque pied-droit, les riveurs 
suivant les monteurs à mesure de l'avancement, et les 
pièces étant d'ailleurs supportées parles échafaudages 
et calées avec soin. Le levage s'est poursuivi ainsi, 
simplement et très régulièrement, jusqu'au sommet. 

La première ferme fut terminée le 24 mai. La moyenne 
d'ouvriers n'a été que de 215 pendant la marche nor- 
male du travail. Le temps employé pour les quatre 
premières travées a varié de treize à douze jours. Les 
travées suivantes ont demandé dix jours. Ces résultats 
sont sensiblement équivalents à ceux qu'a obtenus la 
Compagnie de Fives-Lille. 

L'ossature métallique des pignons de la grande nef 
a été exécutée par MM. Baudet et Donon. La coupole 
du vestibule central a été montée par MM. Moreaux 
frères. 

Quant aux bas côtés, la construction en avait été di- 
visée en quatre lots échus à la Société d'Ivry, à la So- 
ciété de Saint-Denis, à M. Robillard et à MM. Mois- 
sant et Q^. Les dispositifs employés, bien qu'ingénieux, 
n'offrent aucune particularité nouvelle à signaler. 

Les travaux de charpente en bois, de couverture en 
zinc et en dalles de Saint-Gobain, de vitrerie, de pein- 
ture, etc., ont dû être menés de front avec le montage 
des parties métalliques, afin d'arriver dans les délais- 

Au fur et à mesure de Taché vement de la partie mé- 
tallique d'une travée, les divers corps d'état en pre- 
naient possession et y exécutaient leurs travaux. 

Tel est très en gros le travail colossal qui a été ac- 
compli comme sans efforts apparents, avec une mé- 



244 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

thode et une régularité dignes d'éloges, dans cet 
incomparable palais. 

Sept millions de kilogrammes de fer rivés, montés 
et levés en quelques mois! Après cette œuvre de 
Titan, il sera sans doute permis^de dire que les grands 
arceaux de fer de la galerie des Machines sont de véri- 
tables arcs de triomphe élevés à la gloire de notre in- 
dustrie nationale. 



VI 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES 

PALAIS DES BEAUX-ARTS 

PALAIS DES ARTS LIBÉRAUX 



Le palais des Industries diverses. — La galerie centrale. — Les 
galeries adjacentes. — Le dôme de 60 mi^tres. — La statue du 
dôme. 7— Aspect et décoration de la porte d'honneur. — Les 
portiques intérieurs. — Aménagement : produits ouvrés, mo- 
bilier, vêtement. — Sections étrangères. — Les palais des 
Beaux-Arts et des Arts libéraux. — Uniformité de plan. — 
L'ossature métallique. — Fondations et caves. — Les tirants de 
renfort. — La gi'ande nef. — Galeries latérales avec jiremier 
étage. — Promenoirs extérieurs.— Vcstil)ules Rapp et Desaix. — 
L'architecture nouvelle. — Fer et terre. — L'art de la terre. — 
Mosaïques en terre émailléc. — Les terrasses et les pabiiiers. 



N allant vers la Seine, on entre de la ga- 
lerie des Machines dans les galeries des 
Expositions diverses. 
Le palais des Industries diverses ren- 
ferme tous les produits industriels, tout ce qui con- 
cerne la matière ouvrée, le mobilier et le vêtement ; 
c'est Texposition industrielle proprement dite. Cette 
construction, due à M. Bouvard, est considérable; elle 
couvre 103,798 mètres carrés. On a bien vite fait ses 

14. 




CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



9 à lOkilomètres quandon a parcouru une à une toutes 
ses galeries. C'est un grand damier. Au milieu, la 



itu t>nma ccnlrst. 



grande rue du diJme central coupe la construction en 
deux parties symétriques; de part et d'autre, s'alignent 



250 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

lesgaleneslatérales,parallè)esàlagalerie des Machines. 
Dès le i septembre 1886 on adjugeait les travaux et, 
en février 1887, les fondatiODS termiaées, on commen- 
çait la construction. Les galeries parallèles sont cons- 




lituécs par des fermes de 25 mètres de portée qui ren- 
trent dans le lype courant ; les TiTmes sont espacées de 
8",33 et pèsent chacune 1 ,500 kilogrammes ; leur suc- 
cession forme partout une galerie dont les côtés ont éti* 
utilisés pour les installations des exposants, des yî- 
trines. etc., et dont le milieu, sur un espace de 5 mè- 
tres de large, fait rue de communication. 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 25! 

On trouve, de chaque côté de la grande rue centrale, 
sept galeries parallèles. En tout, on compte 350 fermes 
reliées les unes aux autres par des pannes à treillis. 
Cette construction rectangulaire est reliée par des gale- 
ries de raccordement au palais des Arts libéraux et des 
Beaux- Arts ; ces galeries annexes ont encore nécessité 
la pose de 90 fermes. Enfin, quatre pavillons ont été 
élevés aux angles du palais et forment entrées princi- 
pales. Les travaux métalliques ont été exécutés par 
M. Roussel et par la Société des forges de Branche- 
Comté pour une part et, pour Vautre, par les ateliers 
de Saint-Denis et la Société des ponts et travaux de fer. 

La grande rue centrale qui va du dôme à la galerie 
des Machines a 30 mètres de largeur et 200 mètres de 
longueur. Elle est constituée par une série de fermes 
rigides reposant sur des piliers métalliques de 12", 75 
de hauteur. Les galeries qui aboutissent à cette rue 
ayant 25 mètres d'ouverture, il a fallu donnera chaque 
ferme un écartement de 25 mètres, ce qui a nécessité 
pour chacune d'elles une section assez considi'rable. 
Chaque ferme de 30 mètres de portée pèse 30,000 kilo- 
grammes. Ces fermes sont reUées entre elles, c'est-à- 
dire contreventées par un système de 7 poutres longi- 
tudinales ou pannes à treillis. Sur ces pannes, qui 
supportent li chevrons en fer, on a établi la couver- 
ture qui est 'pleine; la grande rue reçoit le jour par 
ses faces longitudinales, assez hautes pour dépasser 
de 12 mètres le cheneau des fermes. Ici encore, 
comme presque partout à l'Exposition, on a donné aux 
fermes la forme d'ogive surbaissée qui est aussi celle 
du grand arc de façade du dôme central. Sur les côtés, 
la galerie est close par des pans de fer qui supportent 



232 CAUSERIES SCIENTIFIQUES, 

les pannes. Au-dessus, pourlaisserpénétrer la lumière, 



on a placù de grands panneaux vitrés d'un effet dOco- 
ratif satisfaisant, La ventilation est obtenue par ud 



SS4 CAUSERIES SCIENTIFIQURS. 

lantemeau de faîtage. Celte rue centrale est d'un bel 
aspect. Le montage des pièces n'a présenté rien de 
bien saillant. La plus grande partie du palais des In- 
dustries diverses était tei-minée dès le H juillet 1S88, 



I. — l[i)nKrio. Rouit 



puisque c'est daus ses galeries queut lieu le banquet 
il(!s maires. 

Dl- tout cet ensemble de constructions, qui n'a 
d'ailleurs qu'un caractère pro\isoire, le dôme central 
Hiéi'ite surtout de Bxer l'attention. L'ordre d'exécution 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES, aà-l 

du dAme n'a ùlé donné, de môme que pour les deux 
galeries de raccordement qui longent le paie, qu'au 
mois d'octobre 1887. 

Getto entrée monumentale du palais de:^ Industries 



diverses, véritable eatrOe d'honneur de l'Exposition, 
comprend une nel principale flanquée à droite et h 
gauche de deux pavillons. Toute l'ossature est métal- 
lique. Le dùme est formé par huit demi-fermes sup- 
portées par huit piliers gigantesques de 10 mètres de 



256 CAUSERIES SClRNTIFiQUES. 

hauteur. Ces piliers en fer sont maintenus en place 
par trois ceintures circulaires. Les deux pavillons la- 
téraux servent à relier le d^mc aux galeries adjacen- 



tes. Le sommet de la coupole se trouve à 60 mètres 
au-dessus du niveau du sol. 

Au premier étage, à 10 mètres de hauteur, un bal- 
con contourne l'inttSrieur du dôme et permet au regard 
de plonger, d'un côté, sur la grande rue et sur la ga- 
lerie des Machines ; de l'autre, sur lo parc et sur le pa* 



PALAIS DES IXDUSTHIES DIVERSES. 231 

lais du Tiocad(,'ro. Quatre escalier.*, cunslniits dans 
les pylônes, tlonnent accès au balcon et aux pavillons 
d'angle. Ln décoration a étt^ particulièrement soignée 



par l'arcliltecte. Dans la partie inférieure du dftme on 
a placô de beaux spécimens des manufactures de Sè- 
vres, de Beanvais et des Gobelins. 

A 20 mètres au-dessus du sol, les piliers dos ferme3 
principales sont reliés deux à deux par des frontons 
avec motifs de sculpture, l'-4i>, la Vapeur, VEau, i'Élec- 



2.-,fi CAUSERIKS SClENTlFlyUES. 

Iridié, (lus J» Mil, Boiirgoois, Plé, Pécou et Desbois. 
An-dessus, mie grande frise dt'conitivc de 6 mètres 
de haut, peinte par MM. Larastre et Carpozat, re- 



présente en allL-gorie la France conviant les naliom A 
VExpoittion de 1889. Quatre tables portent, en outre, 
les noms des nations qui ont accepté l'invitation de la 
France, .\u-dossous encore, et entre les fermes inter- 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 259 

iiiL'diaires, cxislent duiizc panneaux vitrés en verres 
multicolores ii«i laissent entrer sous le tlômo une lu- 
mière tamisée. Enfin, au somniel, la coujinle a l'aspect 



«l'un ciel constellé sur lequel s'étendent de longs rayons 
brillants, et, au centre, couronnant le tout, une dra- 
perie aux couleurs françaises, 

Extérieurement, le dôme profile ses lignes brillantes 
sous sa riche couverture aux Ions d'acajou et aux la- 
mes d'or ; à son sommet, on a placé une statue colos- 



CAUSEllIKS SCIENTIFIQUES. 



sale de 9 mitres de hauteur : La France distribuanl des 
palmes et des lauriers. Celte statue, exécutée en zinc re- 



poussé par M. CoutelUer, d'après le plâtre de M. Uela- 
planche, est supportée par un squelette en acier coulé. 
Ce squelette a été construit p;ir MM. Laurent, Moisant 
et Savey ; il est fixé surl'ossature métallique du dôme. 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 2GI 

Le poids total de la stntue cl do son squelette de sou- 
tien est de 8,000 kiloj^ramnies. Le squelette se com- 
pose d'un fût central pnrtant de la jambe gauche qu'il 



traverse et va jusqu'à la t6te ; de ce fût divergent une 
série de bras secondaires sur lesquels on a (ix6 les mem- 
bres et les ailes. On a tout calculé pour que la statut' 
puisse résister à un effort de vent égal ù 70 kilogram- 
mes par mètre carré, ce qui est suffisant. Il ne fau- 
drait pas que cette statue s'écliappftt de son logement. 



262 CAUSERIICS SCIENTIFIQUES. 

La porte d'entrûe, en ofrive surbiiissi^e, est ornée de 
nombreux motifs de décorations en céramique et en 
stalT colorés ; qniiiid on arrive du Trocadéro, le dôme 
de M. Bouvard a vraiment grand air. 

A l'intérieur, l'architecte a Musé aux exposants le 



)ioin d'orner les galeries à leurs fantaisies. Tous les 
portiques qui donnent accès de la rue centrale aux 
paieries ont une ornementation souvent très réussie 
et en rapport avec les produits qui s'y trouvent ex- 
posés. Les fennes et les pannes sont peintes en bleu 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 26:1 

clair; on voit toutes les perspectives en bleu et 
rouge; généralement, les portiques sont, en elTct, en 
rouge écarlate. Tout cela est très gai pour le repard. 



Kn somme, le visiteur qui pénètre par le grand dôme 
est immédiatement frappé par les dimensions de la nef, 
par les aspects grandioses do la coupole, des escaliers 
et de la rue centrale. A sa droite, il parcourt succcssi- 



aei CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

vement les galeries consacrées à l'orfèvrerie, à la cé- 
ramique, aux meubles, à l'horlogerie, aux bronzes 
d'art ;k sa gauche, lajoaillerie,rbabilleinent,lcs soies 



le? tissus de laine, IfS armes, les indiislries forestières 
otla métallurgie. On a conservé ici, autant qu'on l'a 
pu, le gronpenient niolliodique de M. Le Play; tous les 
mi;mes produits, français ou <;trangers, sont classés 



PALAIS DES INDUSTRIES DEVERSE 



dans les mêmes galeries. Les exposiUons étrangère» 
se trunveiit à droite du dôme, aux extrémités droites 



Via. iJ9. — Enlii'r- . 



des galeries parallèles et surtout dans les galeries an- 
nexes ijui sont siîparees des palais des Arts libéraux 



266 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

et des Beaux-Arls par les grandes artères Desaix et 
Rapp. Par ordre d'emplacement, à droite du dôme, 
viennent, dans la partie annexe, Tltalie, la Suisse, les 
États-Unis, TEspagne, le Portugal, la Roumanie' la 
Norvège, Saint-Marin, la Grèce, la Serbie, le Japon , 
Siam, TEgypte, la Perse à gauche, dans les galeries 
annexes, la Grande-Bretagne et ses colonies, la Belgi- 
que, le Danemark et les Pays-Bas. 

Les dépenses de toute la construction du palais des 
industries diverses se répartissent comme il suit : 

Fr. 

TeiTassemoiits et muconncrics 675,898 03 

Constructions méiallique!!i iî, 862, 510 1)0 

Charpente et menuiserie 308,043 20 

Couverture 315,603 » 

Purquetaj^e, dallajro n4,6.j0 32 

Vitrerie 230, i04 32 

Peinture et dc^coration 569,370 » 

Sonnnes à valoir v . . . 477,583 43 

Frais d'ajrenre 171,574 13 

Réserve .spéciale . , 100,000 » 

ToTAi 5,885,637 42 

Il est peu probable que, lorsque l'on aura arnHéles 
comptes définitifs, on ait »i constater que les chiffres 
provisoires aient été de beaucoup dépassés. • 

Les deux palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux 
qui limitent des deux côtés le parc du Champ-de-Mars* 
sont deux constructions à l'ordonnance superbe. Ces 
deux palais marquent une étape dans l'art des con- 
structions; ils sont à l'heure actuelle l'expression la 
plus haute et la plus complète de l'architecture du 
fer. Nous devons cette œuvre remarquable à M. For- 



PALAIS DES INUUSTIIIES DIVERSES. 267 

migé, l'architecle des promenades de l'arîs, un des 
auteurs des projets primas de l'Exposition. 

La disposition gLiiiïrale des deux palais étant à très 
peu près la môme, nous esquisserons les grandes 



lignes du palais des Arts libéraux, ce qui se rapporte 
à l'un pouvant se r(?p6ter pour l'autre. 

Chaque palais est reprL-sent('' en plan par un rec- 
tangle de 230 mètres de long sur 83 mètres de lar}roui\ 
La superficie utile est d'environ 28,300 mètres carrés, 
y compris le premier étage. Au milieu, sur toute la lon- 
gueur, une large nef de 52 mètres; sur les oôtés, et 



268 <;auseries scientifiques. 

juxtaposées, des galeries de 15 mètres à deux étages. 
Aux extrémités, vers les annexes du palais des Indus- 
tries diverses, deux grandes galeries transversales de 
30 mètres do largonr et 131) mètres de longueur, les 



galeries Rapp et Desaix. Au milieu du palais, ouvrant 
sur le parc, une entrée d'honneur surmontée d'une 
coupole de 54 mrtrcs de liauteur; aux extrémités, 
vers la Seine, une autre porte grandiose avec pavillons 
ot coupoles sur plan carré. En somme, deux nefs de 
87 mètres de long reliées par un dùme de 32 mètres de 
diamètre à la base et de 56 mètres de hauteur. 



PALAIS UES INDUSTRIES DIVERSES. 269 

Les grandes fermes des deux palais ont une portée 
de 53°', 80 et sont montées, comme colles du palais 
des Machines, sur trois tourillons en acier, deux aux 
naissances et uu au faîtage. Les fonda^ons supportant 
ces fermes n'ayant pu, à cause des caves placées sous 



les galeries latérales (senice des restaurants, etc.) être 
établies assez solidement pour résister aux poussées, 
on a dû relier les fermes par des tirants enterrés dans 
le sol. Ces tirants passent inaperçus comme b. la gare 
de Saint-Pancrace du Midland-Railway. Les fermes 
sont espacées de 18°*, 10 et reliées par un système de 
pannes à treillis; elles pèsent environ 55 tonnes. Les 



aïO CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

galeries latérales sont constituées par "ïi fermes do 
15 mitres qui s'allaclient, d'un côté, sur les grandes 
fermes et, de l'autre, sur des piliers de façade de 



20 mètres de hauteur ; ces piliers sont réunis entre eux 
au moyen d'une série d'arcades ; à 7 mètres au-dessus 
dn soi.ils sont entretoisés par des poutres en treillis 
qui supportent une extrémité des poutrelles d'un plan- 



PALAIS DES INDUSTltllCS DIVERSES. 271 

cher coupant les galeries latérales en deux étages: 
l'autre extrémité de ces poutrelles s'nppuie sur une 
grosse poutre fi^ce au pilier des fermes de 53 mètres. 



Au premier élage, un balcon de b mètres, en saillie 
sur la galerie, règne sur tout le pourtour de la nef. Los 
grandes fermes de ces palais mesurent .au faîtage 
38",2I) de hauteur. 



272 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Les galeries Rapp et Desaîx, qui limitent les palais 
des fieaux-Artset des Arts libéraux ducôté des annexes, 
occupent remplacement de la voie qui traversait le 
Champ-de-Mars à Textrémité de la rue Saint-Dominique. 

Les fermes de ces galeries ont une portée de 30 mè- 
tres et sont soutenues, du côté des annexes et des 
Industries diverses, par un grand mur en meulière ; du 
côté opposé, par des colonnes en fonte de 18 mètres de 
hauteur. Chacune de ces formes pèse environ 4,000 ki- 
logrammes et les colonnes en fonte, 7,000 kilogrammes. 

La charpente métallique de chaque palais a absorbé 
environ 1,360 tonnes de fer. 

Au centre des palais, les deux dômes de 56 mètres de 
hauteur et de 32 mètres de diamètre dominent d'en- 
viron 28 mètres de toiture de la construction. Chaque 
dôme se compose d'une nef centrale et de deux por- 
ches latéraux avançant sur la façade des galeries, de 
façon à former une porte monumentale. La nef est 
constituée par quatre grands piliers métalliques de 
29 mètres de haut, à section carrée de 2 mètres de 
côté ; ces piliers supportent un châssis octogonal sur 
lequel reposent les fermes de la coupole ; ils sont eux- 
mêmes réunis entre eux par quatre grand s arcs. Les an- 
nexes comprennent deuxparties : Tune formant porche 
d'entrée, et l'autre reliant le dôme avec le porche. 
Cette dernière partie est constituée par deux piliers 
placés en regard des piliers du dôme et reliés à ceux-ci 
par deux arcs. 

La coupole est supportée par douze fermes réunies 
à la base par une double ceinture qui reçoit la poussée; 
au faîtage, les fermes s'appuient sur une couronne de 
A mètres de diamètre. Les dimensions des fermes ont été 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 273 

calculées par le service de contrôle des constructions 
métalliques simplement comme si elles étaient ap- 
puyées à la base sur le châssis octogonal et soutenues 
au faîtage sur la couronne métallique de i mètres de 



F[0. 2ib. — Porto do la Soctioa iialieDQc. 

diamètre. Tout cela est à l'abri de toute surcharge pro- 
venant d'un coup de vent évalué à 1 20 kilogrammes par 
mètre carré couvert. Ce n'est pas prêt d'être renversé. 
Le 'poids total du dôme et de ses annexes est de 
950 tonnes : STO pour le ddme, 380 pour les annexes. 



■m CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

L'ensemble des Beaux-Arts pèse 20 tonnes de moins. 
Tel est l'ossature générale du Palais. Les travaux 
furent adjugés au mois d'août 1887. Constructeurs 
pour les Beaus-Arts : moitié Société d'ivry, moitié 
MM. Munier frères, de Prouard ; constructeurs pour les 
Arts libéraux : moitié MM. Hachette et Drïoul, moiti<- 



MM. de Sclirjver ; constructeurs pour les dômes ; 
Société de ponts et travaux de ffsr. 

Donnons immédiatement, pour n'avoir plus à y 
revenir, le montant des dépenses des deux palais : 



TerrassementSpinaconnerie PI Icrro* cuites. !,S38,ai8 !7 

Construclions métallique» a,30l,139ii 

Charpcnir en li<.i(i cl iiipniiiscrie 2S0,212 m 

CouTcrliirc el plombrrir :I86,I!I3 U 

Vilrcric \ii,3S\ 99 

Scillrliirp. pi-intiire 01 divci-» 238,lriO 81 

Soiiimcs à Tiilnir *U,r.27 1B 

Frais d'api-nec! lg:i,39i *:i 

ToT.vL .... ti,lSl,"Ul 83 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 215 

L'ossature de ces immenses conslriictions mises en 
place, l'architecte l'a habillée avec goût et ornée avec 
originalité. Avec cette grfile carcasse en fer, il a fait 



!! 

il 

î! 

Il 



un monument qui n de la vie; il lui a communiqué de 
la grâce et de l'élOgance, et même une certaine ma- 
gnificence. Il l'a entourée d'une lumière chaude et sé- 
duisante, de couleurs chatoyantes, de reHets d'or et 



276 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

d'argent; on dirait d'un palais né au pays du soleil. 
Et tout cela, on l'a obtenu surtout par l'alliance judi- 
cieuse du métal et de la céramique. C'est un genre si- 
non sans précédent, du moins assez perfectionné pour 




que, sous nos latitudes, il prenne presque un caractère 
absolu de nouveauté. 

Il y a longtemps que l'on a su tirer certain parti des 
terres cuites ; dans le Midi, elles servent assez souvent 
de motifs d'ornementation. M. Formigé a certaine- 
ment vu en Italie la chartreuse (le Favie, l'hApital tle 
Milan, etc. Que de jolis effets on a obtenus déjà avec 
le marbre et la terre cuite associées! Et les coupoles 



PALAIS DES IMDUSTRIES DIVERSES. 211 

des Persans avec leurs couleurs vives et leur aspect 
riant ! Mais en général, et jusqu'ici, on s'était contenté 
de mettre en œuvre la terre cuife sur une échelle très 



Kic. 129. — KolTéc de la Galerie des Bi'aux-Aru (Porte lUpp). 
Srulpliir». il -C. Kormlg*, mrehllftl.) 

restreinte; on assemblait par morceaux de dimen- 
sions fort réduites. L'art de la terre a fait de grands 
progrès dans ces derniers temps en France, sous l'im- 
pulsion d'ingénieurs et de potiers tels que MM. MuUer, 
Lœbnitz, BrauU, Roy, etc. On est parvenu à fabriquer 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



Fio. î3o. — Psiais ii-t jnorceEux de terre cuile qui entreni 
^liodiiporriioBiirio duns la construction, 011 dépasserail 
^ar^j'uiB^'^wi)"îw° largement toutelasurfacedu Champ. 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 2λ 



de-Mars. Le mur d'altique sur lequel reposent les 
dômes est épaulé par des consoles couronnées ào 




vases émaillés de 3 mètres de hauteur ; entre les con- 
soles sont percés des œils-de-bceuf aux assises alternées 




de rose et de bleu. Les entrées d'honneur du milieu de 
chaque palais comprennent trois arcades plein-ceintre 



280 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

entourées d'archivoltes à oves en terre cuite et de mé- 
daillons à fond d'émail dans les tympans. Aux Beaux- 
Arts, les pieds-droits sont ornés de brillantes arabes- 
ques; aux Arts libéraux, de trophées de grandes 
dimensions. Le couronnement de chaque entrée d'hon- 



neur est formé d'un attiquo percé de trois niches où 
des statues symbolisent, d'une part, les beaux-arts, 
de l'autre, les arts libéraux. Entre les niches court une 
large frise en terre émaillée. Deux hauts pylônes en- 
cadrent la porte ; la décoration se poursuit latérale- 
ment sur les deux palais par une triple ceinture com- 
prenant une balustrade au premier étage, une frise à 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 281 

fond d'or sous la corniche et une seconde balustrade 
à hauteur du comble. 

Chaque grand pilier en fer est revêtu de panneaux 






en terre cuite ; on le croirait plein ; enlevez les pan- 
neaux, et il ne reste plus qu'une poutre à treillis. 
Chaque pilier a pour chapiteau un grand écusson 
ifniaillé sur lequel sont placés les attributs des arts : 
16. 



282 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

le compas, le 
maillet, la pa- 
lette, etc., le 
tout enlacé de 
lauriers. Au - 
dessus du cha- 
piteau, un cou- 
ronnement en 
fonte sert de 
base aux mâts 
qui portent des 
bannières aux 
couleurs de 
France alter- 
nant avec les 
couleurs étran- 
gères. £nfiii, les 
coupoles sur 
plan carré des 
pavillons extrê- 
mes ont 1 7 mé- 
trés de diamè- 
tre et sont con- 
stituées par 
quatre fuseaux 
de 9 mtMres de 
hauteur. On a 
employé pour 
ces fuseaux 106 

mètres carrés Kic. sas. - Façndo du l-nUla dc! 

en terre émail- 

lée couleur crème, bleu tendre, bleu fonce el jaune, 



PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 28:1 

semée de points 
rougeS' Le des- 
siadecesdômes 
rappelle un peu 
les tapis- d'O- 
rient. 

Tout cet en- 
semble est très 
réussi; il est 
d'une richesse 
de bon aloi el 
d'une certaine 
sobriété de dé- 
coration qui fait 
un heureux 
contraste avec 
les ornements 
plus massifs et 
plus recherchés 
de quelques an- 
tres parties de 
l'Exposition. 

Les deux 
palais ont été 
édillés surdim* 
menses terras- 
ses qui domi- 
nent le jardin 
central et des 
massifs de 
fleurs rares; on 
y par\'ient par de larges escaliers en pierre ; tout le 



284 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

long des terrasses de plus de 200 mètres, sont alignés 
de superbes palmiers exposés par MM. Besson, de 
Nice. Tout le long de la promenade, sous les galeries 
extérieures, des restaurants, des cafés. 

Le palais des Beaux-Arts, côté gauche, comprend 
Texposition décennale de 1878 à 1889 et Texposition 
rétrospective. Cette seconde catégorie se divise en 
deux sections : les œuvres d'art des musées et des 
palais nationaux, les œuvres d'art prêtées par les par- 
ticuliers. On a découpé l'immense nef en une série de 
petits salons latéraux oiiTon a groupé 1,589 toiles. 
Chaque artiste a son salon particulier. Sous la coupole 
on a installé Texposition rétrospective; au rez-de- 
chaussée, la sculpture et Tarchitecture. La partie du 
palais la plus rapprochée de la Seine a été réservée 
aux sections étrangères. 

Dans le palais des Arts libéraux, on a groupé les 
expositions afférentes au groupe II : Éducation, ensei- 
gnement, imprimerie, librairie, reliure, arts du 
dessin, photographie, instruments de musique, mé- 
decine et chirurgie, instruments de précision, géo- 
graphie et topographie, exposition du ministère de 
l'intérieur. 

Le palais des Arts libéraux a dû auèsi être distri- 
bué en compartiments et en sections distinctes. Le 
regard se serait perdu au milieu de ces grands es- 
paces. 

La nef et les côtés ont été subdivisés en pavillons 
successifs. L'un d'eux, le plus grand, a été installé de 
part et d'autre du dôme. Ici, comme aux Beaux-Arts, 
il a été consacré à une exposition rétrospective ; cette 
fois, à l'histoire rétrospective du travail. On a élevé une 



286 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

plate-forme qui se trouve de plain-pied avec les bal- 
cons du pourtour du palais ; on y arrive par quatre es- 
caliers. Cette construction en bois de sapin, peint en 
vert sombre, a nécessité l'emploi de 1,200 stères dé 
bois. Le portique en bois est rœu\Te de M.SédiUe, ar- 
cliitecte, chef du service des installations. Sur les côtés 
de cette construction, à Tintérieur, on a réuni tout ce 
qui concerne Thistoire des inventions ; on a reconsti- 
tué d'anciens cabinets de physique et de chimie, no- 
tamment celui de Lavoisier. 

L'exposition rétrospective comprend les divisions 
suivantes : Sciences anthropologiques et ethnographi- 
ques ; arts libéraux ; arts et métiers ; moyens de trans- 
ports ; arts mihtaires. 

Telles sont dans Tensemble les grandes lignes des 
bâtiments principaux de l'Exposition. 

Nous avons esquissé rapidement les quatre grands 
palais du Ghamp-de-Mars. Nous aurons maintenant à 
examiner les services qui donnent la vie et le mouve- 
ment à l'Exposition : Service de la force motrice ; ser- 
vice des eaux et des fontaines ; service de Téchiirage 
électrique. 



vu 



SERVICE MÉCANIQUE 



Service mécanique. — La force motrice à l'Exposition, — Chau- 
dières et machines. — Les pavillons de la cour de la force mo- 
trice. — Souvenirs rétrospectifs. — Le service mécanique aux 
expositions antérieures. — En 1889. — Poids de vapeur fournie. 

— Les marchés avec les exposants. — Transmission de la force. 

— Les arbres. — Eau, vapeur et gaz. — Canalisations souter- 
raines. — Les ascenseurs électriques et hydrauliques. — Les 
deux pylônes de la porte Rapp. — Les ponts roulants à trac- 
tion électrique. — Emplacements des diverses industries méca- 
niques. 



I'est en 1855, au palais des Champs-Ely- 
sées, que, pour la première fois, on exposa 
des machines en mouvement. Ce fut un 
grand progrès. On juge mal le rôle et 
l'utilité d'une machine, d'un outil quelconque qui ne 
fonctionne pas; il faut le voir à Tœuvre, suivre le jeu 
de ses organes pour saisir le secret du mécanisme. 
Des engins inertes et immobiles ne disent rien à l'ima- 
gination. Bien autre est le spectacle qu'offrent des mil- 
liers de machines travaillant sans relâche ; elles meu- 
vent leurs grands bras dans l'espace, frappent Tair, 
hurlent, grondent ou se taisent tour à tour. C'est par- 




] 



288 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

tout le bruit et la vie. Les outils appliquent leurs griffes 
pesantes dans le fer et le bronze, brisent ce qui résiste, 
plient, tordent, rongent le métal : la matière cède en 
rugissant. Le bout du doigt suffît pour gouverner ces 
forces effrayantes. Les machines hennissent et se sou- 
lèvent, puis règlent avec une ordonnance superbe 
leurs efforts et leurs mouvements. Un signe, et tous 
ces organes enchevêtrés s'arrêtent et retombent iner- 
tes ; le silence succède au bruit. On ne peut passer 
sans une certaine satisfaction orgueilleuse au milieu 
de ces esclaves de fer façonnés par Tbomme et que 
l'homme a su plier si complètement à ses volontés. 
La plus petite révolte cependant ferait de nombreuses 
victimes. L*outil sort, avance, va et vient avec tant de 
douceur qu'il semble glisser dans du velours ; il caresse 
ses supports presque avec grâce ; mais souvent quelle 
caresse perfide ! Un bataillon dans un effort commun 
ne pourrait résister à cette main de fer ; Toutil l'en- 
traînerait dans son étreinte placide et terrible, brisant 
tout, broyant la chair humaine. L'homme a vaincu, 
mais non sans payer de la vie plus d'une fois son 
triomphe ; en remontant dans le passé, on trouverait 
souvent, à côté des gouttes de sueur, des taches de 
sang. 

Une galerie de machines comme celle de 1889, c'est 
en réalité la synthèse, l'histoire \dvante des victoires 
industrielles accumulées par des découvertes et des 
labeurs séculaires. 

Pour communiquer le mouvement à tous ces en- 
gins puissants, il faut des moteurs, et pour donner la 
force à des moteurs, il faut bien de la vapeur. Pour 
faire de la vapeur, on a besoin d'eau et de charbon, de 




29 



n 




290 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

sorte que finalement toute l'activité déployée dans la 
galerie a pour origine unique Teau et la houille. L'eau, 
elle est apportée dans nos fleuves par le soleil qui dis- 
tille l'océan dans les régions tropicales, élève la va- 
peur dans l'atmosphère et en la laissant refroidir la 
laisse se précipiter sous forme de pluie à la surface 
du sol d'où elle gagne les rivières et les sources. La 
houille n'est-elle pas aussi un végétal fossile fabri- 
qué par le soleil dans les temps géologiques et enfoui 
depuis des milliers de siècles dans la profondeur du 
globe I 

Autrefois comme aujourd'hui, mais beaucoup plus 
vite, le soleil organisait la trame des végétaux; cha- 
cun de ses rayons groupait les éléments constitutifs 
de la plante. La chaleur absorbée par ce travail d'en- 
fantement est restée emmagasinée dans ces végétaux 
d'un autre âge ; c'est elle qui maintient les molécules 
en contact, bien soudées, et qui est restituée quand on 
décompose la houille dans nos foyers. Ainsi s'est 
formé et conservé dans les assises terrestres ce capi- 
tal de force que notre génération dépense tous les jours. 

Chaque petit morceau de charbon jeté au feu rend 
à la liberté le rayon venu jadis des espaces célestes. 
11 résulte de là que nos moteurs fonctionnent avec delà 
chaleur empruntée à la nature primordiale, avec des 
rayons envoyés à la terre bien avant l'apparition de 
l'homme sur le globe. Il ne faudrait donc pas sourire 
si quelque esprit philosophique avançait que le so- 
leil est bien réellement exposant et qu'il a sa part dans 
le grand effort qui se produit journellement au Champ* 
de-Mars. 

Pendant que le soleil d'aujourd'hui travaille à l'ex- 



SERVICE MÉCANIQUE. 291 

térieur, dans le parc et les jardins, à faire pousser les 
arbres et les fleurs, le soleil d'autrefois travaille à Tin- 
térieur du Palais à faire tourner nos machines. 

Tout service d'installations mécaniques comporte 
donc les générateurs de vapeur, les machines motrices, 
les transmissions de mouvement, les canalisations de 
vapeur et d'eau froide. En 1889, comme précédem- 
ment, ce sont toujours les moteurs à vapeur qui ré- 
gnent partout et commandent la marche de tous les 
outils. Les moteurs à gaz ou à air chaud n'ont que des 
emplois relativement secondaires. Cependant on cons- 
truit couramment, de nos jours, des machines à gàz 
de 50 à 50 chevaux, souvent h deux cylindres accou- 
plés, pour l'éclairage électrique. On a installé, dans la 
galerie des machines, un moteur à gaz de 100 che- 
vaux. Il en existe un autre d'égale puissance sur la 
berge de la Seine, à gauche du pont d'Iéna. 

Les installations de 1889 dépassent naturellement 
tout ce que Ton avait fait jusqu'à ce jour. En 1 855, on 
n'avait eu besoin que de 8 générateurs à vapeur d'une 
force nominale de 350 chevaux; en 1867, il fallait 
déjà mettre à la disposition des exposants 25 chau- 
dières alimentant 15 moteurs de la force totale de 
626 chevaux ; pour la première fois, on vit apparaître 
les moteurs à gaz au nombre de 5, fournissant au to- 
tal 9 chevaux. Pour assurer l'eau aux chaudières et 
aux machines à condensation, on dut établir sur les 
berges de la Seine, en aval du Point-du-Jour, une 
usine élévatoire. L'usine de M. Thomas Scott, de Rouen, 
refoulait par jour, dans un réservoir situé à 15 mè- 
tres de hauteur au-dessus de l'étiage, et d'une capa- 
cité de 55 mètres cuhes, un volume d'eau de 10,000 mè- 



292 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

très cubes, dont 8 JOO pour les besoins mécaniques. 
Le réservoir ne faisait qu'office de régulateur de la 
pression. Les exposants de machines absorbaient une 
superficie de 42,350 mètres carrés. 

Onze ans plus tard, en 1878, Tinstallation mécani- 
que eut une bien autre importance. Il fallut livrer aux 
exposants environ trois fois plus de force motrice 
qu'en 1867, soit exactement S,500 chevaux, répartis 
entre 41 machines motrices, 20 moteurs dans la grande 
galerie française, H locomobiles dans les annexes, 
en tout 1 ,700 chevaux, puis 10 moteurs dans la grande 
galerie étrangère, soit 800 chevaux. La vapeur fut four- 
nie, côté français, par 5 groupes de chaudières et par 
les locomobiles ; côté étranger, par 4 locomobiles. On 
produisit par jour 130,000 kilogammes de vapeur. 
L'eau nécessaire provenait du trop-plein du bassin 
inférieur de la grande cascade du Trocadéro.Ce trop- 
plein se trouve à 8 mètres au-dessus du sol du Champ- 
de-Mars; on faisait venir Teau par deux conduites 
de 50 centimètres qui traversaient le pont d'Iéna et 
le parc, et contournaient tout le palais. 

En 1889, le service des installations mécaniques a 
pris une extension considérable. M. Yigreux en a été 
chargé dès là fin de 1886 sous le contrôle d'un comité 
technique, présidé par M. Phillips, inspecteur général 
des mines, membre de l'Institut, avec MM. Haton de 
la GoupUlière, de Tlnstitut, Camille Laurens et Duval 
comme vice-présidents. C'est une des organisations 
les plus importantes de l'Exposition. 

Presque toutes les chaudières à vapeur ont été ins- 
tallées derrière le palais des Machines, dans une cour 
rectangulaire en face de TÉcole-Militaire. Cette cour 



SERVICE MÉCANIQUE. 293 



de la force motrice a 30 mètres de largeur et 470 mè- 
tres de longueur ; elle renferme, outre les générateurs, 
les ateliers Ducommun, des fours de boulanger et 
deux restaurants placés aux extrémités. 

Les chaudières occupent une surface totale, avec leurs 
bâtiments d'abri, de 1,600 mètres carrés. On compte 
11 fournisseurs de vapeur; on les a répartis en sept 
groupes, en partant de Tavenue de Suffren : l*» MM. Fon- 
taine (de Lille) et Dulac (de Paris) ; 2° Compagnie de 
Fives-Lille et MM. Weyher et Richemond; 3^ MM. Bel- 
leville; 4* MM.de Naeyer (de Willebrock, Belgique); 
S'» MM. Daydé et Pillé (de Creil) et Roser (de Saint- 
Denis); 6° MM. Babcock et Vilcox (de Glascow), Con- 
rad Knap (de Londres); 7° MM. Davey Paxman et C° (de 
Colchester). Ces derniers, fournisseurs du 7* groupe, 
ont logé leurs générateurs de l'autre côté du palais, 
dans la cour qui sépare' les machines de l'exposition 
des industries diverses. Ce groupe dessert pour une 
partie la galerie des Machines, pour l'autre la station 
de production de la lumière électrique de la Société 
Gramme. 

Les seuls fournisseurs des six groupes de la cour 
de la force motrice doivent livrer près de 50,000 kilo- 
grammes de vapeur par heure, c'est-à-dire vaporiser 
50 mètres cubes d'eau. Dans ce chiffre, les deux expo- 
sants anglais et l'exposant belge figurent pour 23,000 
kilogrammes environ. 

Voici les conditions du contrat. L'administration de 
l'Exposition payera pour 1 ,000 kilogrammes à l'heure, 
soit 7,800 kilogrammes par journée de sept heures, 
soit pour 180 jours, durée normale de l'Exposition, 
8,500 francs ; pour 1 ,000 kilogrammes supplémentaires 



294 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



à l'heure, 3 francs, et dans ce cas, pour main-d'œuvre 
aussi supplémentaire, 3 francs, soit 6 francs au total; 



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Fia. 239. — Installations mécaniques dans le Palais 4| 

Plan dressé par le chef du êorà 

pour supplément en cas de prolongation de TExposi- 
tion, seulement 5 francs de l'heure. 
Les moteurs qui font partie de ce service sont au 



r 



SERVICE MÉCAN'IQUE. 



nombre de 3S; Us sont répartis selon tes besoins dans 
le palais des Machines. Cependant, on n'a pu grouper 




tous les outils en mouvement dans le palais ; on en a 
placé aussi le long du quai d'Orsay dans les galeries 
de l'agriculture. Néanmoins, les machines agricoles 



1 



296 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

du quai d'Orsay sont mises en rotation par les mo- 
teurs du palais à Taide d'une transmission électrique. 
Le moteur fait tourner sur place une dynamo qui 
engendre le courant électrique. Celui-ci passe par un 
fil conducteur en cuivre jusqu'aux galeries de Tagri- 
culture et actionne une seconde dynamo qui met les 
instruments agricoles en mouvement. 

28 moteurs sont réservés à la mise en marche des 
transmissions mécaniques du palais; 3 autres font 
tourner aussi des outils dans le palais ; un dernier est 
affecté au transport de la force jusqu'au quai d'Orsay. 
Les 32 machines motrices sont fournies par 31 expo- 
sants dont 1 Anglais, 2 Belges, 4 Suisses, 1 Alsacien- 
Lorrain et 2 Américains. Les deux exposants des 
États-Unis fournissent la force, bien entendu, à la 
section américaine. Tous ces moteurs appartiennent 
généralement aux types Corliss, Sulzer et Wheelock^ 
ou sont du type Compound. Cependant le système 
Woolf et le type pilon sont représentés. Une seule 
machine de 600 chevaux, celle de M. Casse, est à balan- 
cier avec un dispositif spécial qui remplace les articu- 
lations par un axe de rotation oscillant (genre balan* 
cier Olivier Evans). Tous ces moteurs ont depuis 50, 
60, 75, 80, 100 chevaux jusqu'à 150, 200, 300, 350 et 
600 chevaux. Au total, ils pourraient donner 5^500 
chevaux- vapeur (1). Il est peu probable que Ton exige 
d'elle plus de 2,600 chevaux; nous voilà loin des 626 
chevaux de 1867. Et cependant ce n'est pas là une 
puissance mécanique bien énorme, puisque l'on sait 

(1) Nous ne comprenons pas dans ce chiffre les moteurs de 
certains pavillons, de plusieurs stations d'électricité, des pompes 
et machines élévatoires, des ascenseurs de la tour Eiffel, etc. 



SERVICE MÉCANIQUE. 297 

qae nos grands bâtiments de guerre emploient pour 
leur propulsion 10,000 et même 12,000 chevaux 
vapeur. 

Les fournisseurs de force motrice reçoivent la 
vapeur gratuitement et Tadministration leur donne 
par cheval effectif, à raison de sept heures de marche 
par jour et pour 180 jours, 40 francs; par cheval sup- 
plémentahe, fr. 32; par cheval et par heure sup- 
plémentaire^ en dehors des heures réglementaires de 
marche, y compris la main-d'œuvre, 2 francs ; et pour 
graissage et essuyage, fr. 032. En cas de prolonga- 
tion de l'Exposition, par cheval-heure, 5 centimes (1). 

On sait bien que, pour qu'un moteur distribue le 
mouvement à plusieurs outils ou appareils, on a recours 
à une transmission. Tous ceux qui ont eu Toccasion 
de pénétrer dans un atelier ont vu tourner des arbres 
ou axes de transmission. Le mouvement du moteur 
est transmis au moyen d'une courroie à une poulie 
fixée sur Tarbre ; la courroie tourne entraînant la pou- 
lie, et la poulie agissant sur Tarbre à son tour, on 
peut prendre de la force sur cet arbre dans toutes les 
parties de Tatelier. 11 suffit, en effet, de fixer sur Taxe 
une poulie, puis de la relier à Toutil par une cgurroie. 

L'arbre tournant communique son mouvement à 



(1) Les exposants de machines motrices, au nombre de 31, sont 
MM. Bcrcndorf, Berger André, Biétrix, Boulet, Brasseur, BufTaud 
et Robatel, Carcls, Casse, Chaligny, Douane-Jobin, Schneider et 
C*',Davey-Paxman (2 moteurs), Escher et Wyss, Société de Fives- 
Lille, L'Horme, anciens établissements Cail, Lecouteux et Gar- 
nier, Qlry, Grandemange et Coulanghon, Société d'Ocrlikon, 
Powcl, Société Alsacienne, Société du Phénix, Sulzer, ateliers de 
Vicrzon, Weyher et Richemond, Wendsor, Société de Winler- 
thur, Société de construction d'Anzin, Sweet, Brown, DarbJay. 

17. 



298 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Toutil, comme précédemment le moteur avait lui- 
même mis en rotation Tarbre. Partout où circule cet 
axe rotatif, on a une prise de force. A TExposition, on 
a installé quatre lignes d'arbres allant d'un bout à 
Tautre du palais : deux de chaque côté du promenoir 
central. Ces arbres tournants distribuent partout, sur 
leur passage, la puissance motrice aux machines et 
aux outils. En 1855, les arbres de transmission avaient 
480 métros de développement ; en 1867, 731 mètres, et 
ils tournaient à 100 tours par minute. En 1878, la lon- 
gueur des arbres atteignait au total 2,176 mètres, y 
compris les transmissions souterraines ; ils tournaient 
à 120 tours. Les galeries étaient très longues et les 
machines assez disséminées. En 1889, tout a été plus 
condensé ; la longueur totale des quatre lignes d'arbres 
dans le palais est seulement de 1 ,350 métrés. 

Ces quatre hgnes d'arbres sont supportées par de 
doubles colonnes en fonte consoUdées par une croix 
de Saint-André ; ces colonnes sont au nombre de 148, 
distantes en moyenne de 11 "",20, excepté aux points où 
l'on prend la force ; là Técarlement est réduit à 3", 70 
ou même 1",80, et les supports sont doubles. Les ar- 
bres sont encore soutenus par des chaises pendantes, 
en fer, fixées aux longues poutres à treillis qui relient 
tous les supports à leur partie supérieure. 

Les arbres de couche ont un diamètre de 90 milli- 
mètres dans les travées courantes, et de 140 millimè- 
tres aux points d'attaque ; leur force de résistance a 
été calculée de façon à pouvoir transmettre 75 chevaux 
par travée de 11 mètres ; on est loin de les soumettre 
à un pareil effort ; c'est tout au plus si les machines 
qui travailleront en grande partie à vide développeront 



SERVICE MECANIQUE, 299 

^ chevaux par mètre courant d'arbre de couche. Les sec- 
tions afférentes à chaque moteur sont très variables ; les 
longueurs d'arbres attribuées varient depuis 22 mètres 
jusqu'à 56 mètres. Elles sont au nombre de 28, corres- 
pondant aux 28 moteurs qui les commandent. Chaque 
section ou tronçon peut d'ailleurs être relié au suivant 
par des manchons pour que, en cas d'arrêt fortuit d'un 
moteur, la transmission ne cesse pas de tourner. 

La hauteur des arbres au-dessus du plancher est de 
4™, 50 ; ils tournent à 150 toui*s par minute. 

De chaque côté de la nef, les deux lignes d'arbres 
parallèles sont espacées de 18 mètres; on a groupé 
entre ces hgnes, sur le plancher, toutes les machines 
et outils dont la hauteur est inférieure à 6™,80 ; les ap- 
pareils plus élevés ont été placés latéralement en de- 
hors des lignes de transmission. 

Il: existe encore dans le palais quatre transmissions 
secondaires, indépendantes des transmissions prin- 
cipales. Ce sont celles que commandent les machines 
motrices des classes 50 et 55, des procédés des usines 
agricoles etdesindustries alimentaires, et des procédés 
de tissage. Elles ont seulement 25 mètres de dévelop- 
pement. Dans la classe 54, filature et corderie, la So- 
ciété alsacienne de Mulhouse a établi à ses frais une 
transmission de 61 mètres, très légère, avec 19 sup- 
ports en fers plats et cornières. 

Enfin, au quai d'Orsay, les galeries de l'agriculture 
sont desservies par une transmission de 206 mètres de 
longueur. L'arbre courant n'a que 55 milUmôtres de 
diamètre ; il est actionné par la dynamo que met en 
mouvement, à distance, par un fil télégraphique, la 
machine motrice de M. Brasseur, installée dans le pa- 



300 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

lais des Machines. En sorte qu'au total, toutes' ces 



transmissions iL-iinics et mises bout àbuulfîniâscnt par 
donner une longueur d'arbres de couche de 1,672,28, 



SERVICE MHCANIQUE. :«ll 

Onze fournisseurs ont posi^ ces arbres. L'adminis- 



tration k'iir payo par journiie normale de sepl heures 
et pour IKO jours, par mètre courant, tout compris. 



302 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

graissage et surveillance, 64 francs. Pour fourniture 
supplémentaire au delà de sept heures par jour, i cen- 
times du mètre courant ; pour fourniture supplémen- 
taire, en cas de prolongation, par journée de sept heu- 
res et par mètre courant, 40 centimes. 

Les chaises pendantes du support, les poutres à 
treillis de liaison ont été posées par les constructeurs 
des ponts roulants du palais. 

Après les machines motrices et les transmissions, 
les canalisations de vapeur, d'eau froide, d'eau chaude 
et de condensation, de gaz! Il fallait pourvoir les chau- 
dières d'eau, les machines de vapeur, assurer l'évacua- 
tion des eaux ayant servi k condenser la vapeur, 
fourkiir du gaz aux moteurs à gaz. Ce service spécial 
a nécessité des travaux importants. On a construit 
dans le palais deux grandes galeries longitudinales. 

La première, la principale, court en ligne droite sous 
terre au milieu des deux rangées d'arhres du palais, 
côté de la cour de la force motrice. Elle a 350 mètres 
de longueur. Cette galerie souterraine à plein cintre a 
une hauteur de 1",90 et une largeur de 2",40 ; elle loge 
trois tuyaux dont deux de 60 centimètres de diamètre, 
pour la vapeur, Teau froide et Teau de condensation. 
La seconde galerie est située, au contraire, du côté 
opposé, également entre les deux rangées d'arhres; 
seulement, elle n'a que 179 mètres de longueur; elle 
commence à la rue centrale du vestibule d'entrée et 
se termine à l'extrémité du palais, vers l'avenue La 
Bourdonnais; cette seconde galerie n'a qu'une hau- 
teur de 1",70 et 2 mètres de largeur. Les trois tuyaux 
qu'elle contient n'ont que 40 centimètres de diamètre. 



r^ 



SERVICE MÉCANIQUE. 303 

La voûte de ces égouts est pourvue, de 4",30 en 
4", 30, d'ouvertures rectangulaires de 80 centimètres 
dans le sens longitudinal. C'est par ces ouvertures que 
vont aux machines motrices les tuyaux de vapeur et 
d'eau et le tuyau d'évacuation d'eau chaude. En outre, 
des galeries souteiTaines transversales ont été ména- 
gées de place en place ; elles communiquent avec les 
deux galeries longitudinales et commencent à la cour 
extérieure de la force motrice. 

Elles apportent l'eau froide aux chaudières, et réci- 
proquement la vapeur aux tuyaux de la galerie longi- 
tudinale. On compte six de ces galeries transversales 
partageant le palais en six groupes isolés desservant 
chaque section de force motrice. Enfin, la jonction 
entre ces galeries transversales et les 30 machines en 
marche réparties dans l'édifice est établie par des ga- 
leries en maçonnerie ou même par des caniveaux en 
bois. 

Les longueurs totales de ces constructions souter- 
raines sont de 529 mètres pour les deux égouts longi- 
tudinaux, et de 470 mètres pour les six galeries trans- 
versales. 

L'eau froide parvient au palais par une conduite en 
fonte de 60 centimètres longeant l'avenue Sufiren et 
venant du quai. L'eau est puisée par deux machines 
élévatoires en uval du pont d'Iéna. Nous reviendrons 
sur cette installation en parlant du service des eaux. 
L'eau chaude de condensation est évacuée par une 
conduite semblable et parallèle à la première; elle est 
portée jusqu'à la Seine. 

Il existe encore une autre canalisation, celle du gaz. 
La lumière électrique n'éclaire le palais des Machines 



304 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

que jusqu'à onze heures du soir. Pour le service de 
nuit très réduit, on utilise exclusivement le gaz; on 
en avait d'ailleurs encore besoin pour alimenter pen- 
dant le jour et pendant la soirée les moteurs à gaz. 
Cette canalisation a un développement de 1 kilomètre ; 
elle forme un grand rectangle, dont le plus grand côté 
a 380 mètres, en suivant les quatre côtés du palais et 
cheminant un peu en avant des pieds-droits des 
grandes fermes. Les tuyaux sont en tôle bitumée de 
20 centimètres; sur les points où cette canalisation 
coupe les galeries souterraines des tuyaux de vapeur, 
on a remplacé }es tuyaux de tôle bitumée par des 
tuyaux de fonte avec une gaine de fonte pour assurer 
un isolement bien complet, de peur que la chaleur ne 
fasse fondre le bitume. Sur ces tuyaux principaux 
s'embranchent des conduites de différents diamètres, 
depuis 9 jusqu'à 15 centimètres. Le gaz est envoyé 
dans ce réseau par deux conduites, l'une longeant 
l'avenue de SufFren et aboutissant à l'usine de Grenelle, 
l'autre suivant l'avenue de La Bourdonnais et en rela- 
tion avec le réseau de la ville. La pression moyenne de 
ces conduites est de 0",073 d'eau. 

L'administration paye 20 centimes le mètre cube de 
gaz, et eUe donne gratuitement à chacun des exposants 
sa force motrice. On a disposé deux grands compteurs 
de 1,500 becs souschacundesescaliers.Onaadmisune 
consommation moyenne de 400 mètres cubes à l'heure. 
Les moteurs à gaz absorbent environ 300 mètres cubes ; 
ils fournissent 300 chevaux (en 1867, 9 chevaux) utilisés 
à la mise en marche de machines électriques et de 
machines outils. La canalisation générale pour le gaz 
au Champ-de-Mars est d'environ 6,000 mètres cubes. 



SERVICE MÉCANIQUE. 305 

Complétons cea détails par quelques lignes sur les 
ascenseurs et les ponts roulants. Onaingtallé i ascen- 
seurs. On en a ét^li un dans le pylAne de droite delà 
façade principale, avenue de La Bourdonnais ; il élève 
les visiteurs sur la plate-forme supérieure de ce pylône, 



Fia. ta. — RoirAe prind|>ile aveoue de l.a BounLonnmB. 

à 46 mètres de hauteur. Il est électrique, c'est-à-dire 
mû par une dynamo installée dans le campanile du 
pylône. La cabine monte 8 personnes à Li fois, C'est 
l'ascenseur Chrétien. 

H. Samain a construit deux petits ascenseurs hydrau- 
liques placés de chaque côté de l'escalier qui conduit 
du vestibule de la grande rue centrale du palais des 
Industries diverses au premier étage de la galerie. Ces 



306 . CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

appareils montent les visiteurs du rez-de-chaussée au 
premier étage. Chaque cabine donne place à 10 per- 
sonnes à la fois. Chacun de ces deux ascenseurs est 
d'un modèle particulier : Tun avec puits, l'autre sans 
puits ; leur course commune est de 8 mètres ; ils em- 
ploient l'eau de la Aille sous une pression de 40 mè- 
tres. 

Enfin, un ascenseur hydraulique Edoux est installé 
contre le palier du grand escalier qui termine le palais, 
côté avenue de Suffren. Il élève les curieux à environ 
35 mètres au-dessus du plancher. 

Les moyens ne manquent pas, comme on voit, pour 
plonger le regard dans toutes les parties du palais de 
M. Dutert. On a ajouté encore un observatoire mobile ; 
les ponts roulants qui rendent des services aux visi- 
teurs fatigués ou à ceux qui veulent jeter un coup 
d'œil d'ensemble sur les diverses expositions du palais 
des Machines. Ces ponts roulants, il faut l'ajouter, du 
reste, n'ont pas été construits uniquement pour trans- 
porter le public ; on les avait, on les a gardés ; ils ont 
servi très efticacement à la manutention pendant l'amé- 
nagement de la construction, et ils serviront après 
l'Exposition, quand il s'agira de démonter les machines 
et de les transporter hors du palais. 

Ils sont respectivement établis sur les deux longues 
poutres à treillis qui relient les supports des arbres 
de couche ; ils ont donc 18 mètres de largeur ; ils rou- 
lent sur des rails posés sur les poutres le long d'un 
parcours d'environ 400 mètres. Ces grandes plates- 
formes se déplacent lentement pour donner aux visi- 
teurs le temps de voir; elles progressent d'à peu près 
un mètre par seconde; elles accomplissent leur trajet 



SERVICE MÉCANIQUE. 307 

~ - 1 - ■ r _ ■ - --ML _-M-J ■ ■ ■ 1— -■ -T^ ~W 

d'une extrémité àTautreen onze minutes. On parvient 
aux ponts roulants, à environ 7 mètres de hauteur, 
par des escaliers disposés à chaque extrémité du pa- 
lais. Chaque plate-forme mesure 100 mètres cubes, 
dont 90 mètres cubes sont libres et peuvent aisément 
donner place à 150 personnes. 

Chacun de ces ponts est mû par un transport élec- 
trique de force. Une dynamo placée sur le pont ac- 
tionne le mécanisme qui fait tourner les roues. Le 
courant électrique est pris tout le long des poutres de 
support à treillis et envoyé par un fil conducteur de la 
cour de la force motrice. Les entrepreneurs, MM. Bon et 
Lustrement, d'une part, et de l'autre MM. Mf^gy , Bchever- 
ria etBazan, ont installé dans cette cour la chaudière, le 
moteur et la dynamo qui produisent le courant. Comme 
ils ont fourni les poutres à treillis et les chaises pen- 
dantes à un prix très bas, ils ont été autorisés à per- 
cevoir un droit sur les opérations de manutention et 
sur le transport des \âsiteurs. 

Les deux ponts, bien qu'ayant le même aspect, diffè- 
rent au point de vue du mécanisme. MM. Bon et Lus- 
trement transmettent tous les mouvements par fric- 
tion plate et cônes de friction, vis sans fin et engre- 
nages. La réceptrice est une dynamo Gramme alimentée 
par un courant de 29 ampères et 220 volts. Sur le pont 
Mégy , toutes les manœuvres s'opèrent par le jeu de sys- 
tèmes d'engrenages commandés par une réceptrice Miot. 

En définitive, que l'on se serve de ses jambes, des 
escaliers, des ascenseurs ou des ponts roulants, on 
trouve groupées les diverses expositions de la galerie 
des Machines dans l'ordre suivant, à partir de l'avenue 
de Suffren: 



30S CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Côté droit, première moitié du palais]: génie d^il, 
arts céramiques, fabrication des objets mobiliers, mé- 
canique générale ; seconde moitié du palais : électri- 



cité, usines agricoles, mines et métallurgie, imprimerie 
et papeterie, machines k imprimer. 

Côté gauche, première moitié du palais : matériel 
des chemins de fer, tissage, filature, machines diverses 
machines-outils ; deuxième moitié du palais : exposi- 
tions mécaniques, Suisse, Belgique, Étals-Unis, ex- 
position Edison, Angleterre. 



VIII 



SERVICE HYDRAULIQUE 



Serylce des eaux aux expositions précédentes. — Los installations 
de 1889. — Service à basse pression pour les machines et les 
chaudières. — Les deux usines hydrauliques de la berge. — Ré- 
servoir régulateur de pression. — Indicateur de niveau. — Dis- 
tribution principale dans l'enceinte . — Les eaux de la ville de 
Paris à l'Exposition. — Service à basse pression : les eaux pui- 
sées à Javel. — Service à haute pression : les eaux du réservoir 
de Villejuif. — Alimentation des restaurants, — Les eaux de la 
Vanne. — Les eaux des fontaines. 

I'est une entreprise importante que celle 
d'alimenter d'eau une Exposition Univer- 
selle, lorsque surtout son enceinte s'étend 
sur une superficie de 80 hectares. Il faut 
de l'eau pour les machines, pour les chaudières, pour 
les lacs, les fontaines et les rivières ; de l'eau pour 
les ascenseurs, pour les bouches d'incendie; de l'eau 
potable pour la consommation. 

On a élevé en réalité toute une grande ville que l'on 
a construite sur l'emplacement du Champ-de-Mars, des 
quais et de l'esplanade des Invalides, une ville d'au 
moins 35,000 âmes. Entendons-nous bien encore : 
population permanente, 35,000 âmes. Mais lapopula- 




310 CAUSERIES SCIENTIFIQUE^:. 

tion passagère atteint une moyenae d'au moins 112,000 
personnes et peut, comme on l'a déjà vu, dépasser 
âSO.OOO visiteurs. La question de l'eau a donc une 
importance exceptionnelle, et il a fallu crt^er une dis- 



tribulioo avec usine hydraulique absolument comme 
pour une grande ville industrielle. 

En 1867, on avait considéré comme suHisante la dis- 
tribution de 10,000 métrés cubes par jour, ainsi ré- 
parti : 3,500 mètres cubes pour l'arrosage, les bou- 
ches d'incendie. les fontaines; 1,000 mètres cubes 
pour les besoins de la population évalués à 10 litres 



r 



SERVICE HYDRAULIQUE. 3H 

par personne, et correspondant à peu près à ceux 
d'une ville de 100,000 Ames; enfin, 4,000 mètres 
cubes pour les machines. 

En 1878, on a tout établi su/une échelle bienautre- 



■ee de la Tour EilTcl. cilé d 



ment vaste. Au lieu de 10,000 mètres cubes par jour, 
on s'il ppro visionna pour un débit de 35,000 mètres 
cubes, que l'on pouvait même porter h 40,000. C'était 
beaucoup. I-e service fut partagé en deux parties : dis- 
liibiilion Cl haute pression, distribution à basse pres- 
sion. 
L'eau est dite ù haute pression quand elle arrive 



312 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

de niveaux élevés; comme elle tend toujours à remon- 
ter à sa hauteur primitive, il va de soi qu'elle sort des 
tuyaux avec force et peut fournir des jets de grande 
amplitude. L'eau est dite au contraire à basse pres- 
sion quand elle provient de niveaux relativement bas ; 
elle s*écoule alors avec une vitesse réduite et ne peut 
s'élever au-dessus du sol qu'à une petite hauteur (1). 
La distribution à haute pression fixée h 15,000 
mètres par jour assura le volume d'eau nécessaire aux 
jardins, aux palais, aux bouches d'incendie, à l'ali- 
mentation des fontaines, jets d'eau du bassin inférieur 
du Trocadéro, fonctionnement des monte-charges, 
appareils hydrauliques, etc. Cette distribution à haute 
pression avait son point de départ sur la hauteur de 
Passy, dans un des réservoirs mis par la Ville à la dis- 
position de la Compagnie générale des eaux pour la 
durée de l'Exposition. On avait installé sur le quai de 
Billy, près du pont d'iéna, deux puissantes machines 
Lecouteux et Garnier et Lebrun, de 350 chevaux cha- 
cune, qui refoulaient l'eau de Seine jusqu'à ce grand 
bassin d'approvisionnement par une conduite mai- 
tresse de 60 centimètres. L'eau du réservoir redescen- 
dait ensuite alimenter la cascade, les jets d'eau du 
Trocadéro, puis, par une autre grosse conduite de 60 
centimètres, traversait le pont d'iéna pour parvenir 
au palais ; elle était envoyée de là par deux branches 
latérales à droite et à gauche de l'édifice. La différence 
de niveau entre le sol du Champ-de-Mars et le réser- 

(1) La pression de l'eau dépend uniquement de la charge qui se 
trouve au-dessus de rorificc d'écoulement. La vitesse à la sortie du 
tuyau est proportionnelle à la racine carrée de la hauteur d'eau 
comprise entre le réservoir d'alimentation et l'orifice do sortie. 



SERVICE HYDRAULIQUE. 313 

voir de Passy étant d*en\1ron 35 mètres, on avait de 
Teau sous une pression supérieure à 2 atmosphères, 
pertes de charge comprises. 

La distribution à basse pression avait au contraire 
son origine dans le bassin inférieur de la cascade du 
Trocadéro. L*eau sous pression, après avoir ser^i à 
la cascade, était reprise par deux conduites de 50 cen- 
timètres qui traversaient aussi le pont dléna et en- 
voyaient des branches tout autour du palais pour 
desservir les chaudières. L*eau des restaurants et des 
fontaines Wallace était fournie par une canalisation 
spéciale d'eau de la Vanne. 

Le plan adopté en 1889 est un peu différent. On a 
d'ailleurs subdiAdsé aussi , nécessairement , le ser- 
Aice en distributions à basse et à haute pression. Le 
service des eaux, qui avait été confié en 1878 à la 
Compagnie générale, a été installé en 1889 parTadmi- 
nistration elle-même ; il a été rattaché à la direction 
des travaux, et placé sous les ordres de M. Bechmann, 
ingénieur en chef des ponts et chaussées et ingénieur 
en chef des eaux de la Ville. Ce service a pour but de 
pourvoir à la consommation des cafés et restaurants, 
au nettoyage des salles, aux secours d'incendie, à l'ar- 
rosage des jardins, à l'alimentation des fontaines, jets 
d'eau, rivières, à l'alimentation des chaudières et des 
machines motrices. 

Le service mécanique de l'Exposition a gardé dans 
ses attributions, sauf pour la pose des canalisations, 
l'alimentation des machines et des chaudières. C'est 
un premier service à basse pression. 

L'eau ne parvient aux machines qu'après être des- 
cendue seulement d'une hauteur d'environ 14 mètres. 

s ' 18 



31i CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Cetteinslallationafait l'objeld'étudessuiviesdès 1888. 
Onadécidù de prendre l'eau en Seine et du la conduire 
jusqu'à la galerie des Machines. En conséquence, 
sur la berge câté de l'avenue de SuS^en, on a établi 



deux usines élévatoires qui sont édifiées l'une près de 
l'autre. La première a été installée par MM. de Quillacq 
et Meunier; la seconde, par la compagnie Worthington. 
Chacun de ces fournisseurs a monté dans son usine 
un moteur de 65 chevaux, force nécessaire pour l'as- 
piration et le refoulement de l'eau. L'élévation des 



SERVICE HYDRAULIQUE. 315 

eaux de la Seine sur ce point absorbe donc 1 30 chevaux. 

La prise d'eau se trouve à 157 mi-tres en aval du 

pont d'Iéna, au bord du nouveau quai construit par le 

e de la navigation. C'est une chambre n)a<;onnée. 



ir KilTcl, cAlé de Faii». 



fermée jjar une grille de 1~,30 de longueur au milieu 
de laquelle fst placi* le tuyeu d'aspiration de 60 centi- 
m(>tres de diamètre. Ce tuyau principal est mis en 
relation avec chaque usine par une branche de déri- 
vation. La hauteur d'aspiration des pompes au-dessus, 
de la Seine est d'environ t migres. Chaque nsinc ttlOve 



316 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

par seconde 220 litres d'eau, soit 440 litres au total, et 
par conséquent le volume fort respectable par heure 
de 1,584,000 litres ou de 15,840 mètres cubes par 
journée de dix heures. 

On ne pouvait songer, en présence d'un pareil dé- 
bit, rendu indispensable par la consommation des 
machines, à établir pour la seule durée de Ttiposition 
un réservoir capable d'emmagasiner toute cette eau. 
L'emmagasinement n'est d'ailleurs essentiel que dans 
les installations définitives, pour parer à l'imprévu, à 
un chômage des machines. On s'est contenté de con- 
struire un réser\'oir en tôle simplement destiné à ré- 
gulariser la pression. 

La pression doit être uniforme dans la canaUsation 
pour plusieurs raisons, et notamment pour assurer 
un débit constant et éviter les variations de vitesse 
dans les conduites. On obtient la constance en main- 
tenant toujours la même hauteur d*eau dans le réser- 
voir. L'eau puisée ne fait que traverser ce réservoir 
et s'en va dans la canaUsation, sous une charge inva- 
riable qui est la hauteur d*eau qu'on lui maintient dans 
ce réservoir. Et par cela même, elle circule sous une 
pression constante. Ce réservoir a été construit par 
M. Durenne, de Gourbevoie ; il est cyhndrique à fond 
sphérique ; il a une capacité de 180 mètres cubes. On 
l'a placé sur un pylône en fer contre le parapet du quai 
d'Orsay, exactement dans Taxe de l'avenue de Suffren. 

La charge sur les fondations du réservoir se répar- 
tit ainsi: eau, 180,000 kilogrammes ; réservoir en tôle, 
5, 200 kilogrammes ; pylône en fer, 1 1,500 kilogrammes ; 
massif béton, 37, 560 kilogrammes ; au total, 234,260 ki- 
logrammes, soit 0^^,78 par centimètre carré. 



-îH- 



SERVICE ÏÎYDRAULigUE. 311 

Il ne faut pas, nous l'avons vu, pour assurer Téga- 
lité de pression dans les conduites, que la hauteur 
d'eau varie sensiblement dans le réservoir. On a au- 
torisé seulement un écart de 1 ,20 sur le volume d*eau 
moyen adopté. Aussi, pour se renseigner sur le niveau, 
a-t-on disposé à Tintérieur Thydrométrographe de 
M. Parenthou, qui fait connaître dans les deux usines, 
et d*une manière continue, soit par un inscripteur, 
soit par un indicateur h cadran, le niveau atteint par 
Teau ; on peut par conséquent modifier à volonté Tal- 
lure des moteurs et des pompes. Le système Paren- 
thou est d'ailleurs bien simple. Le niveau de Teau est 
accusé comme d'habitude par un flotteur. Chaqpie os- 
cillation du flotteur donne passage à un courant élec- 
trique qui va actionner l'aiguille *de l'indicateur h ca- 
<Iran placé dans l'usine ; d'un coup d'oeil le mécanicien 
voit ce qui se passe dans le réservoir. Le trop-plein 
de ce réservoir se trouve à lai mètres au-dessus de 
la Seine. 

L'eau puisée par les pompes, à une moyenne de 
4 mètres au-dessous des machines, est refoulée ensuite 
dans le réservoir à une hauteur d'environ 15 mètres. 
Les tuyaux d'aspiration et de refoulement ont ensem- 
ble une longueur de 140 mètres. L'usine de MM. de 
Quillacq et Meunier comporte ime pompe horizontale 
à double effet, commandée directement par un moteur 
à vapeur horizontal, soit un ensemble identique à 
chacun des deux systèmes installés pour la ville de 
Paris, à ïheil, près de Sens, dans la vallée de la 
Vanne, par les mêmes constructeurs et qui fournis- 
sent chacun 225 litres par seconde à 20 mètres de 
hauteur, en marchant à la vitesse de 30 tours à la mi- 

T 18. 



318 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

nute. On a en quelque sorte copie cette installatiou 
Hur la berge du quai d'Orsay, et avec raison, puisqu'elle 
avait fait ses preuves. 
I^a chaudière est du système multitubulaire Collet 



et peut vaporiser i,200 kilogrammes à l'heure. 
L'usine de la compagnie Worthington comprend (éga- 
lement une machine à vapeur avec pompe h double 
effet à action directe, d'un type très répandu en Amé- 
rique et qui commence à se propager en Europe. La 
chaudière est du type Dabcork et Wilrox. On recon- 



SERVICE HYDRAULIQUE. 319 

naît de loin remplacement des usines du service des 
eaux, àla cheminée de 15 mèires de hauteur qui s'élève 
le long de la berge de la Seine. 

Enfin, l'eau sortant du réservoir régulateur de pres- 



sion descend pai- une maîtresse conduite eu foule de 
60 centimètres d'ouverlure placée en bordure du 
trottoir le long de l'avenue de Suffren jusqu'au palais 
des Machines qu'elle traverse d'une extrémité fi l'autre ; 
elle est distribuée, comme nous l'avons expliqué pré- 
cédemment, aux chaudières de la cour intérieure et 



320 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

aux divers moteurs du service mécanique. Ainsi se 
trouve assurée l'arrivée de Teau aux machines, par 
cette distribution d'eau directement puisée en Seine. 

Cette installation est toute spéciale. Pour les autres 
besoins de l'Exposition, on a eu tout bonnement re- 
cours à Teau de la ville. On a relié la canalisation 
établie au Ghamp-de-Mars à la distribution générale 
de Paris, au moyen de tuyaux de 60, 50 et 40 centi- 
mètres, munis de compteurs de gros calibre. Ici encore 
nous retrouvons un second service d'eau à basse pres- 
sion et une distribution à haute pression. 

Par une convention passée avec l'administration de 
l'Exposition, la Ville a consenti à livrer à titre gratuit 
Teau du fleuve à basse pression pour Tarrosage des 
pelouses et des allées, et au prix de revient Teau de 
source et Teau de rivière à haute pression. L'eau à 
haute pression coûte toujours plus cher que l'eau à 
basse pression, puisqu'il faut ou allerla chercher à des 
niveaux élevés, et, par suite, l'anlener de très loin, ou 
la monter sur place dans des réservoirs établis sur 
des hauteurs. Naturellement, dans le premier cas, la 
canalisation est dispendieuse, et, dans le second cas, 
le travail d'élévation absorbe de la houille et nécessite 
des usines coûteuses. En concédantl'eauà haute pres- 
sion au prix de revient, la Ville a simplement récupéré 
les dépenses d'élévation des eaux de la Seine dans le 
réservoir de haute altitude. 

En outre, elle s'est engagée à reprendre en 1890 les 
tuyaux, pièces de fonte et appareils qui auront servi à 
l'Exposition ; l'installation de ce côté a donc été faite 
dans des conditions économiques toutes particulières. 

Les travaux de canalisation ont été exécutés par 



SERVICE HYDRAULIQUE. 321 

MM. Rogé, administrateur des fonderies de Pont-à- 
Mousson, et Gibault, ingénieur à Paris. 

L'eau de rivière à basse pression,, livrée gratuite- 
ment, est réservée à l'arrosage du parc du Champ-de- 
Mars, du quai d'Orsay et de l'esplanade des Invalides; 
c'est elle aussi qui sert à emplir les deux lacs creusés 
de part et d'autre de la tour Eiffel. Elle provient de la 
nouvelle usine hydraulique établie à Javel, à un kilo- 
mètre environ du Champ-de-Mars. 

L'eau de rivière à haute pression, celle que la Ville 
livre à prix de revient, arrive du réservoir de Ville- 
juif, situé à 89 mètres au-dessus du niveau de la mer, 
à environ 60 mètres au-dessus du sol du Champ-de- 
Mars. Ce réservoir est empli par lusine d'Ivry installée 
au bord de la Seine, en cimont du confluent de la 
Marne. L'usine y refoule l'eau qu'elle puise dans le 
fleuve. L'eau de Seine est amenée de Villejuif à l'Expo- 
sition par une conduite de 60 centimètres de diamètre, 
qui pénètre dans le Champ-de-Mars du côté de l'avenue 
de Suffren; elle est distribuée par un réseau sur lequel 
sont raccordés tous les postes d'eau de l'eau de l'inté- 
rieur des palais. C'est également cette eau sous pres- 
sion qui jaillit des fontaines monumentales et qui 
alimente les jets d'eau. C'est donc bien à tort que l'on 
a souvent reproché à l'administration de gaspiller l'eau 
de source pour le senice de l'Exposition. Partout on 
s'est servi d'eau de Seine, hormis pour le service dos 
restaurants et des fontaines Wallace. 

Pour les usages alimentaires, en effet, on a eu re- 
cours à l'eau de source empruntée, comme en 1878, 
au réseau de la Vanne. Cette eau descend directement 
des grands réservoirs de Montrouge, dont le trop-plein 

u 



3ï2 CAUSKRIES SCIENTIFIQUES. 

«st à la cote 80 mètres, elle pénètre dans l'enceinte de 
l'Exposition du cûté de l'avenue de La Bourdonnais, 
par une conduite de 40 centimètres de diamètre qui se 
ramifie de toutes parts, de façon à pourvoir à tous les 



besoins des restaurants, des cafés, etc., et k desservir 
également les fontaines Wallace disséminées dans le 
parc. Des abonnements au compteur à prix réduits 
ont été consentis à tous les exposants qui en ont (ait 
la demande. L'eau de source est livrée à 30 centimes 
le mètre cube, et comme la Ville ne peut disposer que 
d'un volume réduit, surtout en été, elle est, nous le 



tion. 
ieine 
ndue 



LU de 
■ge.à 
ionl- 



qiia- 
dllon 
e du 



m CAUSEKIES SCIENTIFIQUES. 

service des eaux et de l'assairnssemeat de Paris. 
H. Bechmann y a in^itallé trois grands bacs disposés 
côte à côte. Les eaux de Seine des deux premiers bacs 
sont troubles, les eaux du troisième bac rempli d'eau 
de la Vanne sont beaucoup plus tranpareiites et lim- 
pides. On sait que l'on accuse les eaux de la Seine 
d'être le véhicule ordinaire de la fièvre typhoïde. On 
croit avoir noté, en effet, certaines coïncidences entre 



la distribution passagère de l'eau de Seine, dans des 
quartiers ordinairement desservis par les eaux de 
source, et l'accroissement des cas de lièvre typhoïde 
dans ces mômes quartiers. C'est une opinion vraisem- 
blable. Il était donc indispensable de ne livrer au 
Champ-de-Mars que de l'eau à l'abri de tout soupçon. 
C'est pourquoi on y a introduit les eaux de la Vanne 
pour les usages alimentaires, et c'est pourquoi aussi 
l'administration ne livre exclusivement que cette eau 
pour les besoins de la consommation. 
Le réseau entier de l'Exposition aura nécessité la 



SERVICE HYDRAULIQUE. 325 



poso de ^0,000 mètres de conduits en fonte, de plus de 
200 bouches d'arrosage et d'incendie, 50 postes spé- 
ciaux d'incendie, 10 fontaines Wallace, etc. 

La partie de toute cette installation hydraulique qui 
frappe le plus le public est, sans contredit, celle qui 
parle aux yeux, c'est-à-dire les grandes pièces d'eau 
duGhamp-de-Mars, et particulièrement la fontaine For- 
migé et Coutan avec sa rivière de iO mètres de lon- 
gueur, son bassin octogonal et ses gerbes d'eau. Les 
jets d'eau, nous l'avons dit, sont alimentés par la dis- 
tribution d'eau de Seine à haute pression venant de 
Villejuif. Mais les bassins, la vasque inférieure, la ri- 
vière, s'emplissent en outre avec de Teau qui a une 
tout autre origine assez peu connue des curieux. Tout 
cet énorme volume d'eau est celui qu'a déjà débité la 
grande cascade du Trocadéro. Une canalisation sou- 
terraine composée d'une conduite maîtresse de 60 cen- 
timètres de diamètre avec deux branchements paral- 
lèles de 50 centimèlres, réunit lesbassins de la fontaine 
à la vasque inférieure de la cascade, de telle sorte 
que c'est l'eau que l'on a déjà vue tomber au Trocadéro 
que de nouveau on voit bouillonner autour de la fon- 
taine, et retomber encore pour parvenir à la rivière et 
au bassin octogonal. Au fond, c'est une canalisation à 
deux chutes d'eau rendue possible par la différence de 
niveau existant entre le Trocadéro et le terre-plein du 
Champ-de-Mars. 

Celte eau est de l'eau do Seine primitivement refou- 
lée par la pompe de Chaillot jusqu'aux réservoirs de 
Passy. Des réservoirs elle s'(»n va à la cascade du Tro- 
cadéro (;t du Trocadéro au Champ-de-Mars pour re- 
tourner à la Seine : c'est un drcuit continu. 

20 19 



32G CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



En 1878, on avait déjà utilisé Teau de la cascade du 
Trocadéro en Tamenant à travers le pont dléna jus- 
qu'aux chaudières réparties autour du palais. Cette 
fois, on Ta conduite aux bassins de la fontaine cen- 
trale, qui reçoit ainsi à la fois Teau de la Seine prise à 
Ivry pour les gerbes et les jets et l'eau de la Seine 
puisée au pont de TAlma pour les bassins. 

On a concentré sur la fontaine monumentale toutes 
les ressources de Tart moderne de Thydraulicien : on 
a multiplié les jeux. Le soir, les gerbes et les jets sont 
illuminés électriquement et produisent ces effets de 
lumière féerique qui font Tadmiration de la foule. Il 
est évident que ce feu d'artifice d'un nouveau genre 
constitue Tune des plus grandes attractions de l'Expo- 
sition. Ce spectacle a accaparé rapidement toute la fa- 
veur du public. 

On trouvera dans le chapitre suivant quelques dé- 
tails sur les fontaines lumineuses. 



IX 



LES FONTAINES LUMINEUSES 



Les fontaines. — La fontaine monumentale. — Les petites gerbes. 

— Débit par heure. — Les fontaines dans le jour. — Pendant 
la soirée. — Les premières fontaines lumineuses. — Expérience 
de CoUadon. — Phénomène de la réflexion totale. — Les jeis 
lumineux en France et en Angleterre. — Installation duChamp- 
de-Mars. — La grande gerbe. — Les dessous. — Crypte et sou- 
terrains. — La lumière dans le sous-sol. — Les réflecteurs, les 
régulateurs électriques. — Les verres colorés. — La manœuvre. 

— Leviers et transmissions de mouvements. — Illuminations. 



OU S ceux qui ont été au Ghamp-de-Mars le 
soir ont été frappés de la vogue extraor- 
dinaire qu'ont acquise les fontaines lumi- 
neuses. Les fontaines jouent tous les 
soirs et leur succès ne s'épuise pas. Le spectacle que 
présentent les abords de la fontaine monumentale 
estvraimentcurieux.il Ta été surtout aux mois de juin 
et dejuillet.Dèssixheures, aux beaux jours, on voyait 
le public se disputer les chaises ; il s'entassait sur six, 
sept, huit rangées de chaises près des bassins, autour 
de la vasque supérieure. Plus loin, sur le terre-plein 
de la tour Eiffel, dès cinq heures, les visiteurs choisis- 
saient leurs places ; delà on domine un peu les bassins 
disposés dans la partie la 'plus basse du Champ-dc- 




328 CAUSERIES SCIEN'TIF rQUES. 

Mars. Oii se pressait ainsi entre des rangées très ser- 
rées de chaises et de curieux. D'autres montaient i 
l'étage de la tour pour mieux voir le coup d'œil d'en- 
semble. Tout le promenoir qui regarde les jardins 
était envahi. Les escaliers tournants servaient aussi 



cr- 



d'observatoires, le public s'y entassait par grappes. 
Les jours de fête, les dimanches et les lundis, le specta- 
cle devenait incomparable ; les spectateurs en faisaient 
tous les frais. La foule était énorme ; on comptait les 
curieux par dizaines de mille ; les allées étaient noires 
de monde, les terrasses des palais envahies. On aurait 
dit d'une arène immense aux gradins bondes de 
spectateurs. C'était inimaginable. On attendait l'hfure 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 329 



avec impatience et, quand la première fusée liquide 
retombait en gerbe d'or, c'étaient partout des applau- 
dissements frénétiques, des cris d'admiration. 

Cette illumination est, en effet, magique et bien faite 
pour exciter Tétonnement de la foule. Nous n'étions 
pas habitués à ces jeux de lumière et à ces rapides 
changements de couleurs. Rien de merveilleux comme 
ces jets étincelants aux teintes si vives et à la fois si 
douces, comme cette pluie continue de diamants, de 
perles, de saphirs et d'émeraudes I Ces nappes d'eau 
ruisselantes de feu, ces gerbes d'argent, ces étincelles, 
ces paillettes, toute cette eau comme enflammée, bouil- 
lonnant, jaillissant, retombant avec des scintillations 
éblouissantes, toute cette orgie de lumière séduit les 
regards. On se croirait dans le pays des fées. 

Et il s'en est fallu cependant de bien peu que l'on 
ne nous donnât pas ce spectacle singulièrement ori- 
ginal. Il n'entrait pas d'abord dans le programme gé- 
néral de l'Exposition : à l'origine, on n'était pas fixé 
sur le point de savoir si l'on ouvrirait l'enceinte pen- 
dant la soirée ; on avait simplement projeté de faire 
quatre pièces d'eau, une grande avecfontaine au centre, 
trois autres plus petites, de forme allongée, avec jets 
analogues à ceux des Champs-Elysées. Mais, quand le 
syndicat des électriciens se fut constitué, quand on 
eut résolu d'éclairer les jardins, le soir, on pensa 
aussitôt à établir autour du parc une fontaine lumi- 
neuse du genre de celles qui avaient été construites 
aux expositions anglaises de Londres en 1884^ de Man- 
chester en 1887 et de Glascow en 1888. Seulement le 
cadre étantautrementvaste,il fallaitarriveràtout gran- 
dir, et par conséquent se livrer à de nouvelles études. 



aaO CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

^ ..- . — ' '■ I. . ■■ ■ 

M. Bechmann, ingénieur en chef des eaux de Paris, 
et M. Formigé, architecte de nos promenades, se ren- 
dirent à Glascow pour examiner la question. A leur 
retour, la direction des travaux, sur leur avis, modifia 
le projet primitif. On abandonna Fidée de faire quatre 
petites fontaines et Ton décida d'établir ime grande 
pièce d'eau unique. La fontaine monumentale de 
M. Formigé, décorée des sculptures de M. Goutan, 
serait placée au milieu d'une grande vasque, et, dans 
un bassin, creusé en contre-bas, on reproduirait la 
gerbe lumineuse de Glascow. Tel a été le phin d'exé- 
cution.'. 

Le dédain .général de la grande pièce d'eau centrale 
a été confié à. M. Formigé pour la partie arcliitecturale 
et, pour las effets d'eau et de lumière, à M. Bechmann; 
il rappelle un peu celui de la cascade de Saint-Qoud, 
En haut, sur le terre-plein entouré d'eau, la fontaine 
Formigé et Goutan ; l'eau s'échappe de la vasque et 
tombe dans un large bassin auquel fait suite un second 
bassin allongé, terminé lui-même par un troisième 
bassin de forme octogonale placé au croisement de 
l'axe longitudinal du Champ-de-Mars et de l'axe des 
dômes des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux. 

La fontaine monumentale en plâtre représente le 
Génie de la France voyageant sur le vaisseau du Pro- 
grès et renversant à droite et à gauche la Routine et 
l'Ignorance ; à la proue, le Coq gaulois chante le succès 
de l'Exposition ; à la poupe, la République dirige le 
gouvernail, A quelques mètres en avant, au commen- 
cement du bassin allongé, sur un roc isolé au milieu 
des roseaux, la Seine est personnifiée par une figure 
de femme assise et tenant à la main un large a\iron. 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 3:11 

L'eau tombe de la fontaine d'uliord dans une lai^e 



il 



II 
a 

II 

3 



vasque, puis vient se jetpr en une cascade de 40 mi- 
tres de largeur dans le bassin inférieur en communi- 



332 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES: ' 



cation avec le bassin allongé qui a 30 mètres de lon- 
gueur, et' de ce bassin, passe dans le dernier bassin 
octogonal. 

Dans la vasque supérieure de la fontaine, Teau s'é- 
chappe du monument par i cornes d'abondance, A dau- 
phins et 6 urnes, soit en tout 14 jets paraboliques et 
2 jets verticaux disposés de chaque côté du vaisseau. 

Sur les bords du bassin rectangulaire, on a distribué. 



— . >- • " 

— •< -^ " — ' 



.-r 







(^)ftvi(p T- C^'- ^'''-' 



^ 







FiG. 23M. — Fontaiucs lumineuses. (Coupe et flan.) 



et de chaque côté, 7 gerbes de forme variée, au total 
14 gerbes, dont 2 situées dans le premier bassin qui 
fait suite à la fontaine. Chacune de ces gerbes se com- 
pose de 17 jets do petite dimension qui entourent un 
jet principal; les jets brisés par la résistance de Tair 
retombent en poussière d'eau. Quelques-unes ont la 
forme d'une fleur dont 5 jets en lame mince et re- 
courbée figurent la corolle, tandis qu'un sixième jet 
s'échappe verticalement de la partie centrale. 
Tous les appareils ont été construits à l'atelier cen-s 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 333 



tral des machines élévatoires de la Ville, sous la direc- 
tion de M. Tinspecteur Meker. 

Enfin, au milieu du bassin octogonal extrême, on a 
installé la grande gerbe composée d'un double jet 
central et entourée de 2 couronnes concentriques, 
rintérieure de 6 jets, Textérieure de iO jets ; les jeux 
sont multiples et Ton peut faire varier leur piiissance 
et leur hauteur. 

Au total, toute cette pièce d'eau a nécessité Tinstal- 
lation de 48 effets d'eau distincts, 35 jets verticaux, 
14 jets paraboliques, près de 300 ajutages débitant 
au moins 350 litres par seconde, soit 1,100 mètres 
cubes à rheure. L'eau des gerbes des jets vient, comme 
nous l'avons dit antérieurement, du réservoir de Vil- 
lejuif (de la cote 89 mètres). On dépense .par soir en- 
viron 1,200 mètres cubes. A Glascow, M. Galloway, 
pour économiser Teau, se servait de pompes utilisant 
toujours la même eau. Mais ici, il était, au contraire, 
plus économique de renoncer aux appareils coûteux 
de M. Galloway et de faire venir Teau de la Seine sous 
pression. 

Voilà pour la fontaine et les jets d'eau, que Ton 
peut voir en fonction à peu près tout l'après-midi, 
mais à débit réduit. Les eaux jouent tous les jours au 
Trocadéro et au Champ-de-Mars. On réserve le grand 
jeu complet pour les soirs et les jours de fête. Mainte- 
nant, passons aux effets lumineux. 

La première idée des fontaines lumineuses remonte 
à 1741 ; elle appartient à un é minent ingénieur suisse, 
M. CoUadon. Le premier, il fit sortir d'un vase plein 
d'eau un jet admirablement éclairé. L'expérience de 
Colladon est facile à comprendre. 

19. 



334 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



On prend un réservoir carré en tôle assez élevé ; si 
Ton perce un trou vers la base de la paroi verticale, 
Teau s'échappe naturellement en jet parabolique par 
cette ouverture. En face de ce trou, dans la paroi op- 
posée du réservoir, encastrons solidement un verre 
grossissant, une lentille, .et plaçons derrière la len- 
tille une lampe ; la lumière de la lampe est concontrée 
par le verre et le faisceau lumineux tombe sur l'ou- 
verture par laquelle s'échappe le liquide. Les rayons 

lumineux pénètrent dans Teau et s'y 
réfléchissent; au lieu de s'en aller en 
droite ligne par l'ouverture, ils re- 
bondissent sur la surface courbe du 
liquide, se réfléchissent de proche 
en proche en suivant la courbure 
du jet; ils subissent, comme disent 
les physiciens, la réflexion totale. 
Aussi l'eau absorbe toute la lumière, 
qui ne dévie ni à droite ni à gauche, 
et le jet apparaît étincelant. 
On peut répéter l'expérience de 
Golladon sous une autre forme encore plus simple : 
il suffit de disposer sous un jet d'eau vertical et 
tout près de l'ajutage une lame de verre protégeant 
une lampe et un réflecteur installé dans un petit pui- 
sard ménagé sous la vasque du jet d'eau. Les rayons 
lumineux illumineront le jet et subiront la réflexion 
totale. 

Il va de soi que si l'on dispose entre la lampe et le 
réflecteur un verre coloré, le jet sortira lui-même co- 
loré. Tout le monde sait bien que derrière un vitrage 
rouge tous les objets apparaîtront en rouge; s'il est 




Fia.2S4. — Expërienco 
de Golladon. lUami- 
nation d*un jet pa- 
rabolique. 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 335 

bleu, en bleu, etc. De même ici la lumière passant par 
un verre rouge, bleu, vert, le jet deviendra rouge, 
bleu, vert. 

• Tel est le principe. La gerbe liquide absorbe toute 
la lumière qui s'y enferme comme dans une gaine et 
qui ne s'éparpille qu'avec les gouttelettes liquides. C'est 
ce mariage si intime de la lumière et de l'eau qui pro- 
duit ces effets merveilleux, ce véritable enchantement 
desyéuî(l). 

' L'appareil de Colladon n'était guère qu*un appareil 
de laboratoire. On s'en servit en remplaçant la lampe 
par un régulateur électrique Serrin dans divers théâ- 
tres. C'est ainsi qu'on Illumina la fontaine qui coule 
sur la scène de rOpîéra'dans le 2^ acte de Faust et la 
cascade de Ce/ïrfre7/of!, au Ghâtelet, etc. 

En 1861, im Français, M. Delaporte, prit un brevet 
pour fontaines lumineuses. Il installa au milieu du 
grand bassin des Tuileries une véritable fontaine lu- 
mineuse; le jet sortait étincelant, puis bleu, puis 
rouge. L'eau prenait successivement les teintes des 
couleurs nationales, au grand i»laisir de la foule. Le 
29 octobre 1864, nous nous rappelons fort bien avoir 
vu au Conservatoire des arts et métiers, pendant une 
soirée donnée par le général Morin, fonctionner pen- 
dant des heures la fontaine lumineuse de M. Dela- 
porte. En i88i, à Londres, M. le colonel Bolton remit 
à la mode les fontaines lumineuses. Depuis, M. Gallo- 



(l) Kepler a dé^couvert le premier le phénomène de la ri^lîexian 
totale. Bouguer pensait que toute la lumière n*était pas absorbée. 
Arago a prouvé que la réflexion totale était si complète qu'il n y 
avait dans ce cas aucune perte. Toute la lumière reste dans 1« 
liquide. 



336 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

way a donné une forme industrielle au premier dispo- 
sitif ; n a rendu sa fontaine mobile et il a pu la trans- 
porter successivement aux expositions de Glascow, de 
Manchester, de Barcelone. La grande gerbe du bassin 
octogonal est illuminée par le procédé Galloway. Les 
appareils employés sont ceux qui ont déjà ser\i en 
Angleterre et en Espagne. 

Les autres Jets, les jets paraboliques de la fontaine, 
les gerbes du bassin allongé ont été établis par le ser- 
-idce des eaux. Toute cette dernière installation est due 
à M. Bechmann et àTinspecteur du service, M. Richard» 
Il a fallu, de ce côté, résoudre un problème assez dé- 
licat. Les jets paraboliques qui sortent des dauphins, 
des cornes d'abondance de la fontaine, sont d'un gros 
volume et d'une grande amplitude. Le système Colla- 
don se montra tout à fait impuissant pour éclairer ces 
jets aux dimensions inusitées jusqu'ici. 

M. Bechmann, avec le concours de MM. Richard et 
Meker, a dû rechercher un dispositif nouveau ; il est 
parvenu, après de longues recherches et à l'aide d'un 
artifice ingénieux, h. illuminer des jets paraboliques 
ayant jusqu'à 22 centimètres de diamètre et 4"*,50 de 
longueur. Avec une grande masse d'eau s'échappant 
sous haute pression^ la lumière, même la lumière 
électrique, éclairait mal le jet; elle se diffusait rapide- 
ment dans Teau et l'éclat lumineux était insuffisant. 
M. Bechmann eut l'idée de remplacer le gros jet d'eau 
plein par un gros jet d'eau creux. Economie d'eau 
d'abord, niais surtout diminution d'absorption de la 
lumière par la 'masse liquide, et, conséquemment, il- 
lumination satisfaisante. L'idée était bonne, elle a 
réussi. Mais comment produire un jet d'eau creux? 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 337 



Tout bonnement en faisant sortir Teau non plus par 
un trou, mais par une rainure circulaire ; Teau s'é- 
chappe en lame sur le pourtour de Tajutage, empri- 
sonnant seulement de Tair au milieu de cette gaine 
liquide. Il fallait, en outre, que la lumière pût pénétrer 
au milieu de ce cylindre d'eau creux pour y subir la 
réflexion totale. Aussi a-t-on dû combiner un ajutage 
spécial. 

Imaginons donc deux grands entonnoirs métalliques, 
Tun étant un peu plus grand que Tautre. Mettons le 
plus petit dans le plus grand; il restera un espace 
libre entre les deux enton- 
noirs; on obtient ainsi un -• -.- . li^^^ 
récipient k doubles parois, r/::: :r.-l^^§Bfej|^ 
ouvert en haut et en bas. ""'"'M 
L'eau sous pression, intro- w^ 

duite latéralement entre les p,^ ,^5 _ ^j„^, j.„„ ^^^ 

deux parois, s'échappera parabolique. (système Bcchmann.) 

par Touverture annulaire 

inférieure; elle sortira en lame dont l'épaisseur dépen- 
dra de la distance que Ton aura laissée entre les deux 
parois ; on aura donc un jet creux. De plus, l'ouverture 
de ce grand entonnoir à doubles parois est libre ; rœil 
traverse le récipient d'outre en outre et peut aperce- 
cevoir le milieu plein d'air du jet d'eau. La lumière le 
traversera de même. Il suffit par suite, pour illuminer 
le jet creux, de placer derrière l'ouverture des réci- 
pients à doubles parois un puissant foyer lumineux. 
Les rayons subiront, à travers la lame d'eau annulaire, 
la réflexion totale et tout le jet sera illuminé. 

M. Bechmann a constaté que l'on pouvait réduire 
l'épaisseur de la lame d'eau qui constitue tout ce jet 



338 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

creux jusqu'à 2 ou 3 millimètres d'épaisseur. Il est re- 
marquable qu'avec cette mince couche d'eau la ré- 
flexion de la lumière puisse se faire totalement. Le jet 
seul est éclairé et sort lumineux des cornes d'abon- 
dance et des urnes. M. Bechmann a trouvé aussi qu'il 
était préférable, pour l'effet à obtenir, de faire non pas 
circulaire, mais elliptique l'ouverture annulaire de sor- 
tie de l'eau. C'est cette disposition qui a partout été 
appliquée aux jets paraboliques, et qu'il a fallu, non 
sans peine, plier aux exigences dos ornements décora- 
tifs et installer le mieux possible à la base des cornes 
d'abondance, des dauphins, etc. La place faisait dé- 
faut dans les attributs de l'œuvre de M. Coutan pour 
placer les foyers lumineux, les verres de couleur, etc. ; 
d'ailleurs, la chaleur du foyer aurait brûlé le plâtre ou 
fondu le plomb qui entre dans la construction de la 
fontaine; on a dû renoncer à l'éclairage direct; comme 
nous le verrons dans un instant, on a dû renvover à 
distance, à l'aide d'un miroir incliné à i5 degrés, la 
lumière du foyer dans la partie intérieure de l'ajutage. 
Depuis longtemps, nous l'avons dit, on a remplacé, 
pour éclairer les jets, la lampe de GoUadon par «les 
foyers électriques. On a réuni sur ce point du Champ- 
de-Mars assez de lumière pour éclairer tout un quar- 
tier, une intensité lumineuse de plus de 35,000 carcels, 
soit de 240,000 bougies! 30 régulateurs k arc de 40 am- 
pères pour toute la partie française, 17 régulateurs h 
arc de 60 ampères pour la partie anglaise. (3r, un ré- 
gulateur à arc de 60 ampères équivaut environ h 
1,000 carcels, et un régulateur à arc de iO ampères à 
900 carcels. La force motrice absorbée par cet éclai- 
rage s'élève à 250 chevaux-vapeur. 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 339 



Le courant électrique est envoyé par des fils conduc- 
teurs d'une des stations du syndicat des électriciens 
installé dans la cour qui sépare la galerie des Machines 
du palais des Industries diverses. Quand la fontaine 
fonctionne et est illuminée, elle dépense donc non 
seulement 350 litres à la seconde, mais encore ces 
250 chevaux! Et toute cette lumière est emmagasinée, 
absorbée par l'eau ! 

Le public ne peut se douter extérieurement de Té- 
norme quantité de lumière ainsi produite; les foyerç 
sont dissimulés; on ne voit rien au dehors. Tout est 
machiné comme dans un théâtre sous la grande pièce 
d'eau et tout fonctionne très régulièrement au com- 
mandement d'un seul chef d'équipe. 

Il est indispensable maintenant que nous visitions 
les dessous, pour bien nous rendre compte de l'instal- 
lation générale. 

Derrière la fontaine, côté du grand dôme, se trouve, 
masqué par une trappe, un petit escalier. Descendons 
les marches. Nous voilà en quelques instants dans une 
vaste chambre souterraine d'où partent deux galeries 
latérales qui courent sous la fontaine et sous le bassin 
rectangulaire en suivant exactement la ligne jalonnée 
par les ajutages des jets. Sous le bassin octogonal, 
partie anglaise, il existe, de môme, une chambre cir- 
culaire indépendante de la première. On y pénètre par 
une autre porte et par un couloir souterrain. Exami- 
nons d'abord Tinstallation française. En avançant dans 
l'une des galeries souterraines, on voit de place en 
place s'ouvrir dans le toit comme une cheminée abou- 
tissant à une dalle en verre de 60 centimètres de lon- 
gueur. Au-dessus du toit, c'est l'eau; nous 'sommes 



3(0 CAUSERIES. 



bien sous le pla- 
fond des bassins. 
Cliaque cheminée 
marque l'emplace- 
ment d'un jet. La 
dalle qui la ferme e 
peu au-dessus du ni 
de l'eau ; elle le 
quelques cenlim(>tri 
courbé qui amène 
débouche exactem 
milieu. Au dehors,! 
verrait par la dallf 
du souterrain, sil'o 
soin de tout cacher 
rant au moyen d'u 
roseaux en fonte, i 
ceux dont on se s< 
fontaines de nos ; 
parisiennes pour di» 
trémité des ajutage 
des bassins, le regai 
par ces obstacles, et 
apercevoir la dalle 
C'est, en effet, sou! 
que l'on dispose le 
neux. 

Les régulateurs 
installés au bas de < 
minée sur un petit bi 
Contrairement à ce 
toujours fait en . 



il 

•a 

11 



II 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 



MM. Sautter et Lem on nier ont adopté des lampes à 
charbons, qui présentent sur les lampes à charbons 



horizontaux le grand avantage de se régler automati- 
quement. Seulement l'arc, étant vertical, envoie toute 



son intensité lumineuse dans le sens horizonal ; il faut 
donc dans cette disposition relever verticalement le 



ai3 CAUSERIES SCIENTIFiQUKS. 

faisceau lumineux. On place latéralement devant la 
lampe un rL'flecteiir spliérique en verre argent)' et sy- 
métriquement du côté opposé un miroir plan incliné 
à 45 degrés. Le faisceau lumineux est projeté par le 
réflecteur sur le miroir qui le renvoie verticalement à 
travers la dalle sur le jet d'eau, oii il subit la réflexion 
totale. Il n'y a pas de perte sensible de lumière dans 
cet éclairage indi- 
direcl ; le système 
est très commode 
pourla manœuvre 
et ne nécessite pas 
de surveillance. 
' Sous la fontaine 
même, pour l'illu- 
mination des jets 
paraboliques, on 
aurait pu adopter 
aussi ce système. 
Le syndicat des 
F.a. !6o. - iii„„,L»,aon d« o.H.., ^lectriciens . au- 

paraboliqiies. (S.vslêmo Bethmaon.) quel iUCOmbentleS 

charges de l'éclai- 
rage, a préféré le système anglais, soit un régulateur îi 
charbons horizontaux, ri'glable à la main, qui lui a paru 
plus économique. Le régulateur est placé au pied de la 
cheminée qui aboutit au conduit horizontal de la corne 
d'abondance et un réflecteur disposé a'U-dessous du 
foyer projette verticalement la lumière sur un miroir 
à 43 degrés installé au sommet, dans l'angle formé par 
la cheminée et le conduit horizontal. Le miroir renvoie 
la lumière horizontalement sur le jet parabolique. 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 3ilt 

Dans la chambre souterraine circulaire du bassin 
octogonal, partie anglaise, il y a sous chaque jet aussi 
une daile, et les dalles sont ici très rapprochées, puis- 
que les jets sont très voisins pour produire l'effet 
d'une grande gerbe. Chaque dalle est directement 
éclairée par ud foyer électrique fi charbons horizon- 



taux, qui projette verticalement et directement sa lu- 
mière sur chaque jet. Le miroir devient inutile, puis- 
que l'arc étant horizontal rayonne toute sa lumière 
dans le sens vertical. Le réflecteur disposé au-dessous 
du foyer est en étain, de forme parabolique, avec une 
échancrure à la base pour laisser tomber les cendres 
des charbons. Ici il faut régler le rapprochement des 
charbons à la main. C'est un inconvénient. Mais il n'y 
a plus de miroir accessoire ; l'illumination est directe. 



344 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



C'est un avantage. Il est vrai que Ton doit perdre sans 
doute un peu de lumière par Téchancrure pratiquée 
dans le réflecteur d'étain pour se débarrasser dçs cen- 
dres ; par compensation, les régulateurs à main coû- 
tent trois ou quatre fois moins cher que les régula- 
teurs automatiques. Chaque système a du bon. Toute 
Tinstallation électrique, en ce qui concerne le syndicat 
des électriciens, a été dirigée par M. David Napoli. 

Les effets de coloration sont obtenus, comme tou- 
jours, par rinterposition de grandes plaques teintées 
entre le foyer et le jet. Dans chaque poste, c'est-à- 
dire au bas de chaque cheminée, quatre montants ver- 
ticaux forment châssis supportant cinq plaques super- 
posées. Chaque plaque repose par un cadre sur des 
galets et peut se mouvoir sur des rails sans le moin- 
dre effort. On peut les faire avancer de manière à les 
interposer exactement sur le trajet du faisceau lumi- 
neux. Les couleurs choisies sont les mômes dans cha- 
que poste : rouge, bjeu, vert, or et blanc; avec ces 
teintes, en déplaçant en tout ou en partie les plaques 
de verre, on obtient une infinité de combinaisons. 

Le changement des plaques s'effectue h distance, 
mécaniquement et simultanément. Tous les verres de 
môme couleur sont reliés entre eux par un câble qui 
court sous la voûte, maintenu par des poulies et va 
aboutir à un levier. Cette disposition rappelle les 
transmissions de mouvement adoptées sur les chemins 
de fer pour actionner à distance les signaux. Il suffit 
d'incliner le levier pour que toutes les plaques de 
même teinte roulent sur leurs rails et viennent se 
placer sur le trajet du faisceau de lumière. En rame- 
nant le levier dans sa position première, on éloigne 



LES FONTAINES LUMINEUSES. u:i 



de même les plaques dont il commande le déplace- 
ment. En arrivant dans la chambre souterraine, sous 
la fontaine, on voit disposés côte à côte les leviers 
de manœuvre. 

Un seul homme suTlit pour opérer le déplacement 
des plaques. 
Chaque levier 
porte son nu- 
méro d'ordre, t 
et le manipula- 
t«ur a sous les 
yeux un ta- 
bleau sur lequel 
viennent s'ins- 
crire les ordres 
transmis. Le ta- 
bleau indique, 
par exemple, 
n' -4 ; aussitôt 
on fait basculer 
• lelevicrn" i,et 
tous les verres 

rouges colo- Fiu. «ai. — intérieur du Uiosquo a'obscrvBiioo. 

rent en rouge ;::^"«ltuTaZ,t^.:u^:ru;i!■;x^^^^^ 

la lumière ; de lp« clianKemenM de loinle. 

même pour le 

levier des verres bleus, jaunes, etc. Chaque série a 

son levier et son cflblc de transmission. C'est tout 

simple. 

Dans la chambre circulain; de la partie anglaise, 
on retrouve le même dispositif, indépendant du pre- 
mier; mêmes leviers de commande, mtme transmis- 



346 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

■ ■ » II.. 

sion de mouvement, et encore un homme d'équipe 
pour assurer la manœuvre. 

Enfin, dans un kiosque >d[tré situé près du bassin 
octogonal se tient un chef d'équipe à environ 3"*, 50 
au-dessous du sol. C'est le machiniste, le machiniste 
anglais qui a fait fonctionner déjà les fontaines Gallo- 
way on Angleterre. Il domine la pièce d'eau et peut 
varier à son gré toutes les combinaisons. Il a devant 
lui dans le kiosque une série de leviers, une rangée 
de boutons électriques. Au moyen des leviers qui ac- 
tionnent des tringles, il commande l'ouverture des 
robinets d'introduction de l'eau dans la grande gerbe 
et peut augmenter ou réduire la puissance des jets ; 
au moyen des boutons, sur lesquels il lui sufQt d'ap- 
puyer, il transmet électriquement des ordres à la fois 
à la partie française et à la partie anglaise, de façon 
que partout les hommes puissent agir sur les mêmes 
leviers. C'est ainsi que se produisent simultanément 
les changements et les variations de teinte dans toutes 
les gerbes de la pièce d'eau. La direction est unique 
et, sous les deux cryptes, tout obéit au doigt et à l'œil. 
Les changements se font à vue et instantanément. 

Il peut peindre les gerbes de toutes les teintes ; il 
dispose d'une véritable palette. On s'est demandé ce- 
pendant comment il pouvait obliger les jets de la 
grande gerbe à varier de teinte depuis la base jusqu'au 
sommet. Il faut se rappeler que la gerbe est composée 
de deux couronnes de jets concentriques. Chaque jet 
étant indépendant et éclairé par un verre spécial, il 
va de soi que l'on peut teinter comme on le désire les 
jets de la couronne extérieure et ceux de la couronne 
intérieure, faire Textérieur rouge, le centre vert, par 



LES FONTAINES LUMINEUSES. 



exemple ; il est tout aussi facile de donner une teinte 
spéciale à chacun des jets, et d'alterner les couleurs. 



Oii peut littéralement peindre l'eau par ce dispositif de 
toutes les teintes possibles, et grouper les teintes dans 



348 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



un ensemble harmonieux. La hauteur dinérente îi la- 
([uelle s'élève chaque jet joue son rôle dans ce vérita- 
ble art de pemdre les jets d'eau. Il o.«ît clair qu en fai- 
sant varier les hauteurs, on met mieux (»n relief 
certaines coubfurs au dé I riment des autres. Il est bon 
de produire des contrastes agréables à l'œil. 

Telle est dans son ensemble l'installation des fon- 
taines au Ghamp-de-Mars. On ne pouvait mieux réus- 
sir; il eût été dommage de nous priver d'un spectacle^ 
d'une beauté indescriptible. Il est à souhaiter que Ton 
nous conserve à Paris les fontaines lumineuses. En 
province, on fait dans cette voie de la décentralisa- 
tion, La ville de Tours, qui est éclairée à la lumière 
électrique, possède déjà des fontaines lumineuses. 



^ 



X 



SERVICE ÉLECTRIQUE - L'ÉCLAIRAGE 
LES ILLUMINATIONS 



L'Exposition pendanl la soir<^c : aspect pcncral. — Ëclaira(;e. — 
Illuminations. — Le Trocadéro, la tour Eiffel, le gi*and Dôme. 
— Le gaz au Champ-dc-Mars. — Service électrique. — Les six 
stations centrales d'électricité. — Les six grandes usines de 
l'Exposition. — Chaudières, moteurs, machines électriques. — 
Fabrication de rélcctricitè. — Travail continu de 4,000 chevaux- 
vapeur. — Éclairage de la galerie des Machines. — Les grands 
lustres. — Intensité lumineuse. — La grande galerie de 30 mè- 
tres. — Les régulateurs, les lampes à incandescence. — Illumi- 
nations des façades, des jardins, des promenoirs. — 180,000 becs 
Carcel au Champ-de-Mars. 



|l est permis de dire qu'il existe en réalité 
deux expositions en 1889, l'exposition du 
jour et l'exposition du soir ; celui qui n'au- 
rait vu que Tune des deux n'emporterait 
certainement pas un souvenir exact des splendeurs 
accumulées au Champ-de-Mars et aux Invalides, 

Le coup d'œil pendant la soirée est indescriptible. Le 
regard reste tout surpris devant cette illumination ma- 
gique. C'est une orgie de lumière à laquelle on n'avait 
encore jamais assisté. Tout brille, scintille, flamboie. 
C'est une fôte perpétuelle pour les yeux. On dirait 

29 20 




330 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

qu'un artiste habile s'est sem d'une palette étince- 
lante pour couvrir de lumière l'Exposition, pour pou- 
drer d'or les grands dômes, pour piquer de traits de 
feu les pelouses et les pavillons. De loin on voit comme 
une mosaïque aux couleursmiroitantes.puis dos taches 
rutilantes dans les masses sombres, des éclairs à tra- 
vers les vitraux, des 
flammes dans les mas- 
sil's. Nous sommes au 
milieu de jardins en- 
chantés. 

Le Trocadéroest ma- 
gnifiquement éclairé, 
c'est presque un bra- 
sier; l'eau de laciiscadc 
tombe de degré en de- 
gré en nappe enflam- 
mée comme de la fonte 
en fusion. Le grand arc, 
le premier étage et le 
haut de la tour EiS'el 
sont garnis de perles 
Fiii. îea. - La Porto du Qusi donaj. lumineuses. Au som- 
met scintille le phare 
électrique avec ses feuY rouge, bleu et blanc éblouis- 
sants; on dirait d'une grosse étpile délicatement 
posée sur la grande tour. Les projecteurs promè- 
nent dans l'espace leur immense rayon de comète 
qui fait jaillir des étincelles de la crête des arbres; 
quand le rayon blanc effleure les statues du parc, 
il semblerait qu'il les anime ; il les couvre d'effluves 
brillants et les entoure d'une auréole d'argent blouâ- 



SERVICE ÉLECTRIQUE. 35« 



tre comme dans une apothéose. Lumière d*auroreI 

Et dans le fond, derrière la féerie des fontaines étin- 
celantes, le grand Dôme qui apparaît tout enguirlandé 
de festons de feux, puis, à Tintérieur, tous ces soleils 
électriques dont les radiations éclatantes viennent pro- 
voquer, le regard comme les étoiles sous un ciel des 
tropiques. Illuminations incomparables qu'il faut voir ; 
spectacle. merveilleux qui ne lasse jamais. 

Et les grands jours, quand le parc du Trocadéro et 
les jardins, du Champ-de~Mars sont aussi en fête, les 
lanternes vénitiennes piquent de leurs lueurs jaunes 
les massifs de verdure ; on en voit partout, jusque sur 
la cime des arbres, comme de gros fruits lumineux. De 
loin, on dirait de jardins saupoudrés d'une poudre 
d'or. 

Et Tembrasement de la tour Eifiel! Les feux de 
bengale n'ont jamais produit d'effets plus remar- 
quables. 

Les jardins sont illuminés par des feux verts; tout 
à coup la grande tour s'éclaire ; du haut en bas, à 
chaque étage, aux quatre piliers, on allume des feux 
rouges. Le coup d'œU devient admirable, toute la tour 
devient rouge. La couleur rouge sombre de l'ossa- 
ture s'avive pou à peu. On dirait que le métal, échauffé 
comn^e paruti incendie, va entrer en fusion. C'est une 
fournëise. En bas, les quatre foyers électriques accro- 
chera 25 mètres à chaque pilier envoient leurs rayons 
lolancs à travers ces lueurs rutilantes. La fontaine du 
milieu apparaît bleue au milieu du brasier. Tout a l'air 
de chauffer, de brûler, aux étages supérieurs jusqu'au 
grand phare. Des pétards et des bombes éclatent sur 
les plates-formes, dans les interstices si compliqués des 



352 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



fers et des croisillons. On croirait entendre le pétille- 
ment de la flamme et les éclats des charpentes qui se 
brisent. Les fumées rouges entraînées par le vent vont 
se perdre dans les fumées vertes du parc. L'incendie 
est à son comble. Le fer va fondre. L'embrasement est 
général, et éclaire de teintes sinistres la fourmilière hu- 
maine qui regarde déconcertée cette scène indescrip- 
tible. Certes, oui, c'est un spectacle singulier qui vaut 
lemérite d'être vu et nous tenions,au milieu de toutes 
ces magnificences, à en garder le souvenir. 

Autrefois, on n'ouvrait pas les expositions pendant 
la soirée ; pour la première fois, on laissa libre accès 
au public à l'exposition d'électricité de 1881 ; comment 
fermer le soir une exposition d'éclairage électrique ? 
Depuis, à Londres, à Munich, à Vienne, à Manchester, 
à Anvers, à Barcelone, à Glascow, etc., on ouvrit les 
portes largement tous les soirs ; on ne pouvait faire 
autrement pour l'Exposition de 1889. Et, en adoptant 
cette mesure, on a certainement augmenté son succès 
dans une proportion très considérable. 

On a aussi considérablement accru, s'il est permis 
de s'exprimer ainsi, le rendement utile de l'Exposition; 
on éprouve comme un sentiment de tristesse et de re- 
gret lorsqu'on voit accumuler tant d'eflforts pour une 
période de temps si courte; en augmentant sa durée, 
on donne satisfaction à un plus grand nombre de visi- 
teurs et de travailleurs et Ton tire un meilleur parti 
des sommes dépensées. On ne se doute guère, à pre- 
mière vue, des frais colossaux qu'entraîne une Expo- 
sition de durée limitée. Le prix de revient de l'heure 
est bien fait pour frapper l'imagination et nous enga- 
ger à profiter le mieux possible de dépenses qui ne 



SERVICE ÉLECTRIQUE. 353 

sauraient être consenties que dans des circonstances 
absolument exceptionnelles. 

L'Exposition de 1889 coûtera àVÉtat et à la Ville, au 
bas mot, 50 millions ; les exposants auront dépensé 
au minimum 150 millions et nous sommes certaine- 
ment bien au-dessous de la vérité ; car ce chiffre ne 
représente qu'une moyenne de 3,000 francs pour les 
50,000 exposants, et Ton sait si certains d'entre eux 
ont ménagé l'argent avec leurs pavillons luxueux.G'est 
donc plus de SOO millions qui auront été engloutis par 
Tœuvre gigantesque que nous avons sous les yeux. 

La durée de l'Exposition étant de 180 jours, il y au- 
rait eu, à raison de 9 heures par jour, si l'on avait fer- 
mé les portes le soir, seulement 1,620 heures pendant 
lesquelles le public aurait pu la visiter. Chaque heure 
aurait donc coûté li3,000 francs. En ouvrant pendant 
la soirée, on a allongé chaque journée de 5 heures, ce 
qui produit un supplément de 900 heures. Et le prix 
de l'heure s'abaisse à 79,000 francs. 

79,000 francs, c'est encore un joli denier, et quel- 
quefois les entrées d'un jour ne couvrent pas les dé- 
penses d'une heure ! Bien entendu, il ne convient de 
considérer ces chiffres que pour ce qu'ils valent, comme 
une indication curieuse et nullement comme un résul- 
tat économique qui dépend de données bien autrement 
complexes ; mais tels quels, ils suffisent pour prouver 
que le visiteur qui entre avec son modeste ticket jouit 
d'un spectacle qui revient par jour h la somme ronde 
de 1,106,000 francs : un million cent six mille francs I 
Cela ne se voit pas tous les jours. 

L'électricité est la grande magicienne des soirées de 
l'Exposition. Sans elle on serait pai*\'enu difficilement 

20. 



356 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



à un éclairage aussi brillant. Le gaz est loin d'avoir été 
délaissé (i). Le cube total, consommé par jour, s'élève 
à 17,290" ^,94 de gaz. On a posé 6,032 mètres de 
conduites en tôle et en bitume de 0,054 à 0,216 de 
diamètre, 1,886 appareils. On compte 150 abonnés, 
consommant 2,605 mètres cubes, pour le chauffage et 
2,562 mètres cubes pour Téclairage, soit iaiu total 
5,107 mètres cubes. Les candélabres consomment 
2,501"- *"-, 97; l'illumination du Dôme central avec 
ses 3,800 becs environ, 1,000 mètres cubes; la tour 
Eiffel avec 4,000 becs, plus de 1,000 mètres cubes. 
Le Trocadéro est éclairé par 51,862 becs et con- 
somme plus de 7,000 mètres cubes. L'éclairage du 
palais du Gaz absorbe 600 mètres cubes ; la galerie 
des Machines, pour la force motrice, 200 mètres cubes; 
les guichets, portes d'entrée, pompiers, police, 90 mè- 
tres cubes. Les jours de fête, la consommation nor- 
male quotidienne de 17,290 mètres cubes est aug- 
mentée de 25,800 mètres cubes, uniquement pour 
l'illumination complète du Trocadéro. 

L'éclairage électrique a été confié à un syndicat in- 
ternational qui devait se rémunérer sur les recettes du 
soir. La combinaison des bons amena une modifica- 
tion dans le contrat primitif. On lui a alloué une sonmie 
fixe de 1,800,000 francs. Ce syndicat, d'abord com- 
posé d'exposants français, s'est adjoint, suivant ses 
statuts, des exposants étrangers qui participent, pour 
leur part, à l'éclairage général. 

(1) D'après M. Cornuault, président de la Société technique de 
l'Industrie du gaz, l'emploi du gaz va toujours se développant en 
France. En 1878, la production totale était de 430,700,000 mètres 
cubes; en 1888, elle était de 628,000^000 mètres cubes. 



338 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

On a établi au Champ-de-Mars six stations centrales 
crélectricité : la station de la Société Gramme, la sta- 
tion Edison, la station de la transmission électrique 
de la force, la station de la Société « l'Éclairage élec- 
trique », la station Ducommun et enfin la station spé- 
ciale du syndicat. 

Trois de ces stations, celles du transport de la force, 
du syndicat, de Gramme, sont installées dans la cour 
intérieure qui sépare le palais des Machines du palais 
(les Industries diverses. La station alsacienne Ducom- 
mun se trouve dans la cour de la force motrice ; la So- 
ciété Edison, près du pavillon de la Presse, le long de 
Ta venue de La Bourdonnais, la Société « l'Éclairage 
électrique » sur la berge de la Seine, près de l'exposi- 
tion du pétrole. 

Toute station centrale comporte des chaudières 
pour alimenter de vapeur les moteurs, et des moteurs 
pour faire marcher les machines génératrices de Télec- 
Iricité. Nous retrouvons naturellement chaudières, 
moteurs et dynamos dans toutes les stations. 

La station de la transmission électrique de la force 
s'élève la première dans la cour intérieure, à droite de 
la rue centrale en arrivant du Dôme. Elle comprend 
une machine Corliss à cylindres accouplés horizontaux 
de MM. Lecouteux et Garnier, chaque cylindre pou- 
vant donner 500 chevaux. Elle est alimentée par un gé- 
nérateur de vapeur Roser. On a installé quatre dyna- 
mos à double anneau Marcel Deprez, qui fournissent 
lo courant sous trois tensions différentes : 600 volts et 
80 ampères pour les régulateurs, 75 volts et 690 am- 
pères pour d'autres régulateurs, et 115 volts et 7,000 
ampères pour les lampes à incandescence. Les dyna- 



SERVICE ÉLECTRIQUE. 359 

mos à 115 volts qui fonctionnent sont en relation avec 
deux batteries d'accumulateurs Julien de 65 éléments 
chacune. Chaque accumulateur pèse 160 kilogrammes 
et possède une capacité reconnue de 1 ampères-heures 
par kilogramme de plaque. Ces batteries jouent le rôle 
de réservoir d'énergie électrique. 

Lo poste voisin appartient au syndicat; remplace- 
ment est de 360 mètres carrés. La force en chevaux 
est d'environ 400. On remarque un moteur à vapeur 
de 200 chevaux et deux dynamos de M. Borssat, un mo- 
teur de 4i chevaux et une dynamo de la Société des 
forges et chantiers de la Méditerranée, im moteur de 
30 chevaux et une dynamo de la Société française de 
matériel agricole, une locomobile avec turbine à vapeur 
Parson, exposée par M. Garnot. 

A la suite vient la station Gramme, d'une surface 
de 640 mètres carrés. Elle comprend deux dynamos de 
175 chevaux et trois dynamos de 100 chevaux. Toutes 
sont compound et fonctionnent sous !200 volts de dif- 
férences de potentiel. Les machines motrices et les 
chaudières ont été installées par MM. Paxman, Davey, 
de Colchester. Les chaudières sont au nombre de 9. 
Les machines sont h triple expansion : une de 350 che- 
vaux, une seconde de 250 chevaux, une troisième de 
1 00 chevaux.La station Gramme dispose de 700 chevaux. 

La station Ducommun, dans la cour de la force mo- 
trice, est installée dans l'aile gauche du bâtiment de 
MM. Steinheim et O". Sa puissance est de 300 che- 
vaux. Les moteurs, construits par M. Ducommun, sont 
du type Armington à grande vitesse; les chaudières 
sont du système Lagasse. Les dynamos, au nombre 
de 15, sortent aussi des mêmes ateliers. 



360 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

La station Edison occupe 400 mètres carrés : un élé- 
gant pavillon de 1 5 mètres de profondeur sur 30 de lar- 
geur. On y trouve trois générateurs Belleville, quatre 
moteurs-pilons compound,à triple expansion Wehyer 
et Richemond, de 160 chevaux, un moteur-pilon com- 
pound, du même constructeur, de 150 chevaux; au to- 
tal, 800 chevaux. 

On tend de plus en plus à se servir pour les instal- 
lations électriques de machines très condensées du 
type employé dans la marine. Les machines à triple 
expansion du pavillon Edison ne consomment que 9 ki- 
logrammes de vapeur par heure, tandis que la machine 
adoptée en consomme 11 kilogrammes. La dépense en 
houille par heure et par force de cheval est réduite à 
780 grammes, résultat remarquahle. 

Les moteurs mettent en marche deux dynamos en dé- 
rivation Edison de 120 volts et de 1,000 ampères; six 
dynamos en dérivation Edison de 120 volts et 550 am- 
pères. Cette station, la première prête avec Tusine 
Gramme, a fonctionné régulièrement depuis le soir de 
l'ouverture. On la voit de loin. On a eu Tidée de hisser 
au sommet de la cheminée de 18 mètres une grosse 
lampe électrique. Le public s'y arrête encore pour une 
autre raison. Le petit parterre gazonné qui précède le 
pavillon est entouré d'un gros fil métallique fixé sur 
des pieux et formant ceinture. Or une dérivation fai- 
sait souvent passer par le fil un petit courant d'une 
centaine de volts. Quand les curieux mettaient la main 
sur le fil, ils ressentaient une légère secousse : c'était 
à qui se ferait ainsi électriser. D'où des rires, des boQ% 
culades qui ont rendu ce petit coin populaire. 

La Société Edison, près du grand moteur du Greusot, 



SERVICE ÉLECTRIQUE. 361 

possède difTtSrcntes annexes dans la galerie des ma- 
chines, et, notamment, une transmission de mouve- 
ment avec moteur électrique de 40 chevaux actionnant 
des macliines-outils. 

La station de la Société << l'Éclairage électrique » 



de la berge occupe ainsi une surface ào 400 mètres. Sa 
puissance est de 800 chevaux, obtenue par quatre chau- 
dièresTermeetDeharbeetqualremacliinesàvupeurLe- 
couteu'x Pt fiarnier. de 130 chevaux chacune. Les ma- 
chines électri<tues sont au nombre de 19 : 8 machines 
(irammc ii courants alternatifs, 10 dynamos Rech- 



362 CAUSERIES SCIENTIPMQUES. 

niewski à courants continus, et 1 machine Ferrant! 
à courants alternatifs. 

Cette dynamo Ferranti fournit un courant de 2,700 
volts, qui est envoyé par des conducteurs souterrains 
jusqu'à Tesplanade des Invalides et modifié àTaide de 
transformateurs de façon à réduire la tension en rai- 
son de la nature des lampes à allumer. 

Il existe en outre différents postes : le poste MUdé, 
destiné à alimenter les lampes-soleils du grand Dôme 
avec distribution par transformateurs Clerc-Gra^der ; 
le poste Sautter-Lemonnier; le poste Popp, etc. 

Le syndicat a, en effet, à sa disposition dans le par 
lais des Machines, pour actionner des dynamos dé 
systèmes divers, des moteurs à gaz de la Compagnie 
parisienne (150 chevaux), de la Compagnie Otto (250 
chevaux), moteurs à air comprimé Popp (20 chevaux), 
machines à vapeur Sautter-Lemonnier (100 chevaux). 
Boulet et C^» (100 chevaux), ateliers d^Œrlikon (70 che- 
vaux), Allioth et C'« (30 chevaux), Farcot (80 chevaux): 
soit 800 chevaux. 

La force dont, en somme, peut disposer le syndicat 
de lumière, dépasse 4,000 chevaux-vapeur. Ces t,000 
chevaux se transforment en électricité et c'est cette 
électricité, qui, rayonnant des diverses stations le 
long des fils conducteurs, va allumer les lampes grou- 
pées ou disséminées dans toutes les parties de l'Ex- 
position. Le nombre des lampes réparties dans l'en- 
ceinte serait suffisant pour éclairer une ville de 
100,000 âmes ; nous allons brièvement passer en re- 
vue leur distribution. 

La galerie des Machines est illuminée au point que 
Ton s'y promène comme en plein jour. C'est superbe 



SERVICE ELECTRIQUE. 363 

de clarté ; il ne reste pas un coin dans l'ombre. La 
grande nef a cependant U,000 mètres carrés de super- 
ficie. En outre, la galerie de 18 mi^tres de largeur, des 
bas côtés au rez-de-chaussée, présente une surface 
totale de planchers de 16,675 métrés sur 8 mètres de 



hauteur de plafond; puis la même galerie se répète 
au premier étage avec la même superficie, ce qui fait 
que la surface totale des planchers à éclairer du palais 
des Machines est très voisine de 77,000 mètrus carrés, 
soit près de 8 hectares. Le volume de ce colossal vais- 
seau est de 3 millions de mètres cubes. Voici comment 
M. Fontaine a installé l'éclairage du palais : 



364 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



• Dans la grande nef on a placé quatre lustres dans 
l'axe longitudinal, à distances à peu près égales, et à 
35 mètres d'élévation; ils sont manœuvres avec des 
treuils. Chaque lustre est composé de 12 régulateurs, 
brûlant à feu nu, et de 60 ampères. Un régulateur de 
60 ampères donne une intensité lumineuse de 1 ,000 car- 
cels. Chaque lustre représente donc 12,000 carcels. 
Les crayons de charbon de ces foyers ont 2 centimè- 
tres 1/2 de diamètre. Les régulateurs sont disposés en 
couronne sur un cercle de fer de 3 mètres de diamè- 
tre ; les arcs voltaïques ne sont donc distants que de 
80 centimètres. Les quatre régulateurs fournissent au 
total 48,000 carcels; ce qui aurait pu suffire à Téclai- 
rage de la nef. Ils sont alimentés par Tusine Gramme, 
sous 200 volts de différence de potentiel. Mais, en ou- 
tre et indépendamment, on a installé 86 régulateurs 
de 25 ampères, à 15 mètres du sol, sur 5 rangs longi- 
tudinaux et sur 18 rangs transversaux, soit un régu- 
lateur par environ 400 mètres de surface. Ces foyers 
sont munis de globes de verre clair de 45 centimètres 
de diamètre. Les crayons ont un diamètre uniforme 
de 14 millimètres. Un régulateur de 25 ampères four- 
nit 350 carcels. De ce chef, la lumière répandue encore 
dans la nef est donc de 30,100 carcels (1). 

Enfin, les bas côtés du rez-de-chaussée et les gale- 
ries du premier étage sont éclairés encore au moyen 
de 276 régulateurs de 8 ampères, placés à S mètres 

(1) Ces régulateurs ont été répartis entre les adhérent» au syn- 
dicat, qui sont : MM. Crompton (Angleterre), 24; Ducommun 
(Alsace), 20; Sautter-Lemonnicr (France), 12; Jaspar (Belgique), 
9 ; Société belge do transport de la force à grande distance, 6 ; 
Borssat (France), 5; Société française do matériel agricole, 4; 
Hcnrion (de Nancy), 4. 



SERVICE ÉLECTRIQUE. 



du plancher. Un ré^Iateur de 8 ampères équivaut h 
100 carccls. Donc encore à ajouter 57,600 carceis (I), 
c'est du la prodigalité. On a concenli'é dons le palais 
des Machines 105,600 carceis. Sur le seul plancher du 



rez-de-chaussi'^e on dispose de 78,100 becs, près de 
2 becs Carcel par mètre superficiel. 
Mais il ne faut pas confondre le pouvoir lumineux 

(1) Cfs SU' rtpiilnlcups onl élè poses par les ex])osanls di'ji'i 
cite», aumiiirls il faut adjoiiidri; MM. Alliolh ol C'", les ateliers 
d'Œrlikon n la Cumpagnic Po)ip. 



366 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

d'nn foyer avec sa puissance d*éclairement. En réa- 
lité, dans les espaces couverts, tous les brûleurs con- 
tribuent à réclairage de chaque point; réclairement 
bénéficie du voisinage de tous ces foyers multiples et 
l'intensité lumineuse totale est très supérieure à la 
somme des intensités partielles de chaque foyer. 

M. Brault a recherché comment était éclairée une 
feuille de papier blanc placée horizontalement et pro- 
menée en divers points du plancher. Il a trouvé que, 
selon les régions où on faisait Texpérience, un mètre 
carré de papier recevait des foyers de 60 ampères un 
éclairage compris entre i et 10 carcels, et des foyers 
de io ampères, de 3 à 6 carcels. La moyenne de Téclai- 
rement du plancher par les deux genres de foyers 
atteint 10 carcels par mètre. Il faudndt donc en con- 
clure que la lumière répandue dans la nef du palais des 
Machines atteindrait en fait et à elle seule 4i0,000 car- 
cels. L'Administration avait demandé pour l'éclairage 
public qu'on lui assurât une intensité de 150,000 car- 
cels. Dans le seul palais des Machines, on relèverait, 
si les déterminations de M. Brault sont exactes, près 
de trois fois Tinlensité totale réclamée d'abord pour 
l'ensemble de l'éclairage public du Champ-de-Mars. 

Ajoutons que la maison Sautter-Lemonnier a encore 
placé au centre du palais des Machines, en face du 
vestibule d'entrée, un phare tournant, analogue à 
celui de la tour Eiffel, d*une intensité de 3,000 carcels, 
et im projecteur de i"',50 de diamètre, d'une puis- 
sance de 10,000 carcels. 

Les escahers du palais ont néanmoins leur éclairage 
spécial. Escalier, côté de rÉcole-Militaire, "iOQ lampes 
à incandescence de 8 bougies W'oodhouse et Rawson ; 



SERVICE ÉLBCTRrQlJK. 



les bureaux agemV's sous ICscaber, 

*S0 bougies de M. Uamot. Le grand escaUer, côté de 

l'avenue de SufTren.SHO lampes de 8 bougies Jarriant. 



L'escaber, c6té avenue de La Bourdonnais, 160 lampes 
de 8 bougies Crompton. Voiiù pour les machines. 

L'annexe de Li classe des chemins de fer occupe, à 
côté de la galerie des Macbines, un rectangle de 
187 mètres de long, sur 30 mi'tres de large, soit une 
superficie de .1,718 mètres carrés, M. Borssat l'a 
éclairée avec 'à régulateurs de 35 ampères et 30 de 
H ampères. Le vestibule d'entrée du palais des Ma- 



368 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

chines est éclairé par 10 régulateurs de 8 ampères et 
3!20 lampes de 8 bougies; Tinstallation est due à la 
Société des forges et chantiers de la Méditerranée. 

La grande rue centrale du Dôme a reçu de son côté 
une illumination non moins belle. Sur toute sa lon- 
gueur, on a placé 70 régulateurs Cance de 8 ampères, 
et 5,- de 25 ampères, à la façade du Dôme. Le courant 
est fourni par la Société de la Transmission de la force 
par rél(»ctricité. A la naissance du Dôme, la Société 
Gramme allume une couronne de iS lampes, de 
500 bougies ; au premier étage, le syndicat des brevets 
Clerc a installé 16 lampes-soleils; sous les voussures 
d'angle, la Société de Transmission électrique allume 
14 lustres de 20 lampes. C'est elle aussi qm éclaire 
les galeries de raccordement, la galerie Desaix qui sé- 
pare le palais des Industries diverses de celui des Arts 
liljéraux, la pelouse centrale, le terre-plein de la sta- 
tue de la République, certains vélums, le restaurant 
russe, le restaurant des Ambassadeurs, etc. Cette So- 
ciété allume encore 120 régulateurs pour Téclairage 
des galeries des restaurants, pour les pourtours des 
pavillons de la Ville de Paris, y compris la galerie De- 
saix, enfin, et au total, 2,500 lampes à incandescence. 

L'usine Edison envoie le courant à 22 régulateurs, 
à la porte Rapp ; à 46 régulateurs, dans la galerie des 
Beaux-Arts ; à 30 régulateurs, sur la façade extérieure 
du palais des Beaux-Arts; à 160 lampes, dans les bu- 
reaux de la Direction générale ; à 150 lampes, au pa- 
villon de la Presse, etc. En outre, elle allume 
1 ,000 lampes sous les vélums du jardin central, 330 aux 
porches du palais des Beaux-Arts et h rentrée Rapp ; 
4,000 en bordure des pelouses, des bassins et des fon- 



■ SERVICE ELECTRIQUE. 369 

taines, 1,00(1 dans les massifs du jardin central. C'est 
encore elle qui alimente IS régulateurs au théâtre des 
Folies-Parisiennes et 120 lampes; 120 lampes au pa- 
villon des Téléphones et 3 régulateurs; au pavillon 



des Diamants du Cap, S régulateurs et 26' lampes ; au 
pavillon du Mexique, 22 régulateurs et 400 lampes; au 
pavillon de Suez, 9 régulateurs : au pavillon de l'Equa- 
teur, 50 lampes, etc. Tout cela est resplendissant. 
En somme, on peutdire que, dans le parc, la Société 



370 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



de Transmission électrique s'est chargée de l'éclai- 
rage du jardin supérieur et des kiosques des orches- 
tres; la Société Edison, du jardin central avec Taide, 
pour quelques parties accessoires, de la Compagnie 
électrique et de la Société « TÉclairage électrique ». 
L'éclairage de la façade des Arts libéraux a été fourni 
par la Compagnie électrique, 3i régulateurs de 8 am- 
pères. De son côté, la Société « l'Éclairage électrique » 
s'est chargée de la partie nord du palais des Beaux- 
Arts : 34 régulateurs contre la façade, 12 régulateurs 
dans les massifs et 23 bougies JablochkofT, à l'entrée 
des escaliers. Tout le jardin inférieur est dans les 
attributions de cette Société, ainsi que les abords de la 
Seine. Nombreux foyers sur le pont d'Iéna, annexes 
de Tagriculture, passerelles, tranchées de chemins de 
fer, etc. Cette Société éclaire aussi les Invalides; elle 
a pour auxiliaire, à l'Esplanade, la Société Genest et 
Herscher et la maison Garnot qui possède une force 
motrice importante de 100 chevaux. Au Trocadéro, la 
Société Gramme a installé un moteur à gaz de 16 che- 
vaux, actionnant une dynamo qui alimente 2 ares et 
iiù lampes à incandescence au restaurant de France. 

Les installations électriques ont nécessité la pose 
de plus de un million de mètres de câbles aériens et 
souterrains. Limitons ici cette nomenclature qu'il est 
superflu d'allonger encore. Nous avons voulu fixer 
pour l'avenir la part qui revient à chacun dans cet 
éblouisscment des yeux. 

L'illumination des fontaines est comprise dans le 
service du syndicat. C'est la station Gramme qui 
envoie le courant aux fontaines lumineuses . Au moment 
où l'on doit éclairer les gerbes, on éteint, dans la ga- 



SERVICE ÉLECTRIQUE. 371 

.1 m - ■ !■ -I - ' _ - - - ■ - r^M_^ 

lerie des Machines, 9 régulateurs sur les i'i qui com- 
posent les grands lustres, et le courant qui leur est 
enlevé est envoyé aux régulateurs du sous-sol des 
fontaines. Il est donc préférable de. visiter la galerie 
des Machines pendant que les fontaines ne jouent pas. 
Essayons maintenant, avant de unir, d'évaluer la 
quantité de lumière produite dans l'enceinte du Ghamp- 
de-Mars. Avec le directeur du syndicat, M. Fontaine, 
nous admettrons les intensités lumineuses suivantes : 

Régulateur à arc de 8 ampôros .... 100 carcels. 

— 12 — .... 200 — 

— 25 — .... 350 — 

— 60 — .... 1,000 — 

BoujJTÎc .lahlochkofl' 40 — 

Lampe -soleil 100 — 

Lam[)es à incandescence de 100 volts et 

12 ampères 50 — 

Lampes 6 ampères 25 — 

— 1 '2 ampère 1 — 

— * 1;5 ampère 1/2 — 

Comme on a installé au moins 50 régulateurs à 
1,000 becs, 100 à 350, 10 à î200, 725 à 100, on a déjà 
de ce côté 162,000 carcels. De plus, on dispose de 
100 bougies JablochkofF, de 16 lampes-soleils, de 72 
lampes à incandescence de 50 carcels, 10 de 25 et d'en- 
viron 10,000 lampes à incandescence depuis i/2 jus- 
qu'à 10 carcels ; donc à ajouter encore 14,680 carcels. 
Au total, rintensité peut être fixée à plus de 180,000 
carcels, soit environ un million cinq cent mille bou- 
gies. 

Au Trocadéro, l'éclairage électrique équivaut à 
4,500bougies;àrËsplanade desinvalides, àl20,000 bou- 
gies. 



372 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



En fin de compte, toute cette lumière est engendrée 
par la combustion d'environ 10,000 à 12,000 kilo- 
grammes de houille par heure (1). D'une part un grand 
brasier, de l'autre des torrents de lumière! La chaleur 
du brasier se transforme en électricité et Télectricité 
en lumière. On parvient ainsi à faire courir sur des fils 
et à utiliser sur place l'énergie engendrée par la com- 
bustion du charbon. 



(1) D'après cela, chaque bec Carcel no dépense en charbon, par 
heure, qu'environ 60 grammes, soit à peu près deux dixièmes de 
centime. En ajoutant les frais de matériel et de personnel, le prix 
de revient do la carcel est encore bas et inférieur à celui du gaz. 



XI 



LA TOUR DE 300 METRES 



La Tour de 300 mètres. — Les grandes tours. — Obélisque de 
Washington. — La colonne de Turin. — Projet Bourdais-Sé- 
billot. — Projet Eiffel. — Origine et genèse. — Hauteur comparée 
des principaux monuments. — Les premiers travaux.— Fonda- 
tions. — Les quatre piles. — Pressions sur le sol, — Pressions sur 
la pierre. — Les pieds de la tour. — Montage. — Inclinaison des 
montants. — Le premier étage. — Raccordement des poutres hori- 
zontales et des montants. — Les presses hydrauliques. — Sou- 
lèvement en bloc de la tour. — Le travail en l'air. — Résistance 
contre le vent. — Stabilité exceptionnelle. — Poids des fers. — 
Poids total de la tour. — Prix de revient. — Conventions avec 
l'État et la Ville. — Exploitation. 



ARis possède, en 1889, le monument le plus 
haut que Thomme ait jamais élevé sur 
terre. A l'entrée du Ghamp-de-Mars, de- 
vant le pont dléna, comme un gigan- 
tesque portique, servant d'entrée à l'Exposition, se 
dresse, superbe, la tour de 300 mètre?. Une grande 
partie du monde civilisé a passé sons cet immense arc 
de triomphe, symbole de la victoire toute paciflque du 
génie humain. 

Elle était depuis bien longtemps dans l'air, l'idée de 
cette construction colossale. Depuis la tour de Babel, 




374 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



rhomme a touj ours rêvé d'ériger une tour dont la flèche 
élancée allât se perdre dans le bleu du ciel. Pendant 
des siècles, l'œuvre parut rester au-dessus des efforts 
des constructeurs ; on n'essaya même pas de la réali- 
ser. Toutefois, en 1832, le vote du bill de réforme 
suggéra au célèbre ingénieur anglais Trevithick le pro- 
jet de perpétuer le souvenir de cet événement par l'érec- 
tion d'une colonne de 1,000 pieds (304",80). 

Dans une note insérée d^Moming He7*ald, du 19 juil- 
let 1833, Tre\'ithick proposa de tenir un meeting et 
d'ouvrir une souscription où seraient admises toutes 
les cotisations, môme les plus faibles. La colonne devait 
être à jour et en fonte, de 1,000 pieds de hauteur, avec 
un diamètre à la base de 30 mètres et au sommet un 
diamètre de 3 mètres 60. 

On devait employer pour la construire 1,500 plaques 
de fonte, de 3 mètres de côté, avec é\'idement circu- 
laire au centre de 1",80 de diamètre. Les plaques 
auraient eu 50 millimètres d'épaisseur, avec des brides 
sur les côtés pour permettre l'assemblage par boulons 
avec interposition de plaques de plomb. Chaque pla- 
que pesant 3 tonnes, le poids total eût été d'environ 
6,000 tonnes. La colonne devait reposer sur une fon- 
dation circulaire avec soubassement de 18 mètres de 
hauteur. Elle devait se terminer par un chapiteau avec 
plate-forme de 15 mètres de diamètre portant une 
statue de 1 2 mètres de hauteur. Au centre de la colonne 
on eût installé un tube-piston mû par l'air comprimé 
qui se serait élevé de la base au sommet pour monter 
les curieux. En cinq minutes cet ascenseur aurait par- 
couru le trajet total à la vitesse de i mètre par seconde. 

Le dessin de cette colonne fut publié par les jour- 



LA TOUR DE 300 MÈTRES. 31S 

naux du temps. Trevithick réclamait un an pour éle- 
ver le monument et il évaluait la dépense à î millions 
de francs. Les plans furent présentés an roi Guillaume 
le 1" mars 1833. Mais Trerithick mourut le 21 avril 




de la même année et après lui on n'entendit plus par- 
ler de la colonne de la Réforme. 

En 184S, les Américains conçurent le projet plus mo- 
deste d'élever à Washington un obélisque de 183 mètres 
et ils commencèrent la construction ; mais en 1 854 alors 
que la pyramide était parvenue à 46 mètres de hauteur, 
on s'aperçut qu'elle penchait d'une façon inquiétante ; 
on suspendit les travaux. En 1877, on fit de nouvelles 



376 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

■ m • .... 

fondations, on reprit la construction de la partie supé- 
rieure et l'on s'en tint, par prudence, à la hauteur de 
169 mètres. On avança de 1880 à 1885 à peu près au 
taux de 30 mètres par an. 

L'obélisque a été inauguré le 20 février 1885, jour du 
50" anniversaire de la fondation.de Washington. Il a 
coûté 7,100,0i}0 francs. Les principales dimensions 
sont : hauteur au-dessus des fondations, avec chapi- 
teau, leO'^jie: sans chapiteau, 152™,39. Labaseestun 
carré de 16°, 75 de côté.. Au sommet, le carré n'a plus 
que 10"',69 de côté. La base se prolonge sur une hau- 
teur de 45°, 72. La muraille a une épaisseur de 4", 56 à 
la base et de 0°,50 au sommet. Les fondations ont 
11°,28 de profondeur. Le côté de la base mesure 
38°, 40. Sur le premier massif de béton, qui a 4 mètres 
d'épaisseur, eçt assis un second massif de 30°,48 de 
côté et de 7°, 17 de hauteur, avec environ 20 mètres 
de côté à la base supérieure. 

Almtérieur, sur 45 mètres de haut, la tour a 7°, 67 de 
diamètre; au delà, l'épaisseur de la muraille dimi- 
nuant, elle a 9°,63: enfin, à partir du chapiteau, qui a 
16°,86 de haut, le diamètre est de 10°,69. 

Les parements extérieurs de cette haute pyramide 
sont, de la base au sommet, en marbre blanc. Le gros 
de maçonnerie, qui a 4°,56 d'épaisseur àlabase, est en 
granit. Ce n'est que vers le sommet, dans la partie où 
le monument n'a plus que 0°,50 d'épaisseur, que Ton 
a employé exclusivement le marbre. Les matériaux ont 
été montés à l'aide d'un ascenseur à vapeur, à treuil 
et à double câble en fils d'acier. Cet ascenseur a été 
établi à titre définitif; il sert maintenant à élever les 
visiteurs qui ne veulent pas s'astreindre à gravir les 



LA TOUR DE 300 METRES. 377 



910 marches de l'escalier, ascension laborieuse qui 
exige plus de 35 minutes. Il est question d'entourer cet 
inmiense obélisque d'un monument circulaire non 
moins immense qui servirait de Panthéon pour les 
illustrations des Etats-Unis. 

En 1874, à Toccasionde l'Exposition de Philadelphie, 
MM. Clarke et Reeves, les célèbres ingénieurs améri- 
cains, proposèrent de bâtir une tour de 304 mètres. A 
Bruxelles , on parla aussi d'ériger une tour de 200 mètres , 
en bois. En Italie, à Turin, on vient de terminer, au 
mois de mars dernier, une tour de 170 mètres, la tour 
Mole Antonelliana, plus élevée d'un mètre que l'obé- 
lisque de Washington. Le Génie de la maison de Savoie 
couronne l'édifice. Évidemment, les peuples étaient 
hantés du désir de construire la plus élevée des tours. 
L'heure psychologique était proche ; le centenaire de 
1789 devait la faire sonner. 

En 1881, un ingénieur, M. Sébillot, était revenu 
d'Amérique avec le dessin d'une tour de 300 mètres, 
surmontée d'un foyer électrique destiné à éclairer 
Paris. L'idée fut reprise en commun par MM. Bour- 
dais et Sébillot; la tour devait avoir 370 mètres : 
300 mètres en pierre, 70 mètres en tôle. Un second 
projet d'une tour tout en fer fut encore présenté en 
1885 à la commission de l'Exposition par M. Boifrdais 
Mais en même .temps M. G. EifiFel, de son côté, prépa- 
rait l'édification d'une grande tour métallique. C'est 
M. Nouguier, ingénieur de la maison Eiffel, qui le pre- 
mier, conçut cette tour; avec Iji collaboration de 
MM. Kœchlin et Sauvestre, il la dessina et la calcula. 
Le projet Unit par séduire M. Eiffel lui-môme, qui réso- 
lut d'en entreprendre la réalisation aVec quelques mo- 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES 



dilications. La possibilité de 
construire une tour aussi éle- 
vée ressortait avec évidence 
de plusieurs travaux anté- 
rieurs. Il faut chercher la 
genèse de la tour de 300 mè- 
tres dans l'étude préalable 
des grandes piles métalli- 
ques gue l'on a élevées dans 
ces vingt dernières années 
pour ditférents viaducs. Il 
n'est pas superflu de mon- 
trer comment peu à peu on 
a été conduit àconstmire de 
hautes piles résistant au 
vent. L'histoire df la tour 
touche b. certains égards à 
l'histoire des viaducs métal- 
liques. 

Le plus ancien ouvrage 
métallique de co genre date 
de 1853; c'est le viaduc de 
Crumlin, dans h' jiays de 
Galles; les piles étaient des 
char|"'"'f s en fonte de 53 mè^ 
très de hauteur. Kn 1 834, on 
exécute de même le viaduc 
de la Sitter en Suisse entre 
Saint-Gall e*t Winterthur 
avec des piles de 17 mètres. 
En 1857, les ingéiueurs du 
Creusot entreprennent sur la 



LA TOUR DE 300 MÈTRES. 319 

ligne de Lausanne à Berne, 
dont M. Nordling était l'ingé- 
nieur en chef, le viaduc de la 
Sarinp près de Fribourg, avec 
despilesmétalliques de i3mè- 
tres. La superstructure métal- 
lique avait pour conséquence 
une grande économie, pr<";s 
de 50 p. iOO d'économie sur 
la pierre. Aussi M. Nordling, 
passé au réseau central de la 
compagnie d'Orléans, n'hésite 
pas à adopter également le 
métal pour le Busseau d'Ahun 
qui franchit la Creuse et pour 
le viaduc de la Cére sur la ligne 
de Figeac à Aurillac. Le pre- 
mier, guidé par des considé- 
rations de résistance et d'es- 
thétique, il construisit des 
piles de 35 mètres en forme 
de troncs de cônes, formées 
chacune de huit arbalétriers 
ou colonnes en fonte suppor- 
tant une poulre en treillis à 
travées de 45 mètres. Ces deux 
ouvrages, achevés en i8fi3,fu- 
rent justement admirés pour 
leur grande légèreté. C'est en- 
core M. Nordling qui fit exé- p,o. î;û. _ viaduc de i> 
cuter, moitié par ta maison sîooiio, «ur u Ugoa ao 
Cail, moitié par la maison smiitparM.Eiirfioa'iwe. 



380 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Eiffel, quatre viaducs métalliques à simple voie, sur 
la ligno de Commontry à Gannat. L'un de ces ou- 
vrages, celui de la Double, a des piles de 56 mètres 
formées seulement de quatre arbalétriers en fonte re- 
liés par des étrésillonsen fer ; ce travail fut terminé en 
1870. Nous voilà arrivés peu à peu à la forme pyra- 
midale des piles et à quatre simples arbalétriers. Il n'y 
avait plus qu a i:emplacer la fonte par le fer dont le 
prix de revient a été si fort abaissé, pour arriver aux 
constructions plus récentes, au viaduc du Douro en 
Portugal commencé en 4877. 

Le Douro, très large, profond de 15 à 20 mètres aux 
environs de Porto, avec un courant rapide, ne per- 
mettait pas la fondation en maçonnerie; il fallait 
franchir Tobstacle par une seule travée, soit 160 mè- 
tres, d'une rive à l'autre. Les Américains avaient déjà, 
de 1868 à 1870, jeté sur le Mississipi un ponten tubes 
d'acier dont les travées en forme, d'arcs surbaissés 
avaient environ 137 mètres d'ouverture. Mais si Ton 
avait construit un arc surbaissé sur le Douro, on bar- 
rait l'entrée du port. C'est alors que M. Eiffel eut l'idée 
hardie de jeter sur ce vide immense un arc métallique 
à courbe très accentuée qui monterait assez haut pour 
porter directement le tablier destiné au chemin de 
fer, tandis que ses reins serviraient d'appui à deux 
petites piles diminuant de moitié la partie comprise 
entre le sommet de l'arc et les supports métalliques 
extrêmes fondés sur le roc. Les éléments de cet arc 
furent calculés par M.Seyrig*alors associé de M. Eiffel. 
L'arc a 160 mètres de portée avec 42 mètres de flèche. 
A ses deux extrémités, il s'appuie sur une rotule comme 
on l'a fait pour les grands arcs de la galerie des Ma- 



LA TOUR DE 300 MÈTRES. 381 



chines, comme l'avait fait M. Oudry au pont tournant 
de Brest. Le succès du viaduc de Maria Fia engagea 
le gouvernement portugais à édifier ensuite le pont- 
viaduc de Luis /*"' destiné à fournir une double com- 
munication : un passage inférieur entre le quai de 
Porto et celui de Villanova de Gaia, un passage su- 
périeur reliant les plateaux voisins à 62 mètres au- 
dessus du fleuve. Ce fut le projet de M. Seyrig qui fut 
adopté et exécuté en 1885. C'est un peu la répéti- 
tion du précédent viaduc avec portée plus grande 
de 172 mètres et passerelle inférieure suspendue à 
Tare sur lequel porte le pont, un peu aussi comme la 
passerelle du pont de l'Aima est suspendue à l'arc 
ogival que MM. Moissant, Laurent et G** ont jeté 
pour le passage des visiteurs au-dessus des avenues 
Rapp et Bosquet. L'arc est aussi appuyé sur des ro- 
tules. 

Un peu avant qu'on exécutât ce travail, on se pré- 
occupait, en France, de terminer le chemin de fer de 
Saint-Flour à Marvejols. A 10 kilomètres de Saint- 
Flour s'ouvre une gorge profonde, la gorge de la 
Trueyre, affluent du Lot. Il eût fallu faire un long dé- 
tour pour trouver des rives assez basses permettant 
de jeter un pont aux dimensions ordinaires, ce qui 
augmentait les dépenses. M. Léon Boyer, le regretté in- 
génieur que nous avons perdu à Panama, eut l'idée de 
faire pour le Trueyre ce qui avait si bien réussi au 
Douro.Il projeta d'asseoir la portée centrale du tablier 
sur un grand arc. La portée était celle de Porto à très 
peu près, mais la hauteur du sol au-dessus de la ri- 
vière atteignait 124 mètres, le double de ce qu'elle est 
en Portugal; la longueur totale du tablier métallique, 



382 . CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

I 

■ I ■■ M il ^^l^^M^pa 

reposant sur Tare et sur des piles ayant le rocher pour 
fondement et sur celles qui supporteraient les reins de 
l'arc, s'élève à 564 mètres. Le Conseil général des 
Ponts et Chaussées accepta le projet de M. Boyer en 
1879 et « décida qu'il convenait d'en confier l'entre- 
prise à M. Eiffel qui pouvait en revendiquer la pre- 
mière paternité (1) ». Ainsi s'éleva le célèbre viaduc 
de Garabit (2). 

Nous avons insisté sur ces détails rétrospectifs, parce 
qu'on le voit bien, les grandes piles ont réellement 
servi de genèse à la tour de 300 mètres, et réciproque- 
ment l'exécution de la tour démontre que maintenant 
on pourra établir des piles de grande hauteur. M. EifTel 
lui-même, pour bien montrer que la tour était par- 
faitement exécutable, et qu'il ne promettait rien 
qu'il ne pût tenir, avait déjà étudié des piles d'une 
hauteur de 125 à 130 mètres; il avait exposé les 
dessins devant la Société des ingénieurs civils, et in- 
diqué les moyens qu'il comptait employer pour l'exé- 
cution. 

Du reste, M. Nordling, Tauteur, en France, de nos 
premiers viaducs métalliques, s'exprimait ainsi en 
1864 : « L'art moderne a réalisé simultanément deux 
importants progrès dans la construction des ponts et 
des viaducs. L'un consiste dans l'application de l'air 
comprimé sous l'eau, l'autre dans l'application de la 
charpente métallique aux piles des viaducs. Le pre- 
mier permet de descendre les fondations à des profon- 
deurs autrefois inabordables; le second, d'atteindre 



(1) M. DH liAPPARENT, le Correspondant du 2."i août 1889. 

(2) Voir le dessin au chapitre consacré aux Travaux publics. 



LA TOUR DE 300 MÈTRES. 383 

des hauteurs auxquelles on n^ aperçoit pas deUmites[\). » 
C'est encore M. Nordling qui étudia le premier avec 
soin l'influence si prépondérante du vent sur les hautes 
piles. Le résultat analytique auquel il a été conduit a 
été contrôlé sur les piles des viaducs de Busseau et de 
la Gère ; il est curieux ; les efl*orts de traction et de com- 
pression augmentent de moins en moins, selon une loi 
simple, avec la hauteur. Ainsi, si Ton doublait la hau- 
teur des piles du système de Busseau, l'effort de trac- 
tion n'augmenterait que de 43 p. 100 et TefTort de com- 
pression de 24 p. iOO. Mais si l'on triplait la hauteur, 
l'effort de traction augmenterait de 37 p. 100 seule- 
ment et celui de compression de il p. 100. Pour le 
viaduc de la Gère, si l'on double la hauteur des piles, 
l'effort de traction n'augmente que de 21 p. 100 et l'ef- 
fort de compression de 27 p. 100. 

Enfin, si Ton triple la hauteur, l'effort de traction 
n'augmente plus que de 6 p. 100 et celui de com- 
pression de 44 p. 100. D'après cela, on voit que les 
efforts dus au vent diminuent sensiblement à partir 
del 25 mètres. 

M. Nordling a insisté aussi le premier sur la sup- 
pression des arbalétriers intermédiaires. Il est un pre- 
mier moyen, dit-il, d'une efficacité puissante qui 
réduit les efforts de traction, c'est de supprimer les 
arbalétriers intermécliaires et de concentrer toute la 
charge sur les quatre arbalétriers (Vangle.., Le nombre 
des arbalétriers, qui est de 14 à Crumlin, de 12 à Fri- 
bourg, de 8 à Busseau .et à la Gère, est ainsi défini- 



(l) Mémoire sur les piles en charpente métallique da grands 
viaducs. Annales des Ponts et Chaussées. — Paris, 1864. 



384 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. . 

tiyement réduit à A par pile. C'est le nombre adopté 
par la maison* Gail pour quelques piles métalliques 
exécutées en Espagne (1). 

Sans insister davantage sur ces détails techniques, 
on voit apparaître peu à peu dans les recherches an- 
térieures les principes fondamentaux que M. Eiffel a 
su si parfaitement mettre en œuvre dans son incom- 
parable et gigantesque pylône. C'est ainsi que Témi- 
nent ingénieur fut conduit h admettre, pour les pieds 
de la tour, quatre simples arbalétriers d'angle, à 
supprimer les grandes diagonales et entretoises qui 
alourdissaient tant autrefois les constructions. L'in- 
tervention des pièces en croix devient superflue du 
moment où l'on rend l'efTort du vent perpendiculaire 
aux arêtes des arbalétriers. Et pour rendre la force 
perpendiculaire aux arêtes, il suffit de donner par- 
tout, de bas en haut, à cette arête, une courbure carac- 
téristique, celle que Ton retrouve dans le profil des 
piles en pierre des grands viaducs construits par les 
ingénieurs des Ponts et Chaussées. Cette courbe 
d'égale résistance est telle qu'en chaque point,, la 
direction de l'arête vient se rencontrer au point d'ap- 
plication de la résultante du vent. Voilà pourquoi on 
a donné aux arbalétriers de la tour cette courbure 
spéciale qui frappe le public. Tout TefTort porte sur 
les arêtes des piliers, et il a suffi de remplacer les 
lourdes pièces de fer de jonction à l'intérieur par de 
légères entretoises qui n'ont d'autre but que d'assurer 
l'invariabilité du système. 

Quatre grandes arêtes, un prisme, et la construc- 

(1) Mëmoire cité, p. 117. 



LA TOUR DE 300 METRES. 385 

tion peut défier les eflforts du vent. La forme de 
la tour n'a donc pas été choisie arbitrairement, ni 
davantage pour obéir à des considérations d^ordre 
architectural; elle résulte dii*ectement du calcul. 

Les détails dans lesquels nous sommes entrés n'ont 
nullement pour but de diminuer les mérites de 
M. Eiffel. Tout est dans tout. Sans lui, la tour serait 
sans doute encore à construire. Il a fallu non seule- 
ment de grandes qualités personnelles pour entre- 
prendre cette œuvre colossale et la mener à bonne 
fin, mais encore une organisation très puissante, un 
outillage hors ligne, une usine aménagée et déjà en- 
traînée pour de grands travaux. A l'usine de Levallois- 
Perret, on est parvenu à simplifier le travail, à substi- 
tuer à un montage lent et coûteux un montage rapide 
et économique, au moyen de pièces toutes découpées 
à l'avance et toutes prêtes à river. 

Ëtant données ces diverses conditions de succès, on 
pouvait avancer que la tour pourrait être élevée dans 
un temps très court et avec une dépense relativement 
faible. 

En outre, le fer est dix fois plus résistant que le 
bois, \ingt fois plus que la pierre ; le métal est doué 
d'élasticité, ce qui lui permet de résister aux efforts 
de tension aussi bien qu'aux efforts d'extension. La 
légèreté des constructions en fer donne le moyen de 
diminuer l'importance des supports et des fondations. 

La construction du pont de Forth confirmait d'ail- 
leurs les vues de M.. Eiffel. Les deux travées de ce pont 
ont l'énorme ouverture de 517 mètres, et les piles en 
fer ont 1 10 mètres de hauteur. 

Le projet était donc séduisant; il devenait ainsi Tex- 

29 22 



386 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

pression même de l'art de l'ingéiiieur eD 1889; c'était 
h la fois un objet d'exposition et le témoignage le plus 
frappant que l'on puisse imaginer du caractère qu'ont 



lu etiAf. 

i. (ix.).-». Pr«- 



pris à notre époque les grands travaux d'art. Aussi 
parut-il à la commission de rKxposition tout à fait 
réalisable. M. Alphand accepta les plans, et, le 8 jan- 
vier 1887, fut signée la convention avec l'État et avec 
la ville de Paris ; convention qui Tixait les conditions 
dans lesquelles la tour devait être construite. 



LA TOUR DE 300 METRES. 38T 

La tour Eiffel a été popularisée par le dessin dès la 
fin de 1886 ; tout le monde en connaît Tesquisse géné- 
rale. Quatre grands pieds inclinés s'élèvent du sol et 
soutiennent à 55 mètres un plancher qui forme le pre- 
mier étage. Au delà, quatre nouveaux supports forment 
une pyramide assise sur la première et aboutissant à 
115 mètres de hauteur. Enfin, sur le second étage se 
dresse comme une colonne une troisième pyramide 
aux formes de plus en plus élancées, se terminant par 
un chapiteau avec terrasse à 276 mètres, et par un 
campanile dont le sommet est exactement à 300 mè- 
tres du sol. A la base les quatre piles de soutien des- 
sinent un carré de 129™,22 de côté; la tour occupe 
donc plus d un hectare de superficie. L'axe de la tour 
est dans Taxe même du Ghamp-de-Mars, et comme 
celui-ci est incliné à 45<^ sur le méridien, il en résulte 
que les quatre piles sont exactement placées aux 
quatre points cardinaux. Les deux piles du côté du 
pont d'Iéna regardent le nord et Fouest ; celles du 
côté opposé, Test et le sud. Aussi les désigne-t-on 
respectivement sous les noms de pile Nord (n* 1), pile 
Est (n* 2), pile Sud (n» 3), pile Ouest (n« 4). 

La tour de Paris est sans contredit le monument le 
plus élevé du monde, comme il est facile de s'en ren- 
dre compte par les chiffres comparatifs suivants : 

Colonne de la place Vendôme, 43 mètres ; 

Colonne de la Bastille, 47 mètres ; 

Balustrade de Notre-Dame de Paris, 66 mètres; 

Sommet du Panthéon, 79 mètres ; 

Capitole de Washington, 93 mètres ; 

Cathédrale d'Amiens, 100 mètres; 

Flèche des InvaUdes, 105 mètres; 



388 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Coupole de Saint-Paul (Londres), 410 mètres; 

Clocher de la cathédrale de Chartres, 113 mètres ; 

Tour Saint-MLchel (Bordeaux), 113 mètres; 

Flèche de la cathédrale d'Anvers, 120 mètres; 

Coupole de Saint-Pierre de Rouen, 132 mètres; 

La tour Saint-Étienne (Vienne), 138 mètre.s ; 

Flèche de la cathédrale de Strasbourg, 142 mètres ; 

Pyramide de Chéops (Egypte), 142 mètres ; 

Flèche de la cathédrale de Rouen, 150 mètres ; 

Tour de la cathédrale de Cologne, 156 mètres ; 

Obélisque de Washington, 169 mètres ; 

Tour de Mole Antonelliana (Turin), 170 mètres. 

Tout le monde peut monter aujourd'hui à la troi- 
sième plate-forme de la grande tour; mais tout le 
monde n'aura pu suivre les détails de la construction, 
ni assister au montage de cette ossature immense. Et 
cependant il s'attache un intérêt particulier à l'édifica- 
tion de la tour. Elle est sortie de terre comme par en- 
chantement, avec une rapidité étonnante ; il eût fallu, 
avec la pierre, compter par années : on a compté par 
moi§ avec le fer. 

Le premier coup de pioche fut donné au Champ-de- 
Mars le 28 janvier 1887 ; il n'a fallu que dix mois à 
peine pour établir les fondation s etatteindre le premier 
étage. Au milieu de juin 1888, on était parvenu au 
deuxième étage, àl 15 mètres ; on a tiré sur la deuxième 
plate-forme lefeu d'artificedu 14 juillet. Le 31 mars 4889 
le drapeau tricolore flottait sur la tour complètement 
édifiée, jusqu'à son sommet de 300 mètres. Ces résul- 
tats remarquables sont dus à la façon méthodique et 
en quelque sorte mathématique avec laquelle on a con- 
duit les travaux. Toutes les pièces avaient été dessi- 



LA TOUR DE 300 METRES. 389 

nées et préparées aux ateliers EifTel ; elles arrivaient 
sur place prêtes à être posées et rivées. A Tusine de 
Levallois-Perret, on forgeait les fers provenant des 
usines de TEst, on achevait toutes les pièces ; au Champ- 
de-Mars, on montait, on rectifiait quelques petits écarts 
impossibles à prévoir sur des portées aussi grandes, 
puis Ton rivait. Tout s'est succédé avec une régularité 
saisissante ; il y a là un exemple bien remarquable de 
la division du travail. Ingénieurs, chefs d'ateliers, mon- 
teurs, riveurs, ouvriers, tous ont eu conscience de leur 
rôle ; ils ont tous compris qu'il s'agissait d'une œuvre 
désormais nationale, et chacun, pour sa part, s'y est 
adonné de cœur et d'âme. On a travaillé, même parles 
plus grands froids, alors que la gelée paralysait les 
mains ; on se réchauffait une minute au feu des four- 
neaux à river, et, de nouveau, vite à la besogne. Et 
ainsi, toujours, par laneige,par la pluie, par les grands 
vents. Les autres chantiers du Champ-de-Mars se vi- 
daient par les mauvais temps ; on voyait néanmoins 
briller les feux dans le chantier de la tour et monter et 
descendre les ouvriers, toujours et sans cesse à leur 
poste (i). 

Le premier travail, et le plus difficile, c'étaient les 
fondations et le montage des quatre grands pieds jus- 
qu'au 1*' étage. L'emplacement avait.été fixé, par l'ad- 
ministration, à l'entrée du Champ-de-Mars, sur l'ancien 

(1) Le nombre maximum d'ouvriers a été do 200; il a été réduit 
à 150 et même à moins, à la fin des travaux. La paye a été de 
80 centimes l'heure jusqu'au 31 août 1888 : elle a été augmentée 
de 5 centimes à partir du 1^' septembre ; de 5 centimes à partir 
d'octobre, de 5 centimes encore à partir de novembre, et encore 
de 5 centimes pour le personnel des chantiers supérieurs, soit 
1 fr. de l'heure dans ce dernier cas. 

22. 



a90 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

square. Le terrain du Champ-de-Mars se compose d'une 
couche d'argile de 16 mètres, recouverte de sable sur 
une épaisseur moyenne de 7 métrés. Mais, près du 
pont d'iéna, on se trouva, dans certaines régions, sur 



un ancien lit de la Seine : le sable y est marneux, va- 
seux, sans consistance. Les fondations des deux piles 
qui regardent l'École-Militaire ont pu être facilement 
établies sur une couche de sable avec une couche de 
béton et de ciment; mais 100 mètres plus loin, les 
deux piles les plus rapprochées de la Seine n'auraient 
pu tenir sur le fond vaseux ; on a dû sonder jusqu'& 



LA TOUR DE 300 UËTKBS. 391 

17 mètres de profondeur ; on n"a rencontré le gravier 
résistant qu'à 5 mètres environ au-dessous du niveau 
de la Seine ; l'argile se trouve plus bas sous une cou- 
che de plusieurs mètres de 

sable, de grès feiTugineux et ' "" ~' 

de calcaire chlorité. 

La pile Nord, celle qui re- 
garde Paris, fut assise sur 
une coucbe incompressible 
artiftcielle de 6 mètres d'é- 
paisseur; celle d'Ouest, qui 
regarde Grenelle, seulement 
sur une couche de 3 mètres. - 

Avec ces fondations, il n'y a y,B. m. - Tour Bitioi. 

aucun danger de tassement; KoixiMian d un puicr- 

caria pression exercée sur le 

terrain par chaque pile, eu égard à la grande surface 
d'appui, est plus faible que celle que produit sur le sol 
une maison t cinq étages ; elle ne dépasse pas i kilo- 
grammes par centimètre carré, même par les grands 
vents; c'est à peu 
iLm près la pression 

"*^ d'un mur de 9 
mètres de hau- 
teur sur le sol. 

Pio. Î80. — AocragB dans le» foodaiions. " ^ ^^""^ ^^' 

Coups dnpiiini d'un maBuntd* Il Tour. bUr les fonda- 

tions de la pile 
Nord k 5 mètres de profondeur au-dessous du niveau de 
la Seine; les eaux d'infiltration auraientnoyé la fouille; 
on a eu recours, comme pour les piles de pont, aux 
caissons à air comprimé. Sur l'emplacement choisi, on 



392 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

amena des caissons en tôle partagés horizontalement 
en deux étages. Celui du dessous, sansfond, communi- 
quait par des cheminées avec celuidu dessus et avec des 
machiaes à comprimer l'air. Celui du dessus était lesté . 
avec du béton. Les ouvriers. descendaient par les clie- 



mlnéesdans le compartiment inférieur et, < 
comprimé refoulait l'eau, ils pouvaient enlever les terres 
ii sec ; chaque caisse s'enfonçait ainsi dans la fouille 
à mesure de son approfondissement au taux de 30 cen- 
timètres par jour. 

Chaque grand pied de la tour est constitué par qua- 
tre montants, et chaque montant a sa fondation parti- 



il 



394 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

culière; on avait donc réuni sur remplacement de 
chaque pile quatre caissons de 15 mètres de long sur 
H mètres de large. Chaque fouille terminée, on rem- 
plit de béton avec ciment de Bourgogne, de sorte que 
la fondation se compose en définitive de quatre blocs 
de béton, doiit chacun supporte un massif de maçon- 
nerie noyé dans le sol. Aux angles de ce grand carré 
de maçonnerie de 15 mètres de côté, on a superposé 
en saillie deux revêtements de pierre de taille pour 
servir de base à chaque montant métallique. Ces revê- 
tements de pierre sont inclinés à 52° dans le sens môme 
de la direction donnée aux montants qui reposent sur 
eux par Tintermédiaire d'un sabot de fonte. Chaque 
montant est fixé au soubassement à Taide de deux bou- 
lons de 7",80 de longueur sur 10 centimètres de dia- 
mètre, scellés dans la maçonnerie et engainés dans les 
sabots de fonte. Les grands montants tiendraient en 
place sans scellement, sous le poids des pièces supé- 
rieures, mais les boulons augmentent encore la stabi- 
lité, et, d'ailleurs, ils étaient nécessaires pour main- 
tenir les pièces en place pendant le montage. 

Quant à Técrasement des assises en pierre de taille 
sous le poids de la construction, il est impossible, car 
ces pierres de Château-Landon pourraient supporter 
1,235 kilogrammes par centimètre carré, et la pres- 
sion sur les sabots de fonte ne saurait dépasser 
30 kilogrammes. 

Les quatre montants constitutifs de chaque pied de 
la tour sont entourés d'une enceinte de murs peu 
élevés, fondés sur des piliers avec arcades, formant 
un carré de 26 mètres de côté. Ces murs soutiennent 
un socle de maçonnerie qui masque les pieds en pierre 



LA TOUR DE 300 METRES. 395 

de taille, les sabots de fonte et la base des montants. 
Le socle lui-même est orné à la base de grandes dalles 
en béton Goignet. Dans la pile Sud (n® 3) on a ménagé 
ime ca\dté destinée à recevoir les machines néces- 
saires au fonctionnement des ascenseurs. Enfin, à la 
base de chaque pile, on peut voir deux tuyaux en 
fonte de 0",50 de diamètre qui servent de gaine à des 
câbles en fil de fer en relation avec la tour; les 
tuyaux et les câbles se prolongent dans le sol jusqu'à 
la nappe aquifère. Ce sont ces conducteurs métalli- 
ques qui livrent passage à Télectricité atmosphérique 
et complètent le réseau métallique protecteur consti- 
tué par la tour elle-même. Cet édifice tout en fer, en 
relation certaine avec le sol, doit réaliser le plus puis- 
sant paratonnerre que Ton ait jamais construit. 

Voilà pour les fondations; donnons maintenant une 
idée rapide du mode de montage. Chaque grand pied 
de support de la tour forme un prisme à base quadran- 
gulaire de 15 mètres de côté. Les quatre montants 
ou arbalétriers de chacune des quatre piles sont reliés 
entre eux par des pièces de fer ajourées, disposées en 
croix de Saint-André, et par des traverses horizonta- 
les également ajourées. Les montants et les traverses 
servent de cadre aux croix de Saint-André, et chaque 
cadre constitue un panneau de 12", 50 de haut. Il y a 
quatre panneaux entre la base de chaque pile et la 
base inférieure du 1" étage, soit environ 55 mètres. 
Toutes les pièces transportées de l'usine étaient dé- 
chargées au centre de l'emplacement compris entre 
les piles ; elles arrivaient à pied d'œuATe sur de petits 
chemins de fer. Les pièces destinées à construire les 
montants étaient des tronçons de poutres de fer 



396 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

creuses carrées de 0'',80 de càté et pesant de 3,000 à 
3,000 kilogrammes. 

Od a commencé par donner aux tronçons inrérieurs 
rinclinaison de 51' en les Ûxant, comme il a été dit, 
sur le socle en fonte des fondations avec les boulons. 
Le sabot de fonte pèse 5,500 kilogrammes; dans son 
milieu existe une pièce d'acier fondu du poids de 



2,700 kilogrammes dont nous dirons le rôle dans un 
instant. Chaque montant ainsi appuyé sur le soubasse- 
ment a été élevé, tronçon par tronçon, jusqu'à 26 mè- 
tres de hauteur. Les pièces étaient montées par un 
treuil au moyen d'une grande chè^Te. Les tronçons 
mis bout à bout étaient réunis par 8 plaques appliquées 
deux par deux sur chaque face du montant, l'une au 
dehors, l'autre en dedans. Chaque plaque avait été 
percée à l'usine de 16 rangées de trous qui reçurent 
provisoirement des boulons. 



LA TOUK DE 300 METRES. 391 

On procéda ensuite k la pose des fers des croix de 
Saint-André et des traverses horizontales. Les tron- 
çons montés, les riveurs succédèrent aux monteurs et 



remplacèrent les boulons par des rivets déflnitirs. Le 
rivet est apporté chaud, sortant de la forge portative. 
Un ouvrier, nommé teneur de las, l'enfonce dons le 
trou en le maintenant par la tête . Le riveur frappe sur 
l'extrémité opposée pour l'écraser et former l'autre 
tête. Un autre ouvrier, appelé frappeur, termine le ri- 



398 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



vage en frappan t sur les têtes à tour de bras avec une 
masse de 6 kilogrammes. Il y avait 20 postes de 
riveurs, composés de 4 ouvriers et d'une forge. 

De distance en distance, à mesure que le travail 
avançait, on établissait des planchers qui servaient de 
centre d'approvisionnement. Jusqu'à î26 mètres, les 
montants încUnés pouvaient se maintenir en équilibre, 
leur centre de gravité tombant en deçà de la base de 
sustentation. Mais au delà, le calcul montrait que 
chaque montant incliné aurait pu se renverser com- 
plètement s'il n'avait été maintenu à la base par les 
boulons. En s'élevant toujours, le renversement 
aurait pu se produire. Aussi n'a-t-onpas hésité à sou- 
tenir les extrémités supérieures des montants avec 
des échafaudages ou des pyramides en bois. Ces étais 
permirent d'élever les pieds de la tourjusqu'à la hau- 
teur de 50 mètres. Les pylônes de soutien avaient été 
disposés au nombre de 12; ils nécessitèrent 6,000 
mètres cubes de bois. 

Pour élever les tronçons des montants au delà de 
26 mètres, on abandonna la chèvre et le treuil et on 
eut recours à un autre dispositif. Sur les arêtes inté- 
rieures des montants, on fixa des poutres à grande sur- 
face plane qui servent aujourd'hui de point d'appui 
aux ascenseurs, Pendant la construction ces poutres 
formèrent des glissières, sur lesquelles on déplaça, à 
mesure que le montage l'exigeait, des grues de 12 mè- 
tres de volée et de la force de 3,000 kilogrammes. 
Ces grues s'élevèrent de 4 mètres en 4 mètres environ 
à mesure de l'avancement; on les boulonnait tempo- 
rairement. Les tronçons étaient montés par ces appa- 
reils au moyen de longues chaînes en fer et distribués 



LA TOUR DE 300 UÈTRES. 39S 

sur les points oii ils devaient être rivés. On attei- 
gnit ainsi la hauteur de 50 métrés, celle où l'on de- 
vait procéder à la mise en place des grandes poutres 
transversales de 45 mètres de long, destinées à relier 



Fia. tu. — Tour do 300 Mfciras. — Ëtsl dsa tr*raux su li mal 1«88. 

les pieds, et à servir de base au premier étage. 
Pour placer ces poutres horizontales, former la pre- 
mière ceinture, on dressa un échafaudage de 48 mè- 
tres de hauteur se terminant par une plate-forme de 
3S mètres de cAté. On hissa les pièces sur la plate- 
forme, on opéra leur jonction à droite et à gauche en 
allant vers les montants. Puis les poutres assemblées 
allèrent se réunir aux montants comme le tabUer d'un 



400 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

■ • • • 

pont se rejoint aux culées. Cette partie de la construc- 
tion était la plus délicate. Gomment faire coïncider à 
50 mètres de hauteur les 200 trous percés dans les 
montants et les 200 trous correspondants des poutres 
horizontales? Il eût été bien étonnant qu'il ne se pro- 
duisît pas un petit écart après un pareil montage et 
avec Tinclinaison assez prononcée des montants. On 
Tavait prévu et on avait tout disposé pour modifier 
légèrement Tinclinaison des montants, de façon à 
amener la coïncidence parfaite entre les trous percés 
à l'usine. L'artifice employé est très intéressant. 

Nous avons dit que chaque montant à sa base repo- 
sait directement sur une pièce d'acier encastrée dans 
le socle en fonte. Cette pièce d'acier pénètre dans une 
chambre ménagée à l'intérieur du sabot, et elle est là 
en contact avec le piston d'une presse hydraulique 
capable de soulever un poids de 900,000 kilogrammes. 
La tour tout entière pèse environ 8 millions de kilo- 
grammes de fer. Chaque montant, puisqu'ily en a seize, 
supporte un poids seize fois plus faible, soit 500,000 
kilogr. Les presses hydrauliques installées dans les sou- 
bassements pourraient donc soulever la tour entière. 

Le vérin hydraulique employé se compose d'un cy- 
lindre d'acier forgé de 62 centimètres de diamètre ex- 
térieur avec des parois de 95 millimètres d'épaisseur. 
-A l'intérieur peut se mouvoir un piston d'acier. Le 
•cylindre est en relation, par un tuyau de 6 millimètres, 
avec une pompe foulante. L'eau est refoulée sous le 
■piston et le soulève. Le piston fait monter la pièce 
d'acier, et la pièce d'acier soulève le montant. Ce poids 
énorme est déplacé, au moyen de l'appareil, par deux 
hommes qui suffisent pour mouvoir le levier de la 



LA TOUR DE 30U MKTllES. 



pompe foulante. Il est donc vrai de dire que quelques 
hommes pourraient , i eux seuls, soulever toute la tour. 



lUie Ssptamb» 18«S. 



- Il a suffi d'un faible déplacement de quelques milli- 
mètres dans le sens vertical pour amener les trous des 



402 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

montants à la hauteur des trous des poutres horizon- 
tales. Le réglage opéré, on a glissé entre le sabot de 
fonte et les bords de la pièce d'acier des cales en fer 
qui ont immobilisé les montants dans leur place défi- 
nitive. Mais il fallait aussi changer un peu rincUnaison 
des montants pour amener la concordance des trous 
dans le sens horizontal ; encore un écart de quelques 
millimètres à faire disparaître. Autre artifice ingénieuxl 

Il a été dit que les montants avaient été soutenus à 
partir de 26 mètres par des échafaudages. Le contact 
entre les échafaudages et les montants avait lieu par 
l'intermédiaire d une console en acier et d'une boite 
à sable. Or on avait monté les arbalétriers un peu 
moins inchnés qu'il ne Teût fallu, parce qu'on avait 
prévu un petit affaissement du soubassement qui ne 
s'est pas produit; il devenait nécessaire d'augmenter 
légèrement leur inclinaison. C'est ce qu'a permis de 
faire la boîte à sable. Qu'est-ce qu'une boîte à sable ? 
Un grand cylindre plein de sable surmonté d'un piston 
et portant à sa partie inférieure un trou bouché. L'ar- 
balétrier appuyait sur la console en acier qui, elle- 
même, était soutenue par le piston de la boîte. On en- 
leva le bouchon ; du sable s'écoula, le piston descendit 
laissant aller la console, et par suite l'arbalétrier, de 
la quantité nécessaire pour que les trous destinés aux 
rivets se recouvrent sans subir la moindre retouche. 

On demandera peut-être pourquoi, au lieu d'avoir re- 
cours à cette opération de précision, on ne s'est pas 
avisé de percer de nouveaux trous ? Le résultat n'eût 
plus été le même. Toutes les dimensions ont été cal- 
culées de façon que les pressions se répartissent uni- 
formément sur chaque montant et sur les socles de 



404 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

fondation, et la concordance des trous impliquait 
régale inclinaison des montants et forcément fournis- 
sait la preuve de Tégale répartition cherchée. C'était 
un réglage et un contrôle. 

Les quatre poutres de ceinture établies sur les quatre 
faces de la tour, les montants se trouvèrent fixés et 
réquilibre définitif obtenu. Le plus difficile était fait. 
On continua le montage des arbalétriers, et à 55 mè- 
tres on construisit une seconde ceinture de poutres 
horizontales. Avec cette double ceinture de poutres 
reUées par des pièces de fer entre-croisées, la base de 
la tour est inébranlable. On éleva sur cette seconde 
ceinture un plancher. C'est le premier étage. 

On continua le travail à peu près de la môme façon 
jusqu'au deuxième étage, à 115 mètres du sol. Les 
quatre grues d'élevage montèrent peu à peu le long des 
arbalétriers portant à pied d'oeuvre les pièces qui pre- 
naient bientôt leur place dans l'ossature de la tour. Au 
delà, on n'utilisa plus que deux grues que Ton hissa le 
long d'un montant vertical formé par le guide central 
des ascenseurs supérieurs. Des relais d'élevage avaient 
été créés pour l'installation de locomobilesau deuxième 
étage et au plancher intermédiaire, situé à 200 mètres 
au-dessus du sol. La construction se fit avec plus de 
lenteur, mais sans difficulté jusqu'au sommet. 

Il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer que 
l'arc monumental qui fait voûte sur chaque façade de 
la tour ne porte rien, comme on tendrait à le supposer ; 
il est porté au contraire, c'est un simple décor. Cha- 
cun de ces grands arcs a été placé à la fin des travaux 
uniquement au point de vue architectural. 

La stabilité de l'édifice est certaine. C'est vainement 



LA TOUR DE 300 METRES. 405 



que les voisins de la tour ont mesuré le chemin qu'elle 
parcourrait abattue par un coup de vent. La forme de 
la tour, nous Tavons fait remarquer déjà, n'est pas due 
au caprice de Tarclntecte. Elle a été calculée de façon 
^ pouvoir résister à un vent exerçant une pression 
anormale de 400 kilogrammes au mètre carré, soit 
une pression de 3 millions de kilograi^mcs pour la 
tour entière. A Paris, jamais la force du vent n'a dé- 
passé 150 kilogrammes ; il reste donc 250 kilogrammes 
de marge. Si jamais dans nos parages la force du vent 
approchait de 400 kilogrammes, bien peu d'édifices 
parisiens résisteraient. Si un monument doit résister 
au vent, c'est précisément la tour Eiffel. 

Le poids total des fers et fontes entrant dans la tour 
est d'environ 7,300,000 kilogrammes sans compter les 
caissons de fondation. Le poids total, avec les acces- 
soires, planchers, etc., dépasse 9 millions de kilogr. En 
gros, on compte 3,500,000 kilogr. jusqu'au premier 
étage, 1 million de kilogr. du premier au deuxième, 
2 millions de kilogr. du deuxième au troisième, 1 demi- 
million de kilogr. pour l'extrémité avec le campanile. 
. Les travaux préparatoires ont été considérables. La 
tour a été divisée en 27 panneaux ; chaque panneau a 
donné lieu à une épure distincte, qui elle-même a été 
subdivisée en un grand nombre de dessins géométri- 
ques, dont toutes les dimensions ont été calculées à 
l'aide des logarithmes à une fraction de millimètre 
près. On a ensuite dû fabriquer 1:2,000 pièces métalli- 
ques, chaque pièce ayant son dessin spécial avec la 
position et l'ouverture des trous destinés aux rivets. 
Les épures comportent 500 dessins d'ingénieur pour 
le reste des 27 panneaux, 2,500 feuilles de dessin d'a- 

23. 



406 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

telier de 1 mètre de longueur sur 80 centimètres de 
hauteur. 40 dessinateurs et calculateurs de Tusine 
Eiffel ont travaillé sans relâche pendant deux ans. 

Les plaques de tôle destinées à Tassemblage des pièces 
métalliques ont été percées de trous à Levallois-Perret. 
Le nombre de ces trous atteint 7 millions. L'épaisseur 
des plaques étant en moyenne de 1 centimètre, les 
trous placés bout à bout formeraient un tube de 70 ki- 
lomètres de longueur. Les rivets sont au nombre de 
2,000,500 et pèsent au total 450,000 kilogrammes* 

La dépense a atteint 6,500,000 francs. 

Francs. 
Fondations, maçonnerie, soubassements. . . . 900,000 

Montage métallique, fers, octroi 3,800,000 

Peinture (4 couches, dont 2 au miniuml. . . . 200,000 

Ascenseurs et machines 1,200,000 

Restaurants, décorations, installations diverses. 400,000 

Total 6,500,000 

Le prix de re\ient n*est pas énorme : le kilo de fer mis 
en place ressort à 57 centimes ; le kilo de la construction 
terminée et agencée ressort à 74 centimes en\iron. 

Le constructeur de la tour a reçu de TÉtat deux sub- 
ventions ; on lui a accordé sur les crédits de l'Exposi- 
tion 1,500,000 francs; on lui a donné en outre le pri- 
vilège d'exploiter la tour pendant l'Exposition ; après 
la clôture, l'État cédera la tour à la Ville de Paris qui 
a concédé le terrain, et celle-ci en laissera encore l'ex- 
ploitation au constructeur pendant vingt ans. 

Nous venons d'esquisser la tour pendant la période 
de construction. Pour terminer, il nous reste à parler 
de la tour dans son état actuel, enfin des ascenseurs, 
des étages et du phare. 



XII 

LA TOUR DE 300 MÈTRES 

(suitk) 



La tour de 300 mètres. — Ascension de la tour. — Les escaliers. 
— Ascenseurs hydrauliques. — Ascenseur Combaluzior, du 
premier étage. — Ascenseur américain Otis, du deuxième étage. 
— • Ascenseur Edoux pour le troisième étage. — Premier étage : 
les restaurants, les cuisines, les kiosques, le promenoir. — 
Deuxième plate-forme. — Plancher intermédiaire. — Troisième 
plate-forme vitrée. — Les chambres, le campanile. — Le phare, 
les projecteurs électriques. — Portée de 200 kilomctres du rayon 
électrique. — L'usine mécanique de la tour. — La terrasse 
tenninale. 



OU S avons décrit la tour pendant les tra- 
vaux ; il nous reste à la visiter dans son 
état actuel et à suivre la foule qui se 
presse à tous ses étages. 
On peut faire Tascension avec ses jambes. C'est le 
moyen le plus certain d'arriver vite au premier étage, 
car les ascenseurs sont envahis parles visiteurs et il faut 
quelquefois attendre son tour avec patience pendant 
de longs quarts d'heure. Il existe, du reste, des esca- 
liers très doux dans les piles. Par des motifs d'ordre, 
on a livré seulement au public, pour la montée, l'esca- 




4U CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

lier de la pile Ouest n* i), et, pour la descente, l'esca- 
lier de la pile opposée, pile Est (n* j . Eu sept minutes, 
sans se presser, on gnxii les 3fi0 marclies de 1 mètre 
de largeur de cet escalier coupé par de oombreux pa- 
liers ; c'est fomme 
si l'on moDtait 3 
fois de suite au 
cinquième étage 
d'une maison pa- 
risienne. La pre- 
mière plate-forme 
se trouvant à S7 
/ mètres, un homme 

Z' du poids de73 Icilo- 

gramnies effectue, 
pendant la montée 
"" en dix minutes, 

*,300 kilogram- 
mètres, soit 7 kilo- 
grammélre« S par 
scconde.le dixième 
du travaild'un che- 
val -\'ape «r , travail 

F».î89.-E«»lierdH.To«rKiffelcot.d«i>aD, ^'èS Supportable. 

du 1- BU »■ *tage. Du premicrétage 

au deuxième, les 
quatre escaliers sont livrés au public, deux pour la 
montée, deux pour la descente ; les escaliers montants 
sont dans les piles Sud et Nord. Cet escalier est beau- 
coup plus raide que le précédent; il est en hélice et 
sans paliers, il a 380 marches; il faut 8 à 9 minutes 
pour le gravir. 



LA TOUR DE 300 HETRES. 409 

Enfin, du deuxième étage & la troisième plate-forme, 
existe encore un autre escalier installé au milieu de.la 
tour ; il tourne en hélice et il a 1 ,062 marches ; il n'est 
pas mis en ce moment à la disposition du public ; c'est 
un escalier de service affecté à l'exploitation. De la 
base au sommet, pour monter à pied, U est nécessaire 
de franchir 1 ,792 marches. Les escaliers du premier et 
du deuxième étage peuvent donner passage à environ 
2,000 personnes 
Jt l'heure. 
- Les personnes 
qu'effraie lamon- 
tée à pied sont 
obhgées d'atten- 
dre les ascen- 
seur 3. Il en existe 
& : quatre ascen- 
seurs du pied de 
la tour au pre- 

. Fio. 290. — Aacenienr Roui, Comb&Liuier 

mier et au deu- ei upape. 

xièma, un ascen- 
seur de la deuxième h la troisième plate-forme. 
Dans les piles Est et Ouest, n° 2 et n° i, sont installés 
les ascenseurs Roux, Combaluzier et Lepapo ; dans les 
piles Nord et Sud, les ascenseurs américains Otis. La 
marche de ces ascenseurs a été réglée comme suit, au 
moins cette année : les ascenseurs Combaluzier des- 
servent uniquement le premier étage par les piles 
Est et Ouest. L'ascenseur Otls, de la pile Nord, va di- 
rectement au deuxième étage; l'ascenseur Otis, de la 
pile Sud, va uniquement du premier étage au deuxième 
étage. 



«0 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

L'ascenseur Roux, CombaluKier et Lepape est d'un 
fonctionnement très sûr. Tous les ascenseurs imagi- 
uables ne peuvent se rapporter qu'à deux types. Ou la 
cage est soulevée de bas en haut par un piston qui 
s'élève, ou elle est entraînée par des câbles de sus- 
pension, comme les bennes des puits de mines. Le dis- 
positif Roux et Combaluzier appartient an premier 
type; l'ascenseur Otis, au deuxième type. 
La cage Roux et Combaluzier est poussée en avant 
par deux pistons laté- 
raux, l'un à droite, l'au- 
tre à gauche, le long des 
montants inclinés du 
pied de la tour. Hais ce» 
montants n'ayant pa» 
partout une inclinaison 
égale, on ne pouvait se 
8er\-ir comme d'habitude 

Fio. Ml et »î. - ABcen«oiir Combslu- de piStOUS d'uue SeulO 

piaiouB?" ^ " ""sfiouf- «'OB es pj|\(.e; il fallait bien que 
chaque piston épousât 
eu route les changements de direction des montants- 
MM. Roux et Combaluzier ont eu l'idée de créer ud 
piston souple, en le composant de tiges de fer forgé 
de 1 mètre de long, articulées les unes avec les autres 
un peu comme les maillons d'une grosse chaîne. Ces 
tiges articulées progressent dans des gaines en tôle qui 
portent dans toute leur lon^eur une rainure latérale 
pour laisser passer les points d'attache de la cabine à 
chaque piston articulé. Ainsi la cage est fixée, à droite, 
i un piston articulé; à gauche, à un piston articulé; 
si bien que les deux pistons s'élevant dans leur gaine. 



LA TOUR DE 300 METRES. 411 



il faut bien que la cage s'élève avec eux jusqu'^au 
point d'arrivée. 

Chacun de ces pistons articulés représente, à vrai 
dire, une véritable chaîne sans fin. Chaque brin pro- 
pulseur s'appuie, au premier étage, sur une poulie et 
se prolonge en redescendant jusqu'au rez-de-chaussée, 
pour s'enrouler sur une grande roue à empreintes qui 
reçoit les maillons. Si la roue motrice tourne, elle 
pousse chaque brin ascendant ; si elle tourne en sens 
inverse, eUe ramène chaque brin dans sa position pre- 
mière, faisant du même coup redescendre la cage. 

Le mouvement est communiqué à la roue par une 
machine hydraulique. Deux gros pistons horizontaux 
peuvent aller et venir dans leur cylindre ; ils reçoivent, 
tantôt sur une face, tantôt sur Tautre, de l'eau qui pro- 
vient d'un réserv'oir installé au deuxième étage, à 
115 mètres. Cette eau, sous une pression de plus de 
11 atmosphères, pousse le piston au gré du mécani- 
cien, soit en avant, soit en arrière, et la roue elle- 
même tourne soit pour faire monter la cage, soit pour 
la faire descendre. Des engrenages multiplient la course 
des pistons hydrauliques de façon que, lorsqu'ils se 
déplacent de 1 mètre, la chaîne se déplace de 13 mètres. 
La course des pistons est d'un peu plus de 4 mètres. 
Quand ils ont fait progresser de leurs quatre mètres, 
les chaînes de la cage ont effectué leur pai»cours de 
57 mètres. 

Il n'y a qu'une cabine dans chaque pile. Cette cabine 
est à deux étages ; le compartiment du bas est de plain- 
pied avec le sol; on parvient à celui du dessus par un 
escalier de fer et une plate-forme. La cabine porte des 
banquettes rangées transversalement. On peut tenir 



412 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

très facilement 60 personnes ; on pourrait en emporter 
80 à 90. Et l'on effectue douze voyages par heure. 
L'ascension se fait avec une vitesse d'environ 1 mètre 
par seconde, par conséquent en une minute du rez- 
de-chaussée au premier étage. 
Cet ascenseur, s'il marchait continuellement, pour- 
rait donc élever par 
jour, de dix heures 
du matin à dix heu- 
res du soir, au taux 
de 720 personnes à 
l'heure, 8,6*0 visi- 
teurs. Il nous parait 
à l'abri des acci- 
dents, car si un pis- 
tou articulé se rom- 
pait, comme il est 
pris dans sa gaine, 
la cabine en serait 
quitte pour rester 
sur place. 
^«.iidumfcïJ.'iMZwfiiMir" ^ système amé- 

ricain Otis est très 
répandu ii New- York. 11 est fondé sur le principe de la 
moufle. La cabine, guidée par des roulettes sur les 
montants inclinés de la tour, s'élève entraînée tout 
bonnement par des cftbles. Mais il va de soi qu'il ne 
serait pas commode, en pratique, de déplacer sur un 
rouleau une longueur de 113 métrés de câbles pour 
parvenir au deuxième étage ; on a recours à un artifice 
poor obtenir avec une petite coursedu moteur l'énorme 
course de 1 IS métrés des câbles de suspension. Le long 



LA TOUR DB 300 METRES. W 

d'un des montants inclinés, on a disposé un cylindre 
hydraulique avec piston d'une longueur de 11 mètres. 
L'eau du grand réservoir du deuxième étage arrive à 
volonté sur l'une des faces du piston pour le faire 
progresser ou descendre. Pour hisser la cabine, on 
donne au piston 
un mouvement 
ascendant. Celui- 
ci agit sur un cha- 
riot mobile qui 
supporte sbc gran- 
des pouUes de 
1",40 de diamètre 
reliées successi- 
vement par le cft- 
ble ascenseur à 
si\ grandes pou- 
lies fixes sembla- 
bles installées au 
deuxième étage. 
On a ainsi un pa- 
lan gigantesque 

moufle à 12 brins. '■■>'>■ «'■ - A»eïu«i-nr on,, cmii... 

Chaque mouve- 
ment d'élévation du piston se trouve multiplié par 
l'action de la moufle dans la proportion de I à 12. 
Lorsque le piston hydrauhque a parcouru ses 10 mè- 
tres, le câble moufle a fait au moins ses [115 mètres, 
et la cabine est arrivée au deuxième étage. 

La cabine est & deux, compartiments superposés et 
analogue à celle du précédent ascenseur. Elle porte 
un contrepoids et un frein de sûreté à mâchoires, de 



414 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



telle sorte que si Tun des câbles se brisait, le frein 
ferait mordre ses tenailles dans les montants et arrê- 
terait la cabine sur place. L'expérience en a été faite à 
vide et le frein a bien fonctionné. Les câbles de sou- 
tien sont au nombre de six, dont deux reliés au con- 
trepoids lui-môme muni d'un frein. Un seul de ces 
câbles pourrait soutenir sans se rompre le poids de la 
cabine et des voyageurs. 

La cabine Otis ne transporte jusqu'au deuxième 
étage [qu'environ 30 à 35 \isiteurs par voyage, mais 
comme elle s'élève avec une vitesse d'environ 2 mè- 
tres t\la seconde, double de celle de la cabine Roux et 
Combaluzier, elle peut faire encore 12 voyages en une 
heure et transporter par journée 4,320 personnes. 

Ou a augmenté dans le courant de Tété la section 
des câbles et les cabines Otis pourront transporter 
jusqu'à 45 visiteurs à la fois. * 

Les quatre ascenseurs du bas peuvent donc monter 
au moins, tant au premier qu'au deuxième étage, 
environ 25,000 visiteurs par jour ou un peu plus de 
2,000 visiteurs par heure. 

Du deuxième au troisième étage, il n'y a plus qu'un 
ascenseur, l'ascenseur hydi*aulique vertical Edoux, 
bien connu à Paris. Ordinairement, dans ce système, 
la cabine monte soulevée par un piston logé dans une 
gaine ; le piston est poussé de bas en haut par de l'eau 
sous pression. L'ascenseur du Trocadéro est de ce 
type ; le piston a la hauteur considérable de 65 mètres. 
Il va de soi que l'on ne pouvait songer à faire un pis- 
ton de 160 mètres de haut pour élever les visiteurs du 
deuxième au troisième étage. M. Edoux a tourné la 
difliculté ingénieusement. Entre la deuxième et la 



LA. TOUR DE lOU METRES. *t5 

troisième plate-formo. à 19S métrés de hauteur, il 



existe un plancher intermédiaire. Le constructeur a 
établi à ce niveau une cabine reliée non pas à un seul 



416 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



piston, mais par précaution à deux pistons qui plon- 
gent chacun isolément dans une gaine montant du 
deuxième au plancher intermédiaire. La cabine affleure 




r/anc/ier </u ^^tsg'e 

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iii 



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\ I 



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^ii. 



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pwc^ 






F|o. 296 à 208. — Tour Eiffel. Ascenseur Edoux. 



par conséquent le plancher ; les deux pistons verticaux 
parallèles disparaissent dans leur gaine de 80 mètres 
de hauteur. On fait arriver au deuxième étage, sous 



LA TOUR DE 300 METRES. 411 

les pistons, de l'eau provenant d'un réservoir de 
20,000 litres installé à la partie supérieure de la tour. 
Cette eau, sous pression, tendant à reprendre son ni- 
veau, soulève les deux pistons et avec eux la cabine, 

.qui quitte le plancher intermédiaire et monte guidée 
entre deux montants de la tour. Quand les deux pistons 
sont arrivés k bout de course, ils ont parcouru 80 mè- 
tres et la cabine est parvenue au troisième étage & la 

-hauteur de 275mè- 

■ fres. 

Voilà pour aller 
du plancher inter- 
médiaire à la troi- 
sième plate-forme; 
mais maintenant, 
pour aller du deu- 
xième, de la hau- 
teurlI3mètres,au 

plancher intermé- fio- »99. — Aicunseur Edoux, 

diaire, 193 mètres? ■'■"'■•'«■^•-■■"''"«i-p™" ■"""!'"•■'' a-fl.i->. 
Comment fait-on? 

C'est très simple. La cabine montante a été reliée 
par un système de cibles et de poulies de renvoi ù 
une seconde cabine qui peut circuler, guidée entre 

' deux autres montants parallèles aux premiers, entre 
le deuxième étage et le plancher intermédiaire. Quand 
la cabine motrice redescend de la plate-forme supé- 
rieure, elle entraine par les câbles de suspension la 
cabine remorquée qui quitte le second étage et s'élève. 
Quand l'une est revenue à son point de départ, l'autre 
est arrivée au plancher. Les voyageurs quittent l'une 
pourmonterdans l'autre : il y a transbordement. La 



418 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



cabiae montante s'élève emportant ses nouveaux voya- 
geiu*s, et la cabine descendante ramène jusqu'au 
deuxième étage ceux qui avaient précédemment monté 
jusqu'à la troisième plate-forme. La cabine remorquée 
fait en même temps contrepoids à la cabine motrice. 
Par cet artifice on franchit, avec relais intermédiaire, 
160 mètres de hauteur. 

La cabine Edoux n'a pas de banquettes ; on reste 
debout; elle a 14 mètres carrés et 63 personnes en- 
viron peuvent y tenir. On compte 4 minutes d'ascen- 
sion pour franchir les 160 mètres, une minute pour 
le transbordement, soit au moins 5 minutes pour le 
voyage. On fait environ 8 voyages à l'heure, et Ton 
transporte un peu moins de 600 personnes, ce qui fait 
par jour environ 6,000 visiteurs, le tiers à peine des vi- 
siteurs de la tour quand il y a certaine affluence* H 
existe pour cet ascenseur un frein énergique du sys- 
tème Bachmann qui, en cas de rupture des câbles, ar- 
rêterait sur place la cabine. 

Le mouvement d'ascension est très doux dans tous 
les ascenseurs de la tour. Dans les ascenseurs du bas, 
les banquettes sont très inchnées du rez-de-chaussée 
au premier étage ; Tinchnaison change du premier au 
deuxième étage et les banquettes se redressent, de 
sorte que les ascensionnistes changent eux-mêmes au- 
tomatiquement de position. On n'éprouve pas de ver- 
tige, puisqu'on est enfermé dans une véritable cabine. 
L'ascenseur Edoux donne la sensation d'une ascen- 
sion en ballon captif; quand le vent ne fait pas fouetter 
les câbles de suspension, on n'éprouve aucun ballotte- 
ment, aucune trépidation, et, par les portières de la 
cabine, on voit s'abaisser rapidement la terre; les 



LA TOUR DE 300 METRES. 419 

grandies charpentes de la tour descendent à mesure 
que Ton monte, par une illusion d'optique ; en même 
temps Thorizon fuit et s'agrandit. Le coup d'œil offre 
de l'intérêt. 

Arrêtons-nous au premier étage, exactement à 
57", 63 au-dessus du sol. Ce premier étage forme un 
grand carré de 70 mètres de côté. Le plancher, qui a 
une surface de 4,200 mètres, ne s'étend pas dans 
toute son étendue; il y a un trou énorme de 200 mètres 
carrés au centre, par lequel l'œil peut plonger jus- 
qu'au sol. La galerie intérieure qui limite cette ou- 
verture béante est très curieuse à parcourir. On voit 
en raccourci circuler sur le sol, dans le jardin, les in- 
nombrables visiteurs de l'Exposition; ils commen- 
cent déjà à être bien petits. La galerie couverte exté- 
rieure à arcades dorées forme \m promenoir de 2",60 
de largeur et de 280 mètres de développement. 

Au premier étage, l'architecte de la tour, M. Sau- 
vestre, a construit quatre grands restaurants qui peu- 
vent contenir environ 500 personnes. Le restaurant 
français, le bar flamand, le restaurant russe, le bar 
anglo-américain. Chaque construction est en bois, 
très élégante, et rappelle, par son style à l'intérieur, 
l'architecture du pays qu'elle doit représenter. 

Les cuisines et les caves sont en contre-bas, juchées 
comme de grands nids dans les branches de fer de la 
tour. Les provisions montent par les ascenseurs. On 
peut élever à chaque]voyage 3,000 kilogrammes. Cha- 
cim de ces établissements a son caractère propre, et 
l'on peut goûter à volonté des aliments russes, flamands 
et anglais. Du reste, le premier étage constitue ime 
toute petite ville avec ses restaurants, ses marchands de 



m CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

curiosités ; on se croirait dans uae ville d'eaux : mar- 
chands de médailles, de tours Eiffel, marchands de 
journaux, de gravures, marchands de ta- 
it fort bien y passer sa journée 
it le bon plaisir des ascenseurs. 
oniloltantey est considérable. 
D'après notre petite en- 
quête, le bar flamand reçoit 
en moyenne 2,000 person- 
nes par jour; le restaurant 
français donne environ 600 
à 700 déjeuners et dîners, 
les restaurants russes et 
anglais SOO à 600.11 y a des 
^ens qui s'installent là du 
matin au soir. D'autres qui 
ivahissent le promenoir Nord 
:s 7 heures, pour contempler 
â fontaines lumineuses, qui 
nt d'ailleurs moins belles d'en 
lut que d'en bas, puisque la 
rspective abaisse les gerbes et 
i aplatit. 

Passons au deuxième étage. La 
conde plate-forme est à H5",73 
300- - Ln marrhanJ, 1" tagf. ^^ ^ol ; elle a 30 mèlres de 
cOté et elle a 1,400 métrés 
carrés de surface ; elle est entourée d'un promenoir 
qui a 2", 60 de largeur et 120 mètres de développe- 
ment. Elle est encombrée de petites constructions en 
bois, de kiosques pour les tickets du troisième étage. 
C'est là que se trouvent l'imprimerie et les bureaux 



LA TOUR DE 300 METRES. Hl 

du Pelit Figaro de la tour avec les registres où le 
public inscrit son nom. On y rencontre très souvent 
Tartarin. Pour être juste, il faut ajouter que tous les 



princes qui ont fait l'ascenseur de la tour ont. aussi ap- 



posé leur signature, de[>uia le roi 
roi Salifou, aux princes sénégalj 
vrai livre d'or que ce registre du Fi 



de Grèce jusqu'au 

etc. Ce sera un 

igaro. Il y a grande 



422 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



affluence en général, car on peut considérer cette 
plate-forme comme une véritable gare de transborde- 
ment. Les visiteurs attendent Tarrivée de l'ascenseur 
du premier pour redescendre, ou celle de Tascenseur 
du troisième pour monter. 

En quelques minutes, on atteint avec l'ascenseur 
Edoux la troisième plate-forme. Tout le centre de cette 
plate-forme est occupé par une construction inacces- 
sible au public ; mais tout autour règne un grand pro- 
menoir de 16 mètres de côté qui peut donner place 
à environ 500 personnes. Cette galerie est couverte 
et garnie latéralement de châssis mobiles que l'on 
ferme par les grands vents. On est alors dans une 
grande salle close et Ton voit Thorizon à travers les 
vitres. 

Le public ne va pas au delà de cette plate-forme 
vitrée. L'ascension s'arrête là. La partie centrale delà 
troisième plate-forme est occupée, comme nous l'avons 
dit, par une construction. Nous ouvrons une porte et 
nous prenons un petit escalier tournajit. Dix marches 
à franchir. Nous sommes dans une grande salle circu- 
laire que l'on a partagée en chambres par des cloisons. 
Le plancher forme le plafond de la salle inférieure où 
se promène le public. 

Les chambres succèdent aux chambres, à ce nouvel 
étage ; les unes sont grandes, les autres petites ; toutes 
de forme irrégulière. On lit sur les portes : Biologie, 
Physiologie, Météorologie, etc. Ce qui indique suffisam- 
ment leur destination. M. Eiffel s'est réservé la plus 
grande pour son usage particulier. A droite une che- 
minée au gaz, en face une large table, au fond un ca- 
napé; au-dessus une belle glace ornée d'une guirlande 



LA TOUR DE 300 METRES. • 423 

de roses peinte par un artiste russe; le long de la mu- 
raille un piano Pleyel, à côté un téléphone ; plus loin, 
un joli buffet-bibliothèque, des lustres avec lampes 
Edison, etc. C'est dans cette chambre que M. Eiffel et 
M. Salles ont reçu M. le Président de la République 
quand il a fait l'ascension de la tour jusqu'au di^apeau. 
Un lunch y avait été servi. Depuis, l'appartement ré- 
servé de M. Eiffel est devenu le lieu de repos des as- 
censionnistes de marque, depuis le roi de Grèce, le 
duc de Bragance, le duc de Cambridge, etc., jusqu'à 
M. Edison. Le phonographe Edison a même fonctionné, 
à cette hauteur, et reproduit un concert organisé par 
M. Lyon, avec Taffanel, etc. Le phonographe fait 
merveille même à 280 mètres au-dessus de la terre 
ferme. 

Les autres pièces sont destinées à des cabinets de 
physique, d'astronomie, à des laboratoires de micro- 
biologie et de physiologie. Par le§ temps calmes, on 
sera très à l'aise pour travailler là-haut. Plusieurs 
portes de cet appartement ouvrent de plain-pied sur 
une vaste terrasse circulaire munie d'un garde-fou. 
Quelques pas, en effet, et l'on trouve le vide. C'est un 
balcon à 280 mètres de hauteur. Sur ce balcon court 
un petit chemin de fer sur lequel se déplacent chaque 
soir les ileux projecteurs électriques Mangin, qui en- 
voient dans toutes les directions leurs grands rayons 
lumineux. 

« 

En levant la tête, on voit au-dessus de soi la partie 
terminale de la tour, qui a encore plus de 20 mètres 
de haut, une maison de Paris. Quatre grands caissons 
en treillis se courbent au-dessus de nous et forment 
<iuatre arceaux rigides orientés suivant les diagonales 



424 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



de la section carrée de la tour. Ces arceaux suppor- 
tent le phare et la terrasse du sommet. Ouvrons do 
nouveau une porte : elle conduit, par un petit esca- 
lier, à une plate-forme formée par la toiture de l'ap- 
partement de M. Eiffel. De cette plate-forme part un 
escalier on spirale qui contourne un gros tuyau par le- 
quel on peut encore monter de l'intérieur jusqu'au 
phare, si le vent est trop fort. Cet escalier n'est pas, 
en effet, accessible au premier venu, surtout par forte 
brise. Au bout de l'escalier, encore le tuyau, puis le 
phare ! 

Nous sommes-dans une cage de verre, avec une tempé- 
rature tropicale. Au milieu, une puissante lampe élec- 
trique automatique; autour des lentilles à échelons, 
deux systèmes optiques superposés ; en haut, des 
verres dioptriques destinés à porter la lumière très 
loin ; au-dessous, des verres catadioptriques produisant 
la réflexion totale. Le tambour diop trique supérieur 
multiplie l'intensité du foyer lumineux par 13. La 
lampe électrique donne 5,500 carcels. Le système op- 
tique supérieur fait donc passer l'intensité à 70,000 car- 
cels. Le système catadioptrique inférieur, étant des- 
tiné aux petites distances, multiplie la lumière dans 
des proportions moindres. 

La lumière qu'envoient ces anneaux de verre taillé 
superposés est graduée suivant la distance; elle ne 
commence à être vue qu'au delà de 1,500 mètres de 
la tour, qu'à partir de la place de la Concorde par 
exemple, de telle sorte que l'intensité visible à Paris 
dans les éclats du phare est de 24, 146 carcels à 1,503 mè- 
tres de la tour; elle passe à 64,474 carcels à 1,850 mè- 
tres, à 86,711 carcels à 2,194 mètres, enfin à 99,283 car- 



LA TOUR DE 3U0 MliTRES. 



cels & 3,500 mètres. Le tam- 
bour dioptrique supérieur 
ne commence à signaler son 
action qu'à la distance d'mie 
lieue (4,120 mètres). Son in- 
tensité est de 69,398 carcels 
pour le feu fixe et quand on 
produit des éclats de &16,T61 
carcels. La portée du phare 
en ligne droite est de 200 ki- 
lomètres. 

Le système optiqueestflxe. 
Autour des tambours deverre 
peut tourner une couronne . 
mobile (jui porte des lames 
verticales de verre bleu , 
blanc, rouge. Les rayons qui 
passent à travers ces verres 
ont donc les couleurs natio- 
nales et nous voyons le phare 
successivement bleu, blanc 
et rouge. La couronne mo- 
bile est entraînée à la vitesse 
de 90 secondes par toor au 
moyen d'un petit moteur 
électrique gros comme le 
poing. Toute cette belle in- 
stallation est due à MM. Saut- 
ter-Lemonnier. 

L'arc électrique de la lampe 
est alimenté par un courant 
de 100 ampères. Cet arc 



426 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

aveugle et il ne faut pas le regarder longtemps. Les 
charbons entre lesquels il éclate sont énormes. Ils 
ont trois bons centimètres de diamètre. Le chef du ser- 
vice électrique a bien voulu nous remettre à titre 
d'échantillon un des bouts de charbon qui avait servi 
la veille. Le courant est envoyé du bas par un câble 
conducteur. L'électricité est produite par des dynamos 
installées dans le pilier Sud. 

Il existe, en eifet, à Tintérieur de ce pilier, une vé- 
ritable usine, machines à vapeur pour les dynamos, 
machines actionnant les pompes destinées à monter 
l'eau aux étages de la tour pour le service des ascen- 
seurs, etc. On produit dans ce pilier plus de 600 che- 
vaux-vapeur pour assurer la marche des pompes et 
des dynamos. Deux moteurs du système Wheelock, de 
150 chevaux chacun, actionnent une pompe à double 
effet, qui élève à 120 mètres Tcau emmagasinée dans 
un immense réservoir creusé sous la salle des machines. 
Cette eau, après avoir servi pour les ascenseurs, est de 
nouveau ramenée au réservoir. Deux machines Wor- 
thington, de 100 chevaux chacune,' élèvent Teau jus- 
qu'au plancher intermédiaire pour l'ascenseur Edoux. 
Deux autres moteurs font fonctionner les dynamos. 
Quatre autres actionnent les pompes à air des con- 
denseurs de ces machines. Enfin deux dernières ma- 
chines à vapeur assurent l'alimentation des généra- 
teurs. Au total, il y a donc 12 machines à vapeur. 
Les chaudières sont au nombre de quatre et du sys- 
tème Collet. C'est donc une usine gigantesque qui est 
établie au pied de la tour. 

Lesgrandes traînées lumineuses quibalaienttoutrho- 
rizon de Paris ne viennent pas du phare, mais bien des 



. TOUR DE 300 MKTRES. 



deux projecteurs Mangiii placés au-dessous. Ces projec- 
teurs, construitspar MM. Sauttor-Lemonnifr.ont 90 cen- 



timëlrcs^de diamèlre ; ils sont montras sur aiïùt et sur 
roues. Le sysU>me optique est formé par un miroir 



*28 CAUSËltlES SCIENTIFIQUES. 

aplanétique ; le foyer lumineux, placé très près du mi- 
roir, est une lampe à arc de même intensité que celle 
du phare ; les charbons sont inclinés k 45° ; ils sont 
encore plus gros que ceux du phare ; ils ont i centi- 



mètres. On peut manœuvrer le projecteur dans tous 
les sens et on peut l'incliner de façon à envoyer le 
rayon <i 250 mètres seulement de la tour. Comme le 
rayon projeté est très limité en surface, il acquiert une 
grande puissance. Son intensité moyenne, d'après les 
constructeurs, est de à 8 millions de becs Garcel. 
C'est la projection lumineuse la plus intense que l'on. 



LA TOUR DE 300 METRES. 



ait jamais produite. Quand le rayon tombe sur un ob- 
jet,.il l'éclairc comme le 'soleil en plein midi. De la 



tour, avec une lunette, on peut distinguer, à il kilo- 
mètres, les objets sur lesquels il tombe. On sait que ces 
projecteurs sont analo^es & ceux dont on se sert dans 



*30 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

1.1 marine pour surveiller les côtes et les torpilleurs. 
Nous quittons le phare, l'ascension n'est pas finie ; 

du phare au sommet il y a encore plusieurs mètres 
de hauteur. Nous franchissons 
quatre ou cinq marches d"un 
petit escalier qui vient aboutir 
devant une ouverture percée 
dans le tuyau de 80 centimètres 
de diamtitre, un vrai tuyau de 
paquebot. Nous avançons la tête ; 
au-dessous, un trou béant qui se 
perd dans l'obscurité; on dis- 
tingue mal le fond ; en haut, & 
quelques mi'rtres, on voit le jour 
par un tiou ouvert. Des bar- 
reaux implantés dans la paroi 
du tuyau servent déchelle. 
Montons toujours. Encore quel- 
ques échelons et c'est fini! Un 
coup de jarret et nous sortons 
du trou. C'est le sommet en- 
touré d'une petite balustrade. 

II faisait trop chaud tout i 
l'heure dans le phare; ici le 

Fio 307 — Vuo intérienro ^'^"^^ ^^^ VioIent. Il BOUffle fort 

de la capo du pharo et en haut. La vîtcsse est souvent 
icrrasse ifirmina c. triple de ce qu'elle est en bas. 

Le drapeau ondule au bout de 
sa hampe et fouette l'air; il est déchiqueté et c'est le 
second que l'on fixe ù la hampe depuis l'ouverture. 
Un petit anémomètre Robinson tourne avec rapidité 
et envoie télégraphiquement en bas la vitesse du vent. 



.00 METRES. 



Plus tard, tous les instru- 
ments enregistreurs , ins- 
tallés au sommet, seront 
reliés électriquement au 
Bureau central météorolo- 
gique. La terrasse a l^.SO 
de diamètre'. On est là isolé 
comme dans la nacelle d'un 
ballon. La vue est magni- 
llque.On n'entendplusrien, 
pas même les bruits de la 
troisième plate-forme ; seul 
le drapeau qui s'agite avec 
furie! On avait dit que l'ex- 
trémité de la tour pour- 
rait bien oaciller comme le 
haut des grandes chemi- 
nées d'usine sous l'action 
des grandsvents. Celte fois, 
par bonne brise, nous ne 
sentons ni oscillation ni 
trépidation ; nous sommes 
bien immobiles dans l'es- 
pace. Toute la tour est ri- 
gide et droite comme un 
grand I. Seule la petite ba- 
lustrade tremble un peu. 
L'atmosphère n'est pas 
trèsclaire; cependant le re- 
gard porte encore loin. On 
a demandé souvent h quelle 
distance la vue pourrait s'é- 



«2 CAL'SERIKS SCIENTIFIQUES. 

-tendre du sommet de la tour. On a aperçu un jour, 
dans des conditions très favorables de transparence 
de l'air, la forêt de Lyons à 90 kilomètres de Paris. 
C'est exceptionnel ; tout 
dépend d'ailleurs de l'al- 
titude des points situés 
à l'horizon; en général, 
avec nnc bonne lunette, 
le regard peut porter 
entre 65 et 80 kilomè- 
tres. Au sud-ouest on dis- 
tingue la cathédrale de 
Chartres et derrière elle 
un sommet placé à 83 ki- 
lomètres au sud-est. On 
voit, en avant de Sens, 
un sommet situé à 88 ki- 
lomètres , Champigny- 
le-Chapitre. 

L'œil embrasse, en dé- 
finitive , un cercle moyen 
de près do 130 kilomè- 
tres ; tout dépend des 
creux el des rclie/s, de 
Fio.3io.-ï-pia."-to™<.. If» hauteur du soleil 
canipauiio cl phare. quand on observc el des 

circonstances atmosphé- 
riques. Le cercle ordinaire de visibilité embrasse Fon- 
tainebleau, Ëtampes, Pontoise, Chantilly, Melun, etc. 
Théoriquement,le rayon de IaTerreétantde6, 371, 000 
mètres, le rayon du cercle de l'horizon, pour des ré- 
gions unies et plates, est donné par le produitdu nom- 



LA TOUR DE 300 METRES. 433 

bre 3,571 mètres par la racine carrée de la hauteur du 
point où Ton observe, exprimée aussi en mètres (1). 
Sur une plaine unie, rœil placé à un mètre de hauteur 
embrasse un horizon de 3^571 mètres de toutes parts. 
A 300 mètres, si au loin le sol était uni et sans reliefs, 
on ne verrait pas au delà d'un cercle de 65 kilomètres, 
soit 130 kilomètres d'horizon. En réalité, comme le 
rayon visuel rencontre des sommets quelquefois voi- 
sins de 300 mètres, la vue s'étend beaucoup plus" loin. 

Nous reproduisons le fac-similé d'une grande carte 
dressée avec soin par M. L. Mizon et Em. Tronquois, 
en tête de laquelle on lit : « Ce que l'on peut voir de la 
tour Ëiffbl. » On s'est servi pour la dresser des cartes 
d'État-Major et l'on a construit graphiquement la tra- 
jectoire visuelle au moyen d'une équation où l'on a 
fait entrer la sphéricité de la Terre et la réfraction atmo- 
sphérique pour des conditions moyennes de tempéra- 
ture et d'état hygrométrique. Sur cette carte il existe 
au sud-ouest im point visible à 107 kilomètres : c'est 
la distance maxima. 

Ce n'est pas le moment de nous arrêter sur les ob- 
servations scientifiques et sur les expériences que l'on 
pourra faire à cette hauteur. La tour s'élève directe- 
ment comme une flèche ; rien ne la gêne ni à droite, ni 
à gauche ; son campanile est isolé comme la nacelle 
d'un ballon. On peut voir le ciel au-dessus de soi et 
exactement à la base le pied même de Ja verticale qui 
partira du sommet. La construction est donc unique 
et constituera un observatoire spécial également uni- 
que au monde. L'air, à ces hauteurs, est ordinairement 

(1; r = 3571 y/h, 

29 23 



V K W 

CE QU'O N PEUT VOIR Vfi 

DELATOUREIFFEL '"■'* ^J^.:iL::L1 






Km. 311. - Pano 



J i n / // ^- 



__ """n LA TOUR EIFFEL 



V 

^ 



-j\ --- V - . — Tv v^^:^. 



436 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

pur. Les microbes, qui se comptent par milliers au 
mètre cube dans les rues, ne sont déjà plus qu'au nom- 
bre de 60 à la hauteur des tours Notre-Dame, à 
66 mètres. Il sera intéressant de suivre leur dénom- 
brement à 300 mètres, quand la foule ne montera plus 
si pressée à la tour et quand on pourra entreprendre 
des expériences sérieuses. 

Il est inutile aussi de parler de la prétendue influence 
de la tour sur les orages et sur la pluie. Quand on est 
là-haut, perché sur cette minuscule terrasse, avec 
rétendue immense devant soi, on comprend vite, sans 
autre raisonnement, que le rôle de la tour est absolu- 
ment nul. Ce n'est pas ce gros fil de fer dressé en l'air 
qui peut changer le cours des vents ni la tension élec- 
trique. La tour est elle-même son paratonnerre. On a 
muni la terrasse supérieure d'une tige avec pointe et sur 
la troisième plate-forme on adressé obliquement aussi 
quelques tiges à pointes. La foudre est tombée sur la 
tour pendant l'orage du 9 août avec un bruit formi- 
dable. Elle n'a occasionné aucun dégât. Les hommes de 
service sur la troisième plate-forme et dans le phare 
n'ont absolument rien ressenti. M. Mascart a donné à 
cet égard quelques détails qu'il a puisés lui-même 
dans le rapport de M. Poussât, chef du service élec- 
trique qui se trouvait sur la plate-forme supérieure 
au moment de l'orage. 

La pointe de bronze avec bout de platine qui ter- 
minait la tige centrale, avait été enlevée quelques 
semaines auparavant parce qu'elle éprouvait des 
oscillations qui en faisaient craindre la chute. A 
9 heures 40 minutes, une décharge eut lieu sur le 
paratonnerre du sommet; elle fut accompagnée d'un 



.LA TOUR DE 300 METRES. 431 

bruit épouvantable analogue à la détonation de deux 
pièces d'artillerie de petit calibre, quelques goutte- 
lettes rouges se sont détachées de la pointe; elles 
étaient dues probablement à la combustion dans 
Tair de parcelles de fer volatilisées. On a remarqué, 
en effet, que Técrou qui terminait l,a tige, portait de 
petites bavures qu'il a été nécessaire de limer pour 
remonter une aigrette de pointes. Sur les paraton- 
nerres de la plate-forme, on aperçut à diverses re- 
prises des fusées lumineuses accompagnées d'un cré- 
pitement très manifeste. Le gardien du phare était 
près de son appareil ; deux hommes manœuvraient 
les projecteurs sur la plate-forme et M. Foussat était 
lui-même adossé à la rampe, regardant le paraton- 
nerre central. Aucune de ces quatre personnes n'a 
éi)rouvé la moindre secousse au moment du coup de 
foudre. Cependant, à cause de l'abondance de la pluie 
et de la possibilité d'un danger dans le cas d'une nou- 
velle décharge, les projecteurs furent éteints et les 
trois personnes restées sur la terrasse, rentrèrent 
dans les laboratoires. Un nuage descendu alors jus- 
qu'à la hauteur du phare fut trouvé vivement éclairé. 
C'est sans doute à cette dernière circonstance qu'est 
due l'impression éprouvée par certaines personnes 
situées à quelque distance dans Paris, que le sommet 
de la tour après l'éclair paraissait enveloppé d'une 
lueur électrique tellement éclatante qu'elle a éclipsé 
la lumière des projecteurs. 

Les instruments météorologiques placés au bas de 
la Tour. n'ont subi aucun dommage. Ce coup de fou- 
dre est en somme conforme à tous les faits connus ; 
il montre que la communication de la tour avec le 



^ 



438 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

sol est parfaite et que la sécurité dans Tédifice parait 
absolue. 

U nous faut bien limiter cette description rapide, 
et cependant déjà trop longue. 

L'impression que laisse ce monument hardi est de 
celles que l'on n'oublie pas. La tour de 300 mètres 
marque une étape dans Thistoire des constructions 
métalliques. C'est bien l'expression très significative 
de l'état actuel des tendances nouvelles de l'art du 
constructeur. La grande tour nous restera aussi comme 
un témoignage imposant des progrès de l'industrie 
contemporaine. 



XIII 

PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS - POHTS 
NAVIGATION INTÉRIEURE 



Pavillon des Travaux pubUcs. — Au Trocadéro. — Exposition du 
Ministère des Travaux publics. — Tour de France. — De 1878 
à 1888. ~ Modèles des grands ouvrages français. — Ponts et 
viaducs. — Tendances modernes. — Les longues portées. — 

— Ponts en maçonnerie. — Pont de Lavaur. — Viaducs de la 
Crucize, de Saint-Laurent. — Arches en acier. — Ponts de 
Rouen, de Lyon, de Nantes. — Les ponts suspendus. — Le fa- 
meux pont de Brooklyn. — Ponts à poutres métalliques. — Le 
viaduc de Garabit. — L'industrie des ponts en treillis aux 
États-Unis. — Ponts à boulons. — Navigation intérieure : les 
rivières. — La loi de 1878. — Travaux en Seine. — Mouillage 
de 3™, 20. — Les nouveaux barrages. — Systèmes Poirée, Boulé, 
Camerc. — Le barrage de Poses. — Les écluses de Bougival. 

— Manœuvres mécaniques des écluses. — L'eau sous pression 
et la chute do Marlv. — Les trains de bateaux. — Trafic. 



u Trocadéro, au milieu des jardins, on voit 
de loin profiler sur le ciel, à 38 mètres de 
hauteur au-dessus du sol, la lanterne do- 
rée de son phare. La foule connaît bien 
le chemin. On monte seize marches; la porte est ou- 
verte à deux battants; au-dessus, on lit simplement : 
Travaux pubucs. 
C'est là, en effet, que l'administration a réuni les me- 




<« CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

dèles et les dessins dos principaux travaux exécutés 
on France depuis 1878. On a été, en quelque sorte, 
choisir dans nos départements les travaux les plus 



remarquables ; on les a réduits à imo échelle conve- 
nable, et l'on est venu nous les placer sous les yeux, 
de sorte qu'en visitant ce pavillon, on fait très vite un 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 441 



tour dft France très instructif. Quand on en sort, on 
conserve une notion juste de l'œuvre considérable qui 
a été poursuivie dans notre pays depuis dix ans et qui, 
en somme, représente, sous une forme bien tangible, 
une partie de la fortune publique. 

Le pavillon du Trocadéro a été construit sur les 
plans de M. de Dartein, ingénieur en chef des ponts (»t 
chaussées, professeur d'architecture k l'École poly- 
technique. Il e«t surmonté d'une tour avec étages 
successifs à pans coupés graduellement rétrécis, sup- 
portée par quatre fermes en plein cintre croisées deux 
à deux et maintenues par un chaînage octogonal en 
acier. On juge très bien de cette disposition k l'inté- 
rieur. L'effort réparti sur le chaînage atteint 80 tonnes. 
La décoration est sobre ; tous les effets décoratifs sont 
obtenus avec la brique ordinaire et la brique émaillée 
de diverses nuances. On a très bien réparti lalumière, 
et la ventilation a été assez assurée pour que la tem- 
pérature ne s'élève pas sensiblement dans le bâtiment. 
La superficie occupée par les modèles dans la seule 
salle centrale est de 140 mètres carrés ; elle n'était que 
de 90 mètres carrés en 1878 ; la surface murale, absor- 
bée par les dessins, cartes et tableaux, atteint 600 mè- 
tres carrés; plus du double de celle de la précédente 
Exposition. Au dernier moment, malgré le choix 
sévère des modèles, il a encore fallu ajouter un pavil- 
lon accessoire en bois. C'est assez dire Tample déve- 
loppement que Ton a donné k cette exposition spé- 
ciale (1). 

(1) L'exposition du Ministère des Travaux publies a été orga- 
nisée par une commission présidée d'abord par M. Gouzay et 
ensuite par M. Lagrange, inspecteur général, directeur de l'École 



442 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

L'administration a fait placer, — exemple que 
Ton aurait bien dû suivre ailleurs, — sur tous les 
objets exposés des notices succinctes ; elle a en outré 
publié un volume de notices illustrées sur les modèles, 
dessins et documents divers relatifs aux travaux des 
ponts et chaussées, et un second relatif aux mines et 
au nivellement général de la France (1). 

Le public examine tout ; il va aux cartes, aux aqua- 
relles, mais il reste des heures devant les modèles qui 
excitent sa curiosité. Il est de fait qu'ils sont char- 
mants, ces modèles, depuis les ponts, les canaux, les 
écluses, les barrages, jusqu'aux ports et aux phares. 
C'est partout la réalité prise sur le vif, seulement vue 
par le petit bout d'une lorgnette. Les réflexions des 
curieux abondent; quelques-uns poussent quelquefois 
des exclamations de joie; on les entend dire avec 
certaine fierté : « Mais c'est mon port; voilà notre 
canal; c'est Calais, c'est Cherbourg... » Ils sont tout 
heureux de se retrouver chez eux en plein Paris et ils 
décrivent eux-mêmes les travaux exécutés devant la 
foule qui les entoure et qui les écoute avec empresse- 
ment. Suivons de loin le public et, comme lui jetons 
un coup d'œil rapide sur les points les plus saillants. 

des Ponts et Chaussées. La construction, les installations ont été 
faites par M. de Dartein avec l'assistance de M. Boulard, chef de 
bureau des dessins à l'École des Ponts et Chaussées. 

(1) Ces deux volumes avec nombreux dessins sont bien pré- 
cieux. Le premier donne des détails importants sur les routes et 
ponts, la navigation intérieure, la navigation maritime, les phares, 
les baUscs, les chemins de fer. Il a été publié par les soins de 
M. l'ingénieur en chef Choisy avec le concours de M. Boulard. Le 
second volume concerne en particulier les cartes géologiques, la 
statistique, le nivellement, les Écoles des Ponts ot des Mines, 
les houillères et les minerais en Afrique, on Perse, etc. 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 443 

Autrefois un pont en pierre, qui avait une arche de 
40 à 45 mètres, était réputé remarquable; quand il 
atteignait 48 mètres de portée comme le vieux pont du 
xvni* siècle voisin de Lavaur sur la route de Castres, 




FiG. 314. — Élévation du Pont do Lavaur. 

on se dérangeait de loin pour aller Tadmirer. Aujour- 
d'hui, ces portées sont devenues courantes et Ton n'a 
exposé que des ponts en maçonnerie dont les arches 
ont au moins 45 mètres d'ouverture et, parmi ceux-là. 




Fia. 315. — Élévation du Pont Antoinette et coupo transversale 

du viaduc à petites arches. 



précisément le nouveau pont de Lavaur sur la ligne 
de Saint-Sulpicc à Castres et le pont Antoinette sur la 
même ligne. Le pont Antoinette a une arche de 
50 mètres; le pont de Lavaur, une arche de 6i",50. 
De nos jours on construit mieux et plus vite qu'autre- 
fois. La construction de la voûte sur le cintre en bois 



m CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

s'effectue par rouleaux successifs et par tronçons mul- 
tiples symétriques que l'on clave isolément ; on attaque 
le travail par plusieurs points et l'on peut ainsi établir 
une arche de 60 mètres en quatre-vingrts jours. On 
compte par mois au lieu d'années depuis les progrès 
réalisés dans les procédés de construction. En même 
temps le travail par rouleaux successifs soulage beau- 



"Eî"^ 



Pia. 3ie. — Demi-plui supérieur el coups horii 
du PoDt de Céret. 



coup les cintres et, à l'épreuve, on ne relève que des 
tassements insignifiants. Au pont de Lavaur le tasse- 
ment sur cintre n'a été que de 18 millimètres, et le 
iassementaudécintrement n'a pas atteint 1 millimètre. 
Les ponts en maçonnerie ne sont pas en défaveur, 
comme on le pourrait supposer; au contraire, les in- 
gthiieurs les établissent avec un certain plaisir, car ils 
sont leur œuvre bien plus que les ponts métalliques 
où la part dévolue au constructeur est toujours plus 



PAVILLON DKS TRAVAUX PUBLICS. HH 

large. Mais, pour choisir lii pierre ni la maçonnerie, il 
faut (pie le terrain s'y prête et que des raisons d'ordre 
économique n'obligi'nt pas à avoir recours au métal. 
On a élevé dans ces derniers temps do beaux viaducs 
en pierre. On a représenté notamment, an pavillon, le 
viaduc de Saint-Lauronl de 269 mètres de longueur 
formé de dix irrcties de 20 mètres d'ouverture, ligne 



do Mendo à Sévérac-Ie-Chiteau. Le modèle est k 
l'échelle de 1/25 comme la plupart des spécimens 
exposés. Il faut citer encore, sur la ligne de Marvejols 
àNeussargiies.le viaduc de laCrueizo.dosix arches de 
25 mètres d'ouverture, qui s'élève à 63 mètres au- 
dessus de la vallée. 

On s'arrête surtout devant les ponts établis dans les 
grandes villes, devant les nouveaux ponts de Rouen, 
de Lyon, de Nantes. Le pont de Rouen remplace le 
pont suspendu à péage de 1838 ; il a élé terminé on 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



1888. ]1 est à trois travées métalliques de 40, 49 et 




55 mètres de portée, appuyée sur des piles en maçon- 
nerie. Pour la première fois en France, on a construit 



les trois arcs en acier: aussi leur épaisseur à la clef a- 
t-elle pu être réduite au centième de l'ouverture, ce 




FiG. 321. — Kldvation du Pont do Rouen. 







"^w/^m^^y/^wyyy 



11 



FiG. 322. -- Nouveau Pont do Rouon (cUévalion d'une pilo). 

1 






^ 




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J 



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» -tm^ . 



•I 
- 



ff^ 



Î1 



Fio. 323. — Plan du Pont de Rouen. 



iiS CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

qui augmente d'autant la liaiilcur libre au-dessus 
des eaux. Les lr.ivau\ de reconstruction des ponts 



I 

h 



Morand et Lafayette, sur le Rliûne, commencés en 
1887, sont en bonne voie d'exi^cution. Là aussi, OQ 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 



ft adopli! Irois arcs pn acier. Le pont de Barbin à 
Nantes, sur l'Hrdre, lerminé en 1885, se compose 



é1 



d'une seule arche métallique de 80 métrés d'ouverture. 
U est à noter aussi que, h l'opposé de ce qui se pas- 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



sait généralement autrefois, 
on se préoccupe de nos jours 
beaucoup des effets décora- 
tifs. On cherche à faire monu- 
mental, à frapper le regard 
par l'ampleur des abords et 
la grandeur des arches, par 
les ornements des piles. Au 
pont Lafayette, sur ,1e joli 
modèle exposé, les avant- 
becs des piles sontsurmontés 
de reproductions des groupes 
de Coustou en fonte repré- 
sentant l'un le Rhône, l'autre 
la SaAne. A Rouen, M. de 
Dartein a décoré avec un vé- 
ritable goût le nouveau pont; 
le garde-corps en fonte ornée 
est d'une grande élégance. 
Les ponts suspendus ne 
sont représentés que par un 
cadre de dessins figurant la 
reconstniction du tablier du 
pont de Tonnay-Charente. Il 
y a, de ce c&té, un progrès h 
signaler. Les anciens cAbles 
de suspension tordus dans 
un seul sens s'allungeaient à 
la longue. M. Arnodin a eu la 
bonne idée de les constituer 
avec des brins allernalive- 
ment tordus dans les deux 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. Kl 

sens.Ce système oITredegrands avantages. Peut-élre les 
ponts suspendus reverront-ils de beaux jours ? Si au- 
trefois nous avons établi les beaux ponts de Fribourg, 
il ne faut pas oublier que tes Américains ont construit 
le pont unique, mer\eilleux, de Brooklyn sur la ri- 
vière de l'Est à N(îw-York. Il a i,825 métros de ton- 



deur ; il est formé d'une travée centrale de 486 mé- 
trés et de deux latérales de 283 mètres. La hauteur 
au-dessus dos hautes mers est encore de il", 15. 
Sa largeur est de 25 mètres avec deux routes de voi- 
tures, un double passage pour tramways, un trottoir 
central surélevé pour les piétons. Les piles ont jusqu'à 
83 mètres de hauteur. Les câbles sont énormes, 48 
centimètres de diamètre ; ils sont formés de 5,290 fils 
d'acier fondu. 



(52 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Les ponts à poiilres niélalliques se multiplient tous 
les jours ; ils aoni économiques, et on los établit vite. 
On monte les poutres à terre par tronçons successifs 
et on les fait avancer par pelîts mouvements sur galets 
jusqu'à la première pile et ainsi de part et d'autre. Le 
pont s'en va tout seul prendre sa place définitive k 
travers l'espace. On a exposé divers modèles de ponts 



à treillis ou de viaducs métalliques. A l'entrée, la 
porte franchie, les yeux se portent sur une élégante 
réduction du célèbre viaduc de Garabit (ligne de 
Marvejols à Neussargues), projeté, étudié par le re- 
gretté Léon Boyer et réalisé par M. Eiffel. La rivière de 
la Truyère est franchie par une grande arche centrale 
do 165 mètres d'ouverture et formée seulement de 
deux fermes. Celte arche est exactement du type 
inauguré par la maison Eiffel et C" au pont du Douroi 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. i53 

en Portugal. Les piles métalliques les plus élevées 
aux extrémilés de l'arche ont 61 mètres de hauteur. 
Le viaduc de la Tardes (ligne de Montluçon à Eygu- 
rande) aussi est remarquable. Il est à trois travées 
droites, celle du milieu ayant 100 mètres et les deux 
latérales 69°*, 43. La pile la plus haute mesure 60 mè- 
tres de hauteur. 

L'industrie des ponts à treillis a pris en France de 



^rands'dévcloppements. II ne faut pas cependant per- 
dre de vue ce qui se fait aux Étals-Unis. H. Macdonald, 
directeur de l'Union Bridge Company.a terminé, l'an- 
née dernière, le grand pontdePoughkeepsie surl'Hud- 
son, avec cinq grandes travées de 131 et 157 mètres 
de portée reposant sur les piles en acier qui s'élèvent 
à id mètres au-dessus du niveau des eaux. Toute la 
parlie métallique a été mise sur place en quelques 



45t CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

mois. En Amérique, on tend à supprimer les rivets de 
montage et à les remplacer par de gros boulons ou 
axes d'articulation de 2o à 30 centimètres de diamètre 
ajustés à 5 dixièmes de millimètre près. L'assemblage 
se pratique très vite. 

Le grand pont du Niagara construit d'après ce sys- 
tème, en bas de la chute, k 60 métrés de hauteur 



1 



Fio. 333. — Pom on acier sur 1» Braya. 

au-dessus du fleuve, se compose de poutres de 146 mè- 
tres de portée. L'exécution des travaux, le montage 
sur place ont été elTectués en neuf mois et demi. Au 
viaduc de Veraguas, sur le chemin de fer qui franchit 
la Cordillère à une attitude de .1,700 mètres, trois pe- 
tites travées de 30 mètres ont été montées en seize 
heures par une équipe de 50 hommes à 83 mètres 
au-dessus du sol. 11 restera à savoir comment se com- 
porteront les nouveaux ponts boulonnés au bout de 
plusieurs années de service (1). En tout cas, lorsqu'il 

(1) Il est bon, à titre de document, d'enregistrer les faits sui- 
vants, signaJtis par M. de (iaray s 1» SoeiétË dea ingcnicurs ciTtls. 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. i55 

s'agira d'aller vite, les ponts à boulons sont tout in- 
diqués. 

La navigation intérieure mérite principalement de 
'fixer l'attention ; on doit la considérer comme une 
partie essentielle de l'outillage national. Il faut s'elTor- 
cer d'elTectuer les transports le plus vite et le plus éco- 



lo Barbin sur l'Erdro. 



nomiquement possible. Les voies navigables et les che- 
mins de fer sont destinés, non pas à se supplanter, mais 



Sur lu Hftia dos Andos on construisit dernièrement quatre ponu 
do 30 inéirc<i d'ouverture. Dcui furent eicculéB par les Anglais. 
La mise en place dura pUm de deux nioiï. Lors de l'épreuve, le 
premier tomba Bu fond du ravin; le second s'affaissa sur lea 
échafaudages. Lp Iroiaii'me pont, de construction française, à 
IreiUis rivés, fut monté en un mois; il résista parfaitement. Lo 
quatriil'nie de construction américaine, d'apnVs le nouveau sjsliNme 
Fink, subit aussi l'épreuve avec succès ; mats il avait él^ mis en 
place encjn^ jours. Les (rois ponts européens pesaient 136 l«nnos 
et le ponl anicricain seulement 67 tonnes. 



459 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

bien k se compléter; entre eux, se fait un partage natu- 
rel d'attributions, une répartition judicieuse qui a pour 
conséquence certaine l'accroissement de la richesse 
publique. Jusqu 'on i878, aucune pensée d'ensemble 
n'avait présidé à la construclion des canaux. Sur les 
voies ferrées, on avaitexigé dt'sl'originel'unitéd'écar- 
tement des rails; sur les voies navigables, le tirant 
d'eau, les dimensions des écluses variaient un peu 



Fia. rtas. — viaduc aur Is Saûno (ligue ilc CollongvB à Lvou-Siint-Clair.) 

partout. La loi du 5 août 1879 lit cesser ce défaut 
d'homogénéité. Aux trente lignes principales de navi- 
gation qui sillonnaient le territoire, elle imposal'ohli- 
gation de réunir l'ensemble des conditions communes 
suivantes : 

Profondeur rt'ciiu â^.ÛO 

Liirgcur des écluses :i",20 

I.o[i{!Ucur 39i,TA 

Hiiulcur libre 90iis les ponlfl ^".'•0 

Ces dimensions conospondenl il celles de la péniche 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. Kl 

flamande, qui est le type de baluau le plus répandu et 
qui mesure 38 mètres do long, K métrés de large, 
l^.SO d'enfonrement avec 300 tonnes d« chai^ement. 
Le programme arrêté en 1878 a prévu Vaméliora- 
lion de 4,000 kilomètres de rivières et de 3,600 kilo- 
mètres de canaux, et la construction de l,iOO kilo- 
mètres de canaux nouveaux. La dépense totale a été 
évaluée à 700 millions. Pendant les neuf années qui 



Fio. 33A. — Visduc do Ganbit. 

viennent de s'écouler entre 1879 et 1888, les sommes 
consacrées & l'amélioration des voies navigables dé- 
passent 436 millions. On a poussé partout les travaux 
avec une grande activité. On peut donner une idée 
des résultats obtenus par les quelques chiffres suivants 
qui représentent en kilomètres les longueurs des voies 
réunissant les conditions de la loi du S août 1879 : 

Kn 1818 996 IR3 l,i.-,9 

Kn 1881 1,819 t.Ttl 3,-S66 

DiffiSronceeiifaïeurdcISSl. 823 1,281 2,107 ' 

Nosgrandsfleuves,laSeine,leRlidne. la Garonne, etc.. 



438 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



ont été Tobjet d'améliorations importantes. 
Les travaux de canalisation de la Seine no- 
tamment ont été considérables. La loi du 
6 avril 1878 avait prescrit de remanier les 
ouvrages, barrages, écluses, et d'assurer 

aux bateaux en tout 
temps un mouillage mi- 
nimum de 3"',120; celle 
du 21 juillet 1880 éten- 
dait le mouillage per- 
manent à toute la tra- 
versée de Paris. Tout a 
été exécuté en moins de 
six ans ; il ne reste plus 
à terminer que Técluse 
de Villoz. Les dépenses 
de canalisation au to- 
tal se sont élevées à 
88,530,000 francs. Les 
résultats économiques 
sont significatifs. 

La durée du trajet de 
Rouen à Paris (220 kilo- 
mètres), qui était jadis 
de quatre à cinq jours, 
n'est plus que de trois jours pour les con- 
vois toués ou remorqués et de vingt-huit 
heures pour les porteurs à vapeur. Le prix 
du fret, qui était en 1840 de 13 à 15 francs la 
tonne, de 8 à 9 francs en 1869, s'est abaissé, 
suivant la nature des marchandises, de 4 à 5 francs à la 
remonte et de 2 fr. 75 à 3 fr. 50 à la descente et diminue 




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PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 459 

il mesure que la batellerie transforme son vieux ma- 
tériel. Le trafic a augmenté considérablement. Le ton- 
nage ramené au kilomètre a monté, en 1881 à 1888, 
de 227,307,266 à 389,568,346. En 188i8, il a passé 
25,267 bateaux aux écluses de Bougival. 

Dans tout travail de canalisation, on se propose de 
rendre la rivière navigable en tout temps, pendant les 
sécheresses, pendant 4es basses eaux, de régulariser 
le courant, de supprimer les écueils, etc. On y parvient 
au moyen de barrages successifs qui relèvent le plan 
d*eau et assurent la pente convenable. Le fleuve se 
trouve ainsi comme partagé en une série d'étages à 
profondeur déterminée que les bateaux franchissent 
par Tintermédiaire des écluses (l).Laconstruction des 
barrages arrêta longtemps les ingénieurs, car, si les an- 
ciens barrages fixes avaient l'avantage de relever le 
plan d'eau, en cas de sécheresse, ils avaient l'inconvé- 
nient de faciliter les inondations et de rendre les crues 
désastreuses ; c'est seulement en 1834 que le problème 
fut résolu, lorsque M. Poirée eut inventé les barrages 
mobiles à fermettes et à aiguilles, dont le premier type 
fut établi à Bezons, près Paris. En cas de hautes eaux, 
en effet, on supprime tout barrage ; il n'y a plus qu'à 
enlever les aiguilles juxtaposées qui barrent le cours 
du fleuve et à abaisser les fermettes de soutien. Le 
système Poirée avec de légères modifications a été in- 
stallé un peu partout. Cependant, l'expérience a mon- 
tré qu'il n'était pas exempt de certains inconvénients. 
Le déplacement des aiguilles est lent et pénible, quand 

(1) Sans écluses, pas de canalisation possible. On dit que la 
première écluse à sas fut construite en 1528, près de Milan, pour 
faciliter le transport des marbres du Dôme. 



460 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



on dépasse les petites chutes. Le système très suffisant 
pour des retenues réduites devient beaucoup] moins 
pratique pour des barrages à grande chute. Dans ces 




M fig^fleg A ...mgmiLv 



SffI 



FiG. 338. — Plan général do la Retenue do Surejsnes. 



derniers temps, M. A. Boulé, ingénieur en chef de la 
navigation de la Seine à Paris, a eu Tidée de suppri- 
mer les aiguilles et de les remplacer par des vannes. 
Il dispose sur le châssis formé par les fermettes une 
série de panneaux en bois de 1™,22 de largeur sur 1 mè 
tre de hauteur. On glisse un panneau, puis un second, 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 461 



un troisième; jusqu'à ce que cette muraille en bois 
barre le courant. Quand on les retire successivement 
de haut en bas, le débit du fleuve s'effectue par déver- 
sement, ce qui évite les courants de fond qui tendent 
à affouiller le radier; en même temps la pression de 
Teau sur les vannes diminue progressivement et l'effort 
à faire pour enlever le panneau est toujours faible. Ce 
nouvel engin de fermeture, expérimenté d'abord à 
Port-à-l'Anglais, a été établi au barrage de Suresnes 
dont la chute est de 3", 27, concurremment avec un 
autre système combiné par M. l'ingénieur en chef 
Gameré. Les modèles exposés font très bien compren- 
dre leî\ détails des moyens de fermetures employés à 
Suresnes. Le système Boulé constitue dans sa simpli- 
cité un progrès. 

C'est" le barrage de Poses qu'il convient de visiter 
pour bien juger dans son ensemble de l'ingénieuse in- 
vention de M. Cameré. Ici nous sortons complètement 
du dispositif Poirée ; plus de fermettes, plus d'aiguilles, 
et le système devient applicable à des retenues d'eau 
dont la hauteur dépasse tout ce qui a été fait jusqu'alors. 
Le principe du nouveau barrage peut s'esquisser en 
quelques lignes. Un pont constitué par deux poutres à 
treillis repose sur les piles séparatives des passes; il 
est établi assez haut pour laisser dans tous les cas le 
passage libre aux bateaux. Du tablier du pont pendent 
des montants verticaux en tôle entretoisés formant toute 
une série de cadres. Ces montants, fixés au pont par 
des articulations, viennent buter au fond de l'eau sur 
des bornes qui les maintiennent en place, et ils s'ap- 
puient par leur extrémité supérieure sur des consoles. 
Ces cadres tiennent lieu des fermettes de l'ancien sys- 

26. 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



tème. Les aiguilles Poirée.ies vannes Boulé sont rem- 
placées par des rideaux de IJi'.SSde largeur constitués 




il 



' î 
il 



par d'épaisses lames de bois juxtaposées horizontale- 
ment les unes au-dessus des autres. Ces rideaux, ac- 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 483 

croches à des supports, se déroulent h la façon de ja- 
lousies, s'appliquent contre les cadrer et forment 
fermeture. Pour ouvrir le barrage, on faitagir un treuil 



Fio. 341. — Birr>go do P^es. 

installé sur un petit pont de service; il enroule les 
rideaux. En inëmo temps, on relève les cadres de sou- 
tien en leur faisant décrire un demi-cercle autour de 
leurs articulations et on les llxe du cAté aval sous le 



«4 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

point de suspension ; la passe est libre. Les fermettes 



?É 



se rabattaient dans l'eau, ce qui est toujours désavan- 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. MT, 

tugeux: les montants relevés hors de l'eau peuvent 
toujours ètro visités. On coni^oit que la manœuvre des 
rideaux soit beaucoup plus simple et plus rapide que 
colles des aiguilles et même des Vannes ; on comprend 
aussi que, en forçant im peu les épaisseurs des ca- 
dres et des rideaux, on puisse augmenter la charge 



d'eau sans grand inconvénient et élever le barragit. 
Ce dispositif est très élastique ; il se prêterait même 
après Coup ii une nouvelle surélévation ; il suffirait df 
modifier les cadres et les rideaux. Le système de 
M. Cameré présente donc des avantages sérieux. Il n'y 
a pas de médaille sans revers : il est malheureusement 
très coûteux. 11 est vrai que. parla hauteur de la rete- 
nue, il permet d'agrandir les biefs et de diminuer le 



466 CAUSKRIES SCIENTIFIQUES. 

Qombre des barrages. C'est ce qui est sunemi à 
Poses. 

Le barrage de Poses (Eure), établi au kilomètre 305, 
cstleplus important des ouvrages récemment installés 
entre Paris et Rouen. Par suite de l'élévation excep- 
tionnelle de sa retenue, il maintient te moiiillag-e à 



.^",20 dans un bief de 41 kilomètres compris entre 
Poses et Notre-Dame-de-la-Garenne; la longueur 
moyennne des autres biefs est seulement de 23 kilo- 
mètres. On avait d'abord projeté un barrage Poirécde 
i mètres ; mais le niveau étant insufllsant pour cou^Ti^ 
les hauts fonds de la Mare et de Tosny, on devait éta- 
blir, 10 kilomètres plus haut, à André, un autre bar-r 
rage de 1 mètre. L'emploi du système Cameré a évité 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 467 

ce travail supplémentaire et il a permis de porter à 
5 mètres la hauteur de la retenue de Poses. Le nou- 
veau barrage Gameré a été très apprécié par les ingé- 
nieurs du Congrès de la navigation fluviale pendant le 
récent voyage qu'a fait, le long de la Seine, M. Yves 
Guyot, ministre des travaux publics. 

Le remaniement des ouvrages en Seine a exigé aussi 
la construction de, nouvelles écluses à côté des an- 
ciennes. A Bougival, notamment, on a établi deux 
écluses accolées, Tune pour les convois de 220 mètres 
de longueur utile sur 17 mètres de largeur, et l'autre 
pour les bateaux isolés de 41 ",60 de longueur utile et 
de 8",20 de largeur. La Compagnie du touage remor- 
que ordinairement entre Saint-Denis et Paris 16 ou 
17 péniches et le toueur. Le dessin des écluses de 
Bougival montre aussi les appareils hydrauliques em- 
ployés pour la manœuvre des portes des écluses. Tout 
marche mécaniquement et la force motrice est fournie 
par la chute du barrage. Les divers appareils soçt 
actionnés par l'eau sous pression provenant d'un accu- 
mulateur Armstrong chargé à 60 kilogrammes par 
centimètre carré. L'eau est refoulée dans l'accumula- 
teur au moyen de turbines mues par la chute elle- 
même. 

Ce système mécanique tend à se généraliser dans 
les ports de mer. L'adoption des appareils mécani- 
ques h Bougival a été motivée par le trafic de ces 
écluses, les plus importantes du réseau; en 1888, il a 
été de 3,056,8^29 tonnes. L'installation actuelle permet- 
tra de desservir un trafic double, soit 6 millions de 
tonnes. 

Le passage d'un train qui peut porter 4,500 tonnes 



468 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

exige encore cinquante-six minutes; il est vrai quo 
quarante minutes sont absorbées sur ce temps, uni- 
quement par les manœuvres de rangement à la sortie 
et k rentrée des 17 bateaux. 

Nous aurions beaucoup à dire sur l'amélioration de 
la Seine maritime, sur colle du Rhône ; il y a partout 
de grands progrés. Mais il faut nous limiter bon gré 
mal gré. Nous jetterons un coup d'œil rapide dans le 
chapitre suivant sur les canaux, les travaux maritimes 
et sur les phares. 



XIV 

PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS 
CANAUX - PHARES — BALISES 



Pavillon des Travaux publics. — Les canaux en France. — Nom- 
bre d'écluses. — Longueur moyenne des biefs. — Progrès ré- 
cents dans Toutillage de la navigation intérieure. — Le canal 
du Centre. — Les écluses à grande chute. — Chute do 5"",20. 

— Les vannes cylindriques. — Les ascenseurs pour canaux. 

— La balance aérohydrostatique Seiler. — Rachat de grandes 
différences de niveau. — Les ascenseurs Clarck. — L'ascenseur 
des Fontinettes. — Canal de Neuffossé. — Chute de 13»,50. — 

— Importance de la solution. — Le halage funiculaire. — Siphon 
du canal Saint-Martin. — Grands travaux maritimes. — Les 
ports de Calais, Boulogne, Dieppe, la Pallice. — Fondations 
à l'air comprimé. — Les caissons à la Pallice et à Bordeaux. — 
Service des phares. — Le plus grand appareil optique du monde. 

— Les phares électriques et les phares à l'huile. — Une solu- 
tion neuve.— Appareil hyper- radiant. — Les signaux sonores. 

— Les toui*s- balises k la gazoline. — Conclusion, 



PRÉS les rivières, les canaux. Le pro- 
gramme de 1878 comportait Taméliorar 
tion de 3,000 kilomètres de canaux et la 
construction de 1,400 kilomètres de nou- 
veaux canaux. Dès aujourd'hui plus de 1,300 kilo- 
mètres satisfont aux prescriptions de la loi du 5 août 
1879. Le travail accompli a été considérable; Toutil- 

29 :i7 




470 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

m'^^ ' — I I II «^^^^ ■ —.i^^^^— ■■■■■ ^ ■ ■ P^ ^m^^^^a^^ 

lage de la navigation très perfectionné. L*écluse joue 
naturellement le rôle dominant dans Texploitation et 
gouverne en grande partie la vitesse des transports. 
On comprend que la répétition des écluses entraîne 
une perte de temps, un accroissement dans le volume 
d'eau consommée, une importante aggravation des 
dépenses de construction et d'entretien, une gène pour 
la circulation, etc. On tend de plus en plus aujour- 
d'hui à diminuer leur nombre, à augmenter par suite 
la hauteur de chute et la longueur des biefs. En France, 
on compte pour les rivières canalisées 581 écluses sur 
un développement de 3,579 kilomètres, ce qui donne 
pourle bief moyen une longueur de 6 kilomètres. Les 
canaux sans bief de partage n'ont déjà plus qu'un 
bief moyen de 4*^^,600 avec 471 écluses réparties 
sur 2,179 kilomètres. Pour les canaux avec bief de 
partage, la longueur moyenne du bief descend à moins 
de 2 kilomètres avec 1,395 écluses pour 2,160 kilo- 
mètres. Les écluses s'étagent sur le flanc des vallées 
comme les marches d'un gigantesque escalier. Cer- 
tains biefs ont moins de 200 mètres. Sur le canal du 
Centre, par exemple, à Longpendu, 7 écluses étaient 
séparées par des biefs d'une longueur moyenne de 
103 mètres. A Saint-Julien-sur-Dheune, on comptait 
9 écluses avec bief moyen de 298 mètres. On a dû se 
décider, sur ces points, à supprimer un certain nombre 
d'écluses et ai les remplacer par des écluses à plus 
grande chute ; on a doublé les hauteurs de chute et, 
par suite, réduit de moitié le nombre des écluses. Les 
nouvelles écluses du canal du Centre, qui ont été 
visitées, au mois d'août, par le Ministre des Travaux 
publics, ont 5°,20 de chute et 38",50 de longueur. 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 471 

13 écluses à grande chute remplacent, à Longpendu, 
à Saint-Julien, à Rully, etc., avec de grands avan- 
tages, 26 anciennes écluses. 

Chaque sassée, en pareil cas, exige le déplacement 
de i ,200 mètres cubes d'eau. Pour hâter le remplis- 
sage et la vidange, on a eu recours à un dispositif in- 
génieux. L*cau ne s'écoule plus du bief supérieur dans 
le sas par l'ouverture de vannes ménagées dans les 
portes. Le débit par les vannes ordinaires eût exigé 
beaucoup trop de temps. Au fond des enclaves des 
portes, sous une voûte en plein cintre, s'ouvre, dans 
le radier de chaque côté, un large puits de i",40 de 
diamètre. Chacun de ces puits descend dans le bajoyer 
au niveau du buse d'aval et aboutit à un aqueduc 
voûté en plein cintre de 1",70 de hauteur sous clef et 
1 mètre de largeur. Cet aqueduc longe le sas; il com- 
munique avec lui par quatre ouvertures rectangu- 
laires espacées de 0"*,80 de largeur sur 1 mètre de 
hauteur. Voilà, comme on voit, une large route d'écou- 
lement pour les eaux. A la partie supérieure de chaque 
puits, on a installé des vannes cylindriques qu'il suffit 
d'ouvrir pour donner issue aux eaux du bief supérieur 
et pour emplir rapidement le sas. Ces vannes cylin- 
driques sont très commodes; il est facile d'en saisir le 
fonctionnement. Le puits est prolongé par un cylindre 
en fonte. Ce gros tuyau est coiffé d'un chapeau cylin- 
drique; entre le cylindre et le chapeau existe un vide 
annulaire par lequel peut s'engouffrer l'eau. Mais h 
l'intérieur du chapeau peut monter et descendre une 
couronne de fonte de 0",46 de hauteur. Si la couronne 
est descendue convenablement, elle bouche l'orifice 
annulaire, fait vanne, et l'eau ne peut s'écouler. Si, 



412 CAUSERIES" SCIENTIFIQUES. • 



au contraire, on veut emplir le sas, à Taide d'un cric 
qui agit sur la tige à laquelle est fixée la couronne 
mobile, on soulève cette vanne cylindrique qui rentre 
dans le chapeau et Teau tombe dans \fi puits. Le cha- 
peau reçoit la pression verticale de Teau ; les pres- 
sions latérales sur la vanne s'équilibrent de sorte que 
la manœuvre se réduit au soulèvement du poids de 
la couronne, soit de 370 kilogrammes. 

Les vannes d'aval pour la vidange fonctionnent 
comme les vannes d'amont. Ce système organisé par 
M. Moraillon est très pratique et fournit sans effort 
une grande ouverture de débit avec une charge plus 
forte que sur un orifice ouvert à travers une porte 
d'écluse. Le remplissage du sas s'effectue en 3 mi- 
nutes 10 secondes par les deux vannes; la vidange 
demande 5 secondes de plus. Malgré un déplacement 
de 1,200 mètres cubes, l'éclusage, dans ces conditions, 
ne dépasse que de 2 minutes la même opération faite 
dans les anciennes écluses à 2",60 de chute ; il absorbe 
environ 14 minutes pour un bateau de 30 mètres de 
longueur chargé de 150 tonnes et halé par deux 
hommes; grâce aux aqueducs latéraux, l'arrivée de 
l'eau se produit sans mouvements tumultueux. 

Le nouveau système à vannes cylindriques pour 
écluses de grande chute est plein d'avenir; il a déjà 
été adopté pour d'autres cai^ux, pour ceux de Paris, 
pour les écluses de Panama, etc. On en trouve un 
bon modèle au pavillon. Les projets des écluses à 
grande chute du canal du Centre ont été dressés par 
M. Eugène Resal, ingénieur, MM. Moraillon etVariot, 
sous-ingénieurs, et M. Fontaine, ingénieur en chef. 

C'est déjà bien de racheter d'un seul coup une 



iii.iiijii .iii'iii ffu 




r>io des puiu il*ii- 




Fio. 31» i> S&!. - Éclunoa k grando chule. 



474 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

différence de 5",â0. Mais ne pourrait-on aller plus 
loin? Avec les écluses, ce problème semble limité 
autour de 5 à 6 mètres au moins pour le moment. 
La solution est ailleurs dans certaines circonstances ; 
elle paraît se trouver dans une combinaison hardie, 
qui constituera une étape importante dans Thistoire 
de la navigation; nous voulons parler des ascenseurs 
pour bateaux. 

11 existe au pavillon des Travaux publics un modèle 
bien remarquable du premier ascenseur construit en 
France^ de Tascenseur des Fontinettes, qui a excité 
vivement la curiosité publique depuis quelques mois, 
qui a fait Tobjet d'une visite spéciale du Président de 
la République et qui est resté le but des excursions 
ordinaires de tous les ingénieurs étrangers venus en 
France pour l'Exposition . 

Le canal de Neuffossé réunit la Lys et le canal 
d'Aire àl'Aa; il met les ports de Dunkerque, Graveli- 
nes et Calais en communication avec le réseau de 
navigation intérieur; il donne lieu à un mouvement 
annuel de près de 13,000 bateaux tant chargés que 
vides. C'est sur ce canal, à Arques, près de Saint-Omer, 
qu'a été construite autrefois l'écluse des Fontinettes ; 
elle se compose de cinq sas superposés rachetant en- 
semble une chute de 13",i3. Les bateaux franchissent 
ce passage avec une lenteur que Ton devine; la durée 
de l'éclusage dépasse quelquefois deux heures. On a 
dû, pour gagner du temps, renoncer à procéder par 
croisement et affecter alternativement un jour à la navi- 
gation montanteetun jour à la navigation descendante. 
Les encombrements étaient permanents, et il fallait 
prévoir le jour où l'exploitation deviendrait impossi- 



i 



PAVILLON DBS TRAVAUX PUBLICS. «5 

bte. D'ailleurs les sas des Fontinettes n'avaient pas la 
longueur réglementaire de 38", 50, qui est celle de 
nouveaux bateaux des canaux du Nord. L'administra- 
tion, pour remédier à cette situation déplorable, pres- 
crivit en 1881 la construction, àc6té des écluses, d'un 



Pio. 3U. — Plan de l'Auenseur dot Fouiinettoi. 

ascenseur hydraulique analogue à' celui qui fonctionne 
en Angleterre, à Anderton, sur le canal de Trent et 
Hersey, mais beaucoup plus puissant, puisque le nou- 
vel ascenseur devait livrer passage à des bateaux de 
300 tonnes, tandis que l'ascenseur d'Anderton ne fait 
circuler que des bateaux de 80 à 100 tonnes. On achève 
en ce moment un ascenseur analogue k celui des Fon- 
tinettes en Belgique, & la Louviëre, sur le canal du 



m CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Centre; il réunira le canal de Charleroi ii Bruxelles h 
celui de Mons àCondé. Le modèle de l'ascenseur de 
la Louviére figure dans la section belge au Palais 
des Machines. 
La conception des ascenseurs pour bateaux n'est 



pas aussi nouvelle que l'on nous parait le croire; sans 
remonter au delà de 18f>3, nous nous souvenons fort 
bien avoir vu à l'Exposition de Londres un modèle 
d'ascenseur combiné par M. Seiler, sous le nom de 
« balance aérohydrostatique ». Le système de M. Sei- 
ler, très analogue aux élévateurs actuels, avait fait 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 477 



Tobjelde rapports favorables, notamment de M. Huet, 
aujourd'hui sous-directeur des travaux de la Ville, 
alors ingénieur des canaux de Paris, et de M. Houel, 
ingénieur en chef des établissements Cail. La combi- 
naison est d'ailleurs simple, du moins en principe. Au 
lieu de ramener le plan d'eau dans le sas de Técluse 
à la hauteur du bief supérieur, M. Seiler songea à 




FiG. 355. — Ascenseur hydraulique des FontincUcs. 
Coupe longitudinale par Taxe d'un ia«. 



rendre le sas lui-même mobile, à le faire s'élever avec 
eau et le bateau, ou s'abaisser de môme. Il accoupla 
deux sas comme les plateaux d'une balance, de façon 
qu'avec une légère surchage d'eau l'un des sas entraî- 
nât l'autre dans son mouvement. Le sas descendant 
faisait monter le sas accouplé. Les sas consistaient en 
grands bacs de 35 mètres de longueur. Pour l'époque, 
le procédé choisi pour les faire mouvoir était assez 
ingénieux. Chaque bac reposait sur 4 gazomètres, 
i à Tavant, 2 à l'arrière. Les 4 gazomètres de chs^que 

' 27. 



478 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

bac communiquant par un tuyau, il est clair que 
toute surcharge de Tun comprimait Tair qui, refoulé, 
passait dans les 4 autres gazomètres , et les soulevait 
avec le second bac. La descente de Tun entraînait la 
montée de l'autre (i). D'où le nom de balance aéro- 
hydrostatique. La perte due au passage de chaque 
bateau était réduite à une faible tranche liquide. 
M. Seiler avait proposé ce système pour racheter des 
différences de niveau de 20 mètres soit sur canaux, 
soit même sur chemins de fer. Passons. 

Dans les ascenseurs actuels, c'est l'eau sous pression 
qui remplace avec grand avantage Tair comprimé. On 
peut dire que ces appareils sont la résultante des pro- 
grès scientifiques et industriels réalisés depuis vingt 
ans. 11 fallait, pour les construire avec sûreté, avoir l'ex- 
périence des grandes pressions, arriver à faire manœu- 
vrer des poids gigantesques de 1,300,000 kilogrammes 
soutenus sur des pistons de grand diamètre. On dut 
procéder méthodiquement en passant progressivement 
du petit au grand. Il a été indispensable d^attendre 
que la métallurgie et l'art des constructions mécani- 
ques eussent permis de fabriquer des pistons et des 
corps de pompe résistant à des pressions énormes, 
car, dans les nouveaux élévateurs, les bacs sont sou- 
tenus et mus par les pistons de presses hydrauliques. 

M. Edwin Glarck, l'éminent ingénieur anglais, n'a 
construit en 1880 le premier ascenseur, celui d'An- 
dorton, que lorsque, par de longues études prélimi- 
naires, il se fut rendu maître du maniement de l'eau 
sous haute pression. A vrai dire, ce sont les applica- 

(1) Causeries scientifiques. Découvertes et Inventions^ tome II, 
1862. 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 419 



lions ingénieuses qu*il fit de Teau sous pression au 
soulèvement des navires à radouber qui le conduisi- 
rent peu à peu à la réstlisation des ascenseurs. C'est à 
ses conseils que Ton a eu recours pour le grand ascen- 
seur des Fontinettes. M. Edwin Clarck en a fourni 
Tavant-projet ; les études définitives ont été commen- 
cées sous la direction de M. Bertin, ingénieur en chef. 
Le projet des terrassements et maçonneries a été 
dressé par M. Gruson, ingénieur en chef, et M. Gètre, 
ingénieur ordinaire, qui ont dirigé les travaux pendant 
toute leur durée. Les travaux commencés en 1883 ont 
été terminés en 1887, et Tascenseur mis en service le 
20 avril 1888. 

Le nouvel ascenseur se compose de deux caissons ou 
sas métalliques renfermant de Teau, et dans lesquels 
flottent les bateaux. Chaque sas est fixé par son milieu 
sur la tête d'un énorme piston qui plonge dans un cy- 
lindre de presse hydraulique installé au centre d'un 
puits. Les deux presses communiquent souterraine- 
ment au moyen d'une conduite munie d'une vanne 
qui peut .les isoler à volonté. Les deux sas mobiles 
sont disposés parallèlement; on a ainsi une véritable 
balance hydraulique; il suffit que Tun des caissons 
reçoive une certaine surcharge d'eau pour que, la 
vanne étant ouverte, il s'abaisse en produisant l'as- 
cension de l'autre. Une dérivation est ouverte sur la 
rive droite du canal de Neuffossé. Chaque bateau des- 
cendant arrive sur le caisson qui doit s'abaisser, cha- 
que bateau montant est rangé de son côté sur le cais- 
son qui va s'élever. En sorte que chaque mouvement 
des deux bacs assure le passage de deux bateaux. 

Chaque bac ou sas mobile a une longueur totale de 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



40"° ,35 et une longueur utile de 39",50, avec une lar- 
geur, au milieu, de S", 60 et une profondeur de J'.SO 



au milieu, réduite h 3",50 aux extrémités. Il y a tou- 
jours au moins 2", 10 d'eau dans les sas. Les pistons 
qui supportent le sas ont une longueur de l'",13, en- 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. m 

viron la hauteur d'un quatrième d'une maison de Pa- 
ris; ils sont en fonte avec un diamètre exti'rîeur de 
2 mètres et d'une épaisseur de 7 centimètres. On les a 
constitués par des tronçons de i^.SO empilés les uns 
par-dessus les autres avec feuille de cuivre intermé- 
diaire pour assurer l'étanchéité du joint. Quant aux 
cylindres des presses, ils ont LS^JO de hauteur et 



2", 078 do diamètre extérieur; ils sont formés par des 
anneaux en acier laminé de O'.ISS de hauteur et de 
O^jOe d'épaisseur, emboîtés les uns dans les autres 
avec chemise coutinue en cuivre k l'intérieur pour 
assurer l'étanchéité. 

La machinerie -destinée k envoyer de l'eau dans les 
presses sous les pistons pour élever le bac ascendant 
est installée entre les deux caissons mobiles. Elle 
comprend deux turbines mises en mouvement par la 



482 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

chute d*eau empruntée au bief supérieur. L'une de 
ces turbines, d'une force de 50 chevaux, actionne 
quatre pompes de compression qui mettent en charg-e 
un accumulateur de l,âOO litres de capacité. L'autre 
turbine de 15 chevaux commande un compresseur 
.d*air et une pompe d'épuisement des eaux des cales 
des sas mobiles. Le compresseur d'air a une destina- 
tion spéciale. Les sas mobiles et les parties du canal 
qui font suite ont besoin d'être raccordés hermétique- 
ment; il existe entre eux un espace de quelques cen- 
timètres. On a imaginé de gonfler dans cet intervalle 
des poches de caoutchouc qui comblent le vide ; on 
ouvre une ventelle qui laisse écouler de l'eau dans cet 
espace étroit; puis on soulève les portes du sas et le 
bateau passe. Le compresseur à air sert à gonfler ces 
poches, qui servent aussi à conserver l'étanchéité des 
portes des sas. 

En somme, la manœuvre est facile. Un des sas étant 
au haut de sa course, on fait passer le bateau dans le 
bief supérieur. On fait entrer le bateau descendant; 
on donne à ce sas une surcharge de 30 centimètres 
d'eau, soit 65 tonnes. La vanne de communication des 
presses hydrauliques est ouverte; l'eau est refoulée 
par le sas descendant sous le piston du sas ascendant 
qui s'élève. On arrête le mouvement en fermant la 
vanne. La position d'un sas peut être corrigée en ma- 
nœuvrant des distributeurs qui laisse échapper de 
l'eau des presses ou donne accès au contraire à l'eau 
sous pression des accumulateurs (1). 

(1) Le poids à élever comprenant le piston, un sas, l'eau et le 
bateau atteint 800 tonneaux. La pression dans les presses est de 
35 atmosphères. On a dû charger les accumulateurs à 30 atmo- 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 483 

Sans entrer dans plus de détails techniques» on peut 
dire que la durée totale d'une manœuvre est en 
moyenne de 26 minutes, savoir : entrée des bateaux et 
fermeture des portes, 8 minutes; ascension et des- 
cente des sas, 5 minutes ; correction de la position des 
sas, 3 minutes; ouverture|des portes et sortie des ba- 
teaux, 10 minutes. 

On installe des cabestans hydrauliques pour accé- 
lérer la sortie et l'entrée des bateaux, ce qui fera 
gagner 6 minutes environ. On pourra livrer pas- 
sage à six bateaux par heure dans les deux sens. 

£n définitive, la construction de Tascenseur a per- 
mis de racheter d'un seul coup une différence de ni- 
yeau de 14 mètres, de supprimer 5 écluses, do gagner 
près de deux heures sur le passage des bateaux, d'éco- 
nomiser du personnel et surtout de Teau. Chaque élé- 
vation et abaissement d'un bateau ne dépense qu'une 
èclusée ordinaire; le gain est dans le rapport de 1 à 5, 
ce qui devient d'une réelle importance pour les 
canaux à point de partage où l'alimentation a toujours 
été la plus grave des préoccupations des ingénieurs. 

A côté des progrès réalisés dans l'outillage des ca- 
naux, il nous faudrait parler des moyens de transport, 
des différents bateaux, du halage, de la traction mé- 
canique, etc., et notamment de la traction mécanique 
telle que vient de l'installer M. Maurice Lévy, de l'Insti- 
tut, entre Paris et Saint-Maur. Le système de halage 
funiculaire de M. MauriceJLévylsemble promettre des 
résultats économiques importants. 

Nous ne pouvons qu'esquisser en quelques lignes le 

sphères, pour assurer le bon^fonctionnemcnt des presses'de sou- 
lèvement des portes. 



48* CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

nouveau dispositif. Un moteur lixe entraîne les deux 
brins d'un cAble, courant l'un adroite, l'autre k gau- 
che du canal sur des poulies portées par des chevalets 
établis en dehors des chemins de halage. Les bateaux 
s'amarrent individuellement à l'un ou & l'autre de 
ces brins suivant le sens de leur marche. Le c&ble 
opère simultanément la traction de.-! bateaux à la re- 



monte et h la descente. Les poulies verticales de sup- 
port ont O^.eO de diamètre au fond de la gorge et 
O^.SÛ de diamètre au pourtour. Pour éviter que le 
câble puisse s'en échapper, elles sont surmontées 
d'une petite roulette qui lui ferme toute issue. Le câble 
est très tendu et pèse environ 3 kilomètres par mètre 
courant. 

L'amarre des bateaux s'engage aussi entre la rou- 
lette et la gorge de la poulie ; mais il faut qu'elle 
puisse s'en dégager aisément quand le bateau ne doit 
plus suivre le mouvement. Pour cela on a pratiqué 



^ PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 485 

dans la joue de la gorge, du côté de l'eau, deux crans 
limités par des développantes de cercle. Quand on veut 
faire sortir la corde de la gorge, il suffit d'éloigner le 
bateau de la rive pour donner à l'amarre une certaine 




FiG. 359. — Halagc funiculaire. 
Premier appareil de ddcUncheinent. 



inclinaison. Lorsque Tamarre arrive au cran, elle 
s'échappe par l'ouverture, suit la développante de 
cercle et se dégage. 
Quant au mode d'attache au câble, il a été très bien 



Cséà d» trwHol^ 



-•-r- 



lli;\wtiiil{:!;Ml)^il;)a^^;;:^^li^(^ 



'"n 




Fio. 360. — Hala^o funiculaire. 
Plan d'un bateau en marche. 



combiné. Le câble porte de place en place une bague 
avec petit appareil d'attelage. L'amarre y est intro- 
duite et peut la quitter de même facilementpar un sys- 
tème rapide de déclanchement. 

Avec ce dispositif, on pourra, avec des machines 
espacées tous les 30 à 36 kilomètres, commander en 



486 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



amont et en aval des longueurs de voie navigable de 
i5 à 18 kilomètres de longueur. A la vitesse de i mè- 
tre par seconde et pour un trafic de 1 million de tonnes, 
il suffira tous les 30 kilomètres de deux machines de 
45 à 50 chevaux. On peut évaluer que pour 1 million 
de tonnes avec des péniches de 38"* ,50 le prix 
de premier établissement reviendra à 47 fr.par mètre 

courant de voie. Les 
frais d'exploitation 
par mètre de canal y 
compris l'amortisse- 
ment du capital et du 
câble n'excèdent pas 
3 fr. 50 et la dépense 
de traction fr. 003 
par tonne et par kilo- 
mètre pour un trafic 
de 1 million de ton- 
nes, ou fr. 001 2 pour 
un trafic de 3 mil- 
lions de tonnes. Ces 
résultats sont très 
beaux. Il est clair que Ton tire même parti au maxi- 
mum de la voie navigable. 

La première installation faite 'entre Paris et Join- 
ville a été établie par M. Maurice Lévy, ingénieur en 
chef. Les détails ont été étudiés et les travaux dirigés 
par M. Pavie, ingénieur ordinaire. MM. les conducteurs 
Elquinet et Vandercal ont surveillé les travaux et étu- 
dié Tappareil de déclanchement. 

A citer aussi, de M. Maurice Lévy,ringénieux siphon 
qu'il a installé sur le canal Saint-Martin. Là, il s'agit 




Fio. 361. — Halage funiculaire. 
Poulie timpto des angles concaTes. 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 487 



de faire passer par-dessus le canal des eaux d'égout, 
mais on conçoit que le même systèmo|puisse rendre 
d'autres services chaque fois quil y aura i traverser 
un canal, pour une dé- 
rivatioa ou une canali- 
sation d'eau, par exem- 
ple. Ce siphon ; com- 
posé de deux tubes de 
0"',60, a été appliqué 
contre les deux tètes 
du pont de Morland. Il 
a 7", 50 de flèche et près 
de 20 mètres de corde. 

La difficulté était de Tamorcer et de maintenir 
l'amorçage. M. Lévy a eu l'idée de déterminer le 
vide dans le siphon par le jeu d'une trompe placée à 




Fiu. 362. — Siphon de l'É^ont de Bercy. 
Coupe d'une trompe. 




Fia. 363 et 364. — Siphon de l'Égout do Bercy. 
Coupe et éléTatlon de la partie lup^rieure dei ilphoiie avee les trompée. 

son sommet. Dans une boite en tôle en communication 
avec le siphon sont disposés en regard deux ajutages 
coniques. Par l'un d'eux arrive sous pression l'eau de 
la ville ; de là, elle pénètre par la tubulure en regard; 



488 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



et comme celle-ci est de diamètre un peu plus large, sa 
vitesse et sa pression diminuent. Cet abaissement de 
pression détermine une aspiration dans la boîte et dans 
le siphon et Teau de Tégout entre à son tour et amorce 
le siphon. Une disposition ingénieuse empêche Teau 
d'égout chargée de matières d*entrer dans la boite et 
d'ensabler les ajutages. 

Il y a deux siphons et deux trompes. Sauf par les 
grands orages, un seul siphon fonctionne. Il n'estménae 
pas nécessaire de faire fonctionner la trompe d'une 
manière continue. M. Lévy a combiné une disposition 
automatique qui permet de ne faire marcher la trompe 
que lorsque c'est absolument nécessaire pour produire 
Tamorçage selon les variations du niveau des eaux dans 
Tégout. Les siphons du canal Saint-Martin constituent 
une véritable curiosité. C'est une innovation qui mé- 
ritait d'être signalée. 

Après les canaux, nous devrions insister sur les 
constructions gigantesques qui ont été poursuivies 
depuis dix ans dans nos ports maritimes On a entiè- 
rement refait à neuf le port de Calais, on a considéra- 
blement agrandi et modifié les ports de Boulogne, de 
Dieppe; on a achevé en 1888, au Havre, le bassin 
Bellot, destiné à la grande navigation; à Honfleur, on 
a construit un bassin de retenue de chasses avec 
déversoir à hausses mobiles pour arrêter les envase- 
ments du port. A mentionner encore les importants 
travaux des ports de Rouen, Saint-Malo, Saint-Nazaire, 
Rochefort, Bordeaux, Marseille et surtout ceux de la 
Pallice, àla Rochelle. On trouve, au pavillon, deux so- 
lutions intéressantes pour la création de ports artifi- 
ciels, l'une en circonscrivant à l'aide de jetées le port 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. *89 

en mer profonde de Boulogne, l'autre à la Pallico, où 
le port et l'avant-porl ont été creusés dans les terres 
comme on l'avait fait autrefois pour le port militaire 
de Cherbourg. A la Rochelle, en elTet, on a cr^é de 
toutes piécfs un port, un nouveau bassin, le bassin de 
la Pallîce accessiblo aux plus grands navires; on a 



mordu sur la terre ferme, jusqu'au rocher; on a pra- 
tiqué lies fouilles, enlevé les déblais. Le travail, com- 
mencé en 1881, sera terminé en 1890. L'avant-port 
aune étendue de H hectares 1/2 et une profondeur aux 
hautes mers de 11 ",56; le bassin à flot a une étendue 
de 11 hectares Xji. La jetée Sud aune longueur de 
300 mètres; les fondations ont été faites au-dessous 
du niveau des eaux au moyen,'de blocs gigantesques 
en maçonnerie, construits dans des caissons mobiles 
à air comprimé amenés sur place et immergés en mer. 



490 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Les fondations du mur du quai, écluses, formes de 
radoub, ont été généralement établies aussi au moyen 
de caissons à air comprimé. Ce ^eure de fondation 
prend chaque jour un développement plus consi- 
dérable. Au port si remarquable de la PaUtce, les 
caissons mesuraient 29 mètres de long sur 10 mètres 



Fia. 386. — Plnn de Boulogne -lur-Mer. 

de large, les dimensions d'un hôtel parisien. A Bor- 
deaux, les deux quais de la rive gauche, sur un déve- 
loppement de 1,600 mètres ainsi que les cales de 
radoub, ont été établis sur fondations, faites aussi 
avec des caissons à air comprimé, à des profondeurs 
comprises entre 20 et 25 mètres au-dessous des eaux. 
Nous voilà bien loin des petits caissons à air com- 
primé de 40 mètres carrés qu'en 1860 l'entrepreneur 
(tançais Castor employait pour établir les fondations 



PAVILLON DBS TRAVAUX PUBLICS, *91 

du pont de KehI. Aujourd'hui on se sert couramment 
de caissons de plusieurs mille mètres carrés de super- 
ficie qui permettent de construire d'un seul coup une 
écluse entière, un bassin de radoub, des murs de quai. 
C'est tout à fait prodigieux. Castor reprenant l'idée de 
Trîger, autre ingénieur français qui s'était servi lepre- 



Fio. 3ST. — PUd dm busloi de MïtmïIIo. 

mier sur la Loire de l'air comprimé pour travailler k 
sec,aappropriéle système àrexécution desfondations; 
il & été le véritable créateur de ces procédés hardis 
dont notre pays a eu l'initiative. Il est juste de rappe- 
ler le nom de Castor en face des travaux colossaux 
exécutés aujourd'hui un peu partout. Les ingénieurs 
anglais, qui ont conçu et exécuté le célèbre pont sur 
le Forth, une des œuvres les plus grandioses de notre 
temps, n'ont pas hésité à confier les fondations des 
piles à l'entreprise fi-ançaise Couvreux et Hersent, qui 



Wï CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

avait déjà exiïcuté avec tant de succès les travaux à 
air comprimé d'Anvers. 

Il est bon d'ajouter encore que partout maintenant 
sur les ports, les portes d'écluses, les ponts tournants 
ou roulants sont manœuvres mécaniquement. Les 
grues, les treuils, les cabestans, etc., fonctionnent avec 



de l'eau sous pression. On pourra se rendre compte, 
au pavillon, de toute l'importance des travaux exécu- 
tés dans nos ports. On trouvera aussi de beaux plans 
en relief de nos ports transformés dans l'exposition 
des Cbambres de commerce maritimes à gauche du 
pont d'Iéna, sur la berge. 

Nous ne pouvons à regret énumérer tous les ingé- 
nieurs distingués qui ont concouru à ces travaux. 
Rappelons seulement les noms de MM. Guillain, Vélil- 
lard, Polel, etc. 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. *B3 



Allons plus vite ; abandonnons les travaux maritimes 
et arrétons-nous, comme le public, dans cette visite ra- 



FlQ. 3«» et 370. - 
licale Ht horisoni 




pide,devant le magnifique appareil optique poiirpbare 
installé au milieu du pavillon : un appareil en vraie 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



grandeur, celui-là 
même qui est destiné 
à l'éclairage du cap 
d'Antifer. C'est le plus 
grand appareil qui ail 
été jamais construit 
encore. C'est un phare 
il essence minérale. Il 
a été décidé que l'é- 
clairage électrique ne 
serait appliqué qu'aux 
phares principaux qui 
senent au grand atter- 
rage. Malgré cela, nous 
possédons en France 
treize de ces phares 
électriques dont huit 
bont actuellement en 
service à Dunkerque, 
Calais, Gris-Nez, la Can- 
che. la Hève, Creac'h, 
les Baleines et Planier, 
et dont cinq sont en 
voie d'établissement à 
Barfleur, à Penmarc'h 
Belle-lsle, lie dTeu et 
laCoubrc. A l'étranger, 
on ne trouve, au con- 
traire, que dix stations 
éclairées à réiectricilé 

parmi lesquelles quatre seulement en Angleterre. 

En France, on a cherché à créer un système intermé- 




PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. i9! 

diaire entre les phares de premier ordre et les phares 
éleclriques toujours coûteux, en améliorantles phares 
éclairés h l'huile. Pour assurer àun feu un grand éclal 



Via. 373 et 37e.— ËlévaiioD et coaps du Phkre du Cnnd-Ch*rp«ii(ier. 

lumineux, il est indispensable de conccntrerles rayons, 
de les empêcher dedivcrger.Or,ladivergencc augmente 
quand les dimensions du foyer lumineux augmentent 
elles-mêmes. Pour la diminuer, il faut, & mesure que ta 
grandeur du foyer s'accroît, accroître de même le dia- 
mètre du système optique. Avec l'électricité, l'optique 



W8 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

est réduite parce qup le foyer esttrès réduit liii-mi^mi?; 
mais si l'on vput employer l'huile et, par suite, des 
flammes un peu grandes.ildevient indispensable, pour 



Fin. 3IT. — Phare mi<uUiquo de l'nrl-Ycndrrs. 

ne pas augmenter la diverçence des rayons d'avoir re- 
cours à des appareilsopliqnes de très fort diamètre. Ofi 
jusqu'ici, on n'avait guère pu dépasser les dimensions 
adoptées par Presnel pour les appareils optiques de 
premierordrc,soit l^ïSide diamètre intérieur. En An- 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 4S.7 

gletcrre, à défaut de mieux, on a superposé dans une 
uiôme lanterne 2, 3 et même 4 appareils de premier 
ordre; ces combinaisons appelées biforme, trlforme, 
fjuatî'ifonne compliquent le service, élèvent le prix de 
revient de Tunité de lumière et augmentent la diver- 
gence déjà excessive des appareils. 

En France, on a attendu que les progrès de l'indus- 
trie aient permis d'augmenter les dimensions des ap- 
pareils d'optique. C'est à M. Barbier, constructeur de 
phares, que revient l'honneur de la solution. Il est 
parvonu, en 1885, à fabriquer de grandes lentilles de 
l",330 de longueur focale. Le bel appareil du pavillon 
a 2"", 66 de diamètre extérieur. Il est susceptible, d'après 
les expériences faites à South-Foreland, en Angleterre, 
do tripler l'éclatd'un a|)pareil de premierordre. C'est un 
véritable progrès. Déjà la Russie et les Etats-Unis ont 
adopté pour des feux fixes illuminés avec une seule 
lampe les appareils dits hyper-radiants de M. Barbier. 
Le système est très économique et assure une juste 
proportion entre les dépenses etles besoins à desservir ; 
on y aura recours pour les points d'intérêt secondaire 
(|ui réclament cependant l'amélioration de l'éclairage. 

Les visiteurs s'arrêtent aussi devant les modèles 
des nouveaux phares. construits de 1878 à 1888 : les 
phares à huile de la Vieille (Finistère), des Grands- 
Cardinaux (Morbihan), du Grand-Charpentier, àTem- 
bouchure de la Loire ; le phare métallique de Port- 
Vendres, le phare électrique ^e Planier, près de Mar- 
seille. On a beaucoup amélioré, dans ces derniers 
temps, les installations de nos phares électriques, 
{^'administration a groupé dans un bâtiment spécial 
attenant au pavillon toute une installation de phare 

28. 



9S CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

i>lectrique, avec appareil optique bifocal, dynamos 
Meritcns, instruments de contrôle tn-s ingénieux, mo- 
teurs à air chaud. La force motrice est fournie par les 
nouvelles machines à air Bénier, qui évitent l'emploi 
des chaudières et l'usage de l'eau. On associe aussi 




maintenant aux phares électriques des signaux sono- 
ms pour remt'dier à t'ipsufQsance de l'éclairage par 
les tempi: de brouillard. M. Bourdellcs, ingénieur en 
chef du service des phares, fait exécuter en ce mo- 
ment le nouveau programme à Belle-lsle et à Barfleur. 
Au début, on se servait en France des sirènes si em- 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. tt9 

ployées aus États-Unis et actionnées par la vapeur 
d'eau. Uaintenant, afin de pouvoir produire des sons 
au moment du besoin, sans attendre que la vapeur 



soit sous pression, on a recours à l'air comprimé. Les 
moteurs qui scnenl A l'éclaira^f servent aussi à com- 
primer de lair. et, au moment utile, il suffit de met- 
tre des accumulateurs d'air en relation avec la sirène. 



500 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Les premières expériences faites au phare de Gris-Nez 
ont donné d'excellents résultats. On pourra examiner 
ce nouveau genre de sirène dans le bâtiment des pha- 
res. Enfin, le public regarde aussi curieusement une 
tour-balise en béton et une tour-balise en grandeur 
naturelle installées devant le bâtiment des phares. La 
tour en béton est intéressante par son mode de construc- 
tion ; c'est le type de la tour du Soulard, situl^c aux 
abords de la rade de Lorient. La construction se fait vite, 
et elle résiste bien à la mer. La seconde tour-balise est 
destinée, comme les bouées lumineuses, à l'éclairage 
des écueils. Elle est munie de quatre brûleurs à la gaz o- 
line groupés autour d'un tambour dioptrique h feu fixe. 
Le feu n'a besoin d'être ravitaillé que tous les trois 
mois. Les brûleurs sont en relation avec deux réser- 
voirs ayant chacun 225 litres de capacité et renfer- 
mantlagazoline. Avec Toptique, l'éclairage correspond 
sensiblement à celui des feux de cinquième ordre. Les 
frais d'entretien ne dépassent guère 1 000 francs par an. 
M.Bourdelles a fait installerce type aux abords de rtle de 
Ré, du nouveau port de la Pallice, et on l'établira aussi 
sur recueil des Chicns-Perrins, à l'ouest de l'île d'Yeu, 
sur la roche de Menhir, située au large de Penmarc'h, 
dans les parages les plus exposées de la côte française. 
Mentionnons encore, parmi les curiosités du pavil- 
lon, l'exposition des travaux du tunnel sous la Man- 
che, le beau modèle de l'Apadana d'Artaxercès de 
M. Dieulafoy, les documents sur le service des mines, 
sur la statistique graphique de M. Cheysson, les cartes 
des chemins de fer, de la navigation, des routes, les 
appareils et les documents sur le nivellement de la 
France, travail immense en cours d'exécution. La 



PAVILLON DES TRAVAUX PUB'LICS. 501 

Commission constituée en 1878 pour arrêter le pro- 
gramme (les opérations a désigné parmi ses membres 
lin Comité d'exécution composée de M. Marx, prési- 
dent/de MM. Cheysson, Goulier, Durand-Claye, Prompt 
et Ch. Lallemand, secrétaire. 

La construction des cheminsdefer,desroutes,le tracé 
des canaux de navigation et d'irrigation, l'exécution 
des ouvrages de défense aux abords des places fortes 
exigent une connaissance exacte du relief du sol. Cette 
connaissance est obtenue, comme on sait, au moyen 
d'opérations topograpbiques dont l'ensemble porte le 
nom de nivellement. Le nivellement général d'un grand 
pays s'appuie surun réseau fondamental delignesdonWe 
profil est déterminé avec la plus grande exactitude pos- 
sible, qui relient entre elles les différentes mers et qui 
se raccordentavcc les lignes analogues despays voisins. 

Le premier réseau fondamental a été exécuté en 
France, de 1857 à 1864, par Bourdalouë. Depuis, les tra- 
vaux de cette nature ont pris en Europe une telle exten- 
sion que les lignes actuelles de nivellement de précision, 
mises bout à bout, feraient trois fois le tour de la Terre. 

Le réseau de Bourdalouë avant été reconnu insuffi- 
santjc Ministère des Travaux Publics a entrepris, de- 
puis 188 4, l'exécution d'un nouveau réseau fondamen- 
tal de 12,000 kilomètres, qui seraenviron troisfois plus 
précis. Cette opération s'exécute avec des instniments 
très perfectionnés et des méthodes nouvelles (1) que 
déjà plusieurs pays étrangers ont adoptés [pour leurs 
propres nivellements. 

(1) Voir pour la description de ces instruments et de ces mé- 
thodes le Traita de nivellement de haute précision de M. Ch. Lal- 
l«mand, ingénieur des Mines, qui dirige les opérations. 



502 CAUSERIES SCIENTIFIQUBS. 

Le nouveau réseau fondamenlal français doit être 
terminé en 1892. — On abordera i cette époque les 
nivellements intercalaires et le tracé des courbes de 
nmau qui achèveront de di'finir le relief du terrain. 



^- (î*^clL/^ 



A câté des modèles et des plans, l'administration a 
réuni dans une bibliothèque les principaux ouvrages 
publiés depuis I8T8 par les ingénieurs des Ponts et 
(aiaussées. Parmi ces ouvrages, il en est trois.que nous 
devons mentionner spécialement, en raison de leur 
importance et de la grande autorité de leur auteur. 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 503 

U.Alfred Picard, ancien directfîur général desPonls oX 
Chaussées, des Chemins de fer et-des Mines, aujourd'hui 
présidentdelasectiondesTravaux publics, de l'Agricul- 
ture, du Commerce et de l'Industrie au Conseil d'Étal. 
Le premier est relatif aux travaux exécutés pour 



Fio»<l. — Ui(?h 



l'alimentation du canal de la Mnrne au Rhin et du ca- 
nal de l'Est (I ). Ces travaux co'm|irenncnlen particulier 
deux usines liydraulii|ue^. établies à Valcourt et à 
Pierro-la-Treiche, pies di' Tonl; une usine à vapeur 

(0 L'Alimenlalion en Enu ilfs l'mw<i.i tt des Villes. Travaux 
«■liVulf s depuis 187(1 jioiir ralimcii'.ilinn du canal de la Marne au 
Rliin et du canal df l'Esl, — Avec nu ailns de 25 planches donl 
Itdoubles : 60 (r. (J. Rnlh-'cliMi.l. l'-dlicnr. 



S0( CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

créée à Vacon, près àc Void ; un résenoir constniit à 
Paroy, près de la nouvelle fronlJL're; et des rigoles 
nvcc siphons en fonte d'un développement consîdérii- 
ble. Les usines hydrauliques utilisent dos chutes de 
la Moselle canalisée; elles peuvent refouler jusqu'à 



700 litres par seconde à 40 mètres de haulour; les mo- 
teurs sont des turbines Girard dont chacune actionne 
directement trois pompes, accouplées à ISO" : la parlic 
mécanique a été construite par MM. Gallon et féray. 
L'usine à vapeur comporte deux machines horizon- 
talcs agissant par connexion directe sur des pompes, 
susceptibles de refouler 500 litres d'eau par seconde <t 
37 mètres de hauteur : l'installation mécanique a été 



PAVILLON DES TRAVAUX: PUBLICS. 



505 



faite par MM. Cail et C'*^. Le réservoir de Paroy contient 
1,700,000 mètres cubes d'eau; il est à digue en terre'ct 
présente des dispositions fort ingénieuses pour les ou- 
vrages régulateurs. Le livre dans lequel M. A. Picard 
a rendu compte de ces travaux constitue un traité tout 




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1 '. 



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Flû. 383. — Machines hydrauliques c^lévatoiros do Pierrc-la-Trciche. 

Plan. 



à la fois scientifique et pratique, qui est appelé à ren- 
dre les plus grands services à tous les ingénieurs, aussi 
bien pour l'alimentation des villes que pour l'alimen- 
tation des canaux. 

La seconde publication de M. Picard est intitulée : 
« les Chemins de Fer français (1) . » C'est une étude his- 

(!) Les Chemins de Fer français. Etude historique sur la 
constitution et le régime du réseau, débats parlementaires, actes 



29 



29 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



torique en sixTolumes sur la constitution et le régime 
du réseau. On y trouve les indications les plus com- 
plètes tant sur les actes législatifs, réglementaires ou 
administratifs, que sur les débats parlementaires aux- 
quels a donné lieu depuis l'origine la question si im- 



PiQ. 3M.— MachÎDi 



portante des chemins de fer. L'auteur a fait preuve 
d'un profond esprit d'analyse, d'unecomplëte impar- 
tialité et d'une compétence exceptionnelle. Le style 
est tout à la fois clair, sobre et précis. Des tableaux 
statistiques très développés permettent de suivre 



Il 




A- 



508 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



ic \ 



pas à pas tous les laits économiques et financiers. 

Le dernier ouvrage a pour titre : « Traité des che- 
ininsdefer(1).»Ilesten quatre volumes. C'estun traité 
d idactique et magistral ,ertibrassant toutes les quest ions 
administratives, économiques,fmancières et juridiques 
relatives aux voies ferrées. Le régime des chemins de 
fer y est étudié dans ses moindres détails, non seule- 
ment en France, mais aussi à l'étranger. Nous n'avons 
pas à faire Téloge de cet ouvrage remarquable qui a 
une réputation universelle et qui fait autorité dans tous 
les pays : cependant nous signalons spécialement le 
tome l®^ qui est presque exclusivement consacré à des 
études économiquesdu plus haut intérêt,et le tome IV, 
concernant l'exploitation commerciale et en particu- 
lier la tarilication des voyageurs et des marchandises. 

M. Le Rond, ingénieur des ponts et chaussées, expose 
une publication très étendue sur les travaux publics 
de l'Amérique du Nord, rédigée à la suite d'une mis- 
sion donnée par le Ministère (2). 

Elle est divisée en cinq parties: la première renferme 
la description des systèmes nouveaux qui ont permis 
de franchir les grands fleuves de l'Amérique : le Mis- 
souri, le Mississipi, TOhio, le Saint-Laurent, THud- 
son, à l'aide de ponts gigantesques, atteignant jusqu'à 
168 mètres de portée. 

La seconde partie traite des nombreux perfection- 
nements apportés à la construction, au matériel et à 



(1) Traité des Chemins de fer. Économie politique, com- 
merce, finances, administration, droit, études comparées sur les 
chemins étrangers. 4 volumes in-S®. — J. Rothschild, éditeur. 

(2) Les Travaux publics de V Amérique du Nord, 1 volume do 
texte et Atlas. — J. Rothschild, éditeur. (Sous presse.) 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 509 

l'exploitation des chemins de fer proprement dits et 
des chemins de fer urbains. 

La troisiiïme partie décrit les récents travaux exé- 
cutés pour rendre accessibles à la grande navigation 




les voies navigables, dont l'Amérique est naturelle- 
ment mieux douée qu'aucun pays du monde. 

L'auteur étudie ensuite la création et l'entretien 
des ports et des rades, les systèmes de protection de 
balisage. 

La cinquième partie traite des questions de génie 
municipal, voirie, éçouls, alimentation en eau, éclai- 
rage, qui ont dû, aux I^tats-Unis, plus qu'ailleurs, ré- 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



damer des solutions immédiales, en raison du déve- 
loppement rapide des cités américaines. 
L'ouvrage est précédé d'une, introduction sur les 



BkΔSi. 




progrès du génie civil en Amérique, écrite par un 
di's hommes les plus considérés do l'Amérique, M. G. 
Bouscaren, ingénieur-conseil à Cincinnati. 
Evidemment, il faudrait des heures et mCme des 



PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. 5U 

journées pour visiter en détail le pavillon des Travaux 
publics. 
En comparant les modèles du pavillon à ceux de la 



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liana Railway) «or TOhio, à Louisville. 
onirepoldt« 

période antérieure qui figurent dans lasection de l'his- 
toire du travail, dans le palais des Arts libéraux, on se 
rendra facilement compte de l'importance des progrès 
réalisés depuis un demi-siècle. En se reportant aussi 



5!2 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

àTExposition de 1878, oh constatera avec satisfaction 
que les dix dernières années constituent également 
.une période d'activité considérable pour les travaux 
publics ; jamais, peut-être, on n'a autant construit, 
aussi sagement appliqué les ressources disponibles 
dans rintérôt général de notre pays. 

Il nous est agréable, on terminant cette esquisse 
trop rapide, de rendre un hommage bien mérité aux 
ingénieurs des ponts et chaussées et aux ingénieurs 
des mines, aux auteurs de toutes ces grandes œuvres 
qui depuis dix ans ont tant coiilribué pour leur part à 
accroître les sources vive^? do la richesse nationale. 



XV 



LE PAVILLON DES FORÊTS 



Architecture rustique. — Dorique eu arbres séculaires. — Déco- 
ration sylvestre. — Rondins et écorce. — Entablements en cordes 
de tilleul. — Construction sur pilotis. — Les ateliers de la Croix- 
de-Toulouse. — Au rez-de-chaussée. — Panneaux décoratifs. 

— Musée du bois. -^ Les diverses essences et leurs applications. 

— Galerie du premier étage. — Les collections. — Les coupes 
microscopiques. — Les maladies de l'arbre; les insectes. — 
Les produits chimiques. — La pâte à papier. — La soie de 
bois. — Les charbons. — Les bois colorés artificiellement. — 
Les germinateurs. — A travers les montagnes. — Dans les 
Alpes et les Pyrénées. — Vues dioramiques. — Restauration 
et conservation. — Le problème des reboisements. 



u sommet d'un coteau gazonné, au milieu 
des fleurs, des pampres et des plantes 
grimpantes, s'élève le joli pavillon des 
forêts. Sans Taflluence du public on se 
croirait là au bout du monde, transporté bien loin 
de la Seine et du Champ-de-Mars, Tout autour cela 
sent bon; partout, à Textérieur comme à Tinté- 
rieur, se répandent les senteursde la forêt, Todeurdu 
bois fraîchement coupé, des branches vertes et du 
feuillage, le parfum des pins, des mélèzes, du chêne, 
du châtaignier. Cela donne rtllusion du grand air et 
des grands espaces. 

29. 




CAUSEIUES SCIENTIFIQUES. 



Montons le coteau verdoyant. Duiix escaliers, aux 



marches Uillées dans le soi et maintenues par des 
traverses de bois brut, conduisent & droite et h. gauche 



LE PAVILLON DES FORÊTS. 



atix portes d'entrée. L'aspect de la construction ne 
rappelle en rien le chalet forestier de l'Exposition de 
18TS. Cette fois tout a été fait avec du bois en grume, 
avec des troncs d'arbres tels qu'ils ont été apportés de 
la forêt, des arbres avec leur écorce et même lour 
:. Tous les arbres ont été empruntés aux forêts 




de l'État. La fai,'ade est de style grec accusé par une 
double colonne de dorique qui dessine un beau pro- 
menoir extérieur de 3'°,50 de lai^e. Deux avance- 
itieuls avec pignons rappelant les chalets suisses for- 
ment vestibules d'entrée. Au milieu des deux pignons, 
sous lès chevrons de la' toiture, on lit : /"oré/j; chaque 
mot est tracé avec des lambeaux d'écorce (fig. 391). 
Entre les colonnes du promenoir courent d'élégantes 



FiG. 391. - l'ie 



! 




518 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

balustrades. Au premier étage des balcons, des pilas- 
tres avec leurs chapiteaux ; point de pierres, point xle 
briques, du bois, rien que du bois; les fondations 
sont sur pilotis (fig. 392); les colonnes sont des troncs 
de chêne, d'orme, de hêtre, de peuplier, de sorbier, 
d'alisier, cormier, merisier, sapin; elles ont 6 mètres 
de hauteur et 40 à 50 centimètres de diamètre. Les 
chapiteaux sont formés de branchages entrelacés, les 
tores de la base dessinés avec des cordes d'écorce de 
tilleul : la base elle-même est constituée par des ron- 
delles de môme essence, mais de plus grand diamètre; 
toujours des branches, des troncs, des arbres, partout 
la forêt. \ 

Des pilastres également en troncs d*arbrls soutien- 
nent la muraille en bois et la découpent en panneaiix 
recouverts, ainsi que le plafond, avec des demi-ron- 
dins ou baguettes de bois divers revêtus de leur écorce 
aux teintes variées. 

La construction comprend un rez-de-chaussée et 
une galerie formant premier étage. Le rez-de-chaussée 
se compose d'une grande salle rectangulaire de 42 mè- 
tres de longueur sur 18 mètres de largeur; il est pro- 
longé en arrière par une annexe qui a elle-même 36 mè- 
tres sur 14 (fig. 392 et 393). Le promenoir à colonnes 
du rez-de-chaussée supporte la galerie du premier 
étage (fîg. 396) . Au fond de la salle, encadré par de larges 
troncs, dans le demi-jour, un bassin avec rochers; au- 
dessus à 1 mètre de hauteur, une galerie de 5 mètres 
de largeur, où les visiteurs se pressent; on y parvient 
à droite et à gauche du rocher par quelques marches. 
Dans cette galerie, on a installé trois vues panora- 
miques d'un bel effet, représentant des montagnes, 






LE PAVILLON DBS fORETS. 119 

des torrents et divers travaux de reboisement. La ga- 
lerie donne aussi accès à deux petites salles d'expo- 
sition avec photographies diverses, documents, biblio' 
graphie, etc., et à deux annexes affectées l'une au 
logement des surveillants, l'autre à l'administration. 



On monte eiilin an premier étage par deux escaliers 
disposés à droite et h gauche du bassin central. La 
galerie supérieure tourne autour de la grande salle; 
elle est ornée d'une balustrade avec colonnes rusti- 
ques et entre-colonnements soutenant les plafonds et 
les parties hautes de la construction. Elle comprend 
quatre petits salons d'angle et deux salles d'exposition 



520 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

au-dessua des vestibul»tsdu rez-de-chaussée. Toute 1» 
décoration est en boisd'essences forestières françaises. 
La couverture est en bardeaux de cliêne (fig. 393). 



fia. 3U. — Ifscalier du rei-de-chauiiii^o conduiuml au:c dioramas. 

La construction a absorbé près de 1,400 mètres 
cubes ; la plus grande partie des bois a été tirée de la 
forêt de Fontainebleau. 272 troncs ou colonnes 
(132 mètres cubes) proviennent de la forêt de Mont< 



J.E PAVILLON DES FORETS. Mt 

cËaux, prts de Meaux ; on a fait venir aussi des châ- 
taigniers (26 mètres cubes) de la forêt de Marly, des 
mélèzes (3 mètres cubes) de )a forêt de Compiëgne, 
des sapins, des épicéa» {i mètres cubes) de la forêt de 



DnHtructioo en ptsncho* du modf^lo i 



Gérardmer (Vosges). C'est au carrefourdc la Croix-de- 
Toulouse, dans la forfit de Fontainebleau, que l'on 
avaitétabli lesdix-huitcliantiersqui, de septembre 188K 
à mars 1889, débitèrent les bois et fabriquèrent les 
panneaux, balcons, chapiteaux, rondins, etc. {Ggl 395 
et 396). Pendant six mois, plusde soixante ouvriersont 
travaillé en forî't avec une activité fiévreuse (flg. 397). 



CAUSERIES SriRNTlFIQUES. 



11 esl bon, sans doule, de dire que pas un arbre n'a 
été sacrifié en vue de l'Exposition. On a simplement 



îi 

ii 



Sï 



choisi parmi les coupes de l'année les matériaux les 
plus convenables. Cette belle exposition de l'adminis- 
Iration des Forêts n'aura pas coijté pins deiOOOOO fr. 



LE PAVILLON DES FORETS. 



Le programme général de l'exposition des Forêts a 
été arrêté par une Commission nommée par M. De- 
velle,HinistrederAgricu1tiire,dèslemoisde juin 1886. 
Ce programme a été réalisé avec le concours de tous 
les agents forestiers, des professeurs et directeurs des 



écoles de Nancy et des Barres, sous la direction de 
M. Daubrée, directeur des forêts, 

La constniction du pavillon et l'installation de 
l'exposition ont été conliées ii MM. de Gayflier, con- 
servateur des forêts, Leblanc, architecte, et René 
Daubrée, inspecteur des forêts. 

MM. Sée, administrateur, et Thil, inspecteur adjoint 
des forêts, ont été chargés de la réunion et du classe- 



524 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

ment des collections relatives à l'exploitation des 
bois; M. Demontzey, administrateur des forêts, a di- 
rigé la partie de l'exposition relative à la restaura- 
tion des terrains en montagne. 

Assurément la gravure, la photographie présentent 
bien une image fidèle du pavillon des Forêts; mais 
rien ne saurait donner à ceux qui ne Tout pas vu une 
idée juste de son originalité, de son élégance, de sa 
poésie. C'est un spécimen à part, qui n'a pas d'ana- 
logue, que Ton ne recommencera sans doute jamais. 
C'est joli, frais, coquet^ gracieux, charmant. Les mo- 
tifs décoratifs sont d'un goût exquis. Les panneaux et 
les revêtements de plafonds en écorces variées sédui- 
sent le regard. Les murailles, les cloisons constituent 
de véritables mosaïques que l'on dirait formées de 
marbre noir, gris, rouge, vert jaune. La richesse des 
couleurs est étonnante. On a fait presque de la tapis- 
serie avec des écorces d'arbres bien choisies. C'est de 
l'art véritable. 

Le promenoir extérieur h lui seul mériterait une 
longue visite particulière. Nous ne pouvons qu'y jeter 
un rapide coup d'œil (fig. 392). 

Un certain nombre des arbres de la colonnade sont 
antérieurs à la Révolution. On a placé sur chacun 
d'eux un écriteau : Ghône rouvre, 150 ans; hêtre rabo- 
teux, 160 ans; châtaignier, 60 ans; peuplier noir, 
50 ans; aune, 70 ans; sorbier, cormier, 200 ans; sa- 
pin, 120 ans; épicéa, 190 ans. On voit aussi des ron- 
delles détachées de vieux arbres avec leur Age* Cela 
va jusqu'à 270 ans. On se promène au milieu de ces 
vétérans qui ont vécu plusieurs existences hun^aines. 
Quelques-uns, à l'intérieur et à l'extérieur, ont con- 



LE PAVILLON DES FORETS. SÎS 

serve encore assez de sève pour donner des feuilles. 
On voit s'échapper d'un merisier séculaire une vigou- 
reuse poussée de jeunes feuilles d'un vert émeraude. 
La grande salle est consacrée à l'exposition du bois 
et du travail du bois. Au milieu une scierie mécanique 



Kiu. 3SS. ~ AwLipr de scicun ie long débiianl Irm charpente!. 

attire les regards. L'outil est entraîné par un moteur 
à gaz ; il saisit un énorme tronc et le partage en deux. 
Mais l'intérêt est ailleurs, et l'attention se fixe sur les 
panneaux de la muraille. Les parois de rez-de-chau^-- 
sée sont subdivisées, en compartiments juxtaposés, 
par les piliers de soulien; chacun de ces entre-colon- 
nements constitue l'exposition d'une essence de bois 
spéciale. Les essences ont été groupées par ordre 



526 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

naturel, selon les familles végétales. A côlé des échan- 
tillons de bois, on a placé les applications les plus 
caractéristiques. Voici, par exemple, le panneau du 
tilleul. Le |bois de tilleul est très employé par les lu- 
thiers, les sculpteurs, mais surtout par les fabricants 
de jouets d'enfants. On s'en sert notamment pour 
la saboterie, les allumettes, la pâte à papier. Le 
tilleul a donné lieu plus récemment à une indus- 

• 

trie naissante. Son liber, après macération dans Teau» 
se détache et forme la tille, sorte de substance très 
tenace que Ton tresse de façon à en faire des cordes 
et des cordes excellentes. On trouve dans ce panneau 
de nombreux spécimens de ces cordes, etc. A côté 
vient l'érable; d'un coup d'œil le visiteur voit qu'avec 
l'érable on fabrique des robinets, des manches d'outil, 
des chaises. Plus loin, à la suite on a groupé les ar- 
bres fruitiers. Le poirier prend bien la teinture ; il est 
recherché pour la sculpture; le cerisier est employé 
par les fabricants d*instruments de musique, par les 
fabricants de pipes; le sorbier, l'alisier servent à faire 
des régies, des équerres; le cornouiller, des cannes; 
la bruyère, des pipes, des balais; le frêne, les rais de 
roues, les chaises, etc. 

Tout le monde sait que le noyer est utilisé surtout 
dans l'ameublement. Le sapin est employé pour les 
instruments k cordes, pour les planchers, pour les 
caisses, les allumettes, les jouets, les seaux, les ton- 
neaux, les baignoires en bois, les conduites d'eau. 
L'épicéa est appliqué surtout à la confection des ta- 
bles d'harmonie. Le mélèze sert dans la charpente des 
maisons et des vaisseaux, dans la tonnellerie. Avec 
le pin maritime, on fait principalement des traverses 



LE PAVILLON DES FORETS. 527 

de chemin de fer et des pilotis; — de la laine, extraite 
des feuilles du pin sylvestre, on fabrique divers 
tissus. Au panneau du mélèze, on s'arrête devant une 
rondelle dont l'un des diamètres a près de 2 mètres. 
L'if et le genéyrier nous fournissent par leur poli et 
leurs nuances variées un superbe bois d'ébénisterie. 
Le châtaignier nous donne des échalas, des treillages» 
placages, parquets; le tremble, les allumettes; le 
peuplier, des allumettes et surtout de la pâte à 
papier. 

Voici encore le panneau du bouleau avec des sabots 
nombreux et une série de flacons renfermant divers 
produits. Ces produits sont obtenus par la distillation 
du bouleau et du hêtre. Leur préparation occupe au- 
jourd'hui une industrie florissante. Ces produits sont 
Talcool méthylique, le goudron de bois, Tacide acé- 
tique, etc. G est du goudron de bouleau que Ton extrait 
en Russie une huile légère renfermant en elle-même 
un principe particulier qui sert à donner au cuir de 
Russie son odeur caractéristique. L'écorce du bouleau 
est riche en résine, ce qui lui assure une imperméa- 
bilité qui est utilisée pour la fabrication de semelles 
contre Thumidité, de tabatières, etc. On trouve au 
milieu de la tourbe et des lignites de l'écorce de bou- 
leau ayant résisté à Teau et à la durée du temps. Enfin, 
la sève de cet arbre sert à la fabrication de certaines 
boissons alcooliques et renferme des principes médi- 
camenteux. 

Avec le micocoulier, arbre du Midi, on fabrique des 
fourches,des manches de fouet; avec Torme, des pou- 
lies, des charrettes, des tampons de wagons. Avec le 
charme,dur et tenace, on fait des dents d'engrenage, des 



.CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



formes de chaussures.des maillels, merlJns, blocs, etc. 
Les deux essences les plus importantes de nos forêts 



- sont le chêne et le h^tre. Le hêtre occupe à lai seul 
trois panneaux du pavillon. Le hêtre ne vît guère 
que trois ou quatre siècles, et sa hauteur ne dépasse 



LE PAVILLON DES FORÊTS. 



pas 40 mètres avec 6 mëlres de circonférence ; mais 
sa tige reste droite et régulière; aussi fournit-il 











lie belles planches et de longues poutres. Ses emplois 
sont nombreux : tonnellerie commune, brosserie, 
meubles dé cuiiine ; il ne se pourrit pas dans l'eau ; 



-mr- r-r 



• ■ I 



530 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



aussi sert-il à faire des pilotis, des rames, des tra- 
verses de chemin de fer; imprégné de vapeur d'eau, 




FiG. 401. — Chêne rouvre. 
GrossU»ement : 60 diamèlrei. Micrographie de M. Thouroude. 



il se laisse coucher et ployer. Le bois tourné de Vienne 
n'est que du hêtre. Quant au chêne, chacun en sail 
les usages ; charpente, ameublement, tonnellerie, 
parqueterie, wagons, charronnage. Ce n'est pas que 



i,E PAYrrr-oN" dks forets. 



le chCne soit supérieur h certaines autres essences 
par sa dureté, sa souplesse, etc. Mais il rcïiime h un 



Fio. 4M. — Onn« fhsmpi^lre 



àejçcé moyen les principales <|ualités des autres 
bois. 

Mentionnons encore ce que, en termes de foresterie, 
onnommelesmorts-boisilabourdaine.dontlecharbon 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



estsiemployépourlafabricationde la poudre; le buis, 
si recherché pour la tabletterie et le tour ; le coudrier. 



pour les corbeîlles,hottes,éluis; le genévrier, pour les 
bois de crayons; le houx, pour les dents d'engrenage; le 
troène, qui fournit un bon charbon pour la poudre, etc. 
Lasalledu rez-de-chaussée peut être considéréecomme 



LE PAVLLLeN DES FORÊTS. 



in vérilablo mustïe dn bois et de ses applications. 
Le musée se continue au premier éta^e dans la ga- 



lerie aupërienre. On a groupé avec le même ordre 
méthodique tout ce qui se rapporte à chaque essence. 
On trouve là comme une série de monographies et 
même de leçons de choses, selon le mot moderne: De 



CAIÎSERIKS SCIENTIFIQUES. 



belles photographies, œuvres d'agents forestiers, 
montrent le port de l'arbre â l'état isolé ou en massif, 



sous ses divers aspects d'été ou d'hiver. A côté des 
lichantillons de graines (collection préparée par 
M, Gouël), des bourgeons, des feuilles, des fruits (lier- 
bier sous verre de M, Flîche) ; k côté encore, iOO sec- 



LE PAVILLON OES FORETS. ST. 

lions microscopiques tie liois ; sur ces coupes minces, 
on dislingue fort bien les fibres, les vaisseaux, les 
rayons médullaires, te parenchyme, les canaux rési- 
nifères; on peut avec ces éli^menlsdéterminerrapide- 



nicnl une espèce. On a eu soin de mettre sous les yeux 
du visiteur des agrandissements photographiques (I) 

(t) te» Bnii rmployft dan» Vlnduatrif. Leurs caraclf-res riis- 
tiiiciifa et leurs dtsci-ipiiona, acconipa).iiûs do 100 scclioiiH en la- 
iHi's iiiiiirrs des principalus essences Ibrestirres de la Prsiiee et 
lie l'AlgiTii.'. pur H, Nierpusoek. Avec teiic el on lablcau. — 
J. Roihïchild, éditeur. 



538 CAIISEIIIES SCIENTIFIQUES, 

préparés par M. ThouroudeJ et qui font très bien res- 
sortir la constitution intime du bois. On la voit à l'œil 
nu. Des diagrammes, établis pour la plupart par 
H. Bartet, mettent en relier les résultats d'études 
variées sur la végétation de chaque arbre, sa- forme 



[gras, ïcuaot sur lonn humiilo). [maigre coiiehc trts forte), 

aux difTérents âges, son accroissement en diamètre et 
en hauteur. Enlin, Ik aussi, on a disposé une série 
d'échantillons de bois, en parallélîpipèdes de 0",38 
sur O'°,08 d'épaisseur pour les essences principales et 
en rondins pour les essences secondaires, prélevés 
d'ailleurs sur des arbres de toutes les régions de 
France et d'Algérie. 



LH PAVILLON DES FORETS. 53T 

On a eu aussi la bonne idée d'exposer des échantil- 
lons des lésions morbides produites sur les arbres, 
soit par suite de troubles phyrilésiens. soit par suite 
d'acciden(8méléoriques(l). C'est lu également un petit 



Kia.411. — Ch«na .liiNordin 



musëe des plaies, des fentes, fissures, de modes de 
traitement, etc. On y trouvera notamment quelques 
échantillons lératolo^^iques et surtout des loupes (âj, 

(1) te» Ravageun de* FortlU H det Arbrtê d'Alignement. Hi»- 
loirc nnlorclle, mo-iir*. dt^gàtn des insccles, tiioyrns de les com- 
battre et de t^stuaiVr tes pisnialiniu, par H, de la Blanchkrk 
et par Eue. Robkrt. G* MiUon. 1 lolume avec 162 gravures. — 
J. Rothschild, éditeur. 

(2) La Maladies de* Manies cultivtei, de$ Arbres fruitiers et 
forealieri, occasionnées par le sol,l'atmotpkére, les parasites, etc., 



CAUSERIES SCIENTIFIQTTES. 



ces excroissances, quelquefois énormes, que l'on ren- 
contre sur les arbres. II est sunenu que ces loupes 
ont présenté plus d'une fois certaine ressemblance 
avec une tête d'homme ou d'animal. Aussi les philo- 
sophes du xvi" et du xvii" siècle n'avaient pas manqué 



de dire à ce propos que c'était là des essais de la na- 
ture qui s'eiTor<;ait do donner naissance à l'homnic. 
On était d'une philosophie un peu naïve 11 y a trois 
cents ans. Cette collection a été réunie avec soin par 

D'aprfa Mulasnc, Bary, Berkeley, Harli^;, Soraucr, etc., par A. 
d'Arbow db Jun*mviLLE, conscrrotear des foréla, el J. Vksiiuk. 
préparateur au Musoum. t Totumc, arec (S rigncties ei 1 planches 
en couleur. — J Rolhsrhild. ^Jitpur. 



lia. — Orme du Ca- Fio. III. — Orme de Pro. Fio. tiS. — Orme prov 

Is. |I.ca cau<-hos do Trnce. proveasDl d» toi^ nBBlduFhunpdebatail 

iuBiicE annuplli' ■cm ralps moini hamidos que deTonloD. dsni le lou 

ament irincfs rgu'tiD a ccu\ dani lesqiiple oai ■□lDgiirfc>humtde.(Qrâi 

le k If s diilinpuor le* poiiud 1d> Ormoa tig. ils k !■ chslaur <lu climat. 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



M. Bop{ie. Il convient de nienlionner encore des spé- 
cimens des champignons et autres parasites de l'arbre 
(collections de M. d'Arbois de Jubainville), des cadres 
renfermant les insectes qui s'attachent à nne essence 
donnée avec indication de leurs ravages (collection de 
M. Henry), une carte de répartition géographique éta- 



- Yéinre do Ch«ne.ï l'ëchella ds 1/3. |i,s lone du doubla Millier 

Iravera lo bon boii fl ■ &uBsi iivai le double subier: une fente 
alomiut oppoifs i'cM i>roi1uile li irsvers le double aubier.) 



blie par M. Thil, d'après les renseignements fournis 
par les conservateurs, une série d'échantillons pré- 
sentés par M. Mer et ayant pour objet de montrer l'in- 
lluence des éclaircies sur le développement du hêtre, 
(lu sapin, de l'épicéa; un herbier des végétaux de la 
forêt d'Orléans, par M. Besanconnot, une collection 
des bois d'Algérie de H. Lambert, une collection de 
cadres des essences du bois de Boulogne de M. Le 



Fl(i. f!0. — Prlili- rrni 



5ia CAliSERIES SCIENTIPIQUR.". 

Faute, inspecteur gônijral dos promenades de la vi 
de Paris; etc. 

Ce n'est pas tout fncoi'e;loiijniirs dans cette galei 
du premier étage, on rencontre une belle collectiun 



bois silicifiés. Ces échantillons ne sont pas compn 
blés ni par la beauté, ni par les dimensions, aux éu 
nants spécimens recueillis dans l'Arizona et expo 
dans la section des Ëtats-Unis ' mais tels quels , 
présentent leur intérfit. Plus loin, on s'arrête devirm 
une collection très complète de pierres des carrières 
des forets domaniales ou communales ; la lilholo^e 



Pia- -*SS- — Branche Irisc'e. non n-couverlo, Fis. 4Î6. — Tronc do ChfoB h l'éch«lle - 
ayant o«a«ionno la pourriluro d'un Ironi; de IJIO, pri'icnuipl près ôa cteur des 

d'Orme. (Le pourwur du ironc cBl bcuI Dainmea île (trisfilo j«uno. plus dkn- 



5li CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

de la France y est bien représentée depuis les roches 
du terrain éruplif jusqu'aux roches sédimentaircs de 
la fin du tertiaire sous la forme de pavés d'égales 



Kta, 417. — Branche de F^n sflrestro dCgradéo par le Canm plnUor^mtOK. 



dimensions. On y a placé jusqu'aux cryptogames dus 
formations houillères et aux phanérogames angio* 
spermes des formations tertiaire et quartenaire. 

En avançanttoujours, le visiteur trouvera des échan- 
tillons d'un succédané de la soie obtenu avec la fibre 



4M. — Souche d'oïl Pin iijlveitro ta* Fro. 430. — 
la Tnimtlet raditiperda, iool ou voit • ité uil 
a loa rAcepittclsB frucliftres. corHaita. 



64e CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

du bois; le bois transformû par certains procédés chi- 
miques fournit une malière filamenteuse fine el 



Fio. 4îl. — Boia deChéd 



soyeuse, un textile qui prend bien la couleur et simule 
d'assez près la soie. On a installe au rez-de-chaussée 



CAtSKRlKS SCIENTIFIQUE 



quelques a|ip;iri^ils qui m- fonriiunncnl pas, mais qui 



Fio. 135. — Pi.|fti 



onl la prélentîon de monlrt-r comment le bois peut 
ainsi se mélnniorplioser en iin liiamcnt analogue à la 



LE PAVILLON DES KORETS. 5i9 

il'. Il y a saifs doute lîi de l'avenir; mais, jusqu'ici, 



iiii|;rc, échelle Je 1^ 



eue allai] u^ par 1c 



il ne semble pas que ce succédané de la soie ait beau- 
coup préoccupé nos Tabricants de Lyon. On verra 



CAUSERIES SC1KNTIF[QUES. 



aussi des appareils intéressants, les germinateurs 
destinés à hAter la germination des graines et à per- 
mettre ainsi de se renseigner sur leur valeur mar- 
chande en raison de la proportion relative des bonnes 
et mauvaises graines d'un échantillon. Pas très loin. 



le visiteur regarde les bois, colorés à l'intérieur, de 
M. Penières, d'Ussel. Tous les bois sont susceptibles 
d'être soumis à cet intéressant procédé; mais c'est 
surtout le bois de charme qui se prête le mieux à 
l'injection. On obtient ainsi des imitations de bois de 
Inxe et des effets nouveaux et imprévus en infusant 
côte à cûte, dans une même bille, des couleurs dilTé- 



LE PAVILLON DES FORETS. 551 

rentes. Ailleurs, on examine curieusement les blocs 
de bois avec lesquels on fabrique la p&te à papier, et 
cette pâte elle-même. Certes, le bois ne Toumit pas 
un papier comparable à celui que l'on tire du cMlTon ; 



cependant on obtient toute une si^rie de papiers ordi- 
naires d'excellente qualité, et, sil'onmélangeàla pâle 
de bois des proportions convenables de pâte de chif- 
fon, on finit par fabriquer des papiers satisfaisants et 
qui peuvent rivaliser avec les produits obtenus avec 
le chiffon. Enfin, on s'arrÈte {généralement devant 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



l'exposition très instructive des échantillons de char- 
bon de M. Noguette. L'auteur s'est préoccupé de mon- 



trer au publicdes charbons préparés avec les diverses 
essences. De chaque espèce d'arbre, il a pris deux 
morceaux d'égale grandeur : l'un a été réduit en 
charbon, l'autre est resté tel quel. On voit d'un simple 



iï»(((l per VHyleiinia Frai 



554 CAUSERIES SCIENTIFIQirES. 

coiipd'œil combien les iliffÎTeiioes sont grandes. Avec 



une essence, on oblient peu du charbon; avec uni> 
autre, le volume de charbon équivaut presque au bois 




Ft«. 447 et 418. — D4gâU lur lo BooIobu par le Bottrichm li\ 



SS6 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

qui l'a rourni. On peut dire d'une maniérE 
que le volume du charbon est d'autant plu* 
le bois dont il dérive est plus tendre et pli 
Dans un petit salon du premier étage, à t'a 
du pavillon, l'administration a exposé un 



notices statistiques donnant pour chacun i 
partements tous les renseignements qui c 
laquestipn forestière (1) : contenancedu sol 
plement, mode d'exploitation, production. 

(1) Revue des Eaux et Forets {Annalei foretMres), 
puis 1812. — t" partie : Journal des Intérfls forestier. 
Répertoire de Législation et de Jurisprudence forei 
Rolbschild, <^dilcur. — (Sous pressa, l'Annie 18S0, i 



LE PAVILLON DES FORETS. B51 

bois; puis des documents divers, un répertoire des 
publications françaises anciennes et modernes sur les 
forôts, un exemplaire des ouvrages publiés par les 
agents forestiers de 1878 à 1889, des Hémoires ma- 



Fta. 4K0. — Borge droiM do la Combe do Péf^tre. 

nuscrits présentés par les professeurs de l'École de 
Nancy, etc. 

Nous n'avons plus que le temps de descendre et de 
visiter la galerie annexe du fond oii sont inslalli3es les 
vues panoramiques. Jetons les yeux à droite de i'es- 
calier. Nous voilà en pleine montagne, dans une hutte 
de forestier. Les outils, la table rustique, la petite 



S5B CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

couchette, tout à côté une forge de montagne, un ate- 
lier temporaire. Tout cela est bâti en branchages, re- 
couvert de fougères sèches dont l'odeur forte com- 
plète l'illusion. Prés des buttes croissent de ^Taie^ 
fougères et de jolis pins. Devant nous, dans le loin- 
tain, la montagne, les rochers, les torrents, les cas- 



cades. M. Demontzfy a fait aménager très habilement 
trois dioranms destinés à mettre le puhlic au courant 
des opérations de reboisement et de défense contre 
les éboulis (l}.Nul ne pouvait le mieux faire: il est sur 
la brèche depuis le début et n'a cessé de diriger ces 

(1) Heboiiemml et Gaionnemenl dei Montagnei. Traîlé prati- 
que, par P. Deuontzey, inspecteur gtn* rai àes forêts. !• ciiitlon. 
1 fort volume in-8°, avec 105 gravores. — J. Rothschild, éditeur. 



LE PAVILLON DES FORETS. sr.1 

importants travaux. Les trois toiles ont une hauteur 
uniforme de 8 mètres ; elles sont placées à 10 mètres 
environ du spectateur, qui en est séparé par une 
chambre relativement obscure de 5 mètres environ de 
profondeur, suivie d'un saut-de-Ioup de même dimen- 
sion, dont lo talus sert k supporter les plantations 



d'arbres résineux et les autres motifs destinés à rac- 
corder les premiers plans avec la toile do fond. 

La première vue montre le travail de fixation d'une 
montagne dans les Hautes-Pyrénées, au lieu dit Combe 
de Péguère, qui domine el menace le village de Cau- 
terets, les sources ai renommées de la Rallière, du 
Mouhourat, du Petit-Saint-Sauveur, etc. L'équilibre 
est tellement instable qu'aucune végétation forestière 



560 CAIISERFES SCIENTIFIQUES. 

ne saurait s'y implanter. On a établi des murs de sou- 
tènement en pierre sèche à partir du sommet et, entri- 
ces gradins, on a proGté du peu de terre que l'on a 
rencontrée pour plaquer dfjs ^'azons de Taçon à relier 



FiQ. 4jÏ.— Atelier 



les blocs et les pierres roulantes. Ces travaux sont à 
peine termines. Le programme de leur exécution avait 
éié tracé en 1885,devant l'Académie des Sciences, par 
M. Dcmontzey, correspondant de cette Académie, 

Au milieu et plus loin se trouve une vue diora 
mique des travaux de correction du torrent de ffiou- 



LE PAVILLON DES FORETS. 561 

BourdouXj affluent de la vallée de TUbaye, où il dé- 
bouche à 3 kilomètres en aval de Barcelonnctte 
(Basses-Alpes). Le cône do ce torrent s'étale sur une 
étendue de 240 hectares. La route de Montpellier à 
Coni le traverse sur un parcours de plus «de 3 kilo- 
mètres. On aperçoit le lit du torrent consolidé par 
des barrages, des radiers, des enrochemens, clayon- 
nages, etc. Les atterrissements successifs ont modiflé 
la forme du lit qui s*est agrandi, exhaussé. On a fixé 
les berges jadis mouvantes qui compromettaient la 
stabilité des plateaux supérieurs aujourd'hui re- 
boisés. 

Enfin, le troisième diorama nous transporte devant 
le torrent du Bourget^ autre affluent de l'Ubaye. Les 
travaux sont de ce côté très avancés. Les barrages ont 
fixé les berges, et on a pu reboiser môme à l'intérieur 
du lit dû ravin. Ces vues panoramiques d'un bel effet 
ont été exécutées, sous la direction de M. Demontzey, 
par M. Gabin, de Paris. 

Entre les vues dioramiques existent deux petites 
salles, de véritables bibliothèques où Ton a réuni tous 
les documents possibles : vues, tableaux, albums, 
statistiques, photographies, plans en .relief sur les 
divers travaux exécutés depuis 1878 dans les Pyré- 
nées, les Alpes et les Cévennes, pour la restauration 
des montagnes, la correction des torrents et le reboi- 
sement. Cette question de la restauration des mon- 
tagnes et du reboisement est d'une importance consi- 
dérable. Elle intéresse la fortune publique (1). Non 

(1) La contenance boisée dans chaque pays d'Europe est par 
habitant : 
37 ares en Allemagne : 3 ares en Angleterre; 4i ares en Au- 



562 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

seulement la consolidation dos penles montagneuseâ 
nous mot à l'abri dû catastrophes épouvantable s et 



sauve un grand nombre de vies humaines, mais le 



LK PAVILLON DES FORETS. !t6i 

reboisemeni, qui en est la consc'quence, augmente la 
richesse id laurixlncLiondii sut et a encore Jine action 



certaine sur le régime des eaux et sur )e climat. 



If 

■i g 



LE PAVILLON DES FORETS. 561 

quiènie de l'œuvre considérable qui a été entreprise, 



soit plus de 60,000 hectares. Pour dompter les tor- 



168 CAUSERIES S C I K \ T I K [ Q t! E S. 

rents; i! fuitl les enserrer dans nnn enceinte i-o:itimie 



Fio. lis. - Stttliou moyrimi- <lii Turr,-ut du B.iurgcMl.W» m*u cl aluiuilc- 

de VL'gL'tation. Vingt ans se sont ûcoulés depuis que 
pulicullera. L«b foréu de l'État, «n I8H7, ont produit 21,752,902 fe. 



570 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

l'on a commencé les travaux. Dans les Alpes, dans les 
Pyrénées, de nombreux reboisements d'essences rési- 
neuses étalent leur vipoiireuse végétation à des alti- 
tudes co n si d (arables ; le:> torrents jadis si redoutés sont 
devenus des ruisseaux inoffensifs qui procurent k 



l'agriculture des euux meilleures et almndantes. Le 
problème posé par les lois de IStill et de 18K2 est au- 
jourd'hui résolu; les faits ont prouvé (|ue la défense 
contre les éboulis (;t contre les torrents nélait ni 

L'importation en France» été en I8S7 tle 158.300,001) francs, tandis 
qu'eu 1880 od a importe jiour 278 millions de francs. L'exporta- 
tion, en 1880, a étéile3i,800,OO0 St. et en 1887 de 25,300,000 fr. 

Un fait caractéristique est que depuis vingt ans les recettes ont 
diminué, l.inclis que les dépenses out augmenté. 



572 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

longue ni coàteiise h obtenir; il suffit d'aider la 



■110 (Ba<i~o<-A[|ii-!>) (l.iiOO laH. iCallitudo). 



nature par une série de petits moyens judicieux et 
sans cesse répétés. 



514 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



h\ 



Les avantages que Ton doit attendre à bref délai de 
cette entreprise vraiment patriotique peuvent se ré- 
siuiier ainsi : consolidation des versants instables et 
protection assurée à des centaines de hameaux et aux 
cultures qui font vivre leurs habitants ; préservation 
des vallées contre les ravages des torrents; restitution 
à l'agriculture de très grands espaces occupés par les 
cônes de déjection; régularisation du régime des 
cours d'eau en plaine; augmentation du débit des 
sources et irrigations; sécurité pour les chemins de 
fer, routes nationales, départementales, vicinales; 
transformation agricole des régions montagneuses; 
accroissement de la population des montagnes ; con- 
servation et amélioration des bois existants et création 
de 300,000 hectares de nouvelles forêts. 

C'est la lutte contre la nature qui est poursuivie 
avec acharnement par les reboisements. Les travaux 
déjà effectués sont le témoignage inscrit en caractères 
ineffaçables sur les hauts versants des labeurs etjdes 
efforts du corps forestier. 

Ce pavillon constitue une des plus intéressantes 
expositions de 1889. Nous devons exprimer un regret, 
c'est de voir ce véritable musée du Bois destiné à dis- 
paraître aussi vite. Il n'aura pas vécu assez longtemps 
. au gré de tout le monde. 11 est fâcheux qu'on ne 
puisse nous le conserver à sa place encore des années 
ou nous le reconstruire au Bois de Boulogne ou au 
Bois de Vincennes. 




XVI 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS 



Les deux paTillons do la Ville. — Construction et décoration. — 
Pavillon Suftren. — Écoles. — Statistique de l'Instruction pu- 
blique do laVille do Paris. — Assistance publique, Préfeclure, etc. 
— Pavillon La Bourdonnais. — Direction pcnéralc des travaux 
de Paris. — L'Hygiène. — Types de maison. — La maison insa- 
lubre. — La maison salubre. — Conditions hygiéniques de l'ha- 
bitation. — Promenades dans les égouts. — Les égouts. — 
Types anciens et types nouveaux. — Le curage. — Les ]>anicr8 
d'arrêt. — Les appareils automatiques de chasse. — Siphon de 
l'Aima. — Le grand collecteur. — Les eaux de Paris : transpa- 
rence comparée des eaux do source, des eaux de rivière ot des 
eaux de l'Ourcq. — Eaux de la Vanne et de la Dhuys. — Salu- 
brité des eaux. — Le tout à Tégout. — Gennevilliers. — Achères. 



droite et à gauche du Dôme central, entre 
les deux ailes du palais des Industries 
diverses, s'élèvent parallèlement les deux 
pavillons de la Ville de Paris. L*Expo- 
sition de la Ville ou plus exactement du département 
de la Seine, car les services sont réunis, occupait en 
1878 un seul pavillon d'une surface totale de 3,200 met. 
carrés. Il a fallu cette fois augmenter sensiblement la 
surface. Les deux pavillons construits par M. Bouvard, 
sont de forme rectangulaire et décorés extérieure- 




I 



» 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



menl, dans un style, à dessin très simple au moyen 
d'applicalionsde treillages verts au-devant desquels se 



profilent de légers massifsd'arbustes. Il a fallu, en elM, 
viser à l'économie, chaque pavillon ayant 7 j m^-lres sur 
dO mèlres el le crédit mis à la disposiliori de l'archi- 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. r,n 
teclc n'étant que de 150,000 francs, soit 30 francs par 



mètre, diicoration compriso. Les lermes métallique:^ 
ont été louées à tn;* bonnes conditions à la liquida- 



EXPOSITION DE LA VILLE DB PARIS. 519 

restreint la décoration h de simples applications de 
moulures et de treillages en bois. Les travaux ont 



VÛI. 



1^' 


L"j ■ 


1 
i."J 


'"V , 


P^ 





Fio. 470. — PMilli 



été entièrement confiés, sauf le montage des fermes, 
à dix associations ouvrières qui se sont très intelli- 
gemment acquittées de leurs missions. Ce n'est que 



Kugënc LouKcpied. (Mûi^c d<!co 



Kro. 47!. — ll.'r. 



listes 
tlemn" 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 593 
S Beaux-Arts et des Industries diverses, et certaines 



critiques ont 6lé formulées à cet égard; peut-éire 
pùt-il été bon, au préalable, do se préoccuper de savoir 
quel était le crédit mis i. la disposition de l'architecte. 



(7S.- Lo D»ntP, par Jpsn-Piul Aub^. ^"'- '™- - Françoi» Villnn, par 
Bliia i-D bronza •li'i.-oranl la Square du }''raD<;aiN Elrhelo. (SUtup fn 

Uiga de Krancp ) bronio ili^corant le Squafr du 

Collège de Fraocc.) 



586 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



prolcssionnelles, de l'ameubldineiit, c'est-à-dire tout 




Tensemble de la direction de l'ensei^ement, puis 
l'Assistance publique, la Préfecture de police, les di- 
rections des affaires municipales et départementales, 



EXPOSITION DE LA VILLE DK PARIS. 587 
ot enfin les sapeurs-pompiers. Il est très inléressant à 



parcourir. On s'arrête devant les travaux faits par les 
élèves, plus loin devant le Laboratoire municipal, de- 
vant le matériel de sauietage, etc. Nous ne pouvons 



v^—^ 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



i\\m mentionner cettepartie de l'exposition de la Ville. 
Signalons cependant l'exposition des services sco- 
laires qui a pour objet de faire connaître au public 
l'installation matérielle et les résultats de renseigne- 
ment dans les diverses catégories d'établissements que 



1''to. 479. ~ l.'IIeuro du l)<!^JFiiner il l'École inalprnella. 

la Ville de Paris consacre à l'instruction publique. 

Ces établissements comprennent les écoles mater- 
nellfs, les écoles primaires élémentaires, les écoles 
primaires supérieures et les écoles professionnelles. 

Les écoles maternelles reçoivent les enfants des 
deux' sexes de deux à sept ans. Elles sont au nombre 
de 127, contenant un total de 22,879 places d'élèves. 
Le oersonnel attaché à ces établissements se compose 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 58» 

de 123 directrices el 307 institutrices adjointes. 
Le budget des écoles materneUes, <|ui s'élevait, 
en 18T8, au moment de la (ierDii>re Exposition, k 
2.1 47,278 fr. 73, s'élève aujourd'hui à 3,606,032 fr. 50, 
soit une augmentation de 1 , 158,753 fr, T7. 



Les écoles primaires de garçons cl de filles rei^oi- 
vent les enfants de six à quatorze ans. M existe an- 
jourd'hui ii Paris 191 écoles de garçons, contenant un 
total de 70,6!)i places d'éliH-es el 174 écoles de filles 
contenant 60,509 places d'élèves. Le personnel ensei- 
gnant se compose de 3,002 maîtres el maltresses. 

Le budget consacré aux écoles primaires était, 
en 1878, de 7,813,331 fr. 12; il s'élève aujourd'hui 



590 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

à 1d,K53,512 Ir. 50, soit une augmentation de 
13,040,181 fr. 38. 

Les écoles primaires supérieures sont au nombre 
de 6 pour les garçons (collège Chaptal; écoles Tur- 
got, Lavoisier, Golbert, Arago, J.-B. Say), recevant ■ 



Kio. «80. — L'École commutikle da gsr^ot». n» Camou 



3,793 élèves; de 1 pour les filles (école Sophie-Ger- 
main), recevant384 élèves. 

Les écoles professionnelles pour les garçons sont 
au nombre de A : l'école Diderot (travail du fer et du 
bois), l'école Boulle (école d'ameublement), l'école 
Estienne (industries du livre), et enfin, l'école muni- 
cipale de Physique et de Chimie industrielles. 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARI?. 99t 

Pour les filles, la Ville de Paris possède actuelle- 
ment 5 éroles professionnelles, situées rue Fondarj-, 
Bossuet, Bouret, Ganneron et de Poitou. 

L'exposition de la Direction de renseig:nement, si 
bien organisée par H.Edmond Duplan et par M. Pier- 
rot, permet aux nombreux visiteurs de juger des pro- 



yta. lel. ~- Uno Le^on do moJcUgo & l'École primairo. 

grrès accomplis depuis dix ans dans le domaine de 
l'enseignement primaire à tous les degrés. Ces pro- 
grès ont été considérables. Nous sommes heureux de 
les attribuer à l'initiativo, k la libéralité du Conseil 
municipal, aux soins éclairés, & l'intelligente collabo- 
ration de tout le personnel de l'enseignement (1). 

(I) Cootultei l« tolame publié par M. DupUn, Sou«- Directeur 






CAUSERIES SCIENTIFIQUKS. 



Le pavillon Nord (càté de l'avenue de La Bourdon- 
nais) est entièrement consacré aux divers services 
relevant de la Direction générale des travaux de Paris. 
Au milieu sont réunis les documents relatifs aux ser- 
vices de la voie publique et des promenades, du plan 



de Paris et des travaux historiques. Du côté de la gale- 
rie des Machincsse trouvent les services des eaux et des 
égouts; du cûté de la tour Eiffel, les services d'archi- 
tecture et des beaux-arts. Cette division permet de 
procéder méthodiquement à la visite des nombreux 

de rtndruclion primairi, à titre de commeDWira et d'explication 
de l'eipositioD de l'EaBeigaernent primaire (L'Eiueignemeni pri- 
'naire public à Paris, 1877-1888, - i vol. in-4"). 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS, rm 

documents, modèles en relief, dessins, etc., exposés 
par la Direction des travaux, documents dont, comme 
d'usage, les plus « discrets » ne sont pas tonjours ceux 
«{iii répondent aux moindres services rendus. 
L'ensemble dos service? relevant de la Direction gé- 



niirale des travaux de Paris concerne, en somme, ce 
<|ui constitue le Paris visible, le Paris attraction, celui 
i|ui attire et retient les étrangers. 

Sans doute on ne saurait trop admirer les efforts 
accomplis, les résultats obtenus dans tous les services 
»]ue comprend l'administration d'une ville dont le 
budget ordinaire dépasse 360 millions, ces écoles 
claires, propres, gaies, venant remplacer les locaux 



KM CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

insufOsanUde jadis, ces hôpitaux qui se multiplient 
et où la mort devient pour ainsi dire l'exception, ces 
progrès réalisés dans l'organisation de la défense 
contre le feu, etc. Toutes ces améliorations dont bé- 
néficie k si haut degré la population parisienne, le pu- 



blic de passage les ignore presque, le Parisien lui- 
même ne les connait pas bien et c'est à peine s'il 
s'aperçoit souvent de leurs bienfaits. Au contraire, ce 
(juc le public apprécie, quelquefois, il est vrai, d'une 
façon inconsciente, ce sont ces grandes et belles vi>i«s 
ouvertes k travers les quartiers de luxe comme dans 
les quartiers ouvriers, ce sont ces promenades où se 
presse la foule, ce sont les efforts constants qui sont 



EXPOSITION DR LA VILLE DE PARIS. 59H 

faits, travaux d'égouts, adduction d'eau, etc., pour as- 
sainir Pai'is et augmenter la durtSe de la vie moyenne; 
ce sont ces monuments où, sans méconnaître leca 
ractère utilitaire, on a toujours eu à cœur de ne point 
perdre de vue le côté artistique... Tout cela, c'est le 



domaine de la Direction générale des travaux de 
Paris (1), et il n'est pas étonnant que les visiteurs qui 
veulent étudier dun peu prÈs ce qui a été fait pour le 
bien des Parisiens, se pressent nombreux dans le pa- 
villon. 

(t] M. A. AlpbiDd, Inspecteur générai des Ponts ot Chausgdes. 
Directeur; M. Hucl, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, 
Soiu-Dirc'Cteur. 



Bae CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Quand on pénètre par la porte qui regarde le pa- 
lais des Industries diverses, on trouve à droite et A 
gauche deux hautes constructions, deux maisons à 
deux étages, en grandeur naturelle, s'il vous platt, re- 
présentant, d'une part, un type de maison sahibre, el 



Kiu. «86. — Une Leçon de gjmuasiiiiue à l'Kcolo primaire itçarçons). 

de l'autre, un type de maison insalubre. On sait com- 
bien les questions de salubrité sont & l'ordre du jour 
en France depuis quelques années, et quels efforts 
ont été faits pour assainir et la maison et la voie 
publique. On peut affirmer qu'il n'y a pas encore 
bien longtemps on constatait chaque année beau- 
coup plus de décès par suite des conditions insalu- 
bres de l'iiabilation et de la vie quotidienne que par 



EXPOSITION DE LA. VILLE I 



suite de maladies organiques ou autres. Ces dernières 
sont exclusivement du domaine médical. Quant à l'in- 



salubrité, c'est la mission de l'ingénieur hygiéniste 
d'y remédier, et tout ingénieur, à notre époque, tout 
architecte doit être un peu hygiéniste. Les deux types 
de maisons exposés sont caractéristiques au point de 



«00 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

vue de l'bygiène et parlent nettement aux yeux et à 
l'intelligence du public. 

Dans l'une onaréuni toutes les causes d'insalulirité 
<liie présentent si souvent les maisons dans les quar- 



tiers ouvriers et populeux ; fosses fixes, jamais élan- 
clies où les matières fermentent à proximité immé- 
diate du puits 4{ui donne l'eau d'alimentation, cabineU 
communs infects, plombs k émanations insuppor- 
tables, cbambrcs à peine aérées où le cube d'air par 
personne n'est pas le quart de ce qu'il devrait Ptre, 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 601 



papiers de tenture malsains, etc., etc.; de ce côté le 
tableau n'a rien de chargé, et il existe dans Paris des 
milliers de maisons réunissant h un plus haut degré 



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Fio. 490. — Service do rAssainissemcnt. (Coupo en travers d*uno Maison 

desservie par le Syslèmo diviseur.) 



peut-être encore toutes les causes d'insalubrité ima- 
ginables. 

On voit avec un véritable intérêt ce type de maison 
privée d'air, de soleil, etc. Les escaliers sont bondés 
de monde. De là, on passe dans le second type, situé 
en face, le type de la maison salubrc. C'est la maison 

29 34 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



idéale, non point Inxaeuse, — tout ce qu'elle com- 
porte peut être réalisé à peu près sans dépenses su|>- 





Fio. 491. — Service de 
i\e U Ville de Paris. (Msii 
le Tout à l'égoui. — PI, 



plémentaires — mais salubre, avec le tout à l'égout, 
les cabinets séparés, l'eau partout, les pièces suffi- 
samment grandes et surtout aérées, les siphons in- 



Fro.495. —Bai 




CAUSERIES S;CIENTIFIQUES. 



lerceptant partout les odeurs, l'éclairafre électriijue 
mi'me, etc. Certes on peut encore s'estimer heureux 



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1-0 ilfl l'A'Oaiiiiaw- Fig.498 Ik SOO. — T;|><i de rablai-ii 

I do Paris. —(I)e!^ d'uiianrcii d'appBrlcmCDls. ui- 

cal.ipft d'aisaiirp» piT]in-.^H. Cutpkps k sipb.in 

[ipnrrU de rhaiw i.i»)^« tmhailaDI. Réscrvoira d< 



d'habiter une maison ne réunissant pas entièrement 
toutes ces améliorations si désirables. Il n'en reste pas 
moins certain qu'il y a là un type qu'il était intéres- 



Via. SOI. — I^Biitvr 



- quartier iIdi Tann 



. JarJiii JcbH:! 



6U8 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

sant de placer sous les yeux du public; il faut tendre 
à s'en rapprocher le plus possible. 

Beaucoup de visiteurs prennent des notes et s'en 
vont certainement éclairés sur les avantages d'une 
maison logiquement comprise. 

A côté, le service des Egouts et de l'assainissement (i) 






expose un grand nombre de documents qui offrent de 
l'intérùt même pour le grand public. On sait que, pour 
tout étranger, une promenade dans les égouls de 
Paris fait absolument partie du programme des visite* 

(1) U. Bcdiiiionn. lns,'.'nifiii- on clicf (Ict Puhis et Chiiii^sii.-f. 



EXPOSITION' DE LA VILLE DE PARIS. 603 

pssenlielle^.des ruriosités delà Ville. C'est que le sys- 
tème des égouts parisiens est unique au monde. On 
peut faire sans peine cette promenade au pavillon. 
On y a placé effectivement les modèles en relief de 
toute la série des types d'égout actuellement en usage 



dans le service municipal de Paris, depuis les grands 
collecteurs, comme celui qui amène àClichy lestrois 
<Hiartsdes eaux de Paris, jusqu'aux petites galeries 
rt^connues suffisantes pour les voies de minime impor- 
tance, jusqu'aux branchements d'égout destinés k 
desservir chaque immeuble, jusqu'aux branchements 
(le bouche et de regard. 



610 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Ces mêmes types sont reproduits sur un dessin ap- 
pendu à Tune des parois, à côté d'un autre tableau indi- 
quant les anciens types jadis en usage dans Paris. 

La comparaison est intéressante entre les types an- 

ÛQûûOooO 

FiG. 506 à 513. — Service des Égouts. (Types d'anciennes guéries.) 

ÛÛÛÛÛÛoOq 

FiG. 514 à 522. — Service des Égouts. (Types d'anciennes galeries.) 

FiG. 523 à 532. — Service des Égouts. (Types d'anciens <!^goats 

et égouts modifies.) 



ciens et les types nouveaux. Autrefois les galeries 
étaient ou larges et plates, ce qui déterminait des 
stagnations et par suite des émanations infectes, ou 
étroites et plus ou moins profondes, et la circulation 
et le curage y étaient à peu près impossibles. Au- 
jourd'hui, et sous rinspiration des idées de Belgrand, 
le véritable créateur du réseau des égouts de Paris, 



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EXPOSITION DB LA VILLE DE PARIS. 611 



on donne aux galeries une forme ovoïde qui permet 
de réunir les eaux dans une cuvette de section conve- 
nable, où elles prennent une vitesse suffisante, tout 
en laissant néanmoins aux ouvriers du curage une 



où 









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FiG. 533 À 538, — Service des Égouts. (Types d'anoienncs galeries. 



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FiG. 539 à 541. — Service des Égouts. (Ancienucs chaussées 
avec leur mode d'écoulement à Tégout.) 




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FiG. 542 à 54fi. — Service de« Égouts. (T^'pes d'agencements 
de branchements de bouches.) 



circulation facile. On a même depuis quelques an- 
nées amélioré encore ces profils au moyen des types 
à cunette avec banquette latérale. Les égouts présen- 
taient jadis des épaisseurs considérables de maçon- 
nerie, 0",40, 0»,60... môme pour des sections restrein- 
tes, et remploi de la pierre de taille y prédominait; 



CAUSERIES SCIENTIFIQUE 



les prix de revient étaient |»!U' suite très élevé:*. Le 
clioix (lo la forme rationnelle aujourd'hui adoptt-e. 



rem|iloi do la meulière et du ciment ont permis de 
réduire ces épaisseurs à O^iSO environ pour les tjiics 



EXPOSITION DB LA VILLE DE PARIS. 613 

les plus en usage, d*où une économie .considérable. 
C'est ainsi que l'on a pu, sans dépenses excessives, 
<iôvëloppcr dans une si grande mesure le réseau des 
égouts de Paris. 

A l'inverse de ce qui existe à l'étranger, les dimen- 
sions des égouts permettent de recevoir, pour la plus 
grande commodité des services, les conduites d'eau et 




Fto. 575 à. hS2. — ^5ervice des ÉgoutJî. (Types d'aqueducs.) 




Fio, 583 à 587. — Service des Égouts. (Types d'aqueducs.) 

d'air comprimé, les fils téléphoniques et parfois les 
câbles électriques pour lumière, les tubes pos- 
taux, etc. Une série de plans indiquant le réseau dos 
égouts à différentes époques sont à cet égard parti- 
culièrement instructifs. On y voit (jue le développe- 
ment des égouts était : 

En 1G63 do 8,572 mètres. 

En HiO de 11,746 — 

En 1789 de 26,051 — 

En 1837 do 76,500 — 

En 18.j4 de 155,000 — 

En 1879 de 633,005 — 

En 1880 de 860,197 — 

29 33 



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CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



Cependant, il reste encore actuellement environ 
!^55 kilomètres de galeries à établir. 
Nos égouts, bien construits, assurent la libre circu- 



trmitntfm^fr ST 



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FiQ. &88 et 589. — Service des Egputs. (Réservoir de chasse eu têto 
d*uno conduite et regard dé «Visite avec ventilateur.) 




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FiG. 590 et 591. — Service des Égouts. (Coupes en long et en travers 
d'un réservoir de chasse sur ëgout.) 

lationdes eaux fluviales,des eaux ménagères, des eaux 
vannes ; ils assureront même le départ de toutes les 
matières fécales, quand on aura réalisé le système du 
« tout à Tégout ». Mais le problème se complique. Il 
faut, en effet, maintenir les égouts en bon état de 



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616 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

ronctionnement, produire le curage; il est indispen- 
sable d'obtenir l'évacuation rapide en dehors du ré- 
seau de plus de 100,000 mètres cubes d'eaux d'égout 
en moyenne par 94 lieures. La question se présente, 
en pratique, grosse de difficultés. Aussi a-t-on dû étu- 
dier tout spécialement ces problèmes complexes. 

Les dispositions des branchements de bouches et 
des croisements d'égouts, ainsi que le montrent des 



:e dos Ëgouts. (Coups laaftituâinf 
chasio eur égoui, & deui dt'part- 



modèles en relief et des dessins, ont été étudiées avec 
grand soin de façon k atténuer les dép>)ts de matières 
solides, sables, ordures, etc. Depuis quelques années 
même le long des voies importantes, aux abords des 
marchés, etc., on a muni les bouches d'égouts de 
paniers ou récipients qui arrêtent la presque totalité 
des ordures et du sable et que l'on enlève, de la voie 
publique, au moyen de grues montées sur des tom- 
bereaux. Malgré cela, le curage des égouts n'en exige 
pas moins des soins incessants. Il s'exécute h bras 
dans les petites galeries, au moyen de wagonnets et de 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 6tî 



bateaux munis de vannes que pousse lapression mênnie 



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Fio. 599. — Réservoir de chasKO latérjil à r(î;]^aut. (Coupe.) 




Fio. 600. -^ Rëaervoif do chasse latéral à l'ëgout. (Plan.) 



de Teau dans les collecteurs. Les modèlesde ces engins 
attirent tout particulièrement les regards du public. 



CADSBRIES SCIENTIFIQUES. 



Enfin, dopnts quelques années, on tend à installer 
aux points heurts ou points liantsdss gdetiesd'égioals 
des réservoirs de chasse munis d'appareils automati- 



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ques qui, à des intervalles réguliers, lancent violem- 
ment dans les cunetles quelques'mëtres cubes d'eau de 
façon à y produire des chasses énergiques et & faire 
disparaître tous les dépâts. Ces réservoirs peuvent 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 619 



également se manœuvrer à la main, et leurs chasses 
sont particulièrement utiles dans les égouts à faibles 
pentes. Il existe un très grand nombre de systèmes 
d'appareils automatiques, procédant la plupart du 




FiG. 603. — Appareil atitomotcur (système Aimond) 
pour la production des chasses automatiques. 






Pio. 004 à 606. — Appareils automoteurs («yst^me Aimond). 
A un départ. A i dép&rlt opposés. A 2 départs à angle droit. 



principe du siphon : appareils Geneste et llerschcr, 
Rocaché, Guinier, Colin, Aimond, Parenty, etc.; un 
certain nombre de modèles en sont exposés. 

A côté se trouve un appareil devant lequel s'arrête 
la foule, quand les gardiens le font fonctionner ; il 
s'agit d'un modèle très complet du siphon qui, par- 



CAUSERIES SCIENTIFIOt'ES. 



dessous la Seine, fait passer dans un de^ collecteurs 
de la rive droite les eaux d'égout de la rive gauchi; 



{siphon de l'Aima), Ce siphon ne peut évidemment se 
curer à bras, et Ton a recours pour cela h. une grosso 



G 



houle en bois qui, introduite dans le siphon du côttS 
ainont et poussée par la pression de l'eau, chasse de- 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 



vant elle les sables, ordures, etc. En général, il suffit 
d'une opération par semaine. Actuellement les eaux 



 

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d'égout de la totalité de Paris sont réunies soit à 
Glichy, soit à Sainl-Denis et, pour la plupart, sim- 



622 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

plement déversées en Seine. Une telle situation est 
évidemment intolérable et la Ville de Paris n'a cessé 



D chunp irri^d ï Tawi d'égout. 



de s'en préoccuper depuis plus de vingt ans. 

Nous n'avons pas k rappeler ici les débats qui ont 

duré si longtemps sur la question du « Tout àl'égout ». 

Les aliments de l'Administration en faveur de l'épu- 



624 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



ration des eaux d'égout par le sol sont connus. Nous 
les rappellerons en quelques lignes. Plus de 600 hec- 
tares reçoivent à Gennevilliers depuis des années 
d'énormes quantités d'eau d'égout sans qu'on y ait ja- 




Vio. 618. — Irrigations par les eaux d'ëgouU 
Conduite de distribution. Coupe longitudinale. 



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Fio. 619. — Irrigations par les eanx d^égout. 
Conduite do distribution. Contre-cintre. 



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...4» 



Fio. 620. — Irrigations par los eaux d'ëgout. Clef. 



m- 



mais constaté d'autres résultats que le triplement de 
la population, le décuplement du loyer de la terre et 
la diminution de la mortalité. Une bonne partie de la 
population de Paris se nourrit avec les légumes de 
Gennevilliers. Les terrains où la Ville projette d'é- 
tendre le réseau de ses irrigations n*ont ni habitants 
ni valeur. Bien que ces arguinents aient pu paraître 



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1 
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626 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

décisifs, on se rappelle aussi que l'opinion des ingâ- 
Dieurs de la Ville a été très combattue dans plusieurs 
sociétés savantes et à la Chambre. La lutte a été très 
vive; les avis sont encore partagés; ce n'est que tout 



8. (IrriRMioDs par les oauï ilV'goqt.;, 




pur les eaux d'i^goui. 



dernièrement que les Chambres ont fini par concéder 
à la Ville de Paris les terrains d'Achères. 
Après les égouts.les eaux (t). Dans une grande ville. 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 087 

les eaux doivent préoccuper au plus haut degré les 
administrateurs. L'eau k profusion, c'est la santé pu- 
blique. Le service des Eaux expose une série de docu- 
ments des plus intéressants. En face même de l'en- 
trée du pavillon, au delà des deux maisons salubre et 
in&alubre,onainstalléIt hauteur d'homme une grande 
bûche divisée en trois compartiments. Dans le com- 




partiment du milieu, on fait arriver de l'eau de source, 
l'eau de la Vanne; dans celui de gauche, de l'eau de 
Seine; dans celui de droite, de l'eau de l'Ourcq. C'est 
saisissant de différence au premier coup d'œil. L'eau 
de source, très pure, est de couleur azurée; l'eau de 
rivière, relativement peu chargée de matières orga- 
niques, mais assez chargée de matières minérales en 
suspension, est un peu trouble; l'eau de l'Ourcq, qui 
renferme plus de matières organiques que de vase, 
est assez translucide, mais d'un jaune verd&tre. On 



"'??^9^^^^B 



628 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

juge aisément du degré de transparence en regardant 
h travers l'eau des bâches un écriteau sur lequel on a 



© 



Fm. 830. — Irrigmiods pai 
leseaaid'égout.CoDduili 
de dietribulioD. ÉlAvatioi 



t'crit : « Ser\'ice des Eaux. » Peut-être, k ce seul as- 
pect, les préférences pourraient-elles s'égarer. Il n'y :* 
pas d'hésitation pour l'eau de la Vanne : elle est très 



belle d'aspect. Hais il n'en est pas de même pour l'eau 
de Seine et pour l'eau de l'Ourcq : elles semblent aussi 
impures l'une que l'autre. 11 importe que l'on ne s'y 
trompé pas. L'une est moins transparente, c'est vrai. 



EXPOSITION DK LA VILLE DE PARIS. 6» 

mais parce qu'elle renferme plus de matière minéralo 
inerte; l'autre contient moins de matières en suspen- 
sion, mais plus de matières oi^aniques. Or il faut se 
délier .de la matière organique, elle n'est pas toujours 
inactive ; elle donne lieu d'ailleurs k des fermentations 
putrides; c'est de ce chef qu'elle peut offrir quelque 
danger pour la santé publique. L'eau de Seine, malgré 
son peu de transparence, est supérieure. Elle n'en 






renferme pas moins en temps normal un grand nom- 
bre de microbes d'espèce commune. 

Les ingénieurs du service des Eaux répondent, k ce 
propos, k une préoccupation du public : La population 
a-t-elle raison de se tant émouvoir chaque année quand 
l'augmentation de la consommation, si variable suivant 
la température, oblige à substituer dans certains ar- 
rondissements l'eau de Seine ou de Hame (puisée 
en amont de Paris pour la plus grande partie) à l'eau 
de source? L'eau de source est certes d'une qualité 
très supérieure, ne fût-ce qu'au point de vue de l'éga- 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES 



lîté de température. Mais l'eau de rivière est-elle si 
malsaine qu'on a voulu le dire? Les ingénieurs de la 
Ville ne semblent pas le penser. Ici nous avouons ne 
pas Être d'accord avec eux, du moins d'une manière 
générale. La plupart des hygiénistes affirment, et les 
preuves sont lit, <iue les eaux de rivière renrerment 
des microbes pathogènes. 

Les statistiques municipales montrent que chaque 



fois que l'on introduit dans les conduites des eaux de 
rivière, il survient dans les quartiers desservis une ag- 
gravation du nombre de cas de fièvre typhoïde. Nous 
aurions pu d'abord croire à une simple coïncidence, 
mais le fait s'est répété chaque fois et encore cette 
année où les grandes chaleurs et un accident arrivé k 
un aqueduc ont obligé de distribuer les eaux de Seine 
pendant un certain temps. Les ingénieurs de la Ville 
contestent ces résultats de la statistique qui ne s'ac- 
rorderaient pas avec leurs propres observations. Pierre 
dit oui, Jean dit non. Les ingénieurs font aussi remar- 
quer que les eaux de source et de rivière sont exclu- 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 831 

sivemeot distribuées an public; l'eau d'Ourcq ne sert 
que pour les lavages de chaussëes, les arrosages, etc.; 
la double canalisation, déjà réalisée dans la plupart 
des voies, ne permet d'ailleurs matériellement pas de 
substituer, quoiqu'on ait prétendu le contraire, l'eau 



d'Ourcq à l'eau de source ou de Seine, puisqu'il n'y a 
pas de communication entre les deux canalisations 
destinées l'une au service privé, l'autre au service 
public.Ceciestdéjàtrès bien, mais lamëmecanalisation 
sert pour les eaux de source et les eaux de rivière. 
Et les eaux de rivière peuvent souiller l'intérieur des 
conduites. Là est encore le mal. Mais passons; nous 



632 CAUSÏ:RIES SCIENTIFIQURS. 



n'avons pas à discuter ici accessoirement cette grave 
question des eaux. 

Nous nous proposons, dans le chapitre suivant, 
de donner quelques renseignements sur Talimenta- 
tion çn eau de la Ville de Paris. 



J 



XVII 



EXPOSITION DE LÀ VILLE DE PARIS 



Pavillon do La Bourdonnais. -^ Voluuio d'eau débité par jour. — 
Les conduites d'eau. — Réseau des eaux de source. ^- Réseau 
de rOurcq. — Les nouvelles usines hydrauliques. — Ivry et 
Bercy. — Dérivation des sources. — Capta tion et adduction des 
eaux. — Ëinmagasinement. — Le grand réservoir de la Butte- 
Montmartre. — Service des canaux de l'Ourcq. — Travaux de 
réfection. — Les bâches mobiles. — Laboratoire de Mont- 
souris. — Service de la voie publique et des promenades. — 
Dittércnts modes de pavage. — Carrière de grès de l'Yvette. 
Appareils de contrôle de la dureté des matériaux. — Machines 
à sabler et à saler. — Nouveaux travaux municipaux. — Sqnair 
de la Butte-Montmartre. — Plan de Paris. — Paris en 1887 et 
en 1889. — Travaux historiques. — Service d'architecture. 



|e volume d*eau distribué quotidiennement 
à Paris est naturellement quelque peu 
variable avec les besoins mêmes de la 
consommation.il peut aller pendant Tété 
à 500,000 mètres cubes, les machines élévatoires 
compensant, s'il y a lieu, l'abaissement du débit 
des sources. En moyenne, on peut compter sur un 
service normal de 4i0 à 450,000 'mètres cubes, sa- 
voir : 
140,000 mètres cubes, d'eau de source (420,000 pour 




EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 63S 



la Vanne, 30,000 pour la Dhuis); 180,000 mètres cubes 
d'eau de rivière ; 120,000 mètres cubes d'eau d'Ourcq. 



Les dérivations de la Vanne et de la Dhuis ont él6 
terminées avant la dernière Exposition universelle, et 



CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



l'on s'est borné à exposer à leur sujet, avec la carte 
géologique générale du bassin de la Seine, de magni- 
fiques atlas en platïnotypie reproduisant des vues des 
principaux sites et des principaux ouvrages. Toute- 
fois, à raison des diverses améliorations et additions 
récemment apportées k ces travaux, on y a joint une 



série de plans en relief afFérenls aux travaux de cap- 
tation des sources de la Vanne. On a, en effet, exécuté 
notamment la dérivation secondaire de Cochepies, ce 
qui a permis d'augmenter de 20,000 mètres cubes par 
jour la distribution d'eau de la Vanne. 
' Les travaux de captation sont des opérations peu 
connues. On trouve au pavillon les reliefs des bassins 
de captation d'Armentiéres, de Cochepies et de la 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 639 

la petite usine des . . 

drains de Flacy; on 
voitlalignededrains 
pratiqués aux abords 
des points d'émer- 
gence naturels des c 7 
sources, puis les E f 
eaux se réunissant -g g 
dans des bassins ou "g t_ 
réservoirs couverts e| -3 
il'oà partent les a- s 
queducs proprement g 
dits; de petites lain^ ^ 
pes électriques éclai- Z 
rent l'intérieur des t 
modèles et permet- J 
lent d'y voir aisé- i 
ment le mode de « 
construction. s 
Les eaux de source | 
arrivent au moyen ' 2 
d'aqueducs souvent ^ î 
fortélendus. La Ville | | 
de Paris, soucieuse | g 
de donner à la po- s • 
pulation des eaux à à! J 
l'abri de toutes cri- 
tiques, poursuit de- » 
puis quelques an- 
nées l'adduction de 
nouvelles sources, 
celles de la Vigne et de Vemeuil (département de 



EXPOSITION DE I,A VtLf.E DE PARIS. 6H 
l'Eure), qui apporteraient ù la consommation quotl-> 






dienne un nouveau conlingenl de 100,000 mètres 



ou CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

cubes. Hais l'obtention des autorisations nécessaires 
est longTie, ne fût-ce qu'à raison de l'opposition des 
populations; les travaux seront longs eux-mCmes à 
exécuter, et, la consommation de Paris s'accroissanl 



Fia. «W. — BMSin dg la 



rapidement chaque année, aussi bienàcau!tede l'aug- 
mentation de la population que plus encore & cause 
des besoins hygiéniques qui se répandent de plus en 
plus, il était indispensable de donner immédiatement 
à la Ville l'eau qui lui était nécessaire. Tel a été l'ob- 
jet des constructions d'usines auxquelles on a procédé 
depuis quelques années. 



J 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 6i3 

- L'usine d'Ivry notamment, installée en amont de 
Paris, donne une eau de Seine relativement bonne, 
ainsi que t'ont démontré les analyses; elle peut rerou- 
ler par jour jusqu'à 85,000 mètres cubes. Les dessins 



et le modèle qui en sont exposés font nettement com- 
prendre le jeu de ces pompes puissantes qui, en une 
seconde, envoient 1 mètre cube, une vraie rivière, 
à près de 100 mètres au-dessus du point où les 
eaux sont puisées. De même l'usine de Saint-Haur 
(eau de Uame) a été agrandie, et l'on vient d'achever 
à Bercy, en face du pont d'Austerlitz, une nouvelle 



614 CACSERIES SCIENTIFIQUES. 

usine spécialement destinée au service des quar- 



tiers hauts du xvni" arrondissement (Montmartre). 
Les eaux une fois amenées ou puisées par les aque- 



EXPOSITION I>E LA VILLE DE PARIS. 6W 
ducs OU les usines élévatoires, il faut les emmaga- 



siner. On les reçoit dans de vastes n^senoirs qui 
règlent en quelque sorte l'approvisionnement. L'ali- 



%^r»T^ 



'^ 



6«l 



r,AUSERIES SCIENTIFIQUES. 



mentation en eau est, en effet, sensiblement constante 
à toute heure, tandis que la consommation est très 
variable du matin au soir et d'un jour à Tautre. A 
Paris, les réservoirs sont construits soit dans la ville 
même, soit dans un rayon immédiat; de plus, tous les 
nouveaux réservoirs sont couverts de façon à main- 
tenir Teau plus fraîche en été, moins froide en hiver. 




■fi'fciiHlU ii i i ii^i gff 




Pk. 6S4. — Passage eo pierre sur Fia. 65S. — Pavage on pierre mut 
sable. béton. 

Cowfe d'une deni-cbauss^e. Coupe d'une demi-ctaauMée. 




Fw. 6&6*— Pavage en bois sur béton. 
CfMBe d'une demi-ctaaustée. 



PiG. 657. — Asphalte sur béton. 
Coupe d'une demi.eh*uuée. 



On eût été conduit & des dépenses exorbitantes si Ton 
avait voulu les faire servir de bassins de décsmtation 
comme à Londres ; il eût été nécessaire de leur donner 
d'immenses surfaces. A Paris, c'était d'ailleurs su- 
perflu, puisque le but vers lequel on tend et qui sera 
sans idoute prochainement atteint, c*est de ne consa- 
crer exclusivement à l'alimentation que de l'eau de 
source qui n'a pas besoin de filtration. 

Les réservoirs de Paris, tout en permettant aux 
eaux de se décanter légèrement, sont donc de- 
simples réservoirs d'emmagasinement. Malgré cela. 



j 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS, fitl 



on peut voir, par le beau modèle et les < 

du nouveau réservoir de Montmartre, quels ou- 



vrages imposants l'ingénieur est obligé de construire. 
Et ce réservoir ne contient que quelques mîUiere de 



61S CAISERIES SCIENTIFIQUES. 

mètres cubes d'eau. On aurait jugé sans doute bien 



Fin. efiS. — Anilsllge des Kucs do Pkris, 

mieux de l'importance de ces nouvelles construc- 



EXPOSITION DE LA VILLE DK .PARIS. 649 

lions, S) l'on avait exposé le modèle du réservoir ré- 



cemment élevé pour recevoir les eaux de l'usine d'ivry 



eSO CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

qui, comme celui de Monlsouris (réservoir de la 



Vanne), peut emmagasiner 100,000 mètres cubes I 
■ Le réservoir de Montmartre présente d'ailleurs cer- 



EXPOSITION DE LA VILLE DB PA.RI8. CM 

laines dispositions qui justifient parliculiérement les 
documents produits à son égard. Sa situation excep- 
tionnelle, au sommet de la Butte, à c6té de l'église du 
Sacré-Cœur, exigeait qu'on lui donnât un certain ca- 
ractère architectural, et le problème à ce point de 
vue a été fort bien résolu. D'autre part, on sait com- 



bien dilTiciles sont les constructions sur cette butte 
excavée par Ifis carrières, présentant des plans de 
glissement des plus dangereux, et l'on pouvait n'être 
pas sans inquiétude quant k la stabilité d'un pareil 
ouvrage. Cependant on a réussi; les réservoirs sont 
construits solidement, et les habitants de Montmartre 
vont dorénavant avoir l'eau k discrétion comme ceux 
des autres quartiers. 



6S2 CAUSERIES 'SCIENTIFIQUES. 

Après l'adduction et remmagasinement des eaux, 
vient le problème de leurdistribution. La distribution 
se fait au moyen de tuyaux en fonte dont toute la. 
série des modèles, depuis le diamètre de 0", 06 jusqu'à 
celui de {"".lO, est exposée au milieu de la galerie. 
Ces tuyaux, comme on sait, sont posés dans les égouts, 



ou en terre, quand il n'y a pas d'égout, et l'on 
tend, comme nous l'avons dit, à avoir partout deux 
canalisations absolument indépendantes, l'une pour 
le service privé (eau de source et de rivière) , 
l'autre pour le service public (eau d'Ourcq). Toute 
une série de modèles et dessins se rapportent à 
cette partie diï service des Eaux : compteurs, ma- 
nomètres, fontaines et bouches d'eau, etc. Les gra- 



.EXPOSITION DE LA VILLE, DE PARIS. 653 

phiques doivent spécialement appeler l'atteiilion. 
- On y voit combien la consommation a augmenté 
depuis 1860 et combien elle est variable chaque année 
suivant les mois. 

Le service des Canaux de l'Ourcq et de Saint-Denis 
se rattache au service des Eaux et expose un certain 



Kiti. 664. — Cairiïro des Usrâchsui. — Op^ralioD do U Taille au baquet 
su moyen du Ciseau. 

nombre do vues des principaux bassins et ouvrages 
et de modèles des derniers travaux exécutés. Le pont- 
levant de la rue de Grimée est particulièrement à 
signaler à cause du principe de sa construction. 11 se 
soulève tout d'une pièce, pour le passage des bateaux, 
au moyeu d'appareils hydrauliques, et môme au be- 
soin avec des treuils h bras, ce qui présente de sérieux 
avantages économiques, et réduit notablementl'espace 



6^i CAUSERIES SC: 

occupé. Il convient de rema 
ingénieuse qui permetde ré| 
ses du canal de l'Ourcq sans 
tion. C'est une sorte de vastt 
bouts, que l'on pout déplac 



KiQ, 6Wi. — Carrière dot Marifbau 
(PorlaraleursmnsparrBircoinprii 



flotter, puis immerger aux p< 
plusqu'à barreren amonteti 
comprises entre le bord du ca 
d'excellents batardeaux à l'a 
vailler à sec, tandis que la i 
la bâche. 



EXPOSITION DE LA- VILLE DE PARIS. 655 

Citons encore la machine à faucarder et le type 
des nouvelles écluses du canal Saint-Denis avec 
sas de diverses longueurs et portes k un seul van- 
tail. 

Nous passons rapidement devant les panneaux où 



sont réunis les documents exposés par l'Observatoire 
de Montsouris qui, pour l'air comme pour l'eau, se 
livre assidûment à des observations météorologiques, 
chimiques et micrographiques, et nous pénétrons dans 
la travée suivante, qui comprend : au milieu, les ser- 
vices de la Voie publique et des Promenades, des Car- 
rières et le service Vicinal; à droite, le service du 



^-^^ 



CAUSERIES SCJEN.TIFIQUES. 



Plan de Paris ; à gauche, le service des Travaux liislo- 
riqiios . 

L'exposition du service de la Voie publique et 
des Promenades comprend, en somme, Paris tout 
entier (1). Il s'agit de toutes nos voies publiques, de 
nos squares, de nos promenades, de tout ce qui frappe 



si vivement les étrangers. Il y a là des documents in- 
IfTcssants et sur lesquels il convient de dire quelques 
mots. 
Le choix des meilleures dispositions à adopter pour 

(!) Xous ili'Ton' à l'oblippancp de M. de Tavemier, ingénît^r 

, ciiohetdcaPmmcnadfisde la Ville do Paris cl de la Voie publique. 

■l'avoir pu visilor en di'lail tum C8 service, remarquable à pliu 

<rini litre. Niiiis le i-emiTcions psalenienl d'avoir bien voulu nous 

loiirnir des documents et une sÉrie de dessiua et de croquis pour 



EXPOSITION DE LA VILI.E DK PARIS. «57 

les chaussées dans une ville où la circulation dépasse 
sur certains points 35 ou 30,000 voitures par jour, est 
chose beaucoup plus délicate qu'on ne le pourrait pen- 
ser, et bien des t&tonnements ont eu lieu en ce qui ' 
concerne les dimensions des pavés, la constitution des 
fondations, etc. Actuellement, et laissant de cAté les 



empierrements que l'on tend à supprimer dans le cen- 
tre de Paris, on ramijne les chaussées à i types prin- 
cipaux dont on a fourni des modi'les au dixième. Ces 
quatre types sont : 

1° Le pavage en pierre sur fondation en sable. C'est 
le type le plus habituel, celui à préférer, sauf pour les 
voies où les circonstances commandent d'adopter un 
revêtement insonore. Les pavés, quelle qu'en soit la 
nature, sontd'un échantillon ayant en longueur ft peu 



^ 



658 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 



près une fois et demie la largeur avec une hauteur de 
0,16 et se ramenant à 3 types ainsi définis : 

0,14 X 0,20 0,i2x0,i8 0,iO X 0,i6 
0,16 ' 0,16 ' 0,16 

La fondation en sable, suivant Timportance de la cir- 
culation, la nature du sous-sol, doit avoir de 0,12 à 
0,20; les joints sont garnis en sable. Un tel pavage 
coûte moyennement 15 à 20 francs par mètre carré, 
et la dépense d*entretien annuel des plus varia- 
bles peut être évaluée en moyenne entre fr. 10 et 




C. - 






Fio. 671 et 672. — LAboratoiro d'essai dos matériaux. 
Appareil à déterminer le coefficient d'usure des matériaux d'empierrcmoiit. 

fr. 20 par mètre carré, sauf pour les voies très 
importantes. 

2** Le pavage en pierre sur fondation en béton. Ce 
type est appliqué dans le cas de sous-sol mauvais, et 
très généralement quand il y a des voies de tramways ; 
on y recourt aussi pour les chaussées de très grande 
circulation. La fondation en béton de ciment de Port- 
land a 0,15 d'épaisseur; les pavés sont les mêmes que 
dans le cas précédent, et le prix est de 20 à 25 francs 
par mètre carré. 

S"* L*asphalte. Cette chaussée, excellente pour son 
insonorité, son imperméabilité, convient surtout pour 



^ 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 659 



les voies étroites où le bois serait mal placé. La couche 
d'asphalte a 0,05 et le béton 0,15. 
Le prix est d'environ 20 francs par mètre carré. 




lia. 673. — Laboratoires d'ossai dos matt^riaux. — Appareil à dcftormincr 
le coetâcieot d'usure des maU5riaux de pavage. (Elévation.) 



C-F 



-u 






Q: 



■rr 







Fio. 674 h 076. — Appareil à détcnninor le coefflcient d'usure 
des matériaux do pavage. (Plan.) 



4^ Le pavage en bois , introduit depuis quelques 
années et si développé et apprécié à Paris. Le pavé de 
bois a 0,1 5 d*épaisseur comme la fondation, et le prix, 
pour les travaux actuellement exécutés en régie par la 



«60 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Ville, n'est que de 18 francs en moyenne par métré 

carré. 

' A ces quatre types, dont trois peuvent recevoir 

des voies de tramways qui s'associent mal avec 

l'asphalte, il faut ajouter l'empierrement si répandu 

encore dans les quartiers non centraux. On sait que 

l'entretien de ces chaussées se fait, depuis un certain 



Fia, 8JJ. — Sablpg 



nombre d'années et sauf cas spéciaux, sous forme 
de rechargements cylindres le plus souvent h la 
vapeur. 

Depuis laltn de tS88, la Ville exécute elle-même en 
régie le cylindrage à vapeur de tous les empierrements 
de Paris, du Bois de Boulogne et de Vincennes. Elle 
a acquis ùceteffettroisrouIeauxdiisystémeGelleratet 
un dusystèmeAveling et Porter; elle expose plusieurs 
modèles de cesdeux engins. La différence essentielle 



EXPOSITION DE LA VILLE DB PAKIS. 661 

entre les deux systèmes consiste en ce que la machine 
ft-ançaise (la plus ancienne; elle a été inventée en i860 
par M. Ballaison) comporte i rouleaux parallèles de 
mémelongueur etdemëme diamètre, tandisque la ma- 
chine anglaise comporte 3 rouleaux, 2 à l'arrière, i h 
l'avant; la première est un bicycle; la seconde est un 
tricycle. Celie-ci évolue mieux, mais colle-là réussit 



Fio. 6Ï8. — SablïU» Losur. 
vu( dt fc«. Vu. da ail. 

mieux pour les recliargemenls épais ou sur sous-sol 
médiocre. Les prix de revient paraissent analogues, 
autantqu'on le peutconclure d'une expérience encore 
trop peu prolongée, et varient autour de fr. 30 par 
tonne kilométrique. 

Le nettoiement, y compris l'arrosement, présente 
beaucoup d'importance à Paris. C'est un service que 
l'on prend généralement pour modèle partout. La toi< 
lotte do Paris! On en parle un peu dans toutes les 
grandes capitales. Le budget du nettoiement, tout com- 



le perspective du Square projet* à Monun«rire. 



664 CAUSERIES SCIENTIFIQUES, 

pris, atteint du reste environ 7 millions par an. Plus 
de 3,000 ouvriers sont employés au nettoiement. On 
s'arrête volontiers devant les modèles généralement 
au I/o ou à 1/2 du matériel de nettoiement. 

Tout le monde foule aux pieds le bitume de nos 
trottoirs et Tasphalte de nos chaussées, matières que 
Ton confond souvent. Mais combien de personnes 
savent comment se prépare la poudre que Ton voit 
comprimer sur les chaussées, le mastic fluide que Ton 
voit couler sur les trottoirs? Le petit modèle type 
d'une usine d'asphalte et de bitume, construit de 
toutes pièces par un simple surveillant de la Ville, est 
intéressant à ce point de vue. On y voit le broyeur qui 
écrase la roche naturelle et le rotateur où elle est chauf- 
fée à 130® ou 140*; puis la chaudière où l'on fond le. 
vieux bitume additionné de bitume minéral et de gra- 
vier fin, puis les locomobiles, etc. 

Il convient de citer une série de documents, mo- 
dèle en relief, plan, photographies, etc., qui so rap- 
portent à la carrière de grès d'Yvette dite des Maré- 
chaux, exploitée en régie par la Ville de Paris. 

Cette exploitation en régie sertde régulateur auxprix 
des entrepreneurs qui fournissent le surplus des pavés 
d'Yvette, procure à la Ville environ un million d'ex- 
cellents pavés chaque année, et lui assure des recettes 
qui en 1888 ont atteint près de 100,000 francs pour la 
vente des sous-produits, meulière, pavés tendres, grès 
pour verrerie, etc. Ce qui doit surtout appeler l'atten- 
tion dans cette exploitation, ce qui en fait un type, ce 
sont les perfectionnements dont tout y a été l'objet : 
un chemin de fer à voie de 0",60 relie la carrière à la 
station des Essarts (ligne de Chartres); des transmis- 



EXPOSITION DE. LA VILLE DE PARIS. 665 

¥ 

■ I > ■ I É 

missions à Tair comprimé et même, depuis peu, des 
transmissions électriques actionnent mécaniquement 
les perforatrices, les wagons qui remontent les plans 
inclir^és, etc. La main-d'œuvre en somme a été réduite 
au minimum, ce qui était utile dans une industrie 
insalubre; l'absorption des poussières de grès étant 
dangereuse. Et les résultats de cette exploitation sont 
à ce point fructueux que la Ville a été conduite ré- 
cemment à étendre la concession qu'elle tient de TÉtat. 

C'est en régie également que la Ville fait mainte- 
nant tous ses travaux de pavage en bois : elle achète 
€lle-môme ses bois, les tronçonne, les injecte, les met 
en œuvre. L'usine, dont les dessins sont exposés, 
n'offre rien de particulièrement remarquable, mais 
il est bon de jeter les yeux sur les échantillons des 
bois employés : pin des Landes (pin maritime), sapin 
<iu Nord (pin sylvestre) et pitch-pin, ils offrent des 
différences considérables de structure. Ces trois es- 
sences ne sont d'ailleurs pas appliquées indistincte- 
ment; chacune possède ses qualités propres et con- 
vient h tels ou tels cas. 

Les acquisitions de pavés de pierre se chiffrent 
chaque année, toutcompris,parplus de 2,500,000 francs 
pour la Ville. Les fournitures des matériaux d'em- 
pierrement, de ciment, de chaux, etc., montent 
également à des chiffres énormes. Dans l'intérêt des 
tinances municipales comme dans l'intérêt de la cir- 
-culation et de la conservation des ouvrages, il con- 
vient de ne pas laisser le temps seul révéler si tels 
matériaux sont bons et tels autres mauvais. Tous 
doivent être examinés au préalable, et c'est la mission 
d'un laboratoire spécial dont l'exposition très com- 

e 



m. CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

plète comprend toute une série d'échantillons de 



ciments de Portiand ou de Vassy, de rocbes asphalti- 
ques, de matériaux de pavage et d'empierrement. A 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 667 
ceux-ci sont attribués des coefficients d'usure qui 



permettent de les classer, de les répartir selon 
les prix offerts et la circulation des voies, etc- 



CAUSEPiF.S' SCIENTIFIQUES. 



• Ces coefficients sont déterminés au moyen de deux 




s comprises dans l'exposition. Pour les pavés. 



ICXPOSITION DE LA VIlLE DE PARIS. tiOa 



n use l'échantillon sur une meule, et on compare sa 




perte de poids avec celle fournie par le type. Pour 



r.ArSERIËS SCIENTIFIQUES. 



les empierrements, l'usure est produite par la rota- 



tion dans un cylindre. A côté de ces machines on voit 
une machine ii saler et k sabler, inventée par un a^^ent 



RXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 871 



du service municipal. Le sable a un rôle bien connu. 



e pour 
depuis 



chutes 
Pen( 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 67* 



3,S00,000 francs, et la circulation souffrit pendant un 
mois. Maintenant, en Iiuil jours et avec une dépense 



19 du Chunp-ds-lfmn cl da TrocadérD. 

lie 500,000 francs peut-Étre, on déblaierait Paris dans 
les mêmes circonstances. Moyennement, on peut éva- 



CAUSERIES! SCIKNTIÎPIQUES. 



tuer & 1 1 grammes la consommation de sel par mètre 
carré et par centimètre d'épaisseur de nei^. 



- Lb Par«dia^«rdu, p»r Jean Osiithorin. 



Les grands ouvrages exécutés depuis dix ans par 
le service de la Voie publique sont peu nombreux; il 
convient cependant d'accorder une [mention excep- 
tionnelle au ponl de la rue Gaulaincourt jeté au-des- 



EXPOSITION) DEj LA VILLE DE' PARIS. 617 

SU» du cimeiiùre Montmartre; ce pont met en; com- 
munication facile le baut du IX'arrondissement et les 



quartiers jusqu'ici déshéritas de la Butte. Les fonda- 
tions ont dftj être descendues au milieu de gypse 



Ui 

finir, 
dôles 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. SIS 



stniitspourle service vicinal :1e pont de Suresnes est à 
signalerAcausedelaforme de sesarcs. Ce service expose 



encore une série de graphiques qui font nettement 
ressortirl'énorineaccroissenientdelapopulationetde 
la circulation dans les communes qui entourent Paris. 



EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 681 



Voici une magnifique carte des carrières, avec coupes 
géologiques, exposé par le service des [Mines ; on y 
peut voir combien est excavé le sous-sol du départe- 
ment de la Seine, particulièrement sur la rive gauche; 
Mais peu à peu on consolide ces anciennes carrières 
dans tous les points intéressant la sécurité publique. 

Voici, encore exposés par le service des Promenades, 
une aquarelle et un grand modèle en relief du square 
projeté sur le flanc de la Butte Montmartre au-dessous 
de Téglisc du Sacré-Cœur et du réservoir des eaux; 
ce square, auquel prête si bien le relief du terrain, ne 
sera pas l'un des moindres attraits de Paris et pourra 
rivaliser avec le parc des Buttes Ghaumont; Tabsence 
de ressources n'a encore permis que de Tamorcer en 
exécutant les travaux de soutènement indispensables; 
la dépense totale atteindra environ 1 million. 

Le public examine aussi curieusement les grandes 
aquarelles dressées sous la direction du Conservateur 
du Plan de Paris et représentant fidèlement, à cent 
ans d'intervalle, en 1789 et en 1889, les quartiers avoi- 
sinant la Bastille et ceux de la plaine Monceau (1). Les 
premiers ont binn changé, mais en somme n'ont 
fait que s'accroître. Les seconds, au contraire, abritent 
aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'habitants 
là où il y a tout au plus vingt-cinq ans il n'existait 
que des champs et quelques rares maisons. Le service 
du Plan de Paris expose encore toute une série de 
plans comparatifs d'un grand intérêt. 

Nous traversons en hâte les salles consacrées aux 

(1) Le dessin de ces belles toiles est dû à Thabile conservateur 
du Plan de la Ville de Paris, M. Hochereau, La peinture est de 
MM. Didier, Vauticr, Bourgeois, etc. 

9 



682 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

Beaux-Arts, qui ont été organisées avec un )?oût parfait 
Ijar HM. \. Renaud, inspecteur en chef et R. Brown, 
chef de bureau. Nous y trouvons réunies une série de 



peintures 
Uelahaye 
rentes ms 
cherche à 
plus artis 



EXPOSITION DB LA VILLE DR PARIS. 683 
liera, de)!- 
mt ce qui 



se rapporte à la nouvelle Sorbonne et à la Faculté de 
Médecine. Aucun de ces monumc-nts n'est encore ter- 
mina. 

A signaler encore les panneaux relalifs & la Bourse 
du Travail et à la caserne Schombei^, à différents 



684 CAUSERIES SCIENTIFIQUES. 

groupes scolaires, au lycée BulTon, aa lycée Voltaire 
qui seront prochainement inaugurés. 

Mais il nous faut bien limiter îi regret ici cette es- 
quisse trop courte et cependant déjà bien longue. 

Elle suffira sans doute pour montrer toute l'impor- 
tance de cette exposition spéciale. On a beaucoup fait 
à ia Ville, beaucoup travaillé depuis dix ans. 

Cette Exposition, qu'il serait bien désirable que l'on 
nous conservât, donne une juste idée des efforts con- 
sidérables accomplis dans ces derniers temps par le 
Conseil municipal, par la Prélecture de la Seine, et par 
les éminents ingénieurs de la Ville de Paris. 



TABLE DES NOMS CITÉS 




llMOND, 519. 

Allioth et 
C»« , 362 , 
365. 

ÂLPHAND, 5, 

29, 32, 41, 
14, 51, 167, 191. 205. 
386, 575. 
ÂRBOIS DE JUBAISVILLB 

(d), 538, 540. 
AUBB, 578, 585. 
AVBLINO et PORTBR, 650. 

Babcock et WiLCox, 293, 

318. 
Ballaison. 661. 
Banqe, 102, 126, 234. 
Barbet (Société Cail), 

239. 
Barbibr. 497. 
Barré, 142. 
Barrias, 224. 
Bartbt, 536. 
Bartboldi, 225. 
Baudbt et DoHON, 242. 
Baodin, 168. 
Baudouin, 682. 
Bbauvais (Manafactare 

de), 257. 
BbcumaNN, 313, 324, 328, 



330, .3:JÎ,336, 337, 338, 

342, 608. 
Bbllbville, 293, 360. 
Bbnibr, 498. 
Berkndorf, 297. 
Bkhqer (André), 297. 
Bbrgbr (Georges), 5, 44, 

52. 
Bkrthon, 96. 
Bkrtis, 479. 
Bbs.\ncoxxot, 540. 
BKS.SON frères (de Nice), 

284. 
BiBTRix, 297. 
Blanchbrb (H. de la), 537. 
Blavbtte, 209, 210. 
Boas frères, 98. 
BoLTON (colonel), 335. 

BOM et LUSTRBMENT, 307. 

BOPPB, 540. 

BORSSAT. 357, 361, 367. 

BOULARD, 442. 

Boulé (A.), 460, 462. 
Boulet, 297. 
Boulet et C»«, 362. 
bourdais, 377. 
bourdaloub, 500. 
bourdbllbs, 498, 500. 
Bourgeois, 258, 681. 

BOUSCARBZf, 510. 



Bouvard, 167, 209, 244, 
250, 254, 255, 256, 257, 
238, 259, 262, 575, 576. 

Boyer (Léon), 381, 382, 
452. 

RR.18SBUR, 247, 299. 

Braclt, 98, 277, 306. 

Brochoçki. 184. 

Brown. 297, 682. 

BOKFAUD et ROBATEL,297. 

Cail, 231, 233, 236. 
Gallon et Fer.\t. 504. 
Cambré, 461, 463, 466, 

467. 
Carels, 297. 
Carnot (Sadi),4l,46, 49, 

55, 151, 164. 
Carpezat, 259. 
Casse, 296, 297. 
Castkllani, 141. 
Castor, 491. 
Chaizr, 153. 
Chaligny, 297. 
Champion EULI.E fils, 226, 
Chaperon. 123, 223. 
Chapu, 224. 
Cbarton, 146, 210. 
Chautbmps, 41. 
Chkysson, 500, 501. 



6S6 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 



Choist, 442. 
Choubbrskt, 141. 
Chrktien, 305. 
Christophlr, 10. 
Clarck (Edwin), 478. 
Clarkb et Rbrvbs, 377. 
Clerc, 362. 
Colin, 519. 

CoLLADON, 333, 334, 33.">. 
COLLBT, 318,426. 

COMERRB, 682. 

compaonib contïnentalk 
Edison, 3d8, 360, 361, 
363, etc. 

COMPAGNIR FlVBS-LiLLE, 

236, 293, 297. 

Compagnie de l'Ocest, 
146. 

Compagnie parisienne 
DU Gaz, 356. 

CONTAMIN, 209, 210. 

Cordonnier et Barthé- 
lémy, 226. 

Cornu aglt, 356. 

CouTAN, 330, 331. 

Coutard, 84. 

coutellibr, 260. 

CouvRBuz et Hersent, 
491. 

Crauk, 225. 

Crompton, 36-1. 

Daillion (Horace), 578. 

Darblay, 297. 

Dartein (P. de), 440, 441, 
442, .J50. 

Daudréb (liené), 523. 

Davey Paxman (de Col- 
chester), 293, 297. 

Daydb etPiLLÊ (de Creil), 
293. 

Dbcauvillb, 144. 

Deglanr, 209. 

Delahayb, 682. 

Dblaplanchb, 260. 

Dblaportr, 335. 

Dblort db Glbon (ba- 
ron), 90. 

Dbmontzby, 524, 558, 560, 
1. 



Deprbz (Marcel), 358. 
Desbois, 258. 
Deslignièrks, 262. 
Deutsch, 103. 
Dbvblle, 523. 
Didier, 681. 
Dieulafoy, 500. 
Dion (de), 211. 
Douane-Jobin, 297. 
Drioul, 274. 
Ducommun, 361. 
Dulac, 293. 
Duplan (Edm.), 591. 
Durand-Claye, 501. 
Durbnnb, 316. 
Dutert, 24, 208, 209, 226, 

306. 
Du VAL (C'« de Fives- 

Lilie), 231, 292. 

Edison (Thomas- Â.), 369, 

423. 
Edoux, 306. 414,417,418. 
KiKFEL (G.), 24, 51, 184, 

375, 377, 380, 382, 385, 

422, 423, 452. 
EscHER et Wyss, 297. 
Etcubto, 578, 585. 

Fadrb, 117. 

Karcot, 362. 

Favaron, ici. 

Fbrranti, 362. 

Figaro, 421. 

Flichb, 534. 

Fontainb (H.), 363, 371. 

Fontaine (de Lille), 293. 

Formiob (J.-C), 24, 219, 
264, 276, 277, 278, 279, 
280, 281, 283, 284, 330. 

Fourrât, 436, 437. 

Frbmiet, 581. 

Gabin, 561 • 

Galloway, 333, 336, 341. 
Garay (de), 454. 
Garnibr (Charles), 75. 
Garnot, 359, 367, 370. 
Gautherin, 578, 677. 
Gauthier, 65, 135. 



Gautier, 181. 
Gayffier (de), 523. 
Genestb et Hbrscher, 

132,370,519. 
Gidault, 321. 
Gillbt, 90. 
Glaizb, 682. 
Gobblins (Manufacture 

des), 254. 
GONTIER, 188, 501. 
GouKT, 534. 
GouzAT, 441. 
Grammb, 364. 
Grandemangb et Cou- 

LANGUON, 297. 

Gravier, 362. 
Grison, 5, 44, 53, 54. 
(lUILLAIN, 492. 
Guinibr, 519. 
GuYOT (Yves), 467, 470. 

Hachette, 274. 
Hardy, 104, 112. 
Haton de la G0Ui*IL- 
LIÈRE, 292. 

Hbnard (Eugène), 209. 
Henrion, 364. 
Henry, 540. 
hochekeau, 880. 
Holmes (M"* A.), 169, 

171. 
Houbl, 477. 
HuET, 477, 595. 
Hugues, Versillb et Ap- 

pay, 175. 

HUMBLOT, 626. 

Jablochkopf, 370. 
Jambon, 123, 223. 
Jarriant, 367. 
Jaspar, 364. 
Julien, 359. 

Knap, 293. 
Kobchlin, 377. 
KUHN, 149. 

Lacour, 232. 
Laforcadb, 190. 
Laoranqb, 441. 
Lallbmand (Ch.), 501 



I 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS CITÉS. 687 



Lambert, 5-10. 

Lantrac (C" Fives-Lille) , 

236. 
Lapparbnt (Albert de). 

382. 
Laurkns (Camille), 292. 
Laurent, MoiSANT et La- 

VBT, 260. 
IjAVASTRB, 23-1, 255, 256, 

257, 258, 259. 
Leblanc, 523. 
Lbcooteux et Garnibr, 

297, 358, 361. 
Lkgrand (Pierre), 54. 
Le Play, 13, 15, 23, 24, 

204. 
Lb Rond, 508. 
Lbsur, 660. 
Lbvkl, 168. 
LÈVY (Maurice), 483,486, 

487, 488. 
L' H ORME, 297. 
Lion, 24, 183, 187, 268. 
LocKROY (K.), 54. 
LOEBNITZ (J.), 277, 278. 
Longbpied, 578. 
LORIN (M-), 225. 
Lorrain, 268. 
Lyon, 423. 



Macdonald, 453. 
Magasins DU Louvre,! 18, 

149. 
Maison, 226. 
Mallbt, 144. 
Mallbvoub (db), 167. 
Manourt, 179. 
Manoury et Grousblle, 

234. 
Marcbau, 168. 
Marinowitcu, 97. 
Martin (J.), 223. 
Marx, 501. 
M ASC art, 436. 
MâoY, Echbvbrria et 

Bazan, 307. 
Mbkbr, 333, 336. 
Mer, 540. 

Mkritbns (de), 498. 
Michel (Louise), 141. 



MiLDÊ. 362. 
MiLiNAiRE frères, 102. 
Miot, 307. 
MIZON (L.), 433. 
Moisant, Laurent ot La- 

VEY, 63, 184, 242, 381. 
Monaco ^prince Albert 

de), 99. 
Moraillon, 472. 
MoRBAUX frères, 242. 
MORTREUX, 224. 
Mullkr, 277. 
MuNiBR frères, 274. 

Nabyer (db), de Belgi- 
que, 293. 
Napoli (David) 4, 34. 
NoCL. 578. 
Noerdlingbr (IL), 535. 

NOOUBTTK, 552. 
NoRDLiNO, 379, 382, 383. 
NOCOUIBR, 377. 



Power, 297. 
Price (Jules), 32. 
Prompt, Ml. 
Proust (Antoine), 5. 

QuiLLACQ (db) et Meu- 
nier, 314» 317. 

Raulin, ir3,109. 
Rkchniewski. 362. 
RB8AL(Eugèiio), 472. 
Richard, 336. 
Robert (Eug.), 537. 

ROBILLARD, 242. 

Rocachb, 519. 
RoGE, 321. 
RosBR, 293. 
RoussBL, 251. 

ROUVIBR, 4. 

Roux, COMBALUZIHR Ct 

Lbpapb, 183, 409. 410. 
RoY, 277. 
RUBÉ, 223. 



Olry, 297. 
OsiRIS, 209. 
Otis, 409, 412. 
OUDRY, 381. 

Palmer, 172. 
Parbnthou, 317^ 
PaRENTY, 519. 
Parson, 359. 
Pavie, 486. 
Paxman Davby, 359. 
Pbcou, 258. 

Pknières (d'Ussel), 550 
Perusson, 99. 
Phillips, 292. 
Picard (Alfred), 502, 503, 
505. 

PiCHOT-BOURDOX, 144. 

PiCQ, 356. 

PlERRBT, 591. 
PlKRRON, 210. 

Plb, 258. 
POILPOT, 107. 
PoiRBB, 459. 
Poirier, 184, 234. 
Popp, 362. . 
POTBL, 492. 



Saint-Gobain (Manufac- 
ture de), 242. 
Salles, 4*23. 
Samain, 305. 

Sardi, 566. 

Sauttbr-Lemonnier, 341, 
362, 364, 366, 425, 427 
à 429. 

SauvbstRB, 84, 377, 419. 

Say (Léon), 133, 140. 

Schneider et C'«, 297. 

Schommbr, 668, 669, 682. 

SCHRYVER (A.), 98, 184. 
274. 

Scott (Thomas), 291. 

Sbbillot, 377. 

Sbdillb, 286. 

Sbe, 523. 

SciLBR, 476. 

Sbon, 682. 

Sbkpollet, 106. 

SÈVRES (Manuf. de), 257. 

Sbyrig, 184, 380, 381. 

Shah db Pbrsb, 160, 168. 
109. 

Socibtb Alsacienne, 297. 



EXPOSITION USIVgasELLE DE !»»• 



îii. Tni>icoa Eb. . ax. 



!^'xt«rt CiII_ l'fi. î». Sftt.T. IW- VittwiE». 1*:. 

Sv-.nf. . L'Éf^itEifiE SrrTTHE!«»lC-.ï»- VEv,riJ..-jW. 



SOCIETE ijEAjuie. 3-j«. T»r 

SW.IEIE D ilKÏ. ÎJÎ. Kl. Tiï 



TABLE DES ILLUSTRATIONS 




RàVM nia (149) . . 199 

UA^H AbreuToir(68). 672 
Acacia, racine 

(440) .... &52 
Acajou (l*^H>)n- 

duras (413) 53S 

Agriculture, galeries (77). . . 106 

Algérie, palais (82) 110 

Alimentation, palais (71). . . 100 

Aima, siphon (607) 620 

Alphan(î(A.) (20) 29 

Ano et ànier (61) 90 

Angkor, pagode (B9) 117 

Annain, pavillon (94, 97) 123. 126 
Appareil automoteur (601 à 

60Ô), 618 ■ . , 619 

Appareil pour déionniner l'u- 
sure dos pierres (671, 672. 

673,674 à 676) 65H 659 

Arauraria imbrivata (148). . . 199 

Arrosage des rues (659). . . 648 

ArtsLiberaux.dàme(233}. . . 280 
Ascenseur Kdoux (296 à 298, 

299) 416 417 

Ascenseur des Fontiuettes 

(353,35r>) 477 

Ascenseur Otis (293, 291, 295) 

412, 413 415 

Ascenseurs Roux (290, 291, 

292) 409 410 

Avenue de TOpéra (503) 606. 607 

Baignoire (495) 603 

Bambusa aurea (159) 201 

Barrages (311. 342, 343, 344) 

463, 464, 465 466 

Bastille (473, 477) 582, 583, 580 587 

Bateaux du Louvre (116). . . 149 

Bechmann (G.) (251) 328 



Berger (G.) (30) 52 

Bièvre (la) (501 , 502) 605, 606 607 

Blanchisseuses (les) (687). . . 673 

Bois maigre (420) 541 

Bolivie, pavillon (48) 78 

Bouleau, maladies (447, 448). 5S5 
Boulevard Saint-Germain (488) 

598 599 

Boulogno-sur-Mer (366). . . . 490 
Bourget, torrent (455 k 459) 

561 à 569 

Bouvard (J.) (205) 250 

Brésil, pavillon (50) 80 

Cabinets d'aisances (497, 498 

à 500) 604 

Canal de Sue? (49) 79 

Canal Saint-Martin (652). . . &11 
Carrières des Maréchaux (662 

à 67u) 651 à 657 

Cases canaques (9h) 125 

Ofirus Libani gtomerata (146). 198 

Céramique française (217).. . 263 
Chamxrops excrlsa et humilis 

(152, 154) 200 

Chambres de commerce (71). 100 

Champ-de-Mars, parc (164). . 203 
Champ-do-Mars, plantations 

(143) 197 

Champ-de-Mars, vuo (34). . . 62 

Champ irrigué (616) 622 

Chaussées en pavage et as- 
phalte (654 à 657) .... '• 646 
Chemin de fer Decauville (113) 143 
Chêne (400, 401, 406 à 411, 

423) 529. 530, 535 à 537. . . 542 

Chéno-liège^ ses emplois (399). 528 
Chêne, maladies (419, 421,422, 

426, 431. 435 à 438) 540, 541, 

543, 546,548 h 550 



1. — Les chlAres entre ( ) qui lalrent le texte indiquent les nnméros des Illustra- 
tions; ceuK sans désignent les folios où elles se trouvent. 



690 P:XP0SIT10N universelle de 1889. 



ChifTonnières (660) 649 

Chili, pavillon (52) 82 

Cimetière de Bagaeux (690) . . 677 

Cité lacustre (39) 68 

Classes XX et XXX V^ portes 

(816, 219) 262 265 

Clichy et Levallois (685) 670. 671 
Clichy-la- Garenne et Monceau 

(682)666 667 

Cocbinchine, paviiloD (88, 94, 

109) 116, 123 138 

Coco» ausiraUs (153) 200 

Colonies françaises, palais 

(84,85) 112 113 

Combe de Péguère (149, 450, 
451, 452, 453) 556, 557, 558, 

559 560 

Conduites d'eau (634) 629 

Contamin (V.) (168) 209 

Cristallerie, Autriche- Hongrie 

(218) 264 

Cryptomeria japonica {lAA) . . 198 
Cupressus LaiMoniana (145). . 198 
Cylindre pour empierrements 

(661) 650 

Danseuses javanaises (102), . 131 

Dante (476) 585 

Decauville, chemin de fer (113) 143 
Dôme central (203, 204, 208 à 

215) 248, 249, 254 à 261 

Dutert(167) 208 

Eau, appareil pour comparai- 
son de limpidité (636) ... 631 
Eaux de Paris, consommation 

(638) 634 

Échafaudages Cail, Fives- 

Lille (187, 188, 200) 229. . . 243 
Écluses à grande chute (346, 

317,348,349 à 352) 473 

Écoles de la Ville de Paris 

478 i 487) 588 à 596 

Edison (Â.) (Voir aussi Sta- 
tion centrale.) (272) 369 

Égouts de Paris (362, 363, 364, 

504, 505, 506 à 574) 487, 608 à 612 
Égout (eaux d), épuration 

(621) 625 

Égout (eaux d'), irrigations 
(618 à 620, 622 à 633) (624, 

626,627 628 

Égouts, réservoirs de chasse 
(588 k 601) 614, 615, 616 . . 617 



Égouts, types d'aqueducs (575 

il 587) 613 

Égouts, utilisation (610 à 615). 621 
Eiffel (G.). (Voir aussi Tour) 

(274) 375 

Entrée, avenue de La Bour- 
donnais (242) 305 

Entrée de TExposition des In- 
valides (78) 107 

Érable sycomore (404). . . . 533 

Espagne, palais (72) 101 

Eucalyptus globulus (158}. . . 201 
Éviers de cuisine (492, 496) 602 608 
Exposition, place des Invali- 
des, 1806 (3). ........ 2 

Exposition de Londres, 1852 

(4) 2 

Exposition universelle, 1855 

(5) 6 

Expositi on u Q i verselle de Lon- 
dres, 1862 (6) 8 

Exposition universelle de Pa- 
ris, 1867 (7) 10 

Exposition universelle de 

. Vienne, 1873 (8) 14 

Exposition de Philadelphie, 
1876 (9, 10, 11,12, 13)16,17, 

18 19 

Exposition de Paris, 1878 (14). 19 
Exposition universelle de 1889 
avant les premiers travaux 

(17) 23 

Exposition universelle de 1880, 
ouverture (27, 28, 29, 32) 42, 

46,49 57 

Exposition universelle de 1889, 

plan général (21) 30 

Exposition de 1889, travaux au 

1« juin 1888 (23) 38 

Exposition de 1889, vue à vol 

d'oiseau (19, 22) 27 34 

Exposition de 1889, vue prise 

du Trocadéro (26) 40 

Exposition universelle de 1889, 

esplanade des Invalides (24). 37 

Exposition, abords (115) . . . 148 

Exposition des Invalides (79). 108 
Exposition du Ministère de la 

Guerre (83) ill 

Exposition d'hygiène (81) . . 109 

Exposition maritime (73). . . 102 

Fantasia arabe (107) 136 



TABLE DES ILLUSTRATIONS. 



691 



Femmes kabyles (108) .... 137 
Ferme (grande) de la Galerie 

des Machines (197, \99) 238 241 
Fête de nuit (117, 266) ISO. . 354 

FicuMChauvierii{\e3) 202 

Fontaines lumineuses (252, 
253, 356» 357, 363) 331, 332, 

340, 341 347 

Fontaines lumineuses, cham- 
bre souterraine (261). . . . 343 
Fontaines lumineuses, illumi- 
nation des gerbes (258, 2^, 

260) 341 342 

Fontaines lumineuses, jet pa< 

raboliqup (254, 255) 334 . . 337 
Fontaines lumineuses, kiosque 

d'observation (262) 345 

Fontinettos, ascenseur (353, 

354,355) 475,476 477 

l-'orèts, pavillon (397, 398) 523. 525 
Forètii, pavillon, modèle (3%). 521 
Forêts, pHvillon, modèle d'une 

travée (396) 522 

Forêts, pavillon, pignon ouest 

(391 516 

Forêts, pavillon, plan (390). . 5l5 
Forêts, pavillon, plantation 

des pilotis (389) 514 

Forêts, pavillon , promenoir 

(892) 517 

Forêts, pavillon, rez-de-chaus- 

sé« (394) 520 

Forêts, pavillon, vue inté- 
rieure (393) 519 

Formigé (J.) (228) 276 

Frêne et aune, maladies (441 à 

446) 553 554 

Galerie centrale (17H) .... 221 
Galerie de la bijoaterie (230). 267 
Galerie de l'agriculture (77) . 106 
Galerie de l'orfèvrerie (221) . 268 
Galerie des Beaux -Arts (229). 277 
Galerie des Beaux-Arts. (Voir 
aussi Palais des Beaux- Arts.) 
Galerie des machines, pont 

roulant (243) 308 

Galerie des machines. (Voir 
auRsi Palais des Machines.) 
Galerie des machines, assem- 
blage des pannes (19S). . . 240 
Galerie des machines, vue in- 
térieure (175) , 217 



G al eri(> de 30 mètres (202). . 246 
Galerie de 30 mètres. (Voir 
Galerie eentrah.) 

Gas, éclairage (267) 357 

Gennevilliers, conduite (633). 629 
Gounevilliers, égout collecteur 

(617) 623 

Gennevilliers, prises d'eau 

(635) 630 

GiUnas (55) 85 

Grisou (A.) (31) 53 

Grotte troglodyte (38) .... 67 

Gynerium argenteum (157) . . 201 

Habitation des Aztèques (141) 193 

Habitation de colons (86). . . 114 

Habitation gauloise (40). . . 69 

Habitation japonaise (139). . 190 

Habitation dos PélasgbS (130) 177 

Habitation slave (13.3) .... 182 
Halage funiculaire (356, 357, 
358, 359, 360, 361) 480, 481, 

484, 485 486 

Hardy (H.) (75) 104 

Héraut d'armes (472) 581 

Histoire de l'habitation. (Voir 
Maisons , Habitations et 
Huttes.) 

Hôtel de Ville, dtner (118) . . 151 

Huttes de Peaux-Ronges (H2) 195 

Hygiène, exposition (81) . . . 109 

Indesi, palais (56. 57, 95) 86, 87 124 
Kampong javanais flOO, 105) 

129 134 

Laou d'Rsbaa, torrent (461). . 571 

Larix Ewropxa pendula (147) 198 

La Rochelle, port (368). ... 492 

Latania borbonica (155). . . . 200 

Lavabos (493, 491) 603 

La Vallette, torrent (462). . . 572 
Levage des pannes (186, 192) 

229 231 

Levage de fermes (184, 196) 

228 237 

Lycëe Voltaire (694) 680 

Machines hydrauliques de Val- 
court, do Pierre- la-Treiche, 
de Vacon (381,383, 384,385) 

503, 5(fâ 506 

Maison aratw (44) 74 

Maispn avec fosse fixe (487). 597 
Maison avec système diviseur 

(490) 601 



692 EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889 



Maison avec tout à Tégout 

(489, 491) 600 ô02 

Maison byzantine (46; .... 76 

Maison chinoise (138) .... 189 

Maison des Incas (140). . . . 192 
Maisons des xi*, xiv* et xvi* 

siècles (131) 180 

Maison égyptienne et assy> 

rionne (43) 73 

Maison gallo-romaine (15).. . 75 

Maison (,'rocque (133) 181 

Maison lacustre (37) 66 

Maison mahomètane (137).. . 188 

Maison perse (136) 186 

Maison phénicienne (41) ... 70 

Maison romaine (42) 72 

Maison russe (135) 185 

Maison Scandinave (134). . . 184 

Marchand d'orangeade (58) . 9B 

Marine, pavillon (70) 99 

Marseille, bassins (367). ... 491 

Méditation (474) 584 

Mexique, pavillon (17; .... 77 
Ministère do la Guerre, expo- 
sition (83) 111 

Monaco, pavillon (66) 95 

Montage des fermes (193). . . 233 
Montmartre, réservoir (645 à 

648) 639 640 

Moteurs à vent (60) ...... 98 

Musa rosacea (162). ..... 202 

Musiciens javanais (lOI, 103, 

104) 130, 132 133 

Norvège, pavillon (164) ... VOS 

Orme (402, 415 à 418) 531. . . 539 

Orme, maladies (425, 439) 543 hbl 
Outils pour nettoiement de la 

voie publique (658) 647 

Ouvriers toukinois et annamite 

(90, 110) 118 139 

Pagode d*Angkor (89; 117 

Pagode annamite (99) 128 

Palais de lAIgérie (82). ... 110 
Palais de l'Industrie, bala (121) 

156 157 

Palais de Tlnduscrie, distribu- 
tion des récompenses (127). 173 
Palais de l'Industrie, fêtes (L20) 151 
Palais de l'Industrie, l'Ode 

triomphale (126) 170 171 

Palais de l'Industrie, salle du 

banquet (119) 153 



Palais des Arts Libéraux. (^3: 

Palais des Beaax-Art« (Si 
234, 235, 236) 269. 281, 2S^ 

Palais des Beaux-A.rta, amt 
ment (230, 231) 278. . . . 

Palais des Beaux-Arts. ÇVai 
aussi Galerie des Beanar^ 
Arts.) 

Palais des Colonies française* 
(84, 85) 112 

Palais de l'Espagne (7?; . . . 

Palais des Industries <firerses 
(206, 226, 227) 252, 274.. . . 

Palais des Machines, arant- 
projet (169) 210 

Palais des machines, grande 
ferme (171, 172, 173) 213, 214 

Palais des machines, fonda- 
tions (180, 181, 182, 1»3), 2?3. 
224, 225 

Palais des machines, fouilles 
premières (179) 

Palais des machines, grande 
nef (170) 

Palais des machines, machi- 
nes en mouvement (240. 
241) 300 

Palais des machines, montag-e 
(195) : 

Palais des machines, plan 
(239) î 

Palais des machines, porte 
d'entrée (177) j 

Palais des machines, !•' étage 
(174) î 

Palais des machines. (Voir aus 
Galerie des machines.) 

Palais des machines, vue inté- 
rieure (238) M 

Palais des produits alimen- 
taires (74) m 

Palais du Portugal (71). . . . lof 
Palais indien (56. 57], 86. . . ffi 
Panorama des Transatlanti- 
ques (70) 99 

Panorama de Tout-Paris (112). 141 
Panthéon, cérémonie funé- 
raire (123, 124) 164. .. . 165 
Pantin, défense de 1814 (683, 

684), 668 669 

Paradis perdu, statue (689). . 676 

Passerelle de l'Aima (36) . . 65 



à 



TABLE DES ILLUSTRATIONS. 



693 



Passy et Cbamp-de-Mars (688) 

674 675 

PastellUiea, pavillon (67). . . 06 
Pavat^es divers (654 à 657). . 646 
I^avages de Paris (671, 672, 

673, 674 à 676) 658 659 

Pavillon do la Bolivie (48). . 78 
Pavillon do la Cochinchino et 

de rAnnain,porte(88,94)116 123 
Pavillon do. l'administration 

des Tabacs (65) 94 

Pavillon de l'Annamet du 

Tonkin(97) 126 

Pavillon de la Presse (68) . . 97 
Pavillon do la Républiqae Ar- 
gentine (51) 81 

Pavillon de la Société géné- 
rale des Téléphones (64) . . 93 
Pavillon delà Tunisie (80). . 108 
Pavillon do Monaco (66). . . 95 
Pavillon des Forèts.(Voir Fo' 

rets.) 
Pavillon do Siam (54) .... 84 
Pavillon des .pastellistes (67) . 96 
Pavillon de Venezuela (53) . 83 
Pavillon du Brésil (50). ... 80 
pavillon du Canal de Suec (49). 79 

Pavillon du Chili (52) 82 

Pavillon du Mexique (47) . . 77 
Pavillon du Ministère des Tra- 
vaux publics (.313) 440 

Pavillons de la Ville de Paris 
(165, 466, 467, 468, 469, 470) 

576, 577,578 579 

Pécheur ramenant la tête d'Or- 
phée (471) 580 

Peintres vitriers, échafau- 
dage (176) 219 

Peuplier tremble (405). ... 534 
Phare (307. 308, 309) 430. . . 431 
Phare, appareil hyper-radiant 

(373, 374) 494 

Phare, construction d'une tour> 

balise en béton (379) .... 499 
Pharo du Grand- Charpentier 

(375, 376) 495 

Phare, éclairage à la gazoline 

(378) 498 

Phares électrique et à l'huile 

minérale (369, 370, 371, 372). 493 
Phare, lampe, charbon négatif 
(302 et 303) 425 



Phare métallique, Port-Ven- 

drcfl (377) 496 

PhcenÎT dactylifera (156). . . 201 

Picard (A.) (380) 502 

Pierre-la-Treichc, usine (382). 504 

Pin laricio (403) 532 

Pin. maladies (4.'7 à 430, 432) 

544,545 547 

Pinus cembro (151) 199 

Plan du Trocadéro (?3). . . . 36 

Platane tl'Orient (414). . . . 539 

Pont Antoinette (315) .... 443 

Pont au Double (332) 453 

Pont Cantilever(386,387) (509), 

510 511 

Pont Caulaincourt (679, 6S0). . 662 
Pont de Barbin sur l'Brdre 

(334) 455 

Pont de Brooklyn (330). ... 451 

Pont de Céret(316| 441 

Pontde rÂlma,passerelle(129). 176 

Pont de Lavaur (314) 443 

Pont de llouen (321, 322, 323). 447 

Pont d'Iéna (165) ...... 204 

Pont LAfayette (326, 327). . . 449 
Pont Morand (32 i, 325) ... 44ti 
Pont sur la Braye (333) ... 454 
Pont surle Gave d'Oloron (317). 445 
Pont sur 1a Hudson (328, 329). 450 
Pont sur les chutes du Nia- 
gara (337) 458 

Pontituspendu de Toonay-Cha- 

rente (331) 452 

Port de Calais, plan (365) . . 489 

Porta du quai d'Orsay (265) . 350 

Portugal, palais (71) 100 

Potier, rue du Caire (59). . . 89 

Pourriture sèche (424) . . . . 543 

Pousse-pousse tonkinois (87). 115 
Produits alimentaires, palais 

(74) 103 

République Argentine, pavil- 
lon (51) 81 

Riou-Bourdouz, barrage (454) 

562 563 

Riou-Chanal. torrent de (463). 573 
Roulage des pannes (185, 194), 

229 235 

Rue du Caire (62, 63), 91 . . 92 

Sableuse Leaur (677, 678), 660. 661 
Saint-Maur, usine hydraulique 

(640 à 614). 636 k 638 



694 EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. 



Sapfn, maladies (433) .... 547 

Say (Léon) (111) 140 

Sècheron, torreut et éboule- 

m6nt(460) 570 

Sections belge et'hoDgroise 

(223) ?70 

Section des États-Unis (224). 271 

Section italienne (225) .... 273 
Seine, aqueduc 8outerrain(608, 

609) 6-20 

Shah de Perse (122) 160 

Siam, pavillon (54) 84 

Solanum macranttim (161). . . 202 

Soldats indigènes (91, 93), 119. 12i 
Sorbonne (691, 692, 695), 678, 

679, 682 683 

Sorbonne (nouvelle) (125). . . 167 

Souk tunisien (106) ]35 

Square de Montmartre (6SI) . 663 
Station centrale Edison (268, 

269, 270, 271), 361, 363, 365. 367 
Suresnes, barrage (338, 339, 

340), 460 462 

Systèmes Fives-Lille et Cail 

(189 à 191) 228 

Tabacs, pavillon de l'admini- 
stration (65) flt 

Tapisserie des Gobelins (207). 25) 

Taxua bacca ta Uybemica ( 1 50) . 1 99 

Teak de Moulmeïn (412). . . 538 
Teak (tronc de) présentant 

des trous de vers (434). . . 548 
Teissereuc de Bort (18) . . . 25 
Téléphones, pavillon de la So- 
ciété géne^rale (61) 93 

Temple indien (95) 124 

Théâtre annamite (98). ... 127 

Tickets avec bon k lot (16). . 22 

Tirard (P.) (15) 21 

Tonkin, pavillon (97) 126 

Tour de 300 mètres. Ancrage 

dans les fondations (280). . 391 
Tour de 300 mètres. Brasserie 

alsacienne (301) 421 



Tour de 300 mètres. DifFérenta 
états des tnTauz (281, 282» 
283, 285, 286)» 392, 393, 396, 

399 401 

Tour de 300 niètrea. Escalier 

(289) 408 

Tour de 300 mètres. Les 

4 grands piliers (287) . , . 403 
Tour de 300 mètres. Marchand 

au 1" étage (300) 420 

Tour de 300 mètres. Monteur 

(284) 397 

Tour de 300 mètres. Projec- 
tions électrique8,canon(30i). 427 
Tour de 300 mètres. Projec- 
teurs Mangin (305, 306), 428 4S9 
Tour de 300 mètres. Troisième 

plate-forme (310) ..... 432 
Tour Eiffel, panorama des en- 
virons de Paris (245 ît 248, 
311), 310, 314, 318, 322, 434 435 
Tour Eiffel. (Voir aussi Ascen- 
seurs et Phares.) (277, 278, 

279). 386, 390 391 

Tourneur (60) 89 

Trocadéro, palais (35). ... 64 
Tunisie, pavillon i80) .... 108 

Usine dlvry (249) 324 

Vanne, dérivation (639) . . . 835 
Vénéznéla, pavillon (53). . . 83 
Vente de tickets (76) .... 103 
Viaduc do Garabit (336). . . 457 
Viaduc de la Bouble (275) . . 378 
Viaduc de la Brème (320) . . 446 
Viaduc de la Sioulle (276) . . 379 
Viaduc do la Tardes (318,319). 446 
Viaduc sur la Saône (335) . . 456 
Village sénégalais (92), 120 . 121 
Ville de Pari» (pavillon de la). 

(Voir Pavillon.) 
Villette (La), bassin (619, 650, 

651, 653), 641 à 643 

Villon (François) (475). ... 585 
Yucca pendula (160) 202 



FIN DE T.A TAIÎLE DBS ILLUSTRATIONS 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, 13, Rue des Sainte-Pèret, Paris. 



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i5o gravures. Relié .... 3 50 



Le Monde sidéral. — Description 
des phénomènes célestes, par 
ZuRCHER et Margollé. Un volume, 
avec 66 ,vignettes .... 3 50 

L*£au, avec 33 compositions origi- 
nales faites par A. Sezanne {de 
l'Académie de Bologne). Texte 
par Alphonse Daudet. Charles 
Yriarte, Paul Arène, Henri de 
Parville. Ouvrage de grand luxe 
tiré à 523 exemplaires seulement. 

Exemplaires avec planches sur cuivre 
imprimées en couleur fac-similé 



d'aquarelle, texte en 5 couleurs, 

00 fr.; relié »0 fr. 

Exemplaires avec planches en noir, 
texte en 5 couleurs, 80 fr. ; re- 
lié 40 fr. 

Grand Atlas universel, contenant 
5 1 cartes géographiques sur toutes 
les parties du monde, d'après les 
explorations les plus récentes et 
les documents les plus authen- 
tiquer, pat William Hughes. In- 
troduction par £. CORTAMDERT. 
Avec Index général contenant 
tous les noms qui se trouvent 
portés dans 1* Atlas. Un volume 
in-folio, avec 5i cartes gravées 
sur acier et imprimées en /routeurs. 

Relié en toile lOO fr. 

En demi-maroquin. 125 fr. 

— 

Nos Zouaves. — Historique, Créa- 
tion du Corps, Faits d'armes, les 
Régiments,la Vie intime, par Paul 
Laurencin, Un volume iu-8,* avec 
88 illustrations par Camille Uel- 
langé, Hippolyle 13cllan;;é, Ucrne- 
Bcllecour, Bocourt, Gaston Claris, 
Détaille, d'Otémar, Horace Vernel, 
Yvon. 8 fr. : — relie ... iO fr. 

Ville et Vlllaffe. — Par Louis 
Enault. Ouvrage de grand luxe 
avec 124 gravures, texte tiré en 
rouge et noir. Relié, sous couver- 
ture sur japon, en S couleurs, 
tranches dorée« 20 fr. 



Les Soulfranees du Professeur 
Deltell, par Ch ahpfleurt.— 5* édi- 
tion, 24 gravures. par Craftt. Un 
volume 5 fr. 

Au Hasard du Chemin. — Voyage 
de jeune'i naturalistes de la Man- 
che aux Alpes. Études pittoresques 
de no^ Bêtes, Plantes et Pierres. 
Leur description, station, classifi- 
cation, mœurs, usages, récolte et 
conservation, par M. et M"** Sta- 
nislas Meunier. — Un volume, 
400 pages avec 666 gravures. 



— 2 — 



^ 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, i3, Rue des Saints-Pèree, Paris. 



Il y a deux éditions : rédition de 
laxc avec 20 chromos et planches 
hors texte, dessinées par Allongé. 

, 20 fr. ; —relié 25 fr. 

Edition sans planches ... 15 fr. 

Autour du Goni'lle. — Souvenirs 
d'un artiste à Rome, par Charles 
Yriarte. — Volume in-8*, avec 
90 eaux-fortes et illustrations, par 
Heilbuth, Détaille, Godefroy- 



DURAND, LlX, BOCOURT, WaLLET, 

DE LiPHART . . 8fr.; relié 10 fr. 

G6$ar Uorgla , par Charles Yriarte, 
d'après les documents des dépôts 
des Romagnes, des Simancas, des 
Navarres. Deux volumes imprimés 
avec luxe, grand in-8*, portraits, 
médailles, monuments, écussons 
autographes et cartes. 20 fr., sur 
papier de Hollande ... 40 fr. 



Entomologie — Ornithologie 



PISCICULTURE 



Musée entomolo(|Ique Illustré. 

— Histoire iconographique en 3 vo- 
lumes in-4'', publiée par une réu- 
nion d'Entomologistes français et 
étrangers. Avec 122 chromos et 
lo5o vignettes, représentant en 
couleur les Insectes, Chenilles, 
Chrysalides, Métamorphoses, les 
plantes dont ils vivent, et leur or- 
ganisation. 
Chaque volume se vend séparément : 

1 . — Le» Coléoptt»re». — Un volume 
48 planches en couleur et 335 vi- 
gnette». 30 fr. ; — relié. 85 fr. 

2. — Les Papillons» — par A. De- 

puiSET. 2* édition. Un volume, 
5o planches en couleur et 260 vi- 
gnettes. 30 fr. ; relié. . . 35 fr. 

3. — Les Insectes. — Histoire 
naturelle des Orthoptères, Thy- 
sanoptères, Névroptères (Libel- 
lules, Éphémères, Friganes, etc.) ; 
des Hyménoptères (Abeilles, Guê- 
pes, Fourmis, Ichneumons) ; des 
Hémyptères (Punaises, Cigales, 
Pucerons, etc.) ; des Aphanipteres, 
Hrepsiptères, Diptères (Mouches, 
Cousins, Oestres, etc.) ; des Aptères 
(Lépismes, Podures, Puces, Poux). 
Un Volume 24 planches en cou- 
leur et 45o vignettes. 30 fr. ; 
relié 85 fr. 



Les Papillons de France. - 

Guide du jeune Naturaliste. His- 
toire naturelle, mœurs, chasse, 
collections, etc. Un volume in-8', 
1 10 vignettes et 19 chromos. 7 fr. ; 
relie' 10 fr. 



Les Coléoptères de France. — 

Leur histoire naturelle à l'usage 
des commençants. Unvolumein-S«, 
avec vignettes et 10 pi. en cou- 
leur 7 fr. 



Nos Insectes (à l'exception des Pa- 
pillons et des Colcoplère*). — Leur 
histoire naturelle pour les com- 
mençants. Un volume in-8*, avec 
vignettes et 10 pi. en couleur. 7 fr. 

L*AbclIle. — Anatomie et sa phy- 
siologie, par GiRDwoYN. In-fol. 
avec 12 lithogr. et texte. 25 fr. 

Le Cocon de Soie. — Histoire de 
ses transformations. Description 
des races civilisées et rustiques. 
Production et Distribution géogra- 
phique. Maladies des vers à soie, 
Physiologie du cocon et du fil de 
soie, par Duseioneur-Kl£bkr. — 
2* édition, in-folio, 3; planches et 
planisphère séricicolc. . . 40 ir> 









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t. 



t- 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, 13, Rue des Saints-Pères, Paris. 



Musée omlthologlque illustré 
d'Europe. — Classification, Syno- 
nymie, Description et Mœurs des 
Oiseaux d'Europe, avec portrait, 
œufs et nids en couleur. — Texte 
très détaillé par' O. des Murs. — 
Ouvrage de luxe, grand in-8», 

3 4S chromos. La publication forme 

4 parties en 5 vol. avec 1000 pages 
de texte. — Tome 1. I^s Oiseaux 
d'eau ou Palmipèdes (50 fr.). — 
Tome U. Les Oiseaux de rivage 
et de terre (Échassiers et Cou- 
reurs) (45 fr.). — Tome IIl en 
deux volumes : Les Oiseaux des 
champs et des bois (y compris les 
Corbeaux, les Pies et les Geais), 
ou les Passereaux des auteurs 
(80 fr.). — Tome IV. Les Oiseaux 
de proie (40 fr.). — L'ouvra2c 
complet, 200 fr. — Reliure par 
volume 5 fr. 

Ornithologie du Snlon. — Syno- 
nymie, description, mœurs et nour- 
riture des oiseaux de volières eu- 
ropéens et exotiques, par R. Bou- 
LART {préparateur au Muséum). 
— Un volume, 75 vignettes et 
4.5 chromos, représentant les oi- 
seaux, œufs et nids. 30 fr. ; — 
rel 35 fr. 

Les Perroquets. — Leur descrip- 
tion, mœurs, nourriture, anecdo- 
tes, etc. Un vol. grand in-80, avec 
5o chromos (sous presse). 80 fr. 

Les Poissons d*Eau douce et de 
Mer. — Synonymie, Description, 
Mœurs, Frai, Poche, Iconogra- 



phie des espèces, composant plus 
particulièrement la faune d'Europe, 
par H. Gervais et R. Boulart 
{aides- naturalistes au Muséum). 
Introduction par Paul Gervais 
{membre de l'Institut). Trois vo- 
lumes grand in-S", 83o pages de 
texte, i3o vignettes et 260 chromo- 
typographies. — Tome I. Les Pois- 
sons d'eau douce, 30 fr. ; re- 
lié, 35 fr. — Tome 11. Les Pois- 
sons de mer (i" partie), 4o fr.; 
relié, 50 fr. — Tome III. Les 
Poissons de mer {2* partie), 4o fr. ; 
relié 50 fr. 

La Pisciculture Huviale et maritime 
en France, par Jules Pizzetta ci 
M. DE Bon {commissaire général 
de la Marine). — Un volume, 
212 gravure». Relié 4 fr. 

Pathologie des Poissons. — 

Traité des Maladies, des Mons- 
truosités et des Anomalies des 
Œuts et des-Embryons, par Michel 
GiRDwoYN. Un volume in-folio, 
11 planches 20 fr. 

L'Industrie des Eaux. — Culture 
des plages maritimes, par H. de 
LA Blanchère. — Préface de 
CosTE {membre de l'Institut). 
70 gravures. Relié 3 fr. 

Le Monde microscopique des 
Eaux, par Jules Girard. — La 
Vie animale dans l'eau. — Les 
Végétaux microscopiques. — /.«i 
Microgéologie. — Un volume avec 
70 gravures. Relié 3 50 



Botanique - Horticulture 



4 



Flore pittoresque de la France. 

— Botanique illustrée contenant : 
Anatoraie, Physiologie, Classifica- 
tion et Description de toutes les 



Plantes françaises, indigènes et 
cultivées. Suivie de 4 études, agri- 
cole, horticole et forestière. Ou- 
vrage in-4*, 1 000 gravureSf une Carte 



4. — 



1 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, i3, Rue des Saints-Péres, Pari»« 



agricole de la France et Atlas avec 
82 chromos, par Gustave Heuzé 
{inspecteur général de VAgricul' 
ture). Bouquet DE la Grye (co«- 
servateur des Forêts)^ Stanislas 
MeunierJ. Piz/ETTA,el B.Verlot. 
3' édition. 85 fr. ; — relié. 40 fr. 

A travers Champs I — Bota- 
nique populaire pour tous. — His- 
toire des principales familles vé- 
gétales, par M**Le Breton, revue 
par J. Dec AISNE {membre de 
l'Institut). 1* (édition. Un volume, 
746 gravures, 7 fr. ; — relié. 10 fr. 

l.*C^prIt des Fleurs. — Symbo- 
lisme et Science, par M»* Emme- 
LiNB Raymond. Un volume in-4* 
formant un Langage des Fleurs. 
64 chromos, représentant 400 plan- 
tes. Le texte est en 5 couleurs. 
15 fr.; — relié 20 fr. 



Les Orchidées. — Histoire, bota- 
nique, commerce, culture, mala- 
dies, emploi, description, avec liste 
des espèces cultivées, par DE PuYDT. 
Un volume, 343 vignettes et 
bo chromos, 30 fr. ; — relié, 3ofr. 

Les Plantes à Feuillage coloré. 

— Les plus remarquables pour dé- 
coration des parc«, jardins, serres 
et appartements, par Charles 
Naudin {membre de l'Institut). 
Deux volumes, 131 chromotvpo- 
graphies et 130 vignettes. — 4* édi- 
tion. 60 fr.; — reliés. . . 70 fr. 

Les Fougères et les Sélaginclles. 

— Les plus remarquables pour dé- 
coration des serres, parcs, jardins 
et salons, par A. Rivière, André, 
RozE. Deux volumes, i36 chromos 
et 339 vignettes; 00 fr.; ~ re- 
liés 70 fr. 



Les Plantes alpines. — Station, 
culture, emploi, description des 



espèces indigènes et exotiques par 
B. Verlot. Un volume, bo chro- 
motypographies et 78 grav., 
2* édit., 30 fr. ; — relié . 35 fr. 

Les Palmiers. — Botanique, des- 
ciiption, emploi, culture. Index 
général des noms et synonymes 
de toutes les espèces connues, par 
Oswald de Kerckhove de Den- 
TERGHEM. — 2* édition^ avec 40 
chromos, iu-8*, 338 gravures, 
:K)fr.; — relié 35 fr. 

Les Palmiers utiles et leurs 
alliés. — Description, Propriétés, 
Produits, Usage et Emploi dans 
l'Alimentation, l'Agriculture, la 
Médecine, les Arts et l'InduMrie, 
par Jules GaisARDct M. Vakden- 
Bergme. — Un volume, 16 chro- 
mos et 130 vignettes. . . 25 fr. 

Les Roses. — Recueil des espèces 
et variétés les plus estimées, cul- 
tivées en France et à l'étranger. 
Dessinées par M"* Kermabon, 
d'après nature, dans les cultures 
de M. Margottin fils. —Ouvrage 
de grand luxe paraissant en fasci- 
cules grand in-folio, avec 60 
chromos et texte par Charles 
Naudin {membre de l'Institut). 
{Sous presse.) 

Traité pratique des Champi- 
gnons. — Flore mycologique de 
la France; description des espèces 
comestibles, vénéneuses, suspectes, 
et des champignons employés 
dans le commerce, l'industrie et 
la médecine, par l'abbé J. Moyen 
(professeur d'Histoire naturelle). 
Un fort volume de 83o pages in-S*, 
divisé en 3 parties, avec 334 vignet- 
tes et Atlas de 30 planches en 
chromo. Relié 12 fr. 

L*011vicr. — Histoire, Botanique, 
Physiologie, Culture, Produits, 
Usage, Commerce, Distribution 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, 13, Rue des Saints-Pères, Paris. 



géûgrapinque et Bibliographie de 
l'Olivier, par A. Coutance. Un 
volume in -8». loo gravures, iofr. 

Kes Maladies des Plantes culti- 
vées, des arbres fruitiers et fores- 
tiers, occasionnées par le sol, l'at- 
mosphère, les parasites, etc. — 
D'après Tulasne, Bary, Berkeley, 
Hartig. Sorauer. etc., par A. d'Ar- 
Bois deJubainville {conservateur 
des Forets) et J. Vesque {prépa- 
rateur au Muséum). Un volume, 
48 vignettes et 7 planches en cou- 
leur 4 fr. 

La Vigne dans le Bordelais. — 

Commerce, Culture, Histoire na- 
turelle, etc., par Auc. Petit-La- 
FiTTE {professeur). Un volume, 
avec 75 gravures .... 12 fr. 

Les Promenades de Paris. — 

Histoire. Description des embel- 
lissements. Dépenses de création 
et d'entretien des bois de Boulogne 
et de Vinccnnes, Champs-Elysées, 
Parcs, Squares, Boulevards, Places 
plantées, par A. Alphand {inspec- 
teur général au Corps des Ponts 
et Chaussées). — 2 volumes in-fol., 
80 gravures sur acier, 23 chromo- 
lithographies et 487 gravures sur 

bois 500 fr. 

Sur Hollande. . . . 1000 fr. 



L*Artdes Jardins, par A. Alpha'nd 
{directeur général des Travaux de 
la Ville de Paris). Etude histo- 
rique, composition des Jardins, 
plantations, décoration artistique 
des Parcs et des Jardins. Traité 



pratique et diaactique. — 3* édi- 
tion. Ouvrage in-4% 3i3 illustra 
tions représentant : plans, kios- 
ques, ponts tracés, architecture et 
la tiore ornementale. — 20 fr. ; — 
en reliure, 25 fr.; — sur Hollande, 
30 fr. ; — sur Japon . . . 40 fr. 

Traité de Culture maraîchère, par 
A. ï)\]vtAS{professeur d'Horticul- 
ture).^* éànion.Vnyolumc^ 186 gra- 
vure* 3 50 

Arboretum et Fleuriste de la Ville 
de Paris. — Description, culture, 
usages de tous les arbres, arbris- 
seaux, plantes herbacées et frutes- 
centes de plein air et de serre em- 
ployées dans l'ornementation des 
Parcs et des Jardins, par A. Al- 
phand. Un vol. in-folio. . 50 fr. 

Les Conllèrcs. — Traité pratique 
des arbres verts ou résineux, indi- 
gènes et exotiques, par C. de Kir- 
WAN {inspecteur des Forets), Deux 
vol., 106 gravures. Reliés. 5 fr. 

Les Arbres verts ou Conifères, par 
M. M. Veitch et fils. — Ouvrage 
de luxe in-8«, orné de nombreuses 
gravures. Traduction par Schnei- 
DKR, revue par M. Doumet-Adak- 
soN. {Sous presse.) 

Les Ravageurs des Vergers et 
des Vignes. — Histoire naturelle, 
mœurs, dégâts, moyen de les com- 
battre, avec une étude sur le phyl- 
loxéra, par H. DE LA Blanchèrc. 
Un volume, 100 vignettes. 3 50 



Forêts — Agriculture 



Dictionnaire vétérinaire. — Hy- 
giène, médecine, pharmacie, chi- 
rurgie, multiplication, perfection- 
nement des animaux domestiques, 
par L. Felizet. Introduction par 



J.-A. 
lié . 



Barral. — a* 



tirage rc- 
. . 3 50 



Revue des Eaux et Forêts. — 

— 6- 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, 13, Rue des Saints-Péres, Paris. 



Annales forestières), paraissant 
depuis r843 : 

1** Partie : Journal des Intérêts 

forestier», — Économie forcsiièrc, 
Exploitation, Statistique, Mercu- 
riales, Reboisement, Régime des 
Eaux, Pisciculture, Chasse, Lou- 
veterie. Métallurgie, etc. 

!!• Partie : Répertoire de Légis- 
latioii et (le Jurisprudence fo- 
restières. 

Prix de rabonqement : 15 fr. par 
an pour la Franco. Avec l'An- 
nuaire des Eaux et Forôts, 18 fr. 
— Pour l'étranger. . . 20 fr. 

Table de la Revue des Eaux et 
Forêts. Un volume contenant par 
ordre alphabétique, les matières et 
les noms d'auteurs de la i" série 
(Années 1 862 à 1 88?).— Prix. 6fr. 

Guide du ,For*e9tIer. — Résumé 
complet des règles de la culture 
et de la surveillance des forêts, 
par A. Bouquet de la Grye {con- 
servateur des Forêts). 8* édition 
en 3 volumes 5 fr. 

Tome premier : La Sylviculture. 
avec 70 gravures, relié. . 2 50 

Tome second : La Surveillance 
des Forêt.s, relié 2 50 



La Mafson du Garde. — Notions 
d'Hygiène, d'Hconomie domestique 
et dAgriculture, par E- Poucin 
{conservateur des Forêts). — Un 
volume, avec 143 gravures. Re- 
lié. 3 50 



L*An)éna{|ement des Forêts. — 

Traité pratique de la conduite des 
exploitations de forêts e<n taillis et 
en futaie, par Alfred Puton {di. 
recteur de l'Ecole forestière). 
2* édition, avec gravures. Re- 
lié 3 50 



abattus ou sur pieds. Notions pra- 
tiques sur le débit, la vente et la 
fiabrication de tous les produits 
des forêts, tarif de cubage des 
bois en grume ou équarris. Table 
de conversion, par A. Goursaud 
{inspecteur des Forets). 4* édition* 
Vn volume relié 1 50 



L'Art de Planter. — Traité pra- 
tique de l'art d'élever en pépinière 
et de planter les arbres forestiers, 
fruitiers et d'agrément ; revu par 
L. GouET {directeur de l'Etablis- 
sement d'arboriculture aux Bar- 
res). 3* édition, avec 16 gravures. 

, Relié . . • . 3 50 



Gode de la Lé(jIslation fores- 
tière. — Recueil des loi«, décrets, 
ordonnances, avis du Conseil 
d'EUtat' et règlements en matière 
de forêts, chasse, louveterie, dune» 
et rcboi<icment, par A. Puton (di- 
recteur de V Ecole forestière). Re- 
lié 3 50 



Reboisement et Gazonnement 
des Montagnes. — Traité pra- 
tique, par P.Demontzev (adminis- 
trateur général des Forêts) .3« édi- 
tion. Un fort volume in-8», io5 
gravures 15 fr. 



Manuel de Cuba(|e et d'estimation 
des bois en futaies, taillis, arbres 



Les Ravageurs des Forêts et des 

arbres d'alignement. — Histoire 
naturelle, mœurs, dégâts des in- 
secte-*, moyens de les combattre et 
de restaurer les plantations, par 
H. DE LA Blanchère et par Euu. 
Robert. 6* édition. — Un vol. avec 
163 gravures, relié 4 fr. 

Les Oiseaux utiles et nuisibles 

aux forets, champs, jardins, vignes, 
etc., par H. de la Blanchère. 
5* édition, avec i5o vignettes. 
Relié 4 fr. 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, 13, Rue des Sainto-Pôres, Paris. 



Géologie — Paléontologie 

MINÉRALOGIE — CHIMIE 



Les Alpes, au point de vae de la 
Géographie physique et de la 
Géologie. — Avec 14 héliogra- 
vures et deux cartes au 1/600,000* 
indiquant les courbes d'horizon 
des Panoramas, par A. Civiale. 
— Prix 05 fr. 

Les Roches. — Description et ana- 
lyse au microscope de leurs élé- 
ments minéralogiques et de leur 
structure, leurs gisements et leurs 
emplois, par Ed.Jannettaz (mai/re 
de Conférences à la Sor bonne). 
2* édition, ai5 gravures, 19 plan- 
ches, dont 10 en chromos, et 2 
cartes géologiques en couleurs. — 
Relié toile 7 fr. 

Traité de Paléonloloole. — Des- 
cription et figures des animaux et 
végétaux fossiles; excursions pa- 
Icontologiques en France; moyen 
pour extraire et préparer les fos- 
siles, par Stanislas Meunier (a /de- 
naturaliste au Muséum). Un vo- 
lume, 3 cartes géologiques en cou- 
leurs, Si5 vignettes. Relié. 7 fr. 

La Paléontologie et les Roches, 

pris ensemble 12 fr. 

Précis de Pétrographie. - Intro- 
duction à l'étude des Rocher, d'a- 
près A. DE Lasaulx, par H. Forir 
[ingénieur des Mines). — Intro- 
ductions p.ir les professeurs G. De- 
WALQUE et Ch. de la V^allée- 
Poiissiv. — Un volume relié. 5 fr. 

Minéralogie, Géologie et Faux mi- 
nérales. — Traité pratique par J.-L. 
SoUDEiRAN.— Un volume. 340 gra- 
vures. Relié 4 fr. 



Traité pratique de Minéralogie, 

par E. Jannettaz {aide-naturaliste 
au Muséum). Un vol. in-8* avec 800 
grav. et 10 chromos {sous presse). 

Les Minéraux. — Détermination 
sûre et rapide au moyen de sim- 
ples recherches chimiques par voie 
sèche et par voie humide. — Dia- 
prés KoDELL, par le comte L. db 
LA Tour du Pin, avec nombreuses 
additions par F. Pisani (prqfes- 
seur de Minéralogie). 3* cditîoo. 
Relié a 50 

La Terre.— Son histoire. Etude de 
ses transformations successives,par 
H. DE hAGREsé {inspecteur g-éné' 
rai des Ponts et Chaussées). Un 
volume relié 2 fr. 

Géologie technologique. — Traité 
de ses applications aux arts et à 
l'industrie : Agriculture, Archi- 
tecture, Génie civil, Métallurgie, 
Céramique, Teinture, Peinture, 
Joaillerie. — D'après Page, par 
Stanislas Meunier. Un volume, 
80 gravures, relié 3 50 

La Terre végétale. — De quoi elle 
est faite ; comment on l'améliore. — 
Guide pratique de géologie agricole, 
par Stanislas Meunier. Un vo- 
lume avec vignettes et une carte 
agricole de la Frauce. Un volume 
relié 3 fr. 

Chimie et Géologie agricoles. — 

D'après Johnston et Cameron, par 
Stanislas Meunier. Un volume, 
200 vignettes, relié .... 3 50 

.S — 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, 13, Rne dei Saints-Pères, Paris. 



Diamants et Pierres précieuses. 

— Descriptions, extraction, emploi 
artistique et industriel, évaluation, 
commerce des pierres précieuses, 
du corail et des perles. Avec une 
monographie historique des bijoux, 
joyaux et orfèvrerie. Un volume 
in-8% 35o gravures et chromo, par 
Jannettaz, Vanderheym, Fonte- 
NAY et A. CooTANCE, 20 fr. ; — 
relié 25 fr. 



Le Chalumeau. — Analyses quali- 
tatives et quantitatives. — D'après 
KERL^et avec additions d'après Ber- 
ZELius, Plattner, Bunsen, Merz. 
H. Rose. — Suiviesd'un tableau et 
d'un appendice pour les applica- 



tions minéralogiques, par Edouard 
Jannettaz. Un volume avec vi- 
gnettes 3 50 

Traité pratique d'Analyse chimi- 
que à l'aide des méthodes gravi- 
métriques. — D'après Thorpe, par 
Stanislas Meunier. Un volume, 
1 1 1 vignettes, relié 5 fr. 

Traité pratique d'Analyse chimi- 
que à l'aide des méthodes volume* 
triques. — D'après F. Sutton, 
par Ed. Finot et A. Bertrand. Un 
volume, 95 vignettes; relié. 5 fr. 
Les deux Traités d'Analyses, 
pris ensemble 8 fr. 



Sport 



Chasse 



Les nommes de Cheval. — Les 

grands Maîtres, TEquitation sa- 
vante, les Kcuycrs de Cirque, les 
Hommes de Cheval, les Cavaliers, 
les Sleeple-Chasers. — Publication 
illustrée de lôo Portraits et de 
Chromo-typographies faisant un 
traité complet de Téquitation, de- 
puis Baucher jusqu'à nos jours, 
par le Baron de Vaux. — Précédé 
d'une lettre du général L'Hotte et 
du colonel Guérin, traitant de l'in- 
struction équestre, de la gymnas- 
tique, escrime, du manège, etc. — 
80 exemplaires sur vélin, teintA de 
Hollande, avec portraits en deux 
états : 100 fr.; — 40 exemplaires 
sur peau d'dne^ avec portraits en 
deux états ; 75 fr. ; — 970 exem- 
plaires sur simili-Japon, avec por- 
traits en bisirc. Prix, 60 fr.; — 
ti^ 70 fr. 

L*Amozone au manège et à la pro- 
menade. — Traité illustré de TÉ- 
quitation des dame$,par F.Musany. 
— Ouvrage de luxe avec 206 vi- 




gnettes dessinées par Frédéric 
RécAMEY. Sous couverture, papier 
imitation maroquin. Prix. 10 fr* 

Les Chevaux de Course. — Pedi- 
gree, Description et Historique des 
étalons pur-sang anglais et fran- 
çais, depuis 1764 à 1X87, par S.-F. 
'ToucHSTONE (de la Vie sporttPé). 
Avec 60 portraits d'après nature, 
ou d'après Hary-Hall, par V.-J. 
CoTLissoN et Le Nail. — Un vo- 
lume in-folio oblong, avec 3oo pages 
de texte et 60 planches en chromo. 
— Le texte est orné de 182 illustra- 
tions par Crafty, Le Nail, Coï- 
LissoN,etc.60 fr. Relié. . 75 fr. 

Le Cheval et son Cavalier. — 

Traité illustré d'hippologie et d*é* 
quitation ; école pratique pour la 
connaissance, l'éducation, la con- 
servation et l'amclioraiion du che- 
val de course, de chasse et de guerre, 
par le Comte de Lagondie. — Un 
fort volume orné de nombreuses 
vignettes. 5« édition {sous presse). 



— 9 - 



J. ROTHSCHILD, Éditeur, 13, Rue des SainU-Pères, P( 



Comment choisir un Cheval. — 

Connaissances pratiques sur rana* 
tomie, l'extérieur, les races; prin- 
cipes pour essayer les chevaux de 
selle et d'attelage, par le comte de 
MoNTiGNï- {ancien Inspecteur gé- 
néral des Haras). — Un volume 
avec i3o vignettes, 3* e'dition. — 
Relié. 5 fr. 



Comment dresser un Cheval. — 

Connaissances pratiques d'hippo- 
logie, dressage du cheval de selle, 
principes d'attelage, extérieur, ma- 
réchaierie, hygiène, etc., par le 
comte DE MoNTiGNv. Un volume 
avec 8o vignettes. — Relié. 5 fr. 
Les.deujc .vqlumes Choix et Dres- 
sage pris ensemble 8 fr. 

Traité d*ÉquitaUon de haute école. 

— L'Art équestre. — i" partie : 
Iconographie des allures et chan- 
gement d'allures, par E. Barroil. 

— Préface par le capitaine Raabe. 

— Un volume avec 177 vignettes 
et dessins, 15 fr. — 2* partie : 
Dressage raisonné du cheval, par 
K. Barroil. — Introduction du 
commandant Bonnal. — Un vo- 
lume avec 85 vignettes et dessins, 
15 fr. — Les deux parties ensem- 
ble en un volume 24 fr. 

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Les Chiens d*arrét. — Races an- 
glaises. — Dressage. — Hygiène, 
pir Paul Gaillard, avec la aqua- 
relles dessinées d'après nature par 
O. DE Penne, et 40 vignettes par 
Tavbrnibr et O. de Penne. — Un 
volume in-folio oblong, texte en 
noir et bistre ; les aquarelles sont 
mises sur pierre par MM. Mes- 

• kard et Gaulard; elles sont mon- 
tées sur bristol blanc : 50 fr. — 
Relié ù coins 00 fr. 



Le Chien. — Description des 
croisements, élevage, dressai 
ladies et leur traitement, d*t 
Stonehencb, Youatt, Mj 
Bouley, Hahilton-Smitr^ _ 
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relié en toile grise à biseaux»! 
fers spéciaux, tranches en 
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de Chasse.— De-^cripiion, m^ 
acclimatation, chasse, par le _ 
quis de Cherville. 3« édition.; 
traité sur le Fusil. Superbe 
lume, avec 34 chromo et 64 
gneltes, par E. de Liphart, tai 
— relié. . il 



Le Gibier Poil ou les Quad 
de la Chasse. — Des 
mœurs, acclimatation, chasse» 
traité du Chien courant, pté^ 
marquis de Cherville. 3» éd 
Publication avec 3o eaux 
sur zinc, en couleurs, et 70 
gnetres par Karl Bodmer. 
ché, 12 fr.; relié, 15 fr. Les 
volumes {le Gibier Plume < 
Gibier Poil) pris ensemble, 
chés, 20 fr.;— reliés . . 



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Guide du Chasseur devanil 

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et circulaires ministérielIeSf' 
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